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MÉDICAMENTS PRÉPARÉS PAR SAPONIFICATION

On sait qu'en faisant réagir une base sur ime matière grasse on obtient un savon et de la glycérine, matière rejetée jusqu'ici comme inutile, mais que la médecine commence à employer en quantité assez grande, et qui ne peut manquer de recevoir beaucoup d'autres applications. Le pharmacien prépare surtout des savons à base d'oxyde de plomb, plus connus sous le nom d'emplâtres; il prépare aussi le savon amygdalin, qui résulte de Taclion longtemps prolongée à froid de la lessive des savonniers sur rhuile d'amandes douces, et le savon animal, que Ton obtient en faisant chauffer Un mélange de la même lessive avec im corps gras d'origine animale (moelle de bœuf, graisse de veau ou axonge de porc).

J?mpM<re5. —L'emplâtre simple s'obtient en faisant chauffer ensemble , dans une bassine de cuivre , de la litharge, de l'huile d'olive et de l'eau , dont la présence empêche la température de s'élever plus qu'il ne faudrait; mélangé à des résines, de la cire, des gommes-résines, des sels métalliques, etc., il donne les différents emplâtres composés. L'onguent de la mère est un emplâtre préparé sans eau et partiellement brûlé , auquel on ajoute de la cire et de la poix noii-e. Les emplâtres sont ordinairement conser-

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vés SOUS forme de cylindres ou rruigdalicyiis. Pour les employer, on les étend au moyen d'un fer chaud sur de la peau blanche, de la toile ou du taffetas. Il faut en excepter certains emplâtres destinés au pansement des plaies, dont on recouvre à l'avance des bandes de toile ; ces préparations portent le nom de sparadraps. On peut les fabriquer d'une manière fort simple en tendant I9 bande par. des peignes métalliques, et versant dessus Templâtre liquéfié, que Ton étale en même temps au moyen d'un couteau de fer chauffé ; mais cette manipulation demande une grande habitude, et beaucoup de pharmaciens préfèrent se servir d'un sparadrapier. On en a construit de plusieurs modèles : le moins compliqué et le plus employé se compose d'une planche et d'un lourd couteau fixé au-dessus d'elle de manière à ce qu'ils soient séparés par un intervalle qu'on peut régler à volonté. Pour s'en servir, l'opérateur engage sous le couteau ime des extrémités de la bande et la tire avec précaution , tandis qu'un aide verse de l'autre côté du ^uteau la masse emplastique fondue , qui s'étend sur la toile en couche l'épaisseur imiforme.

Nous avons dit que certains médicaments fort employés n'étaient que des mélanges. Leur préparation ne demande pas d'appareils particuUers autres que le mortier; elle exige cependant de rhabitude, et l'expérience a permis d'établir pour chaque cas des . régies dont on ne peut pas s'écarter. Parmi eux, nous citerons les masses piliUaires, de consistance demi-molle^ destinées à être avalées sous forme de petites balles ou pilules ; les espèces, mélanges de feuilles, de fleurs ou de racines, que l'on traite par Teau pour obtenir des tisanes ou des liquides propres à des lotions, des fumigations , etc. ; les électuaires ou opiats , de consistance molle, qu'on fait ingérer en nature ou entrer dans un grand nombre de préparations magistrales; les émulsionSy liquides composés d'eau et d'huile très-divisée qui leur donne la blancheur du lait; on les obtient en triturant avec de Teau des semences huileuses, ou bien en suspendant l'huile dans l'eau à l'aide d'un mucilage; les pommodes, mélanges de corps gras auxquels on ajoute souvent des substances actives et des aromates : elles sont destinées aux pansements et à des appUcations externes; les onguents y qui diffèrent des pommades en ce que des substances résineuses y sont associées aux corps gras; et enfin les cèrats, où l'on fait entrer de la cire, des corps gras, et souvent de l'eau ordinaire ou des eaux distillées, que l'on y incorpore à l'aide d'un battage prolongé.

A. VÉB.

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