IV.— DEPOT DE MÉTAUX AUTRES QUE L'OR ET L'ARGENT
PLATINAGE»
Le dépôt du platine ne s'est pas fait d'une manière complétement industrielle jusqu'à ce jour.
Le cuivre et ses alliages peuvent seuls être platinés directe- Dient. La première dissolution indiquée était composée de 1 litre d'eau, 300 grammes de carbonate de soude et 10 grammes de platine réduit en chlorure.
On opérait à la température de SO» et sous l'influence d'une pile énergique. L'anode de platine ne s'attaquait pas, aussi le bain De tardaitril pas à se détruire. De plus, la lenteur de l'opération donnait au dépôt de platine un aspect grisâtre ; on était obligé de le faire disparaître de temps en temps par le gratte-bossage, afin de permettre à une nouvelle quantité de métal de se déposer.
M. Roseleur a indiqué ime autre dissolution composée de phosphate double de soude et de platine qui donne de meilleurs résultats et permet de déposer le platine à épaisseur.
Pour l'obtenir, dissoudre 10 grammes de platine dans l'eau régale ; après l'évaporation jusqu'à siccité , redissoudre dans 500 grammes d'eau distillée ; ajouter lOQ grammes de phosphate d'ammoniaque dissous dans 5Ô0 grammes d'eau. Il se forme alors un précipité de phosphate ammoniaco-platinique. Ce précipité est redissous à chaud dans un litre d'eau contenant 500 grammes de phosphate de soude, et on fait bouillir jusqu'à ce que la dissolution devienne incolore. On doit se servir de ce bain à chaud et avec une pile très-énergique, et dans un vase en porcelaine ou en bois. Seulement, comme l'anode n'entretient pas le bain, il faut le concentrer de temps en temps en y ajoutant du précipité de phosphate ammoniaco-platinique.
Mais les difficultés opératoires de ces divers procédés n'ont pas permis aux appUcations de cette industrie de s'étendre autant qu'on l'avait espéré.
CmVRAGE ADHÉRENT.
Cuivrage rouge. — Le cuivre rouge déposé sur certains métaux, tels que le fer, l'acier, le zinc, l'étain, le plomb et leurs alliages, sert le plus souvent d'intermédiaire pour augmenter l'adhérence de la couche d*or pu d*argent.
Le cuivrage se fait à chaud à la température de 90o et fto\i«»
DÊP DÉPÔTS MÉTALLIQUES. 136
l'influence d'une très-forte pile. Le bain dans lequel on opère est composé de ferro-cyanure de cuivre dissous dans le cyanure de potassium.
On précipite 2 kilogr. de sulfate de cuivre par du prussiate jaune ; le précipité bien lavé, on le dissout dans 5 kilogrammes de cyanure de potassium , et on ajoute de l'eau de manière à former 50 litres de bain. On fait bouillir pendant une heure, et le bain est prêt à fonctionner. Le dépôt est toujours brillant; aussi ne convient-il pas pour la dorure mate. Pour ce cas particulier, après une immersion de quelques n^nutes dans le bain de cuivre alcalin, on porte les pièces dans un bain de suliiale de cuivre acide, où le matage s'effectue sans difficulté. Ce moyoi est aussi employé, comme préservatif, lorsque Ton veut déposer une forte épaisseur de cuivre sur du fer ou de la fonte.
Cuivrage jaune. — Le cuivrage jaune ou laitonisage s*appliqoe plus spécialement sur des pièces en métaux communs, fer, fonte, zinc, auxquels on veut communiquer l'apparence du cuivre jaune ou des bronzes de différentes couleurs.
Il sert aussi à diminuer la propriété qu'ont certains métaux de s'altérer plus rapidement que le cuivre jaime au contact de l'air.
La meilleure dissolution pour ce genre de dépôt s'obtient en ajoutant au bain de cuivre rouge, dont nous avons indiqué la composition, une quantité égale d'un bain de protochlorure de zinc, dissous dans le cyanure de potassium d'après les propo^ tions suivantes :
Eau 10 kilogr.
