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MAROQUIN. TAN

foulage, puis dans un confit de son, de manière à bien les purger de toute la chaux qu'ils pourraient contenir et qui nuirait à la teinture. On foule de nouveau les peaux, puis on les étire et on les plie en deux suivant la longueur, la fleur en dehors. Elles sont mordancées à Talun, ce qui les prépare à recevoir la teinture. Celle-ci se donne dans trois auges consécutives. L'ouvrier prend deux peaux par le dos, en mettant un doigt entre chacune d'elles, de manière qu'elles ne se touchent pas, puis il les plonge dans la teinture en commençant par la raie du dos, il plonge ainsi deux fois dans la première auge, puis il passe à la seconde où il fait de même, puis à la troisième. Il est remplacé à chaque auge par un ouvrier qui teint également deux autres peaux. Il n'y a pas à craindre que la couleur pénètre dans la chair, car les peaux sont très-exactement collées ensemble.

Aussitôt que les peaux sont sorties de la dernière auge de teinture, on les rince dans l'eau froide et on les met au vent pour faire sortir la plus grande partie de l'eau, puis on leur donne une couche cThuile de lin sur la partie teinte ; on porte ensuite au séchoir.

Pour certaines couleurs délicates ou pour le bleu d'indigo qui se donne à la cuve, on comprime les maroquins, soit à la presse hydrauhque, soit entre un cylindre et une plaque mobile garnie de feutre. Le séchage est alors plus promptement obtenu et on a moins à craindre l'altération de la couleur. C'est, en effet, un point de la fabrication qui demande beaucoup de soins. MM.Fauler frères ont les premiers établi une étuve donnant de bons résultats, en lançant dans Tétuve une grande quantité d'air chaud et en enlevant l'air humide au moyen d'un puissant ventilateur. On peut ainsi sécher en tout temps.

La couleur une fois bien fixée sur le maroquin par le séchage, on procède au drayage, comme nous l'avons décrit pour les autres fabrications. On les dresse ensuite en les étendant, à l'aide * d'une étire sur une table. On les sèche de nouveau, puis on procède au lustrage, au moyen d un outil spécial formé d'un cylindre de verre sous lequel on fait passer toute la peau partie par partie, le cylindre étant animé d'un mouvement de va-et-vient.

Ouand on veut un maroquin Usse, il est alors terminé, mais ordinairement les maroquins sont graines suivant différentes sortes de grain. Pour cela, on les roule, la fleur en l'air, sous des paumelles garnies de peau de chien marin, qui, faisant gonfler la fleur, y détermine la formation du grain, ou bien on imprime le grain sur la fleur, au moyen de roulettes cannelées, mais

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ce grain est moins beau que celui qu'on obtient par le premier procédé.

Les couleurs diverses sont obtenues : le bleu, comme nous l'avons dit, par la cuve d'indigo ; le rouge, par la cochenille ou le kermès; le jaune, par la graine d*Avignon, par le bois d'épine vinette ; les verts, violets et autres couleurs composées, par des mélanges de ces couleurs entre elles ; le noir se donne conune pour les cuirs corroyés, au moyen de l'acétate de fer.

On se sert aussi : pour les rouges dits au bois, de bois de Brésil; pour les noirs, marrons, etc., de bois de Campêcbe.

CORROIERIE.

Les cuirs sortant des mains du tanneur entrent chez le corroyeur, qui leur fait subir diverses préparations, suivant la force et l'espèce de ces cuirs, pour les mettre en état de servir aui besoins de Tindustrie.

C'est ainsi que le corroyeur livre au commerce des cuirs étirés, lissés et noirs pour harnais et sellerie, des vaches pour la carrosserie, des veaux cirés pour la chaussure, enfin des cuirs vernis pour la sellerie et la chaussure.

Cuirs étirés. — Les cuirs étirés sont des cuirs de bœufs ou de vaches fortes qu'on travaille seulement à Teau. Après les avoir mis en trempe, on les butte avec Tétire, c'est-à-dire qu'on enlève les chairs encore adhérentes au cuir, puis on les corrompt^ on 1^ rebrousse à la marguerite de queue en tête et de travers, enfin on les met au vent. Corrompre ime peau, c'est la travailler à la marguerite, la fleur en l'air ; rebrousser est l'opération inverse. La marguerite est un instrument en bois de poirier, cannelé en dessous, suivant un arc de cercle, et muni d'une poignée à la partie supérieure.

La mise au vent consiste à étendre le cuir humide sur une' table au moyen d'une étire ou lame d'acier, de là le nom de cuirs étirés donné à cette sorte de marchandise. On reti9nt ensuite les cuirs, lorsqu'ils sont à moitié secs, c'est-à-dire qu'on répète à peu près la même opération que la mise au vent, puis on achève la dessiccation et le cuir est terminé.

