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ÉPREUVES POSITIVES

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d'albumine. On a soin qu'il ne passe pas de liquide au dos ; on laisse la feuille sur le bain pendant trois ou quatre minutes; on la relève avec précaution ; on la pend pour la faire sécher, et on la conserve pour Tusage.

On sensibilise les feuilles chlorurées albuminées en posant le côté préparé sur un bain composé de 18 à 20 parties d'azotate d'argent pour 100 d'eau distillée. Après trois à quatre minutes de contact, on relève la feuille et on la pend pour la laisser complètement sécher. La feuille se trouve ainsi recouverte sur une de ses faces d'un mélange de chlorure , de nitrate et d'albuminate d'argent. Ces trois corps, en présence delà liunière, concourent à la formation de l'image.

Le bain d'argent pour épreuves positives s'appauvrit promptement, et doit être ramené à son titre normal. 11 faut compter sur uue dépense d'environ 100 grammes de nitrate d'argent pour sensibiliser la valexu* d'un main de papier, soit vingt-quatre feuilles de 0™,44 sur 0«°,57.

Lorsque les feuilles positives sont parfaitement sèches, on met le négatif à reproduire dans la presse dite châssis positif (fig. 486).

Fig. 486.— Châssis positif pour le tirage des épreures.

dont le fond est en glace-, on le place sur cette glace, le côlé de répreuve en dessus , de manière à être en contact direct avec le côté préparé de la feuille sensible, que l'on étend sur le cliché, et on expose à la lumière. Immédiatement le papier positif se teinte plus ou moins, suivant qu'il est plus ou moins protégé par les noirs du cliché. Le temps d'exposition est excessivement variable, suivant la lumière et l'intensité du négatif; Ton doit avoir soin de laisser l'épreuve devenir un peu plus foncée qu'on ne veut la garder, parce qu'elle baisse toujours de ton dans les opérations suivantes.

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Une épreuve , fixée simplement dans Thyposulfite de soude , prend un ton roux désagréable; on modifie cette teinte en employant des solutions d'or, opération que Ton appelle le virage. Toutes les opérations du virage et du fixage doivent être faites à une faible Jimiière. Les épreuves sont d'abord lavées dans une première eau , qui enlève en partie Texcès de nitrate d'argent, puis dans une seconde eau, qui peut être additionnée •de 2 à 3 pour 100 de bicarbonate de soude (moins alcalin que le carbonate, qui pourrait altérer l'encollage). Le bicarbonate de soude a pour but de saturer Tacide nitrique mis en liberté par la lumière. On immerge ensuite complètement les épreuves dos à dos , et seulement deux par deux, dans une solution d^or composée de :

'Chlorure d'or 1 gramme.

Acétate de soude fondu et pur 10 à 30 gr.

£au distillée 1 litre.

Sous l'influence de ce bain, l'image, devenue rouge par les lavages précédents , passe rapidement au ton bleu. Avec im peu d'habitude, on sait bientôt à quelle teinte on doit s'arrêter; on enlève alors les feuilles , et on les met toutes successivement dans ime grande bassine d'eau ordinaire. Il faut avoir soin, dans tout le cours de ces opérations, qu'il ne vienne pas siu» les feuilles les plus petites traces d'hyposulfite de soude : ce serait xme cause de taches. Les épreuves, virées et lavées après virage, sont fixées dans une solution d'hyposulfite de soude ou de sulfocyanure alcalin à 20 pour 1 00 . On les immerge dans ce bain, en évitant les bulles d'air et en ayant soin que la quantité de liquide soit assez considérable pour qu'elles y nagent facilement. Après dix minutes à un quart d'heure, on les retire et on les lave à huit ou dix eaux.

Les épreuves lavées sont séchées entre des buvards , coupées d'équerre, collées sur bristol, satinées et frottées avec une flanelle, sur laquelle on met un peu d'encaustique, formée de parties égales de cire blanche et d'essence de térébenthine, dans laquelle on a fait préalablement dissoudre 10 pour 100 de mastic en larmes.

théorie de la formation, du virage, du fixage et de l'altération des Épreuves positives.

L'explication théorique de la formation des épreuves positives et de leur altération a été, pour MM. Davanne et Girard, le but d'im travail spécial dont nous donnons ici le résumé.

