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III.—DICT. DK CHIMIB INDUSTRISLLS

culière, qu'on nomme calcinationy et qui a pour but de rendre le cassage plus économique et plus rapide. La calcination, sans apporter de modifications dans la composition chimique des matériaux à broyer, fait naître un grand nombre de fissures qui les rendent fragmentables; elle ofiire, en outre, cet autre avantage de rendre plus simple un épluchage plus soigné; elle détermine l'apparition de différentes colorations qui rendent faciles rélimination des parties ferrugineuses, point important lorsqu'on se propose la fabrication des porcelaines pour lesquelles la plus grande blancheur est de rigueur. On va même, en Angleterre, pour cette fabrication, jusqu'à retenir les dernières traces de ce métal qui pourrait provenir de l'outillage, en disposant au fond des conduits par lesquels s'échappent les pâtes tamisées, des morceaux aimantés qui retiennent tout ce qui est attirable à l'aimant.

On emploie pour le broyage et la porphyrisation différents engins généralement mus par la vapeur ou par des roues hydrauliques. La force musculaire de l'homme ou des animaux n'est plus guère employée que dans des cas exceptionnels, ou pour de très-petites installations. Le broyage s'effectue ou dans des moulins à meules verticales, ou dans des laminoirs. Généralement la porphyrisation s'opère dans des moulins à meules horizontales, tournant sur elles-mêmes, ou dans des moulins à blocs. Ce sont ces derniers qui sont le plus en usage, en Angleterre, pour le broyage des pâtes ; pour les couleurs, les tournants, ou meules horizontales tournant et frottant sur des meules gisantes, sont très-répandues.

Lorsqu'on a vérifié, par le craquement sous l'ongle ou sous la dent, si le broyage est suffisant, on procède au dosage des matières, c'est-à-dire à la composition des pâtes, tantôt par des pesées directes, tantôt en mélangeant des volumes déterminés soit de matières sèches, soit de matières liquides à l'état de barbotiney comme on le dit dans les fabriques^ Le mélange intime s'obtient dans des gâchoirs, lorsque la pâte est liquide, ou dans des tinnes à malaxer, lorsque la pâte est plus ou moins pâteuse.

Lorsque la pâte doit être liquide, les éléments qui la composent, suffisamment broyés, sont amenés à ime densité constante, sur laquelle est basé le dosage. On fait ressuyer la pâte, et le mélange se termine ensuite par le malaxage dans la tlnne à malaxer. On a pratiqué sur une très-grande échelle ce dernier système, eH Angleterre, pour les terres réfractaires et les faïences fines; On

remplace de la sorte le travail à la main, le battage ou la marche des pâtes par des moyens mécaniques d'une plus grande puissance et d'ime très-grande économie.

RAFFERMISSEBfENT.

Quelques fabrications grossières peuvent employer la pâte telle qu'elle sort des tinnes à malaxer, alors même que le mélange à l'état pâteux est fait dans la tinne et que les matières ont été dosées sous forme solide. Il n'en est plus de même pour les pâtes de faïence fine, dont les éléments sont fournis par des matériaux qu'on a mélangés à Tétat de bouillies claires, amenées à des densités déterminées et contrôlées par des trébuchets chargés A\m poids faisant équilibre au volume convenable de la bouillie. Ces pâtes se déposeraient par ordre de densité, si l'on n'avait le soin de les ramener à l'état pâteux, précaution indispensable d'ailleurs pour qu'on puisse les façonner par le tour ordinaire. On donne à l'opération qui a pour but d'éliminer l'eau dont l'excès est gênant, le nom de ressuyage ou raffermissement des pâtes.

En cherchant à dénommer les différentes méthddes employées dans l'industrie pour raffermir les pâtes, d'après les principes qui leur servent de base, on voit qu'on enlève à la pâte l'eau qu'elle contient en excès :

1** Par évaporation spontanée;

2* Par évaporation aidée du concours de la chaleur ;

3« Par évaporation aidée du concours de matières absorbantes ;

4o Par flltration pure et simple ;

5» Par flltration aidée d'une augmentation de pression ;

6» Par flltration aidée d'une sorte de succion;

7» Par compression.

Dans la première méthode, la pâte, abandonnée aux radiations solaires, dans les pays chauds, est placée dans de larges bâches ou dans des caisses couvertes pour les préserver de la pluie ; elle sY dessèche spontanément. Ce moyen est très-lent. (Faïenceries de Suède.)