Cuirs noirs lissés, — Le travail des cuirs noirs lissés est un peu plus compliqué. On commence toujours par travailler les cuirs à la marguerite, puis on les fait sécher complètement dans une étuve où doit avoir Ueu la mise en suif. A cet effet, l'ouvrier étend

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ses cuirs séchés sur une table et avec un gipon^ fait de pennes de laine, il étend le suif fondu sur le cuir, en commençant du côté de la chair. Je dois dire que, pour la plus grande facilité de travail, on a coupé les cuirs en deux bandes ; on met donc chaque bande en suif Tune après Tautre, puis on fait tremper les cuirs dans Teau, après quoi on les foule aux pieds avec des escarpins ou chaussures formées de plusieurs doubles de gros cuirs.

On remplace ce travail fatigant soit par un foulage à la bigorne, soit par des moyens mécaniques.

On crépit ensuite le cuir à la marguerite, on le rebrousse et on le donne au drageur qui, à laide d'un couteau particulier, enlève les chairs et, en certaines parties, un peu de la peau, pour égaliser la force et l'épaisseur dans toute Télendue du cuir. On met ensuite au vent en décrassant convenablement la fleur, puis sans lever le cuir de la table, on donne le premier noir avec une brosse trempée dans une dissolution d'acétate de fer, obtenue en mettant de la ferraille macérer dans la bière aigrie. On sèche, on relient en passant Tétire sur la fleur, puis on donne un second noir de la même façon que le premier. On sèche et on retient de nouveau; on met en presse pendant huit à quinze jours pour les rendre plats. Le cuir n'a plus alors besoin que d'être lustré au moyen, soit da bière aigre et de sucre, soit de jus d'épine- vinette.

On fabricjue aussi des cuirs connus sous des dénominations différentes, telles que cuirs en plein suif, cuirs demi-façon^ cuirs chair propre^ suivant la quantité de suif et le plus ou moins de soins apportés à la fabrication.

Les cuirs de vaches destinés à la sellerie se travaillent d'une façon analogue, mais comme il faut amener ces peaux à une épaisseur assez faible, on perdrait par le drayage une grande portion de cuir à laquelle on conserve toute sa valeur en enlevant cette épaisseur d'une seule fois au moyen d'une scie ou d'un couteau de la largeur du cuir. On obtient ainsi une épaisseur de cuir qu'on nomme croûte et qui est ensuite travaillée, soit en cuir gras, soit en cuir verni, pour la sellerie ou la fabrication des galaches.

Les peaux de vaches sciées sont néanmoins soumises au drayeur qui achève de les égaUser, puis elles sont mises en suif. On les crépit, on les rebrousse, on les met au vent, puis on leur donne les noirs, comme pour le cuir lissé.

Après la mise au vent et le retenage, on nourrit les cuirs avec un niélange de suif et de dégras. Cette nourriture se doime sur

fleur et sur chair. L'eau contenue dans la peau, en s'évaporant à l'air, permet à la matière gi^asse de la remplacer dans Tintérieur du cuir. On dit alors que les peaux de vaches sont mises en huile.

Les vaches teintes en noir et nourries de dégras ne sont pas livrées au commerce sans être grainées sur la fleur. On fait sortir ce grain en roulant les cuirs plies en deux la fleur en dessus, sous la marguerite à dents fines ou paumelle, puis on lustre avec le jus d'épine-vinette ou une dissolution de sucre dans la bière aigre.

Les cuirs de vache, ainsi fabriqués, servent au sellier pour faire les capotes et les tabliers de voiture.

On travaille aussi, mais à Teau seulement, des vaches destinées à être collées par le corroyeur lui-même, au moyen de son étire, sur les coupés et autres voitures analogues.

Les peaux de mouton et de veau se travaillent aussi d'une façon analogue aux vaches à capotes pour les remplacer dans certains de leurs usages, mais la plus grande consommation des peaux de veau est pour la fabrication des veaux cirés et celle des veaux vernis pour chaussures.

Le veau ciré est, comme les cuirs de vaches, d'abord crépi, drayé, mis au vent, retenu et mis en huile, puis on le laisse sécher. On le soumet alors à l'opération du blanchissage, c'està-dire qu'avec une étire coupante on enlève, du côté de la chair, tout à la fois, la nourriture qui était restée à la surface et une très-faible épaisseur de cuir, de manière à le bien égaliser et à obtenir une surface bien rase.

On tire ensuite au liège pour faire monter le grain sur la fleur. Il n'y a plus alors qu'à cirer le cuir. Cette opération se fait sur chair. Au moyen d'une brosse ronde et dure, on étend le cirage gras sur toute la surface avec le plus grand soin. On se sert, pour composer ce cirage, d'huile de poisson, de suif et de noir de fumée. On donne alors la première colle, c'est une légère couche de colle de peau, qu'on égalise bien au moyen d'une lisse en verre.

On donne ensuite une seconde colle de la même manière. Le veau ciré est alors terminé, il n'y a plus qu'à le sécher complètement, ce qui a lieu à l'air en évitant l'action directe du soleil.

On prépare de cette manière les tiges de bottes ; seulement elles ont à subir une opération mécanique avant le blanchissage, pour leur donner la forme voulue. Cette opération est le cambrage.

Cuirs vernis. — Le cuir verni se travaille de la même manière quant aux opérations premières. Lorsqu'il a été mis en huile et blanchi à l'étiré, il est tiré au liège, c'est-à-dire roulé sous l'action

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