‹ Dictionnaire de chimie industrielleChapitre 216 sur 284 · DICT. DE CHIMIK INDUSTKIkl Lk. lil · texte numérisé non relu

DICT. DE CHIMIK INDUSTKIkl Lk. lil

être encore ou un composé quaternaire comme rindigotine,ou ternaire comme la carminé, la lutéoline, Thématine, lesdils composés combinés tantôt avec un acide insoluble, tantôt avec un sous-sel, ou même un sel neutre.

Dans tous les cas, on comprend que le poids de l'étoffe est toujours très-fort relativement à celui du composé coloré, et comme la première doit conserver sa ténacité, il faut éviter dans la teinture l'emploi de toute pratique qui tendrait à altérer Tétoffe dans sa résistance, son brillant, sa souplesse.

En admettant les vues que je viens d'exposer, il serait donc préférable de nommer préparations les opérations qu'on désigne sous le nom de raordançage^ et d'appeler du nom à!aluininagt^ cnferrage, plombage^ etc., les pratiques qui ont pour but le dépôt sur le tissu des oxydes d'alumine, de fer, de plomb, etc., etc.

Au reste, c'est par Tétude de l'action des alcalis, des sels et des acides sur les tissus qu'on a pu déterminer les réactions qui se passent entre les principes colorants maintenus en dissolution ou précipités au moyen de ces divers agents. La pratique journalière des ateliers a fait voir que, sous ce rapport, les substances connues, qu'elles soient d'origine végétale ou d'origine animale, se conduisent de manières bien différentes dans leurs rapports avec les fibres textiles.

Dans certains cas, il suffit, en effet, pour obtenir une teinture durable, de mettre la matière colorante dissoute en contact avec le fil ou le tissu. Telle est la teinture en indigotine, en carthamine, en curcumine.

Dans d'autres circonstances, les couleurs se fixent seulementau moyen d'agentsintemiédiairesqui deviennent indispensables pour fixer la couleur; de cette espèce sont la garance, la cochenille, le bois de Brésil, le campêche.

D'autre part, une matière colorante donnée ne se combine pas de la même manière avec toutes les fibres textile^, ju. uriers n'ignorent pas quele coton, le lin, la laine et la soie n'oflTrent pas à la teinture en une nuance déterminée la même facilité : de plus, les couleurs obtenues n'offrent pas la même résistance.

La force qui détermine entre les deux corps, fibre et matière colorante, une adhérence définie n'est donc pas la même pour toutes les fibres. Quelle est la cause de cette adhérence? Ouelle est la cause de cette inaltérabilité pour celles de ces substances colorées qui jouissent d'une grande solidité? Elle a été pendant longtemps, et à juste titre, l'objet des préoccupations des hommes

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illustres qui depuis plus de soixante-dix ans ont voulu répandre sur l'industrie de la teinture les bienfaits de la science.

Je ne prétends pas discuter ici toutes les théories, vu le peu d'espace dont je puis disposer ; je me bornerai donc, en citant les noms de Hellot,Le Pileurd'Apligny, Dufay et Bergmann,Walter Crum, Chevreul, Persoz, Kulhmann à rappeler que ces phénomènes ont étéTobjet d'études sérieuses et variées.

H faut aujourd'hui faire la part de toutes les opinions et dire avec M. Kuhlmann, en conservant la définition que nous avons donnée : si l'on ne peut faire dépendre la fixation des couleurs d'un principe à application constante, celui par exemple qui reposerait uniquement sur la composition de la matière à teindre, si, comme le démontre M.Chevreal, cette aptitude procède souvent aussi des propriétés particulières de la matière colorante ellemême, se fixant mieux sur telle ou telle êtotîa, on peut établir que la composition du corps à teindre a la plus grande influence sur cette fixation, que les teintures sont de véritables combinaisons chimiques et que les efl'ets dus à la capillarité et à la structure de la matière filamenteuse ne sont que secondaires. Il est d'ailleurs difficile de distinguer ce qui appartient à Taffinité chimique proprement dite de ce qui est le résultat de la cohésion ; ce qui dans la teinture du charbon, par exemple, procède des propriétés chimiques de ce corps, de ce qui est le résultat de sa porosité. Dans la plupart des cas, les deux actions réunies concourent au même but et se confondent en quelque sorte. Là est la vérité : tous les auteurs qui dans ces derniers temps se sont occupés de teinture sont d'accord sur ce point, et s'ils semblent difi'érer d'opinion, c'est plus, au fond, à cause des termes par lesquels ils représentent Taction que par le principe de Taclion elle-même.

En résumé, nous voyons qu'une substance colorante étant donnée, si par elle-même elle ne possède pas la propriété de teindre une fibre textile, le but du teinturier doit être de modifier cette fibre pour la rendre propre à la teinture. C'est au moyen de préparations particulières qu'on obtient ce résultat. On a donné le nom de mordançage à ces préparations. Elles ont la plus grande influence sur le résultat de l'opération, non-seulement en prenant en considération la nuance qu'on veut obtenir d'ime matière colorante donnée, mais encore en ayant égard à la solidité de cette nuance. Nous allons étudier isolément chacun des mordants les plus généralement employés.

n.— DES MORDANTS.

