L— DE L'EAU AU POINT DE VUE DES USAGES DOMESTIQUES
Les eaux renferment naturellement les éléments soluhles des terrains qu'elles traversent , c'est-à-dire qu'elles peuvent contenir en proportions variables des composés extrêmement nombrem. Dans les eaux destinées aux usages de la vie, à rexclusion des eaux minérales (voir page 175), on ne rencontre habituellement, en quantités un peu notables, que les substances suivantes : alumine, fer, chaux, magnésie, soude, potasse ou ammoniaque, te acides silicique, sulfurique, chlorhydrique , phosphorique, azotique et carbonique.
Dans beaucoup d'eaux on trouve encore des traces de brome, d'iode et de plusieurs autres substances qui paraissent exercer une action puissante sur les qualités hygiéniques de l'eau, et dont l'étude par cela même doit être poursuivie avec une grande attention. Aux matières minérales qu'on vient de citer s'ajoutent presque constamment, en proportions plus ou moins considérables, des matières organiques de composition et de propriétés extrêmement variables , mais dont l'influence sur la qualité de l'eau est toujours extrêmement fâcheuse.
Enfin les eaux na.turelles renferment, à l'état de dissolution, des quantités plus ou moins grandes de gaz oxigène , azote et acide carbonique dont la proportion doit être prise en sérieuse considération.
Les propriétés chimiques d'une eau potable sont évidemment le résultat de l'ensemble des matières qu'elle renferme à l'état
! dissolution; aussi convient-il, avant d*aborder Tétude de cette nthèse compliquée, d'étudier Imfluence spéciale de chacune s matières gui se trouvent dans les eaux. Il est bien entendu qu'il ne s'agit que de matières dissoutes ; substances tenues en suspension dans les eaux troubles seront LLdiées en parlant des moyens de filtrage. Avant d'aller plus loin, faisons remarquer qu'il est bien difdle de dire à quel état de combinaison se trouvent dans Teau ft éléments que l'analyse a séparés, et que ce n'est qu'à l'aide hypothèses que Ton groupe entre eux les bases et les acides. >\ir ne citer qu'un exemple, si l'on mélange des dissolutions de dorures de sodium et de sulfate de magnésie, on obtiendra bien tx évaporation du chlorure de sodium et du sulfate de magnésie, udis que par un autre mode de séparation (l'action du froid), i recueillera du sulfate de soude, du chlorure de magnésium stant dans les eaux mères.
On se trouve ainsi placé entre deux hypothèses, et il serait sûrement très- hasardeux de donner la préférence à Tune utôt qu'à Vautre.
Les dissolutions très-étendues présentent d'ailleurs un fait marquable, c'est l'action dissolvante de certains sels les uns T les autres, qui vient souvent démentir ce que nous croyons voir du jeu des affinités. Ainsi une eau qui renferme quelques ntigrammes par litre de certains sels devient, par cela même, un ssolvant plus énergique pour d'autres matières que si elle était Lre. De même, la plupart des matières organiques qui existent us l'eau exercent une action dissolvante sur les matières minéles qui souvent se déposent, quand pour une cause ou pour .utre la matière organique se détruit.
Enfin la présence de l'acide carbonique modifie également tat des sels aidant à la dissolution non-seulement des carbonates des phosphates, mais aussi des sulfates. En présence de cette impossibilité de donner la formule rationlUe des eaux, il nous parait qu'il est plus convenable d'exposer nplement les résultats élémentaires d'une analyse d'eau , c'estdire les qualités de bases et d'acides; on laisse ainsi à chacun le in d'en tirer les conséquences relatives au mode de groupement ;s molécules dans le liquide ; et, de cette façon, les résultats obnus par différents chimistes à différentes époques deviennent .us comparables et plus utiles.
Si l'arrangement des molécules est mystérieux, il est pourtant
très-réel, et c'est évidemment à ce groupement moléculaire qaHJ faut attribuer la saveur spéciale des eaux, saveur qui peut être j ble et qui souvent est seulement perceptible aux palais exercés. .1
Nous citerons, pour exemple, les sels calcaires et les sels magné- j siens qui, à l'état de dilution où ils se trouvent dans une potable, présentent une saveur déterminée et donnent par mélange un liquide moins sapide.
On sait que les alcalis communiquent à l'eau une saveur d( et im peu fade ; cependant^ quand l'eau renferme en même de la silice, connue dans les sources granitiques, cet effet n'est sensible.
Les eaux sulfatées, surtout celles des terrains gypseux, ont saveur crue et lourde, désagréable; et l'acide carbonique, si quand l'eau renferme un peu de carbonate de chaux, leur doi une saveur fraîche fort appréciée, etc.
Ces principes posés, nous procéderons à l'examen des dii composés que l'eau peut renfermer, en suivant l'ordre dans le on les a d'abord énumérés ; nous les diviserons en trois grouj les principes solides inorganiques, les principes solides organic et les gaz.