Le papier préparé et sensible contient du chlorure d'argent, du

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nitrate d'argent et une combinaison d'argent et de matière organique (amidon, gélatine, albumine). Ces trois substances concourent à la formation de l'image. Sous l'influence de la lumière, le chlorure d'argent est réduit à l'état métallique; il noircit, et, la pellicule noircie protégeant contre la lumière la couche sous-jacente, l'action s'arrêterait bientôt, et on n'aurait que des épreuves grises et plates, si le chlore mis en liberté ne trouvait du nitrate d'argent, avec lequel il régénère immédiatement une nouvelle couche de chlorure , qui noircit à son tour et en renouvelle une troisième, etc. ; l'excès du nitrate d'argent permet donc d'obtenir ainsi des épreuves plus profondes et plus vigoureuses, et la combinaison d'albumine et d'argent, qui suffirait pour donner une épreuve vigoureuse, mais trop rouge, vient ajouter à l'ensemble sa sensibilité, sa vigueur et sa richesse de coloration.

Lorsque l'épreuve est assez vigoureuse et qu'on la retire du châssis, outre l'excès des chlorure, nitrate et albuminate d'argent qui ont concouru à sa formation, elle renferme de l'argent métallique, une combinaison d'argent et d'albumine richement teintée et de Tacide nitrique mis en liberté. On lave cette épreuve à l'eau pour enlever, en même temps que l'excès de nitrate , désormais inutile, l'acide nitrique, qui, réagissant sur. l'hyposulflte de soude , le décomposerait. On sature cet acide nitrique plus complètement encore par l'emploi d'un bain contenant un peu de bicarbonate de soude, et Ton procède au virage, que l'on fait toujours maintenant au moyen de chlorure d'or additionné de sels neutres ou alcalins (acétate, citrate, bicarbonate, phosphate de soude). Ce virage est une simple substitution. L'or remplace l'argent réduit et la combinaison argentico-organique ; il s'y substitue, tandis que l'argent retourne à l'état de chlorure; on obtient ainsi des tons noirs, violets ou pourpres excessivement riches. L'épreuve virée est ensuite fixée.

Poiir bien comprendre ce fixage, il faut connaître la série des composés que l'hyposulfite de soude peut former avec les sels d'argent.

La première action de l'hyposulfite de soude sur im sel d'argent soluble est de donner, par double décomposition, de l'hyposulfite d'argent et du nitrate de soude ; cette réaction se produit toujours si le sel d'argent est en excès; si au contraire l'hyposulfite de soude est en léger excès, il peut se former un premier sel double peu soluble, facilement décomposable sous l'influence de l'eau et de la lumière, ayant pom* formule AgO,S*0*-f-NaO,S»0*.

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Ce sel est trës-soluble dans une solution d'hyposulfite de soude, avec lequel il forme alors im second sel double difficilement cristallisable, très-soluble dans Teau, inaltérable à la lumière, qui a pour formule AgO,S»0«+2NaO,S«0*.

Le premier sel, Thyposulâte d'argent, se décompose presque immédiatement en sulfure d'argent et acide sulfurique, suivant la formule :

AgO,S*0«+HO=AgS+SO',HO.

L'acide sulfurique , mis en liberté , réagit sur rhyposulflte de soude, qu'il décompose en mettant du soufre en liberté.

Du moment qu'il y a de l'argent en solution dans rhyposulflte de soude, ce qui arrive aussitôt que celui-ci a servi à fixer quelques épreuves, la décomposition continue; le soufre-s'empare peu à peu de l'argent, met l'acide nitrique en liberté, celui-ci réagit sur rhyposulflte de soude, qu'il décompose à son tour; il se fait des composés de la série thionique éminemment instables, et il en résulte un mélange sulfurant qui, tout en donnant aux épreuves des tons très-riches, compromet leur solidité dans l'avenir, parce qu'il dépose du soufre dans la pâte même du papier.

Pour avoir un bon fixage, tous les efforts doivent donc tendre à obtenir le plus, rapidement possible , avec les sels d'argent qui sont sur l'épreuve , le sel double , contenant pour un équivalent d'argent deux équivalents d'hyposulfite de soude, et à éviter toute cause qui , provoquant la décomposition de l'hyposulfile, amènerait Faction du soufre sur l'épreuve.

Il suffit pour cela d'immerger les épreuves n'ayant aucune réaction acide dans un bain neuf d'hyposulfite de soude concentré (à 20 pour 100), assez abondant pour que l'épreuve y nage facilement et que le liquide puisse pénétrer par les deux faces; à ne pas laisser interposer de bulles d'air et éviter toutes causes qui poxu'raient amener un instant excès de sel d'argent sur le liquide fixateur; à ne fixer dans le même bain qu'un petit nombre d'épreuves, puis à le mettre aux résidus lorsqu'on s'en est servi, car en moins de vingt-quatre heures ce bain entre en décomposition, et aurait une action sulfui*ante.

Daguerréotype, ou procédé sur plaques.

Nous ne dirons que quelques mots de ce procédé, presque entièrement abandonné aujourd'hui , et qui a permis cependant d'obtenir des chefs-d'œuvre de finesse. L'image se produit sur une plaque d'argent préparée de la manière suivante :

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