ALVAK0PLA8TIE. DÉP
preinte parfaitement prise. La gutta suffisamment refroidie, on sépare le moule en Tarrachant d*un coup ; la gutta cède en revenant sur elle-même et donne tous les détails du modèle ; cette méthode a IMnconvônient d'altérer profondément la gutta, gui ne peut servir gu^à un petit nombre d'opérations, et d^exiger un temps assez long pour chacune d'elles.
Le second procédé, bien préférable au premier, opère par pression mécanique. Il demande un matériel assez considérable, mais produit plus rapidement et mieux que celui que nous venons d'indiquer. Sur la plate- forme d'une presse à vis, on dispose un châssis dans lequel se trouve la coiAche où est âxé le modèle à reproduire. Sur la couche on met une boule de gutta ramollie â l'eau bouillante et qu'on a longtemps pétrie dans la msdn, puis une contre-pièce représentant les principales sinuosités du modèle, et ayant à sa partie supérieure une surface horizontale. Afin d'éviter Tadhérence, le modèle est enduit au moyen d'un pinceau d'une eau légèrement savonneuse et la'boule de gutta saupoudrée de plombagine. La gutta, en s'afTaissant parla près- . sion, chasse l'air et l'eau devant elle et s'imprime parfaitement sur le modèle. On laisse refroidir et on démoule. Le moulage à la gutta exige des modèles en métal qu'on puisse presser ou soumettre à la chaleur, sans crainte d'altération. Si le modèle est en plâtre ou en cire, on a recours au moulage à la gélatine.
Moulage à la gélatine. — La gélatine est plus élastique que la gutta, et permet d'exécuter des objets plus fouillés. Seulement, elle a l'inconvénient de s'altérer dans les bains acides, et de fournir un métal très-cassant, par suite de la nécessité où l'on est de faire im dépôt rapide pour éviter l'altération de la surface du moule. Elle devient à peu près imperméable en ajoutant à sa dissolution dans l'eau chaude 2 pour 100 d'acide tannique dissous, dans l'alcool, et 10 pour 100 de mélasse. Mais elle s'altérerait encore dans les bains, si on n'avait pas soin de préserver la surface extérieure du moule par une enveloppe en feuilles min^ces de gutta-percha ou par \m vernis épais. Elle s'emploie par voie de coulage entre deux chapes en plâtre, épousant à distance les sinuosités du modèle, et demande un temps assez long pour son complet refroidissement.
MétaUisation. — Cette opération est nécessitée par l'emploi des moules non conducteurs de l'électricité. Il y a deux moyens d'obtenir cette métallisation : la voie sèche et la voie humide. De toutes les poudres métalliques, ou métallisantes, appliquées
par voie sèche, la plombagine est la meilleure. Sa nature oi»tueuse rend cette application facile ; elle se fait au moyen Sm pinceau en blaireau gui amène la plombagine dans les paite les plus fouillées, et d'une brosse très-douce pouï rendie les surfaces brillantes. Toutes les plombagines ne donnant pas également une bonne métallisation , il est utile de faire l'essai de leur conductibilité avant de les employer.
La voie humide consiste à imprégner la surface du mouk d'ime solution métallique et à réduire le métal qu'elle contient par l'action d'un gaz , d'un liquide ou de la lumière. La solution h plus convenable est celle du nitrate d'argent dans Talcool : (m TappUque sur le moule avec un pinceau fin, et on laisse sécher; on fait deux ou trois applications successives, puis on soumet la pièce à Faction de l'hydrogène sulfuré naissant. Aussitôt que la surface du moule est devenue noire, on peut la porter au bain, car l'argent sulfuré a rendu la surface conductrice. On peut arriver au même résultat en remplaçant l'action de l'hydrogène sulfuré par celle du phosphore dissous dans le sulfure de carbone, par l'action directe de la lumière solaire, par les acides gallique, pyrogallique, ou le sulfate de fer au minimum d'oxydation ; mais le premier moyen est préférable. C'est celui qu'employèrent M. Elkington, en Angleterre, et M. Piedallu, ofQcier d'artillerie, en France, pour métalliser des substances végétales et animales, telles que fleurs, fruits, petits insectes, objets en jonc, en vannerie, etc., de manière à produire des résultats très-curieux. La réduction du nitrate d'argent par Thydrogène a permis aussi de métalliser les fils de soie, et par suite de les cuivrer, dorer et a^ genter. De même, grâce à la métallisation par la voie himiide, on a pu couvrir le verre et les cristaux de dépôts métalliques produisant des effets artistiques remarquables.
Lorsque les moules ont été rendus conducteurs, on les attache à un fil de cuivre et on les porte dans le bain.
