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Quoique la dorure au mercure ne soit plus employée maintejat, comme ime grande partie de ses procédés ont été les points
départ de l'industrie électro-chimique, nous les décrirons avec lelques détails.
La nature de l'alliage de cuivre sur lequel on opère a une ande influence sur la réussite de la dorure. L^aUiage reconnu le eilleur par M. Darcet, qui a lant amélioré cet artmem*trier, est mposé de 82 de cuivre, 18 de zinc, i d'étain et 3 de plomb ; im are de cuivre inférieur amènerait dçs accidents dans la réussite I la dorure. Le mercure sert d'intermédiaire à la dorure en forant im amalgame double d'or et de cuivre ; il est donc imporat d'avoir l'alliage le plus riche en cuivre, car, suivant M. Dart, la recuisson employée pour préparer le décapage a surtou >iir objet de ramener les couches extérieures à l'état de cuivre •Uge par la volatilisation du zinc , et par suite de faciliter la •mbinaison de l'amalgame avec ces couches. Les opérations de dorure au mercure sont le décapage^ la dorure, comprenant la 'éparation de l'amalgame , l'application sur les pièces à dorer,
volatilisation du mercure, et la mise en couleur, comprenant le atage, la mise à l'or moulu ou au rouge, et le brunissage. Le décapage se fait comme nous l'avons indiqué pour la dorure la pile.
Dorure. — Pour dorer au mercure, l'or Gn, c'est-à-dire l'or à DOO, ne vaut rien : il se dissout mal^ il faut employer de l'or lié à 960 au moins. Pour préparer l'amalgame, on met dans un 3uset, chauffé sur une forge de doreur bien ventilée, et dont la nstruction toute spéciale a été indiquée par M. Darcet , 1 gr. )r et 7gr,50 de mercure; puis, avec un crochet en gros fil de fer . remue dans le fond du creuset l'or et le mercure, afin de facisr la dissolution. L'amalgame formé est versé dans une terrine îau et pétri à la main pour faire écouler le mercure en excès \ doit être pâteux comme de la cire à modeler et conserver l'emeinte des doigts; il contient 9 à 11 d'or pour 91 à 89 de mercure ; L le divise alors à la main en quatre, cinq ou dix petites' boules :ales qui contiennent ûgr ,25, 0g^20 ou Og'f,10 d'or, et permettent i connaître la quantité d'or qu'on appliquera sur les pièces à >rer.
L'or ainsi amalgamé est étalé sur un plateau de terre sans nail; puis avec une gratte-bosse, faite en forme de pinceau avec
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du laiton très-fin et trempée dans du nitrate de mercure étendu ■ i au 20® ou au 30c ^ suivant la richesse du cuivre , on frotte la fî pièce, avec aussi peu d'amalgame que possible, jusqu'à ce qu'dk soit blanchie; cela fait, on charge, suivant Tèpaisseur de laconelK que Ton veut déposer, en brossant par petits chocs avec la pohde de la gratte-bosse jusqu'à ce que la couche soit bien égalisée partout.
Passure au feu. — On porte ensuite la pièce sur un feu vif et « la chauffe. De temps en temps, on projette une goutte d'eau sur la pièce dorée; dès qu'elle frise à sa surface, on la retire du ta avec des pinces appelées pinces-moustaches; on la place dans la main gauche, recouverte d'un gros gant garni pour éviter lahrtlure et le contact des vapeurs mercurielles ; puis, de la mam droite, avec une brosse à long manche, on tape en brossant afin d'étendre Tor et de l'égaliser. Cette opération étant répétée cinq à six fois sur la pièce, on voit le mercure s'évaporer et la pièce devenir d'un jaune paille .
Presque toujours l'or n'a pas pris suffisamment partout; on fait ce qu'on appelle des reprises^ c'est-à-dire qu'on reconynence partiellement l'opération, non plus avec du nitrate acidulé, mais avec de l'eau seconde d'acide nitrique à 10 ou IS® Baume; l'or est alors posé de la même manière sur les parties faibles, mais avec une gratte-bosse plus petite, puis on repasse au feu jusqu'à volatilisation du mercure. La pièce est ensuite gratte-bossée avec de Teau légèrement vinaigrée ou de l'eau de réglisse, passée à l'eau chaude et séchée àla sciure. Elle prend par le gratte-bossage un aspect verdâtre et acquiert im brillant bien uniforme dans toutes les parties ou la gratte-bosse a passé : signe certain que le travail est achevé.
