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HI.- DICT. DR CHIMIE INDUSTRIRI.I

PHO PHOSPHORE, ALLUMETTES, 258

température et sans frottement dur, autrement il y aurait explosion. Quand la masse est homogène, on Tétend sur un marbre maintenu tiède.

Les allumettes ordinaires sont faites de bois, généralement de tremble, ou de peuplier blanc de Hollande.

Les petites allumettes arrondies sont faites de bois de pin; le bois, coupé en bûches, est séché au four, et débité par bûchettes cylindriques de 5 à 10 centimètres de hauteur, et qu'on refend à leur • tour en petits parallélipipèdes à Taide d'un couteau analogue au coupe-racines ; suivant que le couteau s'arrête en chemin ou qu'il traverse entièrement le bloc de bois, les allumettes sont adhérentes entre elles ou séparées. Chaque bloc en fournit de 500 à 600 pièces.

Les É^lumettes rondes sont préparées au moyen d'un rabot mécanique qui débite le bois en longues baguettes. Cette opération se fait principalement en Autriche et dans le Wurtemberg. Nos marchands achètent les tiges entières et les coupent de longueur à la scie circulaire. Ainsi débitées, elles sont rangées par paquets, qu'on ajuste dans des casiei*s à règles mobiles, et elles sont, par quantités considérables, trempées dans un bain de soufre, maintenu à la température la moins élevée possible. On les plonge jusqu'à 5 ou 6 millimètres, puis, lorsqu'elles sont ainsi préparées et refroidies, on les applique sur le marbre garni de pâte inflammable.

Cela fait, on les introduit dans une étuve construite en matériaux incombustibles et légers et dont le sol est couvert de sable.

La construction de ces étuves est souvent négligée et présente des chances d'incendie ; il serait facile, ce me semble, d'adopter

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ries, et construites en nialériaux très-légers, en tôle mince, recouvertes de bourre de soie, telle qu'on la prépare à Wasselonne, pour éviter le refroidissement des tuyaux de vapeur. Des chariots, glissant sur des rails et portant les allumettes, traverseraient une galerie chauffée et convenablement ventilée ; des rideaux permettraient de diviser les convois en cas d'incendie, et les ouvriers ne seraient jamais exposés.

Plusieurs modifications peuvent être apportées au procédé général qui vient d'être décrit. On peut substituer au soufre Tacide stéarique. Au lieu de bois, on se sert aussi de petites bougies faites de brins de coton non tordus, immergés dans la cire fondue.

Gaogk

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Quant aux couleurs, elles peuvent être variées à Tinfini. L'Autriche, qui fabrique de ces allumettes en quantités prodigieuses, excelle pour le fini comme pour la qualité ; les marchands de ce pays présentent comme spécimen des tableaux mosaïques fort intéressants qui sont faits avec des allumettes diversement colorées.

On reproche aux allumettes chimiques deux inconvénients graves: le phosphore duquel elles sont faites est un poison; de plus, elles peuvent prendre feu accidentellement. Ces inconvé-, nients sérieux ont fait désirer l'invention d'un autre moyen de se procurer du feu.

En 1853, M. Lundstrom, de Suède, imagina de faire des boîtesbriquets dans lesquelles il place des allumettes préparées avec ime pâte formée de :

Chlorate de potasse 6

Sulfure d'antimoine 8

Colle forte 1

Et il garnit le couvercle même de la boîte d'une couche adhérente composée de :

Phosphore amorphe 10

Sulfure d'antimoine 8

Colle 8

C'est un retour à l'ancien briquet à phosphore, à cette difierence, près, que le phosphore amorphe n'est pas vénéneux, et qu'on n'a plus rembarras de la bouteille ; Tinflammation est, d'ailleurs, facilitée par l'introduction dans la pâte adhérente au couvercle d'un corps dur en poudre grossière.

Avec ce briqvst, il n'y a pas de danger d'incendie involontaire et il n'y a nul danger d'empoisonnement.