On accélère la dessiccation en soumettant la pâte à l'action de la chaleur dans des caisses chauffées en dessous, au moyen de combustibles de peu de valeur. Les fours où se fait le raffermissement ont près de 20 mètres de longueur. (Faïepces fines et pâtes tendres anglaises.)

Le raffermissement se fait encore sans le secours de la chaleur, en plaçant dans des caisses en plâtre, absorbantes, nommées

coques; le plâtre élimine Peau par absorption; il suffit, pour rendre les coques propres à de nouvelles dessiccations, de les faire sécher au soleil, ou en les rapprochant des fours.

On peut encore raffermir les pâtes en les versant sur des espèces de trémies, dont le fond est en toile filtrante. On peut agir en augmentant la pression sur la matière à filtrer, ou en diminuant la pression daos la boîte inférieure qui reçoit le liquide qu'on enlève. On arrive à ce dernier résultat soit en injectant dans cet espace de la vapeur d'eau qui se condense en faisant le vide, soit en remplissant ce même espace d'eau, qu'on fait ensuite écouler.

Enfin on a proposé, pour épancher l'eau, d'enfermer la pâte dans des sacs de toile et de la soumettre ainsi, dans une presse, à de fortes compressions. Cette méthode, généralement employée maintenant, a reçu dernièrement, en Angleterre, im perfectionnement important. La simplicité de la méthode permet de la décrire ici, sans l'accompagner d'une figure.

Une série de vingt-quatre châssis compose un appareil ; ces châssis renferment chacun une claie, de telle sorte que les châssis étant en place laissent un vide dans lequel les sacs peuvent être maintenus. Les châssis chargés de leurs sacs sont placés verticalement. Pour y placer les sacs, on les pose à plat en étendant à leur surface une double toile faite avec du calicot commun. Le coton vaut mieux que la toile; son duvet, beaucoup plus long, attire à Textérieur, par capillarité, l'humidité qui se trouve à l'intérieur ; on replie, sur les bandes du châssis, le tissu sur luimême en double pli, pour fermer le sac qui se trouve ainsi formé comme le serait un sac de papier. L'intérieur du sac ainsi préparé communique avec un tube métalUque fixé à demeure sur la toile, et qui se loge dans une échancrure qui forme un trou circulaire, quand deux châssis consécutifs sont juxtaposés. De petites encoches intérieures, réservées dans une des bandes du châssis, portent des clous à Taide desquels on ajuste les sacs pour qu'ils restent suspendus dans l'espace compris entre les claies, quand les châssis sont maintenus dans leur position verticale.

Après avoir placé de la sorte , les uns à côté des autres, les vingt-quatre châssis qui forment l'appareil, on serre les ims contre les autres ces cadres, avec des tirants terminés par des boulons, et on ajuste sur chacun des tubes communiquant avec les sacs un autre tube soudé sur un tuyau commun. La réunion est maintenue par une coiffe métallique percée d'un trou fileté.

qui monte ou qui descend, suivant qu'on veut serrer ou desserrer la réunion. C'est par ces tubes que les sacs se remplissent; le tube principal communique avec une pompe qui puise la barbotine et la distribue dans les sacs ; Peau s'écoule par une série de trous placés sur la barre inférieure des châssis, et le vide qui se fait est rempli de suite au moyen de la pompe. Un massif de0",6i de hauteur, sur 1»,83 de largeur et 2" ,75 de longueur, desservi par deux ouvriers , permet de raffermir par pressée 1 ,000 kilog. de pâte. On peut faire trois pressées par jour. Dans les cas d'urgence, rien ne s'oppose à ce qu'on travaille la nuit pour doubler cette quantité. Le système ainsi décrit fonctionne dans le Staffordshire, chez les plus importants fabricants anglais. • On sait par expérience qu'à composition égale, la pâte pressée acquiert plus de plasticité que les pâtes raffermies par ébullition ; mais la presse est coûteuse à cause des sacs dont le renouvellement doit être fréquent. On a proposé, pour les conserver, de les faire bouillir dans de l'huile qui protège la fibre ligneuse contre l'action qu'exerce l'eau, même à la température ordinaire. La méthode anglaise n*est pas aussi dispendieuse. La pression déchire beaucoup moins les tissus que dans la presse employée en France, et la même toile peut servir d'une manière continue jusqu'à trois ou quatre mois.

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