Les principaux mordants employés aujourd'hui sont les sels d'alumine, de fer, de chrome, d'étain, de plomb et quelques matières d'origine végétale et animale, comme quelques corps gras modifiés, quelques matières albuminoïdes,gélatineuses,tannanles etglutineuses. Nous allons passer rapidement en revue leur préparation et leurs principaux usages.

Préparations aluminées. — L'alumiuage d'une matière textile s'obtient avec des substances qui renferment de Talumine et dans lesquelles cette almnine joue tantôt le rôle d'acide, tantôt le rôle de base. Il suffit qu'elles puissent, dans des circonstances données, en abandonner aux tissus une portion convenable. Nous donnerons sur les diflérentes espèces de sels d'alumine quelques détails qui, s'appliquant aux autres genres de préparations, éviteront des répétitions oiseuses.

Les sels d'alumine sont très-nombreux, mais ils ne sauraient être employés au même titre; les uns, insolubles, se détacheraient au moindre Ghoc,aumoindre frottement; les autres, solubles, ne possèdent pas au même degré la faculté de céder aux tissus de Talumine hydratée, possédant une énergie suffisante pour se combiner à la matière colorante.

Parmi les sels d'alumine solubles,' on distingue trois sortes différentes ; les uns sont basiques ou peuvent le devenir en abandonnant une portion de leur acide; ils n ont besoin pour céder aux tissus une partie de leur base que du simple contact avec TétofiTe ou la fibre; ce sont l'acétate d'alumine, l'alun cubique, l'oxalate, le bulyrate, le formiate et Thyposulflle d'alumine.

Les autres sont acides ou neutres ; l'alumine se dépose avec ses propriétés caractéristiques, lorsqu'on sature l'acide par une base ; on voit qu'on opère par une double décomposition la formation d'un sel basique analogue â ceux dont nous avons parlé tout â Theure ; de ce nombre sont le sulfate, le séléniate, le chlorate, le bromate, le nitrate d'alumine^ le chlorure d'aluminium et Talun octaédrique.

Enfin quelques sels d'alumine sont remarquables parle rôle de la base qui semble y être masquée; elle ne se dépose pas sur les tissus avec Tadhérence nécessaire à la teinture. A ce dernier ordre appartiennent le tartrate, le citrate et le malate d'alumine.

Les deux premiers groupes des sels lumineux conviennent très-bien pour Taluminage des tissus ; on agit soit directement.

soit indirectement; dans un cas, le tissu s'empare de l'alumine sans autre intermédiaire que le jeu de TalBnité de la fibre pour l'alumine; dans l'autre, au contraire, il faut faire intervenir un sel convenablement choisi pour précipiter la base tantôt en totalité, tantôt en partie seulement.

On obtient constamment une bonne préparation alumineuse, peu coûteuse dans la pratique, en partant de Talun, lorsqu'on sature par ime quantité convenable d'acétate de plomb, de chaux, de baryte, une partie de la base; on obtient par une double décomposition des sulfates plus ou moins insolubles et de Tacétate d*alumine en quantité proportionnelle. On peut faire encore usage d'acétate de potasse, de soude et d'ammoniaque, qui ne font naître aucun trouble dans la liqueur, ou des carbonates de potasse, d'ammoniaque et de soude, à la condition de les ajouter seulement en quantité convenable pour opérer la transformation de l'aluii octaédrique en alun cubique.

On fait généralement trois mordants d'alumine ; on prend :

Alun 40 — 27,0 — 20,25

Cristaux de soude.... 4 — 2,7 — 2,28

Acétate de plomb 40 — 20,2 — 13,50

On commence par introduire dans un baquet Talim finement pulvérisé ; on y verse la quantité d'eau chaude nécessaire pour opérer la dissolution ; on ajoute à la liqueur le carbonate de soude, puis enfin on verse Tacétate de plomb. L'effet se produit instan- • tanément; on obtient du sulfate de plomb qui se précipite immédiatement ; on agite, puis on attend le refroidissement. On sépare les eaux claires du dépôt et on les conserve dans des vases en verre ou en grès. Les eaux de lavage des mêmes dépôts servent à préparer des mordants faibles ou d'autres préparations des mêmes mordants.

On peut remplacer l'alun par le sulfate d'aiumine qu'on prépare en grand pour cet usage.

Lorsque l'alumine joue le rôle d'acide dans le sel dont on fait usage, il faut décomposer le sel sur l'étoffe même par l'exposition à l'air. L'acide carbonique qu'il contient suffit pour opérer sur le tissu la décomposition nécessaire pour mettre en liberté la quantité voulue d'alumine hydratée.

