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IL— ALLUMETTES

On a pendant longtemps connu, sous le nom de briquet phosphorique, un petit nécessaire, composé d'une bouteille de plomb avec un bouchon de plomb, renfermant du phosphore, divisé au moyen de la magnésie, et ajusté danâ un bloc de liège à surface polie.

Pour produire du feu, on se servait d'une allumette ordinaire soufrée avec laquelle on détachait un petit fragment de phosphore renfermé dans le petit flacon; on provoquait Tinflammation ep frottant ce fragment contre le liège ; la chaleur développée par le frottement suffisait poux allumer le phosphore qui, par sa combustion, amenait le soufre au point de s'enflammer; la chaleur, produite par la combustion du soufre déterminait Tinflammation du bois.

Ce briquet rappelait l'ancien briquet à amadou, en ce sens que le calorique initial était dû au frottement. On sait, en efifet, que c'est par le frottement que s'échauffe et par suite s'enflamme la parcelle d'acier que le silex détache du briquet, cette parcelle embrasée est reçue sur l'amadou, corps de facile combustion qui prend feu ; on en approche l'allumette soufrée ordinaire.

Le briquet improprement appelé phoephorique (il convient de nommer briquet Fumade, du nom de l'inventeur) a remplacé le briquet à phosphore, c'est lui qu'ont détrôné les allumettes chimiques.

Ce briquet se composait de deux petites boites cylindriques dont la plus longue servait de couvercle à la plus petite ; dans

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celle-ci était une petite bouteille renfermant de Tamiante imbibée d'acide suifurigue concentré en quantité suffisante pour en être exactement mouillée ; un petit bouchon, qu'on enlevait seulement au moment de se servir du briquet, devait clore hermétiquement le flacon ; le couvercle de Tétui contenait des allumettes qui n'étaient autres que des allumettes ordinaires, garnies par-dessus leur gaine de soufre d'une pâte faite de chlorate de potasse et de soufre aggloméré par de la gomme épaisse, et que Ton colorait pour caractériser ce genre d'allumettes. On se procurait le feu en appliquant légèrement Textrémité préparée de Vallumette sur la surface de Tamiante imbibée d'acide. Il arrivait alors qu'un peu d'acide mouillait la pâte de soufre et de chlorate de potasse. On avait en présence : l'acide sulfurique et le chlorate produisant, avec le calorique développé par l'action chimique, un composé très-oxygéné : l'acide chlorique ; au contact du soufre, corps combustible, l'eifet de cette action chimique était d'enflammer le soufre de la pâte, et aussi le soufre normal de l'allumette et enfin le bois.

L'allumette chimique, dite allemande, tient à la fois de l'ancien briquet à phosphore et du briquet Fumade ; elle utilise la chaleur produite par le frottement, et présente un mélange d'un corps combustible et d'un corps comburant.

Le combustible est : soit le phosphore ou le soufre,:soit l'acide stéarique ; le comburant est : soit le salpêtre, soit le mmium ou l'oxygène; quant «au chlorate de potasse, il présente l'inconvénient de donner xme déflagration trop vive, ce qui en fait rejeter l'emploi.

Un excellent mélange a été conseillé par M. Bœttger :

phosphore f 4

Azotate de potaise 10

Minium 3

Colle 6

La colle qu'on emploie est la colle mince ou collette (on pom'rait employer la gomme), on la met dans Teau, elle s'hydiale et gonfle, quelques heures d'immersion suffisent; alors, on la fait fondre au bain-marie, et on y introduit le phosphore peu à peu, on agite la masse sans secousse afin que le phosphore ne remonte pas à la surface du liquide. On obtient ainsi une émulsion parfaite à laquelle on ajoute les matières oxygénées, et s'il y a lieu des matières colorantes, telles que des ocres, des jauues de chrome, du bleu de Prusse, etc. Ce mélange se fait à une douce

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