DAGUERRÉOTYPE OU PROCÉDÉ SUR PLAQUES. PHO
Après avoir abattu les arêtes de la plaque, on la polit avec le plus grand soin au moyen d'im tampon de coton imbibé d'alcool et de tripoli, et on termine avec un polissoir en peau de daim, saupoudré de rouge à polir. Ainsi préparée, la plaque est soumise, dans une boite spéciale, à la vapeur de l'iode, jusqu'à ce qu'elle ait pris une teinte jaime paille foncée , puis à la vapeur de brome (s'exhalant d'un mélange de chaux caustique et de brome, dit bromure de chaux), jusqu'à ce qu elle ait la teinte fleur de pêcher; enfin, on la reporte au-dessus deTiode, et on l'y laisse sans la regarder pendant la moitié du temps qu'a duré la première ioduration. Ces opérations doivent se faire à l'abri de la lumière blanche. On l'expose alors à la chambre noire pendant un temps qui peut varier de la quasi-instantanéité à une ou plusieurs minutes. La plaque, rapportée dans le laboratoire , est mise, sous xme inclinaison de 45^, à 5 à 8 centimètres au-dessus d'un bain de mercure, que Ton chauffe entre 50* et 60*; la vapeur mercurielle , en se condensant sur la plaque , dessine l'image. On fixe cette épreuve en l'immergeant dans une solution d'hyposulfite de soude à 10 ou 15 pour 100. On la lave, et pour lui donner plus de solidité on la dore par le procédé de M. Fizeau, qui consiste à couvrir cette plaque d'une couche d'un liquide formé de :
Eau 1.000
Sel de Gélis (bjposulfite double d'or et de soude. 1 gramme-
Ce liquide , bien filtré sur la plaque , est chauffé rapidement en dessous avecime forte lampe à alcool; les'blancs deviennent plus éclatants, les noirs plus intenses; on arrête avant l'ébullition du liquide, et on lave en jetant la plaque d'un coup dans l'eau; on rince à l'eau distillée, on sèche rapidement avec la lampe à alcool, et l'épreuve est terminée.
Traitement des résidibs. — La majeure partie de l'argent employé et ime certaine quantité d'or restent en solution dans les bains de lavage , et on peut en retrouver la presque totalité en réunissant les eaux dans un grand vase et en y versant une solution de foie de soufre (pentasulfure de potassium) en minime excès. On décante et on jette le liquide clair après repos, et lorsque le précipité des sulfures est assez abondant, on le recueille, on le sèche, on le grille dans une marmite de fonte , de manière à brûler le soufre libre, qui détonerait plus tard par son mélange avec le salpêtre; la matière grillée , réduite en poudre fine , est ensuite mélangée avec son poids de salpêtre et fondue au rouge vif; le sulfure
m. — DICT. DB CHIMIE INDUSTRIELLE. IB
PHO PHOTOGRAPHIE. 274
d*argent est réduit , et on obtient dans le fond du creuset un culot d'argent en rapport avec la masse et la richesse des résidus traités.
PROCÉDÉS DE PHOTOGRAPHIE SANS SELS d'aRGENT.
La dépense qu'entraîne l'emploi des sels d'argent , et surtout l'altération que Ton croyait inhérente à leur usage, ont fait faire un assez grand nombre de recherches pour trouver des agents plus économiques et moins altérables. Le prix fondé par M. le duc de Luynes , en les stimulant , a fait aboutir ces recherches à un résultat que Ton aurait pu croire impossible : l'emploi en photographie du charbon, c'est-à-dire d'une substance insoluble, inaltérable à la lumière et aux divers agents chimiques.
M. Poitevin a employé le bichromate de potasse mélangé à la gélatine ou à Talbumine et additionné de couleurs en poudre : charbon, peroxyde de fer, etc., etc. Le mélange, étendu sur papier, est exposé à la lumière sous \m négatif. Sous Finfluence des rayons lumineux, l'albumine ou la gélatine est coajgulée par le bichromate de potasse , et retient emprisonnées les poudres qu'on y a mélangées. M. Fargier a apporté à ce procédé une modification importante , fondée sur ce principe , que la couche de gélatine n'est pas attaquée également dans toute son épaisseur, et que, pour avoir les demi-teintes, il y a intérêt à laver le dessous de la couche sur l'épreuve décollée; pour cela, il étend sa préparation sur une glace ; après l'exposition à la lumière, il la recouvre d'une couche de coUodion, qui lui donne la consistance, puis il la plonge dans l'eau chaude; le coUodion se détache de la glace, entraînant avec lui la couche bichromatée; on continue le lavage avec précaution, puis on fixe cette pellicule sur une feuille de papier albuminé ou gélatine.
MM. Salmon et Garnier ont proposé, pour obtenir les épreuves, l'emploi d'un mélange de : bichromate d'ammoniaque , 7 grammes 50; sucre, 30 grammes; eau, 30 grammes; albumine, 10 grammes. Cette mixture, étendue sur le papier, reste poisseuse, mais elle perd cette propriété par Faction de la lumière. On expose le papier préparé et séché sous une épreuve positive sur verre; partout où la lumière passe, la mixture se dessèche; elle reste plus ou moins poisseuse sous les demi-teintes ou les noirs. Après cette exposition on passe , avec un tampon de coton ou un pinceau, du noir d'ivoire sec et en poudre impalpable, qui se fixe sur les parties poisseuses, puis on lave àFeau avec précaution; le noir reste sur les parties où il s'est fixé.
275 PROCÉDÉS SAKS 8BL8 D'aROENT. PHO
M. Poitevin a indiqué un procédé inverse du précédent : il est basé sur l'emploi du perchlorure de fer, 10 parties, mélangé à 5 grammes diacide tartrigue et dissous dans 60 parties d'eau. Cette préparation, étendue sur une glace et séchée, devient hygrométrique sous rinfluence de la lumière. Il s^ufflra donc de Fexposer quelques instants sous im négatif pour que toutes les parties touchées par la lumière attirent Thumidité ambiante et puissent fixer les poudres qu'on étend à la surface avec un pinceau trôs^ux; répreuve est ensuite couverte de coUodion, lavée à Teau ordinaire, puis à Teau acidulée, pour détacher le collodion et le transporter sur papier gélatine ou albuminé.