PREMIER GROUPE. — MATÉRIAUX SOLIDES INORGANIQUES
On rencontre ï alumine et le fer en petites quantités dans les potables. Le fer y est accompagné de matières organiques ciales. Les eaux originairement ferrugineuses se dépouillent fer au contact del'air; elles sont désagréables à boire, tant que métal n'est pas complètement éliminé.
La chaux et la magnésie existent dans les eaux à l'état de car] nate dissous dans Tacide carbonique ou combinées aux a sulfurique, azotique ou hydrochloriqiie. Une petite quani de chaux, 0,02 à 0,04 par litre, avec une quantité équivali d'acide carbonique qui se trouve plus solidement retenu le fait de la présence du carbonate qu'il ne le serait à l'état simple dissolution, parait être une condition sinon indis; sable au moins fort utile pour la bonne qualité des eaux; et peut admettre tout au moins que les bonnes eaux renferment de 1» chaux dans cette proportion ; ce qui, il faut le dire en passant, ^ contraire à cette opinion qu'une eau est d'autant meilleure qu'ett est plus pure.
On a souvent mis en doute Tinfluence salutaire de la magnésie! il parait difficile d'attribuer à cette substance les inconvénient
angers que Teau présenterait , selon certaines pei^onnes, 3lle est en proportion un peu notable. De nouvelles expésont nécessaires pour fixer Topinion sur ce point, ju'il en soit, la présence de la chaux et do la magnésie en ;s trop considérables a pour effet de rendre Toaii impropre ges domestiques. Une eau qui renferme trop do cliaux ne •e employée pour la cuisson des légumes ; elle produit rs sur la peau une impression désagréable. Dareille eau est appelée]crtte, et les eaux peuvent fitre clas-
raison de leur degré de crudité (Jiardnesê), selon les indlcafjdrotimétriques (lel est le nom cré^^, par MM. Hoiilron et
anx indications analytiques données par le prfirédé de qu'ils ont introduit en France en le modifiant). Il n'est s de propos de dire en quoi consiste cet ingénieux pm-
it q^ie l'addition de l'eau de savon à Teau donne à celle-ci dété (le mousser par Tagitation ; or la présence d'nn sel , «pii détruit le savon alcalin pour former nn savon de 3'oppose à la manifestation de la mousse, laquelle n'appj»alors <pie le savon a été ajouté en excès. Ln crudité de tm raison du savon ajouté pour arriver à la movsse; comme action «lu savon est équivalente et que Je liquide est sus-
d'êtro litre, les expériences peuvent être comparables les, et il est facile d'apprécier les variations dans la cm-
e.iux.
ilonner ime Idée Je cette variation, il sufflt de dire qu'elU; '(wentée, -Lins les expériences de -\r. i*in€fénieur IV»iiir «les analyses «r^aux «li verses, par les nomhres 2 «i \'yh. j lies :«onrcos .iirani tiques «lu Mon'an ont. .Jonné ;i i'iifiratenr 1 a 1 1 'iegrf*s hydrotimetriques : «^^lles «les sahifs aineblr-au «le 'i a 22, tandis que «:elles des leiT^iins lerompris t*ntro i:* «l^ssus 'les calcaires «le Sainl-Onen «;t i';fr- 3tiaue ont marcme Uj a ^ir, «Jearés, et celles des .sources au 'Tt^au It^^s maiTies vertes et «les marnes de î?>7jse vd-
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"iejrr^^s «iiif^Tor.: «le •^■otix iri Ciarke ou ■î*»«rr^s lie httrHnAf : ^'^mt-
La discussion des données de ce procédé analytique rend compte de l'effet produit par la présence des sels calcaires ; on compiâid que si avec une eau pure il faut, par exemple, pour se laver tes mains, 1, 4 de savon, il devra en falloir de 3 à 12 grammes avec les eaux plus chargées, par exemple avec les eaux des puits de Paris. (On a calculé que si ces dernières, supposées exclusivement employées, venaient à être remplacées par de Teau j)ure, ce serait pour la France une économie de 1 million par an.)
De même Faction des eaux dures a son importance pour k cuisson des aliments. On a constaté qu^il faut un tiers de plus de temps pour cuire des légimies avec de Teau à 20 qu'avec de Tean à 4 ou 5 seulement, et on comprend que la lenteur de la cuissoa ne peut que diminuer la saveur des mets en augmentant la dépense en combustible.