Si Içi pièce est fouillée , il est bon de multipUer les points de contact pour faire prendre le dépôt sur plusieurs parties à la fois. Les qualités physiques du cuivre obtenu dépendent d'ailleurs d'un parfait équilibre entre les quatre conditions que nous avons indiquées.
L'épaisseur du cuivre déposé sur une surface donnée ne peut être d'une égalité parfaite, par suite de la propriété du courant galvanique d'agir en raison inverse des distances. Il en résulte que les parties les plus rapprochées de l'anode se chargent davan-
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tage et que les plus éloignées prennent une quantité de cuivre Hioins considérable. Il existe donc des différences très-sensibles ^Uns l'épaisseur des dépôts, et, par suite, dans ses applications, la coquille galvanoplastique ne présente pas toute la solidité ^sirable.
GALVANOPX*ASTIE MASSIVE.
Pour remédier à cet inconvénient, nous avons eu Tidée de solidifier Tintérieur du creux galvanique en mettant à profit la Sifférence des points de fusion du laiton et du cuivre rouge.
Nous avons pu ainsi, au moyen du chalumeau à gaz, faire Tondre à Tintérieur de la coquille des fils ou des morceaux de ^ton qui se soudent parfaitement et donnent au dépôt galvaiaoplastique toutes les qualités et toute la malléabilité d'ime pièce venue de fonte. {Bulletin de la Société d'encouragement , l. LlV, pag. 259.)
GALVANOPLASTIE RONDE-BOSSE.
Lorsqu'on veut produire un bas-relief ou des coquilles (parties de ' moule qui, réunies par la soudui-e, sont, destinées à former une ronde-bosse), il vaut mieux opérer à l'appareil simple; mais si l'on se propose de faire de toutes pièces im objet de ronde-bosse, U est de toute nécessité d'employer l'appareil composé.
Le procédé au moyen duquel ce résultat peut être obtenu fut indiqué, pour la première fois, par Parkes, et appliqué en Angleterre en septembre 1841. Il consiste à introduire dans l'intérieur i'un moule fait en plusieurs pièces et ouvert à sa partie inférieure ie manière à permettre le renouvellement du liquide épuisé, une mode soluble en fil métallique représentant grossièrement la forme de l'objet. En conduisant l'électricité dans les parties les plus fouillées, elle se dissout et maintient la saturation du bain; mais ce moule avait l'inconvénient de ne permettre la production ie ronde-bosse qu'avec de faibles épaisseurs, la destruction de 'anode arrêtant promptement le courant.
M. Lenoir eut l'idée de substituer Tanode insoluble en fil de platine à l'anode soluble. En remédiant aux inconvénients du premier moyen , il généralisa l'application de la galvanoplastie ï la production des rondes-bosses ; dans ce procédé, la carcasse le fils de platine est le siège d'un dégagement de gaz hydrogène lont il faut ménager l'échappement par des ouvertures placées lans tous les points culminants du moule. Les fils divergents sont »us reliés à deux ou trois axes communs en fils de platine, isolés
DÉP DÉPÔTS MÉTALLIQUES. Itt
du moule, à leur sortie, par de petits tubes de verre mina. L gu Ces derniers fils communiquent au pôle charbon de la pile, tanft |es e que le moule est en contact avec le pôle zinc.
CUIVRAPrE GALVANIQUE.
Les bains acides de sulfate de cuivre employés pour la gahi> noplastie ne peuvent servir à déposer du cuivre adhérent àk surface des métaux; déplus, ils attaquent le fer, l'acier, lafiwto, le zinc, métaux sur lesquels le dépôt du cuivre, comme mMI protectem* et décoratif, est le plus souvent appliqué. Dans <^ ^f ^ il faut avoir recours à des bains alcalins de cyanure douUede*' potassium et de cuivre, ce qui donne un dépôt dispendieux, ft» de fortes épaisseurs, on a des bains d'étamage et de plombage, qui permettent l'emploi du bain galvanoplastique sans crainU d'altérer le métal sous-jacent.
Le bain acide de sulfate de cuivre a cependant été emj^ji directement par M. Oudry au cuivrage de la fonte destinée i Tornementation des rues et places publiques.
C'est au moyen d'un vernis isolant, composé de matières réâneuses, qu'il s'est dispensé du cuivrage préalable dans un bain de cuivre alcalin; ce vernis supprime aussi le décapage de la fonte, et, dans le cas d'une rupture de la couche métallique enveloppante , rend , par son interposition entre le cuivre et la fonte, l'oxydation du métal sous-jacent moins rapide.
L'enduit est séché à Tétuve, puis frotté avec la plombagine poui'le rendre conducteur, et porté au bain de sulfate de cuivre.
Les fontaines des Champs-Elysées, des places Louvois et de la Concorde, les candélabres des voies principales de Paris, etc., indiquent tout le parti que Tart monumental peut tirer 'de remploi du cuivrage galvanique de la fonte.