Les préparations d'alumine sont employées seules ou en mélange avec d'autres préparations, pour rendre les tissus aptes à se teindre avec certaines matières colorantes qui, comme la ga«

rance, De contracteraient pas avec les fibres textiles Tadhérence convenable.

Préparations ferrugineuses, — Le fer présente à l'état de sel plusieurs degrés d'oxydation. L'expérience a fait connaître qu'il n'y a pas d'altération de la matière textile toutes les fois que le fer hydraté déposé surun tissu passe lentement àl'état de peroxyde de fer et qu'il a conservé son affinité pour les matières colorantes. Le sel le plus fréquemment employé dans les fabriques est le pyrolignite de fer. A cet effet, on chauffe à 40 ou 50 degrés de Tacide pyroligneux ou du bon vinaigre que Ton verse dans un tonneau sur de la ferraille bien nettoyée et qui plonge entièrement dans l'acide ; le tonneau est couvert : au bout de trois ou quatre jours on soutire par la partie inférieure du tonneau 40 ou 50 litres de liquide qu'on verse par la partie supérieure et ainsi de suite pendant 30 ou 40 jours; après ce temps le sel est formé. Si Ton a fait usage de bon vinaigre et que Topération ait été bien menée, la dissolution qu'on obtient sous le nom de bain noir marque 7 à 8° Baume ; dans le cas contraire, elle marque 5 à 7°. Si l'on a fait usage d'acide pyroligneux, le sel marque 13 à 16*, suivant le degré de concentration de l'acide dont on s'est servi.

Ce sel peut s'obtenir encore au moyen d'une double décomposition par le mélange d'une dissolution de sulfate de protoxydede fer et d'acétate de plomb; on tire à clair pour enlever la totalité du sulfate de plomb qui forme un dépôt inutile.

Le plus grand emploi des préparations ferrugineuses se trouve dans la confection des noirs et des bleus, isolément ou en mélange; avec les préparations alumineuses, elles concourent avec les matières colorantes rouges à la production des lilas, des gris et des violets; avec les matières jaunes, elles forment des bruns, enfin avec les substances jaunes et rouges, elles produisent une foule de nuances intermédiaires variant du gris clair au noir foncé.

Lorsque les préparations ferrugineuses sont associées aux compositions alumineuses, elles fournissent avec les matières colorantes rouges de la garance des nuances plus ou moins intenses tirant au noir, avec les matièrescolor^ina .^ jnuiier, at r^j.Uiii^.^i/iL^.ou moins olivâtres, suivant qu'il y a plus ou moins de fer; avec un mélange de matières colorantes jaunes et rouges des couleurs brunes qui varient à l'infini, suivant qu'on change dans la préparation les rapports de l'alumine à l'oxyde de fer ou les proportions des matières colorantes jaimes et rouges dont on a fait usagç pour composer le bain de teinture. . , , .

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Préparations chromiques. — Les analogies qui lient les oxydes de fer, de chrome et d'alumine ont conduit à l'emploi comme moiv dants des sels de chrome.

L'action des composés du chrome est très- variée, car nonseulement les .sels de chrome fournissent aux tissus un dépôt d'oxyde de chrome, mais ils sont éminemment oxydants; ils peuvent modifier profondément la matière colorante elle-même.

On fait usage du bichromate de potasse ou du sulfite de chrome, ou de Talun de chrome pour obtenir des couleurs rabattues; celles qui sont les plus communes sont les noirs dits auchromate. Au reste, les matières colorantes en général n'acquièrent avec Toxyde de chrome que des nuances sans éclat; celles qui donnent les laques les plus pures sont le quercitron, la garance, lé campêche et le brésil.

Préparations sianniques. — Les sels d*étain sont d'un usage journalier dans les opérations de la teinture. Ils sont les seuls qui, jusqu^ici, donnei^t avec la cochenille la magnifique couleur qu'on connaît sous le nom d'écarlate. On l'emploie tantôt à l'état d'oxyde stannique, tantôt à l'état d'acide stannique. On se règle pour le choix à faire entre les deux sortes de sels, sur,la nature de l'étoffe et sur la nuance qu'on veut obtenir.

Lorsque Tétain joue le rôle de base dans le sel, on se sert ou de protochlorure d'étain ou de bichlorure du même métal.

Le protochlorure d'étain en contact avec le tissu lui laisse de l'oxyde d'étain; car l'eau seule le décompose déjà ; on a recours pour combattre l'effet de Tacide chlorhydrique qui se trouve mis en Uberté, à l'acétate de potasse ou de soude, dans la dissolution desquelles on fait passer l'étoffe trempée préalablement en protochlorure ; les acétates agissent à la façon des bases.

Au lieu d'employer le protochlorure d'étain, on se sert aussi du sulfate de protoxyde d'étain dissous dans Tacide chlorhydrique.

