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OBSERVATIONS PRATIQUES

De l'emploi des procédés électro-chimiques, il est résulté pour ceux qui les pratiquent certaines observations dont nous allons consigner ici les principales.

I . Le courant électrique agissant en raison inverse des distances, il s'ensuit que plus une pièce ou une partie de pièce est rapprochée de l'anode, plus il se dépose d'argent. Il est donc utile de mettre à profit cette particularité du courant galvanique, en plaçant en regard de l'anode les parties qui, dans les pièces à argenter, sont les plus exposées au frottement.

II. La densité étant toujours plus considérable dans le fond qu'à la surface du bain, le dépôt d'argent est aussi plus rapide. L'expérience a prouvé que, sur une pièce plongée dans un bain ordinaire, il se déposait un tiers en plus de métal dans les parties inférieures. Le seul moyen de remédier à cet inconvénient est de retourner les pièces pendant le cours de l'opération.

III. Dans la décomposition des solutions d'argent par la pile, le cyanure d'argent seul est affecté ; l'argent se porte au pôle négatif, et le cyanogène au pôle positif. Le cyanure de potassium devenu libre, moins dense que le reste de la solution, s'élève à la surface du bain et détermine un courant ascen-

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dont; le cyanure d'argent, formé sur la plaque positive, se & solvant dans le cyanure de potassium libre, devient pluslouid que la masse du liquide qui l'environne, tombe au fond du bain et forme un courant descendant. De là résulte dans le bain une série de courants ascendants et descendants qui produisent, à la surface des pièces, ime multitude de petites stries perpendiculaiires. Pour les éviter, il suffit de rendre la densité du bain plus uniforme en agitant les pièces à argenter.

IV. En même temps que l'argent, se dépose encore dans le bain un sous-sel de ce métal qui a l'inconvénient de le faire h sulfurer plus vite au contact de l'air. Pour prévenir ce résultat, I ( il est utile de plonger les pièces, après le gratte-bossage, dans m M bain de cyanure de potassium pur à/ 10 pour 100, puis de les w rincer à l'eau, à l'eau seconde d'acide sulfurique, à l'eau chaude li et sécher; ou mieux encore de les enduire d'une bouillie de borai, y de les chauffer légèrement sur im feu de charbon de bois, et de li les éteindre dans de l'acide sulfurique étendu à 8**. j

V. Lorsqu'une pièce d'orfèvrerie, même après le brunissage, est très-sulfurée par son séjour à Tair, on peut la nettoyer rapidement sans altérer en rien le bruni et le mat qui la décorent; il suffît de la passer dans un bain de cyanure à 4 pour 100, de la rincer à l'eau chaude et la sécher avec im linge fin. Un autre moyen qui réussit mieux sur les pièces gratte-bossées que sur les pièces brunies, c'est de les passer à la potasse bouillante, avec un barreau de zinc au contact.

VI. Les bains se détruisent à la longue, c'est-à-dire que, par suite de l'exposition à l'air et du passage du courant électrique, il se forme une certaine quantité de carbonate de potasse et d'ammoniaque aux dépens du cyanure qui altère les propriétés du bain. L'anode soluble n'est donc pas sufiisante pour en assurer la perpétuité. Afin d'y remédier, il suffit d'ajouter de temps en temps du cyanure de calcium. Par ce procédé, l'acide carbonique est précipité à l'état de carbonate de chaux, et régénèi'e une quantité équivalente de cyanure de potassium , sans augmenter inutilement la densité du bain. Cette heureuse idée est due à M. Duchemin, ouvrier de la maison Christofle.

Bien d'autres perfectionnements sont encore dus à l'expérience de cette maison, mais le cadre de cet article ne nous permet pas de les indiquer ici.

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