C'est principalement à l'état de carbonate dissous à la fayeur de Tacide carbonique que la chaux existe dans les eaux. Tantôt elle s'y trouve en proportion minime et avec une quantité suffisante d'acide carbonique pour la maintenir en dissolution; tantôt les eaux sont trop calcaires ou l'acide carbonique n'est pas assez abondant ; dans ce cas les eaux produisent un dépôt dur. Diverses circonstances provoquent d'ailleurs la formation de ce précipité, par exemple le contact de l'air atmosphérique.
Ces dépôts que forme l'eau calcaire sont le plus souvent adlié- .rents aux vaisseaux qui la reçoivent; on les appelle alors des incrustations. Il ne faut pas croire que ces dépôts soient fonnés uniquement de carbonate de chaux ; on y rencontre le plus souvent une matière organique, qui joue sans doute un rôle dans les aggloniéra tiens, comme dans la formation des calculs urinaires.
Les moyens d'améliorer de telles eaux sont nombreux : il laut ou bien éviter le contact de l'air ou mieux ajouter de Tacide carbonique, ou bien faire bouillir les eaux de manière à obtenir, quand on le veut, le dépôt des matières calcaires, ou bien encore, comme l'a proposé Clarke, ajouter de la chaux^ qui sature l'acide carbonique en excès. (L'emploi de baryte ne saurait être approprié dans le même but, à cause des propriétés vénéneuses de cette terre et de ses sels.) Ajoutons que MM. Buffet Wertsmann ont conseillé l'emploi du silicate de soude.
De tous ces procédés, Tébullition est celui qui donne les meilleurs résultats, lorsque, comme le fait M. Dumery, on sépare le dépôt à mesure qu'il se forme. (Voir page 171.)
Ce qui a été dit de la chaux s'applique à la magnésie ; Timpor-
tance des sels de ces deux terres nous a obligé à nous y arrêter longtemps ; ce qui nous reste à dire sur les autres matières que Teau peut renfermer sera beaucoup moins long.
La potasse existe rarement dans les eaux naturelles; on la rencontre particulièrement dans les eaux des puits artésiens et des terrains granitiques etfeldspathiques,
La soude pe se trouve guère qu'à Tétat de chlonu'e de sodium ; leaucoup de puits, sur les bords de la mer, fournissent des eaux aaumâtres qu'on emploie, à défaut d'autres, pour les usages doxnestiques. La proportion de sels dans les eaux des grands fleuves €St très-variable.
L'eau de mer, prise à 500 mètres du rivage, à Dieppe, contient 29,8 de sel par litre. On trouve dans Teau de Seine, à Honfleur, de 10 à 0,3 de chlorure de sodium, et seulement 0,04 à 0,02 à <hiillebeuf. Ces nombres diffèrent les uns des autres selon la Ibrce de la marée et des courants. Au-dessus de Quillebeuf, lapro- ]K)rtion de sel diminue encore ; à Rouen, on n'en trouve plus que des traces.
Vammoniaque n'existe dans Teau qu'en petite quantité, si ce n'est dans les eaux qui ont été en contact avec les matières organiques en décomposition.
La silice se trouve en assez faible quantité dans les eaux ordinaires, pour qu'il n'y ait pas lieu de lui attribuer un rôle au point de vue qui nous occupe, mais elle est très-abondante dans certaines eaux de source.
Vacide sulfurique se rencontre trop souvent ; on lui attribue la mauvaise qualité de beaucoup d'eaux ; la réaction des matières organiques avec les sulfates donne naissance à des sulfures qui rendent Teau infecte. Cette réaction des eaux sulfatées (plâtreuses) produit souvent de fort mauvais effets ; ainsi on doit lui attribuer la destruction des pieux enfoncés sur le bord de la Seine. On remarque, notamment sur la rive droite, des pieux coupés à la ligne d'afltteurement de couches d'eaux plâtreuses qui descendent de Montmartre et se trouvent à proximité d'un égout qui déverse des matières organiques.
Vacide chlorhydrique est ordinairement plus abondant ; il accompagne souvent la soude ; quand il paraît avec la chaux, c'est en quantités minimes et sa présence ne saurait donner lieu à aucime observation générale ; il accompagne aussi la magnésie qui se trouve le plus souvent à l'état de chlorure de magnésium.
Uacide phosphorique^ que l'on rencontre dans un assez grand