Sur 10 kilos d'étain en grenaille, introduits dans un vase de porcelaine, on verse 15 kilos d'acide chlorhydrique du commerce, exempt de fer; on. ajoute peu à peu dans ce mélange, 7,5 d'ajide sulfurique à 66''. On obtient par refroidissement une masse de cristaux qui contiennent un léger excès d'étain et qu'on étend d'eau pour que le tout pèse huit fois le poids de l'étain dissous, c'est-à-dire environ 80 kilos.

Les sels de peroxyde d'étain peuvent également être employés, ainsi que le stannate de potasse.

Préparations albiimino'ides. — Lorscpi'on soumet à la teinture

T K rX T TEINTURE ET IMPRESSION SUR TISSUS. 488

des œufe pour leur donner les diverses nuances des œufs de Pâques, les couleurs se fixent sans aucune intervention de matière, mais par la seule présence d'une substance albuminolde azotée qui revêt la surface de Tœuf.

L'affinité de l'albumine pour les matières colorantes est d'ailleurs démontrée par les colorations que prend dans les bains de brésil ou de campèche ralbumine coagulée par la chaleur. Les substances albuminoïdes peuvent donc servir de préparation propre à faire adhérer sur divers tissus les matières colorantes, tout comme le peuvent faire les matières minérales que nous avons citées plus haut.

Préparations gélatineuses. ^Certaines matières qui, par leurs propriétés générales, rappèlent la gélatine, possèdent des caraclères semblables. Lorsqu'on prépare quelques tissus au moyen de la gélatine, il convient de fixer ce corps par une dissolution de tannin. M. Eulhmann auquel on doit des recherches intéressantes sur ce sujets a pu constater que la gélatine, en permettant de fixer très-àbondamment le tannin sur des étoffes incolores, peut intervenir d'une manière très-efflcace dans la teinture en noirou en gris, au moyeu des sels de fer. Les couleurs ainsi préparées possèdent la plus grande solidité.

Préparations tannantes. —Des résultats analoguesont lieulorsque, inversement, on fixe les matières analogues au tannin par une immersion dans de l'eau chargée de gélatine. Ce dernier procédé trouve une application très-heureuse dans les teintures en noir, en produisant une combinaison de l'oxyde de fer avec le tannin. Préparations huileuses. — Le véritable type des mordants d origine organique est offert par les huiles fixes dont on se sert pour les teintures dites rouge turc ou rouge d'Andrinople. Toutes les huiles fixes ne sont pas également propres à donner des nuances vives et suffisamment foncées.

On désigne sous le nom d'huile tournante, l'huile qui jouit des qtwlités propres à l'obtention des rouges d'Andrinople; ce sontdes huiles contenant un corps gras acide en mélange avec le corps neutre : la proportion de l'acide varie de 5 à 15 pour 100. On trouve actuellement dans le commerce des huiles artificielles ausèi propres que les huiles naturelles à la préparation du rouge turc.

Préparations glutineuses. — D'après M. Waller Crum, on augmente l'affinité du coton pour les matières colorantes telles que Forseille, l'acide picrique, la pourpre française, Tindisine, en les combinant avec le gluten des céréales. Le gluten abandonnédan»

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des vases jusqu'à ce quil soit complètement liquéfié est précipité par une dissolution de carbonate de soude : 5 kilos de gluten exigent 500 à 550 grammes d'une dissolution d'une densité de 1,15; le précipité gluant et élastique est lavé à trois reprises avec un litre d'eau pure, puis mis à dissoudre de nouveau avec 434 grammes d'une dissolution marquant 1^080; le gluten se transforme alors en un liquide mucilagineux qu'on peut étendre à consistance convenable pour foularder ou imprimer.

Les premiers essais pour animaliser le coton reposaient sur l'emploi du gluten brut. Aussi ce mordançage restait infidèle dans beaucoup de circonstances.

Nous compléterons cette étude par l'exposé des usages et des qualités des principales matières colorantes employées en teinture sous le nom de substances tinctoriales.

m.— MATIERES TINCTORIALES.

Les premières matières étaient empruntées directement à la nature organique ; on leur a substitué quelquefois des couleurs minérales, mais généralement cette substitution n'est pas heureuse; les matières organiques ont en effet une transparence que ne possèdent que rarement les matières colorées fournies par le règne minéral. Nous ne citerons donc parmi ces dernières que le sulfure d'antimoine, lechromate de plomb, les sulfures d'arsenic, les iodures de mercure ; ils sont obtenus par double décomposition sur le tissu lui-môme.

Les matières organiques sont beaucoup plus nombreuses ; ce sont tantôt des êtres organisés, comme le kermès, la cochenille; tantôt des parties de végétaux, la racine de garance, Técorce de bois jaune, les bois de Brésil ou de Campêche, la fleur de carthame, celle delà gaude; tantôt le résultat de certaines opérations qu'on a fait subir à diverses matières végétales, comme l'indigo, le pastel, le tournesol, le rocou. On ne doit les considérer à juste titre, que comme des éléments de teinture, complexes dans leur essence; il faut donc en extraire la véritable matière colorante, la seule utile dans la pratique.

