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III. -- BUT DU FABRICANT

La fabrication de la poterie est essentiellement du ressort de la chimie ; elle implique la connaissance des terres et des verres, celle des agents de combustion et des combustibles ; en un mot, elle peut être définie : Tétude spéciale des composés que la chimie désigne sous les noms de silicates, borates, phosphates, etc., alcalins, terreux et métalliques, simples ou multiples. Les réactions qui se passent sous l'influence de la chaleur, au contact des divers éléments que le potier met en œuvre, deviennent la base de toute la fabrication.

Augmenter la fusibilité pour obtenir des glaçures (vernis, lustres, émaux, couvertes); ^

Diminuer la fusibiUté pour confectionner des pâtes qui puissent résister à la déformation, acquérir de la résistance sans fragi* lité, etc. ;

Mettre en rapport la fusibiUté de la glaçure avec la composition de la pâte pour éviter le coulage, le ressui, le truitage, etc: ;

S'opposer aux réactions qui peuvent intervenir entre les éléments des glaçures et ceux des pâtes, lorsque ces réactions ont pour effet de faire naître des précipitations d'oxydes ou de sels métalliques qui ne se dissolvent plus et feraient apparaître un aspect rugueux ;

Corriger ces défauts quand, par hasard, ils se sont produits dans les différentes phases de la fabrication.

Tel est le but multiple vers lequel doivent tendre tous les efforts du potier de terre.

Tout produit céramique doit être examiné sous quatre points de vue différents : la composition, le façonnage, la cuisson et la décoration.

,A la composition se rattache la connaissance de tous les matériaux des pâtes céramiques, leur histoire, leur origine, leur position dans la nature, leur exploitation et leur purification.

Au façonnage appartient l'histoire des machines et des procédés, soit chimiques soit mécaniques, au moyen desquels on prépare, on mélange, on combine ces matières pour en faire des pâtes ou des glaçures.

La cuisson comporte Tétude des combustibles, celle des appa-

relis dans lesquels la poterie acquiert la dureté nécessaire aux usages auxquels on la destine, enfin celle des moyens à Taide desquels on protège dans le four les pièces à cuire contre l'action de la flamme, des cendres et de la fumée. Non-seulement la force du feu, c'est-à-dire l'intensité de la chaleur exerce sur la qualité des produits une influence considérable, mais la nature des gaz qui remplissent le four est en rapport avec la coloration que ces produits peuvent ou doivent présenter.

La décoration est généralement une vitrification, appliquée soit sur la pâte, soit dans la pâte, soit sous la glaçure, soit dans la glaçure. Elle est très-importante; son étude implique la fabrication des couleurs et des émaux ; elle exige la connaissance de la cuisson des peintures, et du choix de Tomementation propre à chaque genre de poteries.

La composition, le façonnage, la cuisson et la décoration des poteries présentent entre elles certains rapports essentiels dont il faut savoir tenir compte. La composition de la pâte limite les procédés de façonnage ; car si presque toutes les pâtes ont une sorte de plasticité, d'autres n*en ont pas du tout; on leur en donne une artificielle, au moyen de savons et de mucilages. Les diverses poteries ofiErent à cet égard des intermédiaires nombreux. Les méthodes d'application des glaçures sont variées avec Fétat dans lequel se trouvent les pièces au moment de la pose de la glaçure. Quant aux relations que la composition présente avec les phénomènes qui se rattachent à la cuisson, elles sont tellement évidentes, qu'il suffît de rappeler que toutes les poteries, même la plupart des grès^ se déformeraient ou fondraient en prenant Taspect vitreux ou cristallisé, s'ils étaient soumis, avec ou sans glaçure, aux températures nécessaires pour communiquer à la porcelaine les qualités qui la caractérisent.

La nomenclature qui précède va nous permettre d'étudier d'une manière générale la fabrication des poteries.

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