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EMPLOI DES HÉS10U8. TAN

d'une paumelle garnie de liège, afin de faire monter le grain et de l'assouplir. Il passe ensuite à fapprêtage. Pour cette façon, on se sert d'huile de lin rendue siccative par les oxydes de plomb et la terre d'ombre, dans laquelle on mélange du noir de fumée. C'est ce mélange qui constitue V apprêt. Il s'étend sur la chair du cuir. Son but est de boucher les pores de la peau, en faisant le fond pour le vernis. On donne plusieurs couches de cet apprêt qu'on a soin de poncer à la pierre ponce, après chaque couche; puis on donne la couleur qui n'est autre chose que ce même apprêt délayé dans l'essence de térébenthine, de manière à pouvoir s'étendre au pinceau.

Les diverses couches d'apprêt el de couleur sont séchées dans des étuves avant d'être poncées. Quand la dernière couche de noir est poncée et polie, il n'y a plus qu'à bien nettoyer la peau de toutes les impuretés qui peuvent se trouver à sa surface pour la recouvrir alors de la couche de vernis.

Ce vernis, que chaque fabricant produit par son procédé particulier gardé secret, est formé comme partie essentielle d'huile de lin rendue siccative et colorée en même temps, soit par du bleu de Prusse, du bitume de Judée ou d'autres corps analogues. La cuisson du vernis demande beaucoup d'expérience et d'habileté, mais là encore, c'est à la pratique qu'il faut s'en rapporter pour connaître le degré de cuisson convenable.

Les veaux vernis sont sèches à l'ètuve, puis au soleil, qui achève de leur enlever le collant que le§ peaux séchées seulement à Tétuve conservent toujours. Cependant un de nos fabricants de Paris, par un procédé particulier qui est son invention, est arrivé à se passer du soleil, sans nuire en rien à la dessiccation des produits.

On vernit aussi des cuirs du côté de la fleur, quand, au lieu d*un vernis lisse, on veut avoir un cuir vernis graine. C'est le cas des veaux et vaches graines pour sellerie et chaussures.

EMPLOI DES RÉSIDUS DE LA FABAICATION DES CUlHS.

Les résidus de la tannerie sont les parties coupées aux peaux fraîches lors du travail de rivière. C'est là une source importante de gélatine pour les fabriques de ce produit. Les poils ou bourres ne subissent d'autre opération qu'un lavage pour servir ensuite aux bourreliers et pour quelques étoffes grossières à l'exception

cependant du poil de chèvre qui est assez recherché, surtout le poil blanc, pour des étoffes moins communes.

La tannée ou tan usé sert au chauffage des classes pauvres, en la façonnant en mottes ou même en la faisant simplement sécher.

Les parties enlevées par le couteau du drayeur se présentent sous la forme de feuilles d'une certaine étendue. Jusqu'à ces dernières années, on ne les utilisait pas d'une manière convenable. Aujourd'hui, on colle des feuilles ensemble, puis on soumet à la presse hydraulique l'espèce de carton ainsi obtenu, ce qui donne le cuir factice enaployé dans la fabrication des chaussures à bon marché.

Les cornes, sabots, crins, etc., ont des destinations bien connues, il est donc inutile de nous y arrêter.

A. Perrault.

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