II. — ^DICT. DK CHIMIE INDUSTRIEL VI
EAU EAUX ionArales. 17S
peut se subdiviser en trois sections : les eaux salées proprement dites, riches en chlorure de sodium et quelquefois en brômuie et iodure ; les eaux sulfatées ou purgatives, et enfin les eaux cat eaires et séléniteuses ; la quatrième classe est formée parles eaux sulfureuses, chargées en sulfures et en acide sulfhydrique. Sans doute, cette division n'est pas absolue, et il arrivera souvent que nous rencontrerons des eaux qui, rangées dans une de ces classes, n^en contiendront pas moins des substances qui eussent pu les faire ranger dans une autre; mais nous nous efforcerons de tenir compte de l'importance relative des différents constituants, et d'ailleurs, si imparfaite qu'elle soit, cette classification est indispensable pour rintelligence du sujet.
EAUX ACmULES ALCALINES.
Parmi les eaux minérales, il en est peu dont la valeur et Tim- I>ortance au point de vue thérapeutique soient aussi universellement reconnues que les eaux alcalines ; elles sont nombreuses d'ailleurs, tantôt froides, tantôt thermales, et doivent surtout à l'acide carbonique libre et au bicarbonate de soude leurs principales propriétés effectives. Cependant, à côté de ces élément» essentiels, on en rencontre d'autres qui peuvent ne pas être sans action ; tel est Tarsenic, par exemple, qui, découvert en minime quantité dans les eaux du Mont-Dore et de Vichy, par Thénard, a été depuis retrouvé par MM. Chevallier et Gobley dans un grand nombre d'eaux minérales. Ces eaux ont luie saveur franchement alcaline, compensée souvent par la fraîcheur aigrelette de l'acide carbonique ; suivant qu'elles sont plus ou moins chargées de ce gaz, elles font ou ne font pas effervescence à Tair ; dans tous les cas, elles bleuissent le papier de tournesol, et sont assimilées par l'organisme avec une facilité telle que , quelques heures après leur ingestion, on peut retrouver dans les urines des malades des traces évidentes d'alcalinité. Leur origine semble volcanique, et les minéralogistes ont remarqué que si quelquefois elles sortent des terrains de transition, elles sont néanmoins toujours en communication avec des terrains volcaniques ; il semble donc que, chargées d'acide carbonique, elles aient réagi à une température élevée sur les feldspaths des roches granitiques, de manière à rendre soluble une partie des alcalis que celles-ci renferment. Les eaux alcalino-acidules sont nombreuses ; la France possède les plus importantes ; celles de Vais et de Vichy ont une célébrité européenne; celles d'£ms, de Tœplitz, de Seltz, sont les plus
EAUX 10KÉRALE8 NATURELLES.
EAU
connues à l'étranger. Les exemples suivants suffiront à donner une idée de la composition des eaux alcalino-acidules ; cette composition est rapportée à 1 litre d'eau.
N<nii de lasonroe.
Nom de robserraténr.
iTeinpérature
Âeide carb. libre.
Bicarb. de soude.
Chlor. de sodium.
Sulfate de soude . .
Phosph. de soude.
Sulfate de potasse. Carbon, de chaux.
Carb. de magnésie.
Carb. ou oxy. de fer Silice
Vais
(Ardèche).
Berthier,
froide.
Vichy
(Allier).
Longchmmp.
Ems
(Nassau) .
Tromsdorff.
Tœplitx (Bohème).
Berséîim»,
Selts
(Nassau).
Henry.
Les autres sources alcalino-acidules les plus connues sont : en France, celles du Mont-Dore, de Cusset, de Saint-Galmier, de Plombières, de Pont-6ibaut, de Fougues, de Royat, de Saint- Nectaire, de Vic-sur-Cère, etc. ; à Tétranger, celles de Carlsbad, en Bohême; de Wiesbaden, dans le duché de Nassau; de Roisdorff, près Cologne ; d'Ilkeston, en Angleterre, etc.