La science, en pénétrant dans les ateliers, amis au service de l'industrie des substances tinctoriales plus simples que celles que nous venons de nommer, et la fabrication des extraits, condensant S0U6 un volume plus petit et dans un plus grand état de pureté

les matières colorantes contenues dans les produits bruts, a rendu d'immenses services à l'art du teinturier.

L'espace nous manque pour faire une histoire détaillée de toutes les matières tinctoriales employées 4ans les arts, et des principes colorables ou colorés que ces éléments contiennent. Nous nous bornerons à les présenter sommairement en indiquant leur usage et la nature des couleurs qu'on peut en obtenir. . Nous conserverons Tordre de leur origine, telle que nous Tavons présentée.

A. — Les matières organisées d'origine animale et végétale nous occuperont d'abord ; ce sont parmi les substances animales la cochenille et le kermès.

Les produits organisés d'origine végétale sont la garance et les différents bois, la gaude et le safranum.

Parmi les végétaux utiles en teinture, nous étudierons la garance, racine d'une plante de la famille des rubiacées, les bois de Brésil, de Santal^ et les bois de Campéche, Técorce du quercitron, le bois jaune, qui donnent en teinture des nuances rouges et violettes, bleues et jaunes; on peut y ajouter la racine ducurcuma.

La matière colorante est répartie dans la fleur du safranum et de la gaude, la première donne une magnifique couleur rose, la seconde des nuances jaunes d'un très-beau ton.

Dans la graine de Perse et d'Avignon, la matière colorante est jaune d'or.

B.— Étendant les bienfaits de son intervention, le chimiste a doté les laboratoires d'un grand nombre de principes colorables ou colorés qu'il a su séparer, et l'on peut dire que c'est la voie la plus fertile que le teinturier puisse suivre, pour obtenir des perfectionnements nouveaux dans cet art déjà si perfectionné.

Les préparations artificielles dérivées des substances végétales sont l'indigo, produit des feuilles d'ime variété de polygonum dite P. tinclorum, Je rocou qui dérive de la pulpe des fruits du Bixa orellana^ l'orseille, provenant du traitement de certains lichens pSr l'air humide et l'ammoniaque. L'indigo sert à teindre en bleu, le rocou en jaune et l'orseille en violet. On distingue encore sous le nom de lo-kao une préparation de certains nerpruns qui produisent directement un magnifique vert brillant conservant sa richesse à la lumière artificielle.

G.— Enfin, l'étude des diverses matières organiques, dévoilant leur transformation , a conduit à la découverte de produits colorés inconnus hier, que les arts chimiques produisent aujourd'hui en quantités énormes pour les besoins de la teinture.

'l9l CHAP. I.— TEINTURE. TKÎNT

Les matières tinctoriales que le fabricant produit directement sont l'acide picrique qui provient de la destruction de Tacide phénique par Tacide azotique concentré , les riches couleurs extraites de Taniline du commerce, et qui sont connues sous les noms d'indisine, de rosaniline, chrysaniline, bleu d'aniline, etc., etc.

A.'^Produits organisés^ animaux et végétaux,

a. Kermès et cochenille. — Les substances organisées d'origine animale dont on fait usage en teinture sont le kermès et la cochenille; ces éléments contiennent l'un et Tautre ime même matière colorante rouge à laquelle on a donné le nom de carminé; elle est la matière colorante de Técarlate , lorsqu'on la fixe au moyen des sels d'étain.

b. Garance, — La garance agit en raison de ValizarinCy de lapur^' purtne et de laxanlhine qu'elle contient.

En décoction dans l'eau, la garance brute donne des bains qui colorent en rouge et rose les tissus mordancés au moyen de Talu^ mine, en violet, les tissus mordancés en fer et alumine, en gris et noir les tissus mordancés en fer.

On a concentré dans différents produits commerciaux les principes utiles de la garance. On a donné le nom de garancine au résultat du traitement delà garance par l'acide sulfurique; les par* lies ligneuses attaquées sont transformées en charbon; l'alizarine n'est pas altérée ; dissoute par Tacide sulfurique, elle est précipitée parTeau, et sert immédiatement à la préparation des bains de teinture.

On a donné le nom de garànceux aux cendres solides des bains de garance épuisés pendant le travail: comme il reste encore de l'alizarine non employée, le traitement par l'acide sulfurique permet delà concentrer sous un volume beaucoup moindre.

MM. Gerber et Dolfus préparent un extrait de garance purifié qu'ils nomment azale ; la Heur de garance est épuisée par l'esprit^ de-bois bouillant; les liqueurs concentrées sont traitées par l'eau qui précipite un extrait représentant près de 7 pour 100 du poids de la garance employée. Un nouveau traitement de la garance par de l'esprit-de-bois auquel on ajoute 1 pour 100 d'acide sulfurique donne un second liquide riche en matière colorante, qui représente encore le même poids que celui de l'extrait déjà retiré. Le résidu ligneux ne contient plus de principe utilisable.

