COLLODION HUMIDE
La glace doit, avant toutes choses, être soigneusement nettoyée; cette opération s'exécute en la posant sur une presse à vis spéciale pour cet usage (flg. 482). On verse à la surface un mélange d'eau et de terre pourrie en bouillie claire , acidulée par quelques gouttes d'acide nitrique, que Ton étend avec un tam-
Fig. 482.— Presse à vit pour nettoyer les glaces.
pon de coton, ou mieux de molleton plucheux; avec un second tampon on enlève toute la terre pourrie , et on donne un dernier poli avec un peu de papier Joseph.
On prépare le collodion en faisant dissoudre dans un mélange de trois parties d'éther pour deux parties d'alcool une quantité de coton-poudre (pyroxyline) telle que le liquide ait une consistance presque oléagineuse. Les proportions généralement adoptées sont 1 gramme de coton poudre pour 100 centigrammes du mélange
PHO
PHOTOGRAPHIE
d'alcool et d'éther; on y ajoute 1 gramme d'un iodure et 2 à 3 décigrammes d'un bromure soluble dans Talcool et Téther. Les iodures et les bromures d'ammonium, de sodium, de cadmium, de zinc, de nickel, peuvent être également bien employés ; Tiodure de potassium demande pour se dissoudre l'addition de quelques gouttes d'eau.
Le coUodion*, convenablement filtré et reposé, est étendu sur une glace, que Ton a préalablement nettoyée avec le plus grand soin.
La glace étant préparée, on passe un blaireau pour chasser les
Fig. ii83. — Manière d'étendre le coUodion sar la gllbe :
Tenir horizontalement.— Verser le coUodion en A, incliner en B, puis en C,
et faire écouler par le coin D.
poussières, et on verse le coUodion, que Ton laisse s'étendre en
* Les formules de coUodion sont très-nombreuses. Nous en donnons ici quelques-unes :
!• Ether sulfurique 300
Alcool à 40" 200
Coton-poudre 5
Ajoutez à ce mélange, après les avoir broyés au mortier de porcelaine ; Iodure de potassium 1 gr. »
— d'ammonium 1 75
— de cadmium 1 75 '
Bromure de cadmium 1 25
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263 COLLODION HUMIDE, PHO
rond, gagner Buecessivement les deiuc angles supérieurs, et, inclinant la main, on déverse l'excédant dans le flacon (fig. 483).
On fait osciller la glace de manière à faire disparaître les stries qui se forment par l'écoulement du coUodion.
La sensibilisation de la couche se fait complètement à Tabri de la lumière du jour, dans un cabinet éclairé, soit par ime bougie, soit par des verres jaunes. On plonge la glace d'un coup (flg. 484) dans un bain de nitrate d'argent pur, composé de 6 à
Fig. 484.— Manière de plonger la glace (le coUodion en dessous dans le bain d'argent.
10 grammes d'azotate d'argent fondu pour 100 cent, cubes d'eau (plus la température est élevée, moins le bain doit être fort); avant de l'immerger dans ce bain, il faut avoir soin que le collo-r dion ait pris assez de consistance, ce qui a lieu presque immfrf diatement .
La couche transparente devient opaline, par suite de la forma^ tion de l'iodure d'argent. Après quelques minutes d'immersion on redresse la glace, on l'égoutte, on la met dans le châssis; elle est prête à être exposée dans la chambre noire (fig. 485).
Lorsque la mise au point est arrêtée, c'est-à-dire quand on est parvenu, en écartant plus ou moins de l'objectif la glace dépo*
3* Au coUodion normal composé de :
Ether 300
Alcool à 40« 200
Coton-poudre 5
Ajoutez :
lodure d'ammonium 1 gr. >
— de cadmium 3 »
Bromure de cadmium 1 V>
PHO
PHOTOGRAPHIE
lie, à obtenir sur celle-ci une image parfaitement nette de l'objet à reproduire, on substitue à la glace dépolie le châssis dans lequel est la glace préparée. Les rayons lumineux qui forment l'image viennent frapper sur la surface sensible, et après une expo-
1 un» »' u«
Fig. 485. ~ Chambre noire de voyage sur son pied.