Mise en couleur^ matage et brunissage. — Après le gratte-bossage, pour donner à la dorure son aspect commercial, on a recours àla mise en couleur ; la plus employée est celle de l'or moulu.
On commence par faire chauffer la pièce, qui prend un ton jaune paille plus accusé ; on laisse refroidir et on applique au pinceau la couleur d'or moulu dont nous avons indiqué la composition dans la dorure électro-chimique. On chauffe jusqu'à fusion brunâtre, et on éteint la pièce dans l'eau seconde d'acide chlorhydrique à 5°. On lave avec un pinceau et on sèche; la couleur obtenue, on brunit les parties unies à la pierre et aux outils d'acier ; on fait chauffer légèrement, puis sécher, et la pièce est terminée.
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Passure au mat. — Le matage demande beaucoup d'expérience et Inhabileté. Après le gratte-bossage , on épargne au pinceau les parties qui ne sont pas dorées ou doivent être brumes, avec un xiélange de blanc d'Espagne bien broyé, et d'eau légèrement sommée et sucrée; on laisse sécher devant le feu; on attache ensuite la pièce avec du fil de fer sur un morceau de fer plat SLppelé maiidnn^ en ayant soin de ne pas mettre les attaches sur Les parties gui doivent devenir mates.
On chauffe sur un feu de charbon de bois jusqu'au point de taire bleuir les parties dorées; puis, au moyen d'un pinceau, on Couvre les pièces de la composition appelée maty qu'on a fait fondre dans im poêlon en fonte émaillée. Ce mélange contient 5 parties d'eau, 46 d'azotate de potasse, 46 d'alun de potasse, ^t 3 de sel marin.
La pièce , recouverte à deux ou trois reprises de ce mélange, est chauffée jusqu'à ce que les sels coulent et deviennent jaune d'or en se détachant de la pièce , puis plongée vivement dans un grand baquet d'eau. Les sels détachés tombent au fond du baquet et la pièce apparaît avec la belle couleur d'or mat.
Dans cette opération, le mat est dû à Tattaque de la surface par un dégagement de chlore qui dissout le cuivre de l'alliage, 3t forme à la surface de la pièce un réseau qui, ne réfléchissant plus la lumière, produit l'effet mat.
Presque toujours, la partie opposée à celle qui a été plongée présente des taches v^rddtres ; on remet alors la pièce au feu, puis avec un pinceau on prend du mat, qu'on étend d'un peu d'eau, et qu'on promène avec soin sur les parties tachées ; on chauffe quelques minutes et l'on replonge dans le baquet au mat ; on lave alors avec une eau seconde d'acide nitrique trèsfaible ; on rince à l'eau chaude et on sèche à Tétuve.
Les parties épargnées avec le blanc sont brunies par les moyens ordinaires, puis la pièce lavée, séchée de nouveau, est portée sur la tôle chauffée du fourneau de passure au mat, et séchée définitivement pour éviter l'apparition des taches de mercure.
Pour obtenir Tor rouge, on emploie le vert à rougir, comme nous l'avons indiqué déjà pour la dorure électro-chimique.
Ces procédés , pour être appliqués avec succès , exigent impérieusement une quantité d'or déterminée, sans laquelle la réussite est impossible. Aiusi, telle pièce qu'on pourrait dorer à la pile avec 25 centigr. d'or exigerait 50 centigr. pour la dorure au mercure à l'or moulu, et 1 gramme pour la dorure au mat.
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Aussi, le procédé si meurtrier de la dorure au mercure est-il maintenant complètement abandonné, quoi qu'en disent certains marchands peu soucieux de la vérité, qui dénigrent la dorure nouvelle au profit de Tancienne et font ainsi bon marché de là santé de leurs ouvriers.
Un fait acquis, c'est que, par la dorure galvanique, si on a pu, sang que l'apparence en souffrît, livrer des produits d'un mauvais usage, comme la solidité de la dorure ne dépend que de 1» quantité d'or et non du procédé employé, malgré les affirmatioiis contraires, la dorure galvanique a dans tous les ateliers victorieusement remplacé la dorure au mercure.