Sous le uom d'alizarine commerciale^ MM. Verdeil et Michel

obtiennent de l'alizarine presque pure par la méthode suivante : On fait ramollir les racines de garance avec de Teau légèrement acidulée par Tacide sulfurique; on fait macérer les racines dépouillées du liquide par le carbonate alcalin marquant 4*. Le liquide alcalin est comprimé ; le traitement renouvelé et les eaux réunies; la matière colorante est précipitée par sursaturation d'un acide. Le précipité recueilli sur un filtre, lavé avec un peu d'eau est épuisé par de Tesprit-de-bois ou l'alcool bouillant. Par concentration dans un alambic, on retrouve le dissolvant et le résidu qui forme les matières colorantes. En chauffant à 250*dans un appareil permettant la surchauffe, on dissout la presque totalité de Talizarine; la résine reste comme résidu.

M. Kopp a proposé d'extraire la matière colorante de la garance en faisant directement usage de la vapeur surchauffée ; la vapeur passant sur de la garancine entraîne Talizarine et la porte dans un réfrigérant. Celui-ci se partage en deux parties; la première, conservant une température de 1 00 degrés, reçoit ralizarine condensée ; la deuxième^ refroidie complètement, fournit de la vapeur liquéfiée; on rassemble sur un filtre Talizarine sublimée; les eaux de condensation sont réunies et destinées à la teinture.

La matière qu'on nomme pinkoffine en Angleterre n'est autre chose que Talizarine sublimée; elle est pure, parce que la haute température qu'elle a reçue détruit les matières fauves que contient la garance ; on en obtient des violets qui n'ont pas besoin d'être avivés.

M. Kopp est également l'auteur d'un procédé très-ingénieux au moyen duquel on prépare l'alizarine propre aux arts industriels.

On sait qu'il existe dans la racine de garance une substance particulière incolore, à laquelle on a donné le nom de rubiane et qui peut, par un dédoublement sous l'influence d'une sorte de fermentation encore mal définie, former de l'alizarine et de la purpurine; cette fermentation se développe au bout de quelques heures par une macération humide en présence des bases et des acides. Mais l'acide sulfureux jouit dans cette circonstance d'une action spéciale ; il permet d'obtenir un rendement plus considérable et des produits en grande partie beaucoup plus purs. On opère de la manière suivante :

On commence par faire macérer la garance, conservée comme à Tordinaire à labri de l'humidité, dans de Teauicontenant quel* ques centièmes, 2 à 3, d'acide sulfureux. On décante ce liquide après 10 heures, on presse ce résidu. C'est dans ce liquide que

se trouve la matière colorable. En effet, si Ton vient à faire addition à cette liqueur de 8 pour 100 d'acide sulfurique et qu on chauffe à 30 ou 40^, il se dépose d'abondants flocons d'un rouge orangé qui, séparés et lavés, sont de la purpurine à l'état de pureté.

On chauffe à 100 degrés Teau mère séparée des flocons de purpurine; il s'établit alors une réaction très-nette accompagnée d'im dégagement d'acide carbonique et d'un dépôt d'alizarine qu'altère, il est vrai, certaine matière d'aspect verdâtre, mais qui communique aux tissus mordancés une magnifique couleur rouge en respectant les blancs.

On comprend que cette seconde eau mère privée de Talizarine qu'elle contenait d'abord puisse servir, chargée d'acide sulfurique, à transformer en garancine par [les moyens ordinaires la garance que Teau chargée d'acide sulfureux n'a pas complètement épuisée.

Et, en effet, les racines de garance traitées par l'acide sulfureux contiennent encore de la rubiane et les produits qui peuvent en dériver. Lavée àl'eaubouillante, elle peut donc fournir une liqueur qui, mêlée d'un sel d'alumine, donnera de la laque rose ou rouge suivant la quantité d'alumine ajoutée ; traitée par un lait de chaux, la même liqueur fournira, soit une laque violette formée d'alizarine et de purpurine, décomposable en d'autres nuances avec les composés métalliques, soit un extrait analogue à la colonne, lorsqu'on le décomposera par l'acide chlor hydrique.

c. Dois de Brésil.— Le bois de Brésil contient une matière colorante rouge à laquelle M. Chevreul a donné ie nom de brésiline* On s'en sert pour obtenir la teinture en cramoisi ; il suffit de préparer une décoction avec le bois, ou bien une dissolution avec l'extrait. La décoction dans l'eau ne s'altère pas; loin de là, l'expérience journalière des ateliers prouve que la dissolution ancienne est plus riche que celle qu'on vient de préparer depuis peu de temps.

d. Bois de santal. — Le bois de santal rouge contient une matière qui donne en teinture des nuances qui varient du fauve au rouge; il ne se colore presque pas par l'eau bouillante : il se colore au contact des alcalis.

