‹ Dictionnaire de chimie industrielle (volume 2)Chapitre 80 sur 290 · DORURE ET ARGENTURE A LA FEUILLE · texte numérisé non relu

DORURE ET ARGENTURE A LA FEUILLE

Dorure. — Les procédé3 de dorure sur bois, sur plâtre on carton-pâte, exigent des préparations qui rentrent complètement dans le domaine de la peinture à Thuile : nous ne ferons que les indiquer. Lorsque les surfaces ont été bien préparées au blanc, puis poncées à la prêle, on les enduit d'un mordant appelé or couleur^ qui détermine l'adhérence des feuilles d'or appliquées au moyen d'un pinceau en poils de putois; puis on vernit au vernis gras ou on brunit avec la pierre d'hématite ou l'agate.

L'or en feuilles s'applique aussi sur les métaux et d'une manière analogue; on enduit la surface i.u métal à dorer d'un vernis appelé dans le commerce vernis mixtion, qui happe et retient la feuille d'or sur tous les points où il a passé. On termine en vernissant au vernis copal.

La dorure au four se fait de la même manière, seulement au lieu de laisser sécher naturellement, on cuit le vernis avec la feuille d'or à la température de 150°, et la dorure acquiert par là plus de solidité.

La dorure à la feuille s'exécute aussi par le procédé que nous allons décrire poui* Targenture.

Argenture. — L'argenture à la feuille, presque délaissée maintenant, s'emploie encore quelquefois pour certains articles de décoration d'église ; elle nécessite une main-d'œuvre considérable.

On commence par recuire les pièces qu'on plonge chaudes dans l'acide nitrique étendu et qu'on sèche à la sciure ; on les fixe ensuite dans un étau ou sur un tour, suivant leur forme. Sur les pièces chauffées à 150° environ, on pose, au moyen de petites* pinces d'acier appelées brucelles, les feuilles d'argent battues, et

:147 ARGENTURE AU TREBfPÉ. DÉP

on les applique en les brunissant fortement avec le brunissoir à ^ravaler; on enlève ensuite avec une brosse douce les parcelles de ieuilles non adhérentes, appelées bractées d'argent, et on recomxnence l'application de nouvelles feuilles de la même manière, la charge obtenue, on termine avec le brunissoir à adoucir.

On a pu, par ce procédé, appliquer jusqu'à 60 grammes d'argent par douzaine de couverts blanchis préalablement au trempé. le prix de revient de cette argenture Ta fait complètement abandonner.

PLAQUÉ d'argent.

n est encore un moyen d'appliquer l'argent sur le cuivre qu'on appelle placage. Il consiste à souder, au moyen du borax et de la chaleur d'un four à moufle, une feuille d'argent fin sur un lingot de cuivre rouge, préalablement enduit d'azotate d'argent, et à iaminer ensemble les deux métaux encore chauds. De cette ïnanière, on obtient des plaques qu'on peut travailler au tour ^t au marteau, et avec lesquelles on fait toutes espèces d'objets destinés au' service de la table. Mais ce procédé, mis en jratigue àSheffield en 1742, par Th. Bolsovv^er, ne pouvait donner missance qu'à un nombre limité de formes et d'ustensiles, et a vu son importance décroître après la découverte des procédés d'argenture galvanique.

Page 1