L— MINERAIS DE ZINC. — GISEMENT ET EXPLOITATION
L'emploi du zinc comme métal de grande consommation date seulement de ce siècle, et sa production annuelle en Europe s'élève déjà à 90,000 tonnes. C'est à Tabbé Dony, de Liège, que Ton doit les rudiments de l'appareil pour la réduction de la calamine ; mais on peut dire que c'est la famille Mosselman qui a créé cette grande industrie métallurgique, à la tête Je laquelle marche la Société de la Vieille-Montagne, fondée par M. le comte Le Hon.
Le zinc est aujourd'hui employé dans les arts sous les formes les plus variées, soit fondu en objets d'art rivalisant avec le bronze, soit laminé, pour couvertures de bâtiments, doublages de navires, etc.
La ferblanterie, la clouterie, la trêfilerie, Testampago, font de
ce métal une application régulière. Enfin, son oxyde est employé dans la peinture concurremment avec la céruse.
On traite généralement dans les usines deux espèces de minerais de zinc : les carbonates, qui comprennent plusieurs variétés silicatées auxquelles on a donné le nom générique de calamines^ et les sulfures qu'on appelle aussi blendes.
La calamine et la blende font souvent partie des mêmes gîtes; mais le passage d'une espèce à l'autre a plus particulièrement lieu lorsque la roche encaissante est calcaire.
L'altération des sulfures ne s'observe jamais dans les terrains quartzo-schisteux. Aussi dans des filons un peu prolongés, qui coupent alternativement des zones de terrain calcaire et quartzoschisteux, comme par exemple aux environs d'Aix-la-Chapelle ou au Bleyberg, à Welkenraedt, à Popelsberg, on ne voit apparaître la calamine qu'au contact du.calcaire devonien. Elle y forme des amas souvent très-puissants, dans le genre de celui de Moresnet, sur le territoire neutre.
En Belgique, sur les bords de la Meuse, à Corphalie, à Engis, ainsi qu'à Theux, près de Spa, la calamine est associée dans les gîtes avec la galène, la pyrite de for et la blende; elle y est distribuée très -irrégulièrement, sous forme d'amas assez superficiels et toujours en contact avec les calcaires.
La profondeur maxima où elle cesse généralement de se montrer est de 100 mètres environ. Au delà de cette limite, on ne reU-ouve plus que des sulfures.
Dans Tétage géologique des calcaires jurassiques, la calamine forme quelquefois des couches qui couvrent des surfaces considérables ; telles sont celles qui existent dans les environs de Tarnowitz, en haute Silésie. Souvent aussi on la rencontre dans des crevasses irrégulières ou formant des poches isolées au milieu des mêmes calcaires. Les gisements découverts depuis peu d'années dans la province de Santander, au nord de l'Espagne, affectent cette forme particulière.
La position qu'occupe sans cesse la calamine contre les calcaires permet de supposer que le minerai qui s'est formé est le résultat d'une double décomposition des sulfures primitivement injectés, les calcaires ayant fourni un des éléments de l'espèce, et les sulfates calciques ayant été entraînés par les eaux ; car il n'en reste que de faibles traces à l'état de cristaux dans les gîtes.
Les réactions opérées dans un milieu liquide, et probablement favorisées par une température exceptionnelle, ont laissé pour
dépôt, après consolidation, un minerai dont la composition chimique est presque toujours la même (à part la proportion des éléments), savoir : silice, alumine, carbonate et oxyde de zinc; oxyde de fer ou de manganèse, eau (cadmium, chaux, magnésie en minime quantité).
La galène (toujours éparpillée dans les gîtes) se trouve accidentellement mélangée au minerai. On a soin, autant que possible, de l'éliminer par des triages à la main, afin d'éviter pendant la réduction les graves inconvénients de la formation de silicates fusibles aux dépens de la matière des creusets.
La quantité maximum de plomb qu'on peut tolérer ne doit pas dépasser 2 à 2 1/2 pour 100, c'est une des clauses essentielles des marchés de minerais.
Quant à la proportion de fer, elle est très-variable, et certaines calamines en contiennent de manière à être plutôt prises pour minerai de fer que pour minerai de zinc.
On peut traiter, sans inconvénient grave, les minerais carbonates même avec une proportion de 20 à 25 pour 100 de fer; mais, du moment où ils sont silicates, le danger déjà signalé par la présence du plomb se répète avec celle du fer, parce que la température des fours devant être plus élevée pour la réduction du minerai silicate, la chance de former des laitiers fusibles avec la matière des creusets est aussi plus grande.