e. Bois de Campêche. — Le campêche est très-anciennement connu comme matière tinctoriale. On traite ce bois par Teau pure ; l'extrait concentré est repris par l'alcool ; il contient le principe utile auquel on a donné le nom à'hématine. Incolore par elle-

même, ThématiDe se colore en un beau bleu violacé quand on la met en contact avec Tair et l'ammoniaque. M. Erdman, qui a étudié cette réaction, nomme hématéine le principe coloré qui se forme; Thématéine n'est pas azotée, mais, à Tétai coloré, elle forme un sel d'ammoniaque. Elle teint en bleu.

f. Quercitron, — Le quercitron est Técorce d'ime espèce de chêne, quercus nigra. Une décoction de quercitron faite par une ébuUition d*un quart d'heure avec une partie de quercitron et cinq parties d'eau se trouble et dépose une matière cristalline que M.Chevreul a nommée quercitrine, lorsqu'elle est à l'état de pureté.

Les fleurs et les fruiisdumarronnier d'Inde contiennent le même principe. La décoction du quercitron a l'odeur de Técorce de chêne; sa saveur est astringente; elle donne, sur laine mordancée par l'alun, un jaune plus verdâtre que celui qu'on obtient avec le bois jaune. Les solutions alcalines de potasse, de soude, de chaux, de baryte et de strontiane en exaltent la couleur.

g. 5oî5 jaune.— Le bois jaune est une espèce particulière, qui provient du Brésil et des Antilles; on le nomme morus tinctoria.

Le morin contient deux principes distincts, l'un qu'on appelle morln blanc, etl'autre, qui semble dériver du premier, qu'onnomme morin jaune. La décoction du bois jaune agit en vertu de ce dernier principe qu'elle tient en dissolution à l'état d'isolement ; il donne une masse jaune d'aspect cristallin.

La décoction de bois jaune faite avec une partie de bois pour dix parties d'eau bouillante est d'un rouge orangé vif; elle se trouble par le refroidissement; inodore, d'une saveur amère et astringente, elle donne sur la laine des colorations jaunes plus ou moins brillantes. Le morin jaune donne des jaunes moins verdâtres que le morin blanc ; le morin rouge donne une couleur orangée terne.

h. Safranuni. — On distingue dans le commerce, sous le nom de carthame, la fleur d'un végétal auquel on donne le nom de car* thamus tincîoriiLS,

Lorsqu'on traite les fleurs de carthame par le carbonate de soude étendu, après les avoir lavées à l'eau pour éliminer un principe jaune qui les souille, si Ton ajoute de Facide citrique ou de l'acide acétique dilué, on précipite une substance rouge d'une nuance magnifique, à laquelle on donne le nom de safranum ou carthame; cette matière a reçu le nom de carthamîne ou d'acide carthamique;c3LV ellepossède des propriétés acides très-nettement tranchées, quoique faibles.

Il suffit pour teindre de tremper une étoffe dans un liquide alcalin contenant de la carthamine dissoute pour précipiter sur le tissu la matière rouge qui caractérise cette substance tinctoriale.

Pour teindre les soies en nuance brillante, on fixe d'abord la couleur sur le coton, qui ne prend que la couleur pure ; on la fait dissoudre ensuite dans du carbonate de soude, puis on précipite en présence de la soie par Tâcide citrique étendu d'eau.

D'après M. Preisser, Tacide carlhamique résulterait de l'oxydation d'un principe incolore qu'il appelle acide carîhameux et qu'on obtient facilement du reste, en traitant par Tacide sulfhydrique l'acide carthamique. Sous Tinfluence de Tair et des alcalis, cet acide incolore par lui-même se transforme en rouge de carthame.

Le rose de carthame offre peu de solidité ; il parait toutefois qu'en Chine on sait donner à cette couleur une certaine persistance relative.

i. Gaude. — La gaude, qu'on cultive surtout pour les besoins de la teinture, est très-répandue. Elle fournit une matière colorante jaune qu'on rencontre à l'extrémité des rameaux fleuris ; elle se trouve dans le commerce sous forme de bottes sèches. M. Chevreul a nonmné lutéoline le principe utile que contient Iji décoction de gaude. C'est une substance colorante jaune assez solide.

j. Graine de Perse. — On trouve dans le commerce, sous le nom de graine de Perse, les fruits du rhamnus tincloria^ qui servent à la production d'une belle teinture jaune. Exportées du Levant, ces graines sont tantôt grosses, pleines et d'un vert olivâtre, tantôt petites, ridées et d'un brun foncé. Ces baies ne contiennent pas le même principe colorant ; on donne le nom de chi^jsorhamnine à la matière colorante d'un jaune d'or et xanthorhumnhie à celle qui est d'un jaune fauve. Cette dernière semble se produire par l'altération de la chrysorhamnine.

B. Produits de transformation,

a. Indigo, — On rencontre dans le commerce, sous le nom d'indigo, le produit d'une préparation spéciale à laquelle on soumet les feuilles de certaines plantes. Les pains cubiques que la consommation reçoit sont un composé très-variable, dans lequel l'indigo bleu domine; il entre au moins pour 50 pour 100 dans le poids delà matière brute.

