‹ Dictionnaire de chimie industrielleChapitre 217 sur 284 · III.— niCTlONICAIRK DK THIMIK IM • S I |{ Il LLK. -l · texte numérisé non relu

III.— niCTlONICAIRK DK THIMIK IM • S I |{ Il LLK. -l

a. Acide pic7nque, — L'acide azotique agissant sur certaines matières organiques, rindigo, la salicine, Taloès, les huiles de houille, forme, entre autres produits, un composé particulier azoté, qu'on désigne communément sous le nom d'acide picrique; il était resté sans emploi industriel jusqu'au moment où M. Guinon l'appliqua, vers 1847, pour la teinture de la soie en un jaune vif et brillant. On en consomme aujourd'hui des quantités considérables qu'on prépare en mettant à profil les observations de Laurent; on fait réagir Tacide nitrique sur les huiles de houille ou sur Tacide phénique. On place dans un ballon chauffé sur un bain do sable vers la fin de l'opération, l'acide azotique nécessaire à la réaction, et on y fait tomber goutte à goutte l'acide phénique ; il se forme une résine qui doit être chauffée pour être entièrement transformée; par refroidissement, l'acide picrique cristallise; on décante leau mère qui rentre dans les opérations subséquentes.

Il n'est pas nécessaire pour les besoins de la teinture, de purifier complètement l'acide picrique. On se borne à le laver avec de Teau froide pour enlever Tacide azotique en excès, puis on redissontdan^reaubouillante,àlaquelleon ajoute 100 grammesd'acide sulfuriqne par 100 litres d eau, pour séparer la partie résineuse qui reste avec Tacide picrique. Il y a grand avantage à choisir les huiles lourdes de houille qui, traitées par le carbonate de soude, donnent une très -grande quantité de phénate de soude. La dissolution alcaline décomposée par l'acide chlorhydrique se recouvre des principes acides huileux qu'on traite comme il vient d'être dit.

b. Couleurs dérivées de V aniline. —On sait que lorsqu'on traite avec précaution certains produits de la distillation de la houille par des agents convenablement choisis, on obtient une huile basique à laquelle on a donné le nom d'aniline. C'est une substance liquide à la température ordinaire et incolore : elle jouit de cette singulièn^ propriété de se colorer en rouge sous des influefices très-variées. Avec le nitrate de mercure, le bichlorure d'étain, l'acide arsénique, à la température de rébullition du mélange, on obtient une substance d'un rouge magnifique capable de teindre immédiatement et sans intermédiaire la laine et la soie.

D'après M. Hoffmann , cette substance intéressante est le sel d'une base particulière à laquelle, pour rappeler son origine, il donna le nom de rosaniline. L'aniline pure traitée pour obtenir la rosani* line n'en donne pas; la toluidine n'en produit pas davantage, mais un mélange de toluidine et d'aniline pures se transforme

facilement. Il semblerait ainsi que la rosalinine dérive d'un type nouveau provenant de la condensation des éléments constitutifs de la tuluidine et de Taniline.Ces observations éclairent d'un jour nouveau la théorie de la genèse de ces magnifiques couleurs. MM. Renard et Franc, de Lyon, ont fait ressortir les premiers l'importance de ces transformations de Taniline commerciale : les premiers produits qu'ils ont livrés au commerce portaient le nom de fuchsine.

Lorsqu'on introduit un sel de rosaniline et de Taniline en excès dans un ballon qu'on chauffe à 180°, on obtient une magnifique coloration bleue. MM. Girard et Delaire produisent directement par cette réaction un bleu très riche applicable aux arts.

La préparation de la rosaniline conduit à des résidus dans lesquels M. Nicholson a découyert une très-belle couleur jaune ; M. Hoffmann a proposé de nommer cette substance tinctoriale chrysaniline, pour rappeler son origine.

Enfin, Taniline vient d'être appliquée dernièrement à la teinture en noir.

c. L'acide phénique est ia source d'une couleur bleue queMM. Guinon et Marnas ont fabriquée sons le nom d'azuline. M.J. Persoz avait fait cette remarque que l'acide phénique peut être transformé en matière rouge ; cette dernière, à son tour, est Torigine de la matière bleue de MM. Guinon et Marnas.

d. La quifwléine possède aussi des qualités tinctoriales : M. Greville-William a fait cette remai*que importante : Tiodure d'amyle et laquinoléinesecombinentpourfonnerde Tiodhydrate d'amiloquinoléine. La solution aqueuse de ce produit, reprise à l'ébullition par Tammoniaque, dépose un précipité; c'est une matière tinctoriale violette ; la même dissolution traitée par la potasse caustique fournit une substance bleue : malheui^usement ces substances manquent de solidité.

Mais ari-êtons-nous ici ; et terminons par celte remarque que l'art du teinturier, en présence des progrès de la chimie, prend une simplicité remarquable. Il suffit de mettre en contact les tissus à teindre avec les bains contenant ces substances pour obtenir une teinture réussie. 11 n*en est pas ainsi, comme on va le voir, des anciennes matières tinctoriales, dont l'emploi sera détaillé dans le chapitre deuxième.

Salvetat.

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