Le seul inconvénient qu'on puisse lui reprocher est dans la nécessité d'une boite spéciale, d'un frottoir particulier, et c'est à cet inconvénient, qui, au fond, est pourtant lin véritable avantage, qu'il faut attribuer la difBiculté que l'on rencontre à le faire pénétrer dans la consonmiation. On a bien essayé, mais sans succès, de faire des allumettes sans phosphore, par conséquent sans poison, s'enflammant sur une surface quelconque, ce qui, il faut bien le dire, serait un moins bon résultat au point de vue de la sécurité publique. Mais jusqu'ici la fabrication de ces allumettes spéciales laisse beaucoup à désirer.

BARHESWIL;

PHOTOGRAPHIE

Sous le titre de Photographie (des mots grecs <pw<, lumière, et Ypottpo), je trace) nous réunissoDs l'ensemble des procédés qui permettent d'obtenir un dessin par l'action de la lumière.

Les premiers essais datent de la fin du siècle dernier; ils remontent à Charles, à Wedgwood, à Davy, mais ils restèrent infructueux faute de pouvoir fixer les épreuves encore informes obtenues au moyen du chlorure d'argent.

Nicéphore Niepce commença ses recherches photographiques en 1814. Il obtint avec le bitume de Judée la première épreuve durable et la première planche gravée par les rayons du soleil.

Daguerre, qui poursuivait le même but, s'associa avec Niepce en 1829, et présenta, dix ans plus tard, le procédé sur plaqué d'argent qui a immortalisé son nom.

Les plus beaux perfectionnements apportés au procédé de Daguerre sont dus à M. Fizeau; par remploi du brome, cet habile physicien fit compter par secondes le temps que Daguerre comp- ^ tait par minutes, et il inventa un élégant procédé de dorure qui lui permit de donner à Timage fugitive un éclat et une soUdité qu'elle ne possédait pas avant. Le chlorure et le bromure d'iode furent proposés à la même époque , le premier par M. Claudet à Londres , le second par M. Gaudin à Paris.

La photographie sur plaques prit alors un grand essor, laissant dans Tombre deux procédés nés vers la môme époque. Le premier, dû à M. Bayard , permettait à son auteur d'exposer, en juillet 1839, des éprexxyes positives sur papier. Le second, découvert en Angleterre par M. Talbot, donnait une épreuve inverse, dite négative^ qui, servant de type, permettait d'obtenir autant d'épreuves que l'on pouvait le désirer.

Le procédé de M. Talbot, repris, modifié et amélioré, a donné naissance à la photographie actuelle. Au papier humide employé par M. Talbot, M. Legray substitua le papier ciré; bientôt après M. Niepce de Saint-Victor, neveu de Nicéphore Niepce, proposa l'emploi d'une couche d'albumine iodurée étendue sur glace, pour obtenir des finesses que le grain du papier ne permettait pas d'espérer. M. Legray entrevit la possibilité d'employer le

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coUodion, et publia même une formule dans laquelle il indiquait l'emploi de ce corps; mais ce furent MM. Archer et Pry qui , en 1851, donnèrent une méthode complète de collodion humide.

Les premières épreuves positives faites avec les sels d'argent s'altéraient avec rapidité. M. le duc de Luynes proposa un prix de grande valeur pour la production d'épreuves inaltérables; immédiatement les recherches se portèrent sur les moyens d'obtenir les images photographiques avec le charbon, et MM. Poitevin, Salmon et Garnier, Pouncy, Fargier, ont inventé divers procédés au moyen desquels on peut faire des épreuves avec toutes espèces de poudres.

Les diverses méthodes que nous avons à décrire sont les procédés au collodion humide, au collodion sec, à Valbumine, au papier ciré sec; le tirage des épreuves positives; la photographie sur plaques ou daguerréotype; enfin les procédés employés pour obtenir les épreuves au charbon , soit directement, soit par la gravure ou la lithographie.

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