Protochlorure de zinc. 500 gr.
Cyanure de potassium 1 kilogr.
Carbonate de soude... 1 »
On peut l'obtenir aussi en faisant marcher pendant quelque temps un bain de cuivre rouge avec une anode en zinc.
Le laitonisage se fait à froid, sous l'influence de la pile et avec ime anode en laiton ; c'est dans le rapport entre l'intensité du courant et la surface des pièces à cuivrer que gît toute la pratique de ce travail. En effet, un courant faible décompose plus rapidement la solution de cuivre que la solution de zinc, et le dépôt tire sur le rouge; un courant énergique affecte plus la solution de zinc, et le dépôt est plus pâle. Il est donc important, dans chaque opération , de bien proportionner la quantité de pièces à cuivrer à l'intensité de la pile dont on se sert.
137 étama6e électro-chimique. dep
étâmâge Électro-chimique.
L'étain s'emploie pour préserver de roxydation le fer, la ionte et les petits articles en cuivre, tels que les épingles. Un grand nombre de solutions stanniques permettent d'atteindre ce but. Le procédé actuellement employé est dû à M. Roseleur. Son bain est composé de :
Eau 500 litres.
Pyrophosphate de soude 5 kilogr.
Protochlorure d*étain fondu 500 gr .
Pour dissoudre le sel d'étain, il faut le mettre sur im tamis et Tagiter jusqu'à complète dissolution pour éviter que les fragments, - en tombant au fond, ne s'entourent d'une croûte peu soluble qui empêcherait la dissolution. On soumet le bain au courant galvanique, et Tétain se dépose avec un aspect d'un blanc mat qui résiste assez longtemps aux influences atmosphériques. Le vase dans lequel on opère est entouré d'anodes en étain ; mais elles ne suffisent pas pour alimenter le bain. Il faut de temps en temps ajouter parties égales de sel d'étain et de pyrophosphate au moyen du tamis indiqué plus haut.
Le dépôt par la pile étant ordinairement très-coûteux, on préfère agir directement dans la solution chauffée à 80° et agiter de manière à rendre la densité du bain le plus uniforme possible. On plonge les pièces à étamer en contact avec des fragments de zinc qui déterminent la précipitation de l'étain, et on remue pour éviter les taches qui pourraient résulter du contact du zinc; au bout de deux heures, l'opération est terminée ; on ajoute dans le bain une nouvelle quantité de sel d'étain et de pyrophosphate en parties égales, afin de pouvoir recommencer une autre opération.
Comme c'est par voie de double affinité que Tétamage s'effectue,
les bains, en vieillissant, contiennent une grande quantité de
pyrophosphate de zinc ; on les décante et on garde le liquide clair
que Ton met dans des tonneaux appelés baquets de ccmservation^
où Ton dépose les pièces décapées avant de les porter àTétamage.
Un autre procédé, employé antérieurement pour le blanchiment
des épingles, consiste à faire bouillir dans des chaudières en cuivre,
pendant deux ou t^ois heures , avec de la crème de tartre, des
épingles placées entre deux plaques d'étain; comme les épingles
en fer ne se recouvrent pas par ce procédé , on a recours à un
tour de main qui consiste à les cuivrer d'aJbord, dans un vieux
bain de dérochage à l'acide suKurique, en contact avec des déb» de fils de fer.
ZINCAGE.
Bien des dissolutions ont été indiquées pour ce genre de traraH. Dans toutes on formait un sel double alcalin de zinc, en dissolvant le sulfate de zinc dans le cyanure^ potassium, le sulfate âe| soude, le carbonate de soude; matîs le prix de rélectricité a renoncer à l'emploi de tous ces procédés pour faire place à ceWI qui a pris le nom de galvanisation du fer y que nous donnons plus fei] loin. tL