ORIGINE ET CLASSIFICATION DES EAUX MINÉRALES
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Les eaux qu'apportent à la surface de la terre la pluie et la rosée, celles que produit la fonte des neiges et des glaciers, se séparent en deux parties bien distinctes : Tune, roulant sur k terrain même qui Ta reçue, s'écoule pour aller former les ruisseaux, les rivières elles fleuves; l'autre, pénétrant intimement h croûte terrestre, s'imbibe dans le sol, et s'écoulant peu à peu par une sorte de drainage vertical, continue sa marche descendante h jusqu'à ce qu'elle rencontre soit des couches de terrain imper- i méable qui Farrétent, soit des canaux semblables à ceux qui l'ont amenée et qui, marchant en sens inverse de ceux-ci, la ramènent à la stirface du aol.
Les nappes souterraines produites dans le premier cas tantôt I: s'arrêtent à de faibles distances et peuvent, ramenées à la surface du sol par des tranchées verticales, venir alimenter les puits de nos habitations ; tantôt, au contraire, il faut aller chercher à de très-grandes profondeurs (500 à 600 mètres quelquefois) la masse liquide qui, jaillissant alors à une hauteur plus ou moins élevée, suivant Texcès de pression qu'elle supporte, constitue ces puits si précieux auxquels on a donné le nom ^arUzitns, Dans le deuxième cas. Peau, après s'être drainée verticalement, parvient à se frayer d'elle-même une route ascendante, analogue à celte qu'elle a parcourue dans sa descente, pour venir enfin sourdre à la surface du sol en un filet plus ou moins abondant et donner ainsi naissance aux sources naturelles.
Mais quel que soit le mode suivant lequel elles s'échappent du sol, les eaux, en parcourant les divers terrains à travers lesquels elles circulent, dissolvent nécessairement des portions plus ou moins considérables des éléments qui les constituent et avec lesquels elles sont en contact. C'est aux eaux ainsi chargées de substances étrangères que devrait s'appliquer le nom générique d'eaux minérales; mais, dans le langage ordinaire, cette dénomination est généralement restreinte et s'appUque surtout à ces
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^aux dont la richesse saline est telle que leur emploi en thérapeutique puisse exercer quelque action sur l'économie, aux eaux qui devraient, à plus juste titre, ce nous semble, être appelées ^aux médicinales,
La nature diverse des terrains que rencontrent ces cours d'eau souterrains permet de prévoir, à priori^ les différences extrêmes que présentent les substances qu'elles ont dissoutes. Tantôt, et c'est le cas le plus général, ces terrains sont calcaires, et grâce à la présence de l'acide carbonique qu'elles renferment, elles se chargent en carbonate de chaux ; tantôt, comme pour les puits de Paris, le terrain gypseux les sature de sulfate de chaux !Mais ces .eaux de sources ou de puits qui se présentent si fréquemment n'ont aucun emploi en thérapeutique, et cette faveur est réservée aux eaux qui, traversant des terrains spéciaux, ont pu dissoudre des sels alcalins, des composés ferrugineux, des chlorures ou sulfates alcalins, des iodures ou des bromures, ou enfin des substances gazeuses telles que les acides carbonique et sulfhydrique.
A côté des propriétés précieuses que leur communique la présence de ces composés, s'en manifeste une non moins importante due à la température qu'elles possèdent au sortir de la terre. Chacun sait que la température de Técorce terrestre croit à mesure que Ton s'éloigne de la surface, et que cet accroissement n'est pas moindre de 1* cent, pour chaque distance de 33 mètres. On comprend donc aisément que si les sources qui n'ont circulé que dans les couches supérieures peuvent sourdre à la température ordinaire, celles, au contraire, qui, pénétrant à de grandes profondeurs, ont pu toucher les couches à température trés-élevée, se soient échauffées au contact de celles-ci et viennent s'échapper à la surface du sol avec des températures variant depuis 1 5 et 20» jusqu'à 100* et même au delà. Telles sont les eaux de Hammamez-Khoutine, en Algérie, dont la température atteint 95 et 97*; telles sont les eaux des geysers d'Islande, dont le degré de chaleur s'élève quelquefois jusqu'à 127».
Les eaux minérales naturelles peuvent être classiftées de différentes manières; la meilleure, au point de vue qui nous occupe, consiste à les ranger en quatre classes d'après leur composition et leur emploi en thérapeutique. La première classe comprend les eaux acidulés alcalines, dans lesquelles prédominent le bicarbonate de soude et l'acide carbonique ; la seconde comprend les eaux ferrugineuses ; la troisième renferme les eaux salines et