AB, chambre à soufflet.
€D. queue à coulisse.
O» objecUf.
E, écrou pour fixer la chambre sur le pied.
P, pied à six branches.
X. fourchette pour maintenir la queue de la chambre dans les grands tirages.
sition très- variable, suivant l'objectif, la lumière, l'objet à reproduire, et qui peut varier d'une minime fraction de seconde à une demi-heure environ , et même beaucoup plus si on emploie des préparations sèches, on ferme le châssis et on le rapporte dans le cabinet noir, où se fera le développement.
La glace, retirée du châssis toute humide encore, ne laisse voir aucune trace d'image ; mais en versant sur Tépreuve une solution réductrice * formée , soit de sulfate de protoxyde de fer trés-
* Formules :
!• Eau 750
Solution saturée de sulfate de protoxyde de fer.. JOO
Acide pjroligneux 25
Alcool à 36* 25
265 COLLODION HUMIDE. PHO
étendu et acidulé , soit d'acide pyrogallique également acidulé par Tacide acétique, il se fait une réduction relativement lente du nitrate d'argent , et Timage ne tarde pas à apparaître avec tous ses détails. Lorsque, après avoir laissé agir quelque temps, Tépreuve ne gagne plus, et qu'elle n'est pas encore arrivée à la vigueur voulue, ce que Ton ne connaît que par expérience, il faut la faire monter en lui fournissant ime nouvelle quantité d'argent; on verse donc alternativement sur l'épreuve ime couche de solution alcoolisée de nitrate d'argent à 3 pour 100, puis la solution réductrice ; on laisse agir, et on recommence s'il y a lieu.
L'épreuve terminée est d'abord lavée à grande eau, puis fixée dans une solution d'hyposulflte de soude ou de sulfocyanure d'ammonium à 25 ou 30 pour 100, ou de cyanure de potassium à 2 pour 100. La couche jaune opaline d'iodure d'argent se dissout sans que l'argent réduit qui forme l'image soit attaqué, et la glace, bien lavée de nouveau, est mise à sécher.
On a obtenu ainsi une épreuve négative, c'est-à-dire que les parties blanches du modèle sont accusées par des noirs, et dans les ombres la glace a gardé sa transparence.
Si la pose a été très-courte, et qu'il n'y ait eu dans l'opération aucune cause de voile, cette image, négative en réalité, apparaîtra, au contraire, positive si on la regarde sur un fond noir, parce que l'argent réduit parait blanc par réflexion. On peut obtenir par ce moyen des épreuves positives directes d'une grande finesse, rivalisant avec l'ancien procédé sur plaque de Daguerre.
Après les lavages, l'épreuve est examinée avec soin ; si elle n'a pas l'intensité voulue, on peut encore lui donner plus de vigueur en versant à sa surface une couche régulière d'une solution de bichlorure de mercure à saturation dans l'eau; on lave de nouveau et on laisse sécher.
A cet état, l'épreuve ne présente* aucune solidité et se détruira rapidement au tirage; il faut la recouvrir d'un vernis qui la protège. Ce vernis sera quelquefois une simple couche de gomme arabique dissoute, dans les proportions de 40 grammes de gomme pour 100 grammes d'eau. Ce vernis, peu résistant, .laisse aux
2* Eau dUtillée 250
Acide pyrogallique 1
Acide acétique cristallisable 20
On peut remplacer les 20 centim. cubes d'acide acétique par 1 gramme d'acide citrique.
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noirs toute leur opacité. Le plus souvent le vernis est formé d'une matière résineuse dissoute dans Talcool. On doit chauiTer légèrement la glace avant et après l'application du vernis résineux. La formule suivante, donnée par M. Mailand, réussit parfaitement :
Alcool à 40» 100
Elémi 3
Gomme laque en grains 10
Verre pilé 10
Filtrez après dissolution des résines.