A l'état d'indigo bleu, l'indigo ne teint pas; il faut l'amener à

Fétat de dissolution; à cet effet, on le fait réduire par des matières convenables ; il se transforme en indigo blanc, qui régénère sur la fibre de indigo bleu, par absorption de Toxygène de Tair; il teint alors en bleu. On a pu isoler l'indigo blanc, l'indigo bleu, les comparer et faire à Taide de l'analyse une étude intéressante de ces sortes de produits.

L'indigo bleu doit être cité parmi les substances de la plus grande solidité; Tindigo blanc, au contraire, est éminemment instable : les deux substances ne diffèrent Tune de Tautre que par un équivalent d'hydrogène; il est donc facile d'expliquer comment, sous l'influence d'actions réductrices, l'indigo bleu se transforme en indigo blanc. L'influence de Tair agissant sur cet excès d'hydrogène, forme de l'eau qui se trouve éliminée; il reste de l'indigo bleu. Cette interprétation rend compte de toutes les observations qu'on fait journellement dans les ateliers.

L'indigo se trouve encore employé sous une autre forme que celle que nous venons de désigner sous le nom d'indigo blanc. On prépare pour les besoins de la teinture, sous forme de carmin d'indigo ou de sulfate d'indigo, une quantité considérable de cette matière qui, malheureusement, n'a pas la solidité de l'indigo bleu. La préparation est très-simple; on traite un kilogramme d'indigo finement broyé par un mélange de 1 kilogr. d'acide sulfurique de Saxe et'l kilo d'acide sulfurique concentré ordinaire. On chauffe le mélange après l'avoir laissé réagir pendant 40 heures. On arrête l'opération lorsqu'une goutte de liqueur versée dansTeau la colore en bleu sans former de précipité. Le bleu dit distillé est le sulfo-indigotate précipité et purifié. Il se vend plus cher.

b. 0r5ci//e. —L'orseille la plus estimée provient du lichen rocella qu'on rencontre principalement aux Canaries et aux lies du Cap Vert. On distingue le persio ou cudbear comme poudre sèche, Torseille en pâte, l'extrait d'orseille, lorseille universelle et la pourpre française ; ces diverses préparations résultent de la transformation en matière colorée d'une substance incolore contenue dans les lichens. La lécanorine que les lichens renferment peut se dédoubler, sous l'influence des alcalis et des bases alcalinoterreuses avec le concours de l'eau, en acide carbonique et en une substance particulière non azotée que Robiquet appelle orcine : c'est cette dernière qui, au contact de l'air, de l'ammoniaque et de l'eau se transforme en la matière colorée, Vorcéine^ dont le teinturier fait usage en employant l'orseille, quelque soit l'aspect qu'elle présente. L'orseille séchée constitue le cudbear; elle est

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réduite en poudre : on y trouve encore toute la structure des lichens : Torseille est humide et forme une massehétérogène dans laquelle on distingue encore la partie ligneuse des végétaux qui, sous rinfluence deTammoniaque, a subi la transformation. L'orseille traitée par Teau donne un extrait plus ou moins concentré qui difîfere par ses qualités de celui qu'on peut préparer en traitant les lichens par Veau bouillante, filtrant et colorant le liquide, ou en lessivant avec desalcalis, précipitant par le chlorure d'étain et colorant la pâte ainsi obtenue. Ce dernier procédé conduit à la pâte d'orseille universelle.

Préparée par ces différentes méthodes, Vorseille n'of[re pas aux acides une résistance énergique. On lui donne cependant ime solidité relative; il suffit, ainsi que le pratiquent MM. Marnas et Guinon, de Lyon, de traiterpar l'ammoniaque à la température de 60 à 70>, la pâte colorable dans de larges ballons à col assez étroit ; on modifie profondément la nature des principes colorants; en précipitant les matières colorantes au moyen des sels de chaux, de magnésie et d'alumine, on forme des laques dépouillées des principes altérables et servant à donner le violet d'orseillç désigné sous le nom de pourpre française. Ces couleurs ont beaucoup perdu de leur importance devant la découverte des couleurs tirées de Taniline.

c. Rocou, — Le rocou n'est autre chose que la chair rougeâtre des fruits du bixa orellana. G est une pâte molle, d'un rouge vif ; elle est formée par la réunion de plusieurs matières; on en a extrait une matière colorable incolore, une substance jaune qu'on nomme bixine, et un principe rouge qui semble dériver de la bixine.

L'eau bouillante dissout complètement le rocou ; mais la décoction est trouble. Les dissolutions alcalines dissolvent la matière jaune, les acides la précipitent sous forme de flocons orangés. La couleur du rocou est fixée sans préparation sur la laine, la soie, le lin et le coton. Elle manque de résistance à l'air ; mais elle ne* s'altère pas par Faction des savons et des acides. Elle résiste mieux au chlore que le rouge de garance. On l'emploie surtout pour teindre la soie.

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