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L'objet des rechanges est d'accélérer le mélange, et surtout de le rendre possible, parce que sans cela la matière se durcirait sous le pilon comme le pisé.
Dans chaque mortier bat im pilon piriforme en bronze ajusté à manche de bois . Une roue hydraulique met en mouvement des arbres horizontaux, et ceux-ci, par les cames dont ils sont armés, élèvent les pilons, qu'ils laissent retonaber. Deux traverses convenablement percées dirigent les manches des pilons et les empêchent de s'écarter du mouvement vertical. Pour ne point perdre des matières à mélanger, on les humecte, et cette humectation s'oppose aussi à ce qu'elles prennent feu. — On commence par battre le soufre avec le charbon (le charbon se pulvérise mal quand il est seul) ; au bout d'une demi-heure, on ajoute le salpêtre, et à la fin de la seconde demi-heure de battage on fait un rechange. D'après les ordonnances, le mélange doit être battu pendant quatorze heures, durant lesquelles on exécute d'heure en heure un rechange.
Grmage. — La galette de poudre ayant été mise à ressuyer à sa sortie du mortier, on la place dans un crible à gros trous appelé guillatime, et on la charge d'un tourteau (cylindre de bois alourdi par une calotte de plomb fixée à sa base inférieure). Par un mouvement de va-et-vient, auquel se joint la pression du tourteau, la poudre se divise en grains en traversant le crible. Les grains grossiers qui en résultent sont portés sur le grenoir, dont les trous sont moindres que ceux du guillaume ; un mouvement de va-et-vient et l'action du tourteau subdivisent les grains de poudre. Ces grains plus petits tombent du grenoir sur l'égalissoir (autre crible) qui retient les grains trop gros; et la poudre à mousquet tombe alors sur un tamis {le blutoir)^ y reste, et se sépare ainsi du poussier qui traverse le blutoir. — Le poussier encore vert, c'est-à-dire himiide, est réduit eh galette par la compression ou le battage, pour être grené à son tour.
n est im nouveau système de grenage que nous décrirons en parlant de la poudre de chasse.
Fig. 496.— Mortier et pilon pour la fabrication de la poudre.
Séchage.-^Le séchage peut se faire au soleil sur des tables sans fin que recouvrent des draps. Si les intempéries s'y opposent, le séchage se fait artificiellement : la poudre grenée est mise sur un tissu de coton, par exemple, qui est attaché au rebord d*une grande capacité rectangulaire en cuivre j sous ce tissu circule, dans des serpentins en cuivre, de Teau en vapeur. Par ce mode de chauffage, la poudre se dessèche sans danger d'explosion, en hiver comme en été.
Époussetage, — La poudre séchée est placée dans un tamis pour la séparer du poussier qui s'est formé pendant le séchage. On dit qu'elle est époussetée quand elle a subi cette opération.
Emmagasinage. — La poudre est mise ensuite dans des barils soigneusement faJ)riqués, et portée dans des magasins bien secs. Pour assurer leur sécheresse, on peut les doubler en plomb et n'y laisser arriver Tair extérieur qu'après l'avoir fait passer sur un corps très-hygrométrique, la chaux vive, par exemple.