COMPARAISON DES DEUX SYSTÈMES
Une lutte s'est établie dans ces derniers temps entre les partisans de Tune et l'autre méthode. On a cherché à agrandir la capacité des appareils, afin de diviser la dépense par une plus forte production, mais les efforts faits dans un système se sont renouvelés dans l'autre.
Aux fours belges de 75 et 80 creusets, on a opposé ceux de Ai et 60 mouflfes, et, en définitive, l'avantage paraît devoir rester à ces derniers.
Il est certain qu'en comparant les éléments du travail, on trouve dne foule de raisons en faveur du four silésien :
lo Économie de main-d'œuvre et économie de produits réfractaii^es ;
2* Facilité dans le travail, qui permet de composer un personnel ouvrier avec les premiers manœuvres venus ;
3o Avantage immense de pouvoir traiter dans un four des minerais pauvres, qu'on ne saurait utiUser au même degré dans un four belge, à cause des débâcles qu'occasionne la chute des creusets les uns sur les autres.
Tous ces avantages contre-balancent bien certainement l'inconvénient d'une consommation un peu plus forte de combustible dans le four silésien, mais cette consommation n'est pas irrévocablement fixée au chiffre actuel, elle est au contraire appelée à être amoindrie par certaines modifications à l'intérieur.
Déjà l'avantage d'un moindre parcours de flamme est en faveur du four silésien. Avant de sortir par le carneau d'échappement, les gaz combustibles n'ont à franchir que la longueur d'un moufle, tandis que dans le four belge l'espace parcouru est de 3", 50. Aussi, à cette hauteur, la réduction ne se fait qu'imparfaitement, et l'on est forcé de doubler la durée de la distillation pour les lignes supérieures.
On a varié de différentes manières la forme des fours belges ; tantôt en les allongeant dans le sens horizontal, comme des fours à réverbère; tantôt en partageant la capacité intérieure par une cloison, de manière à distribuer les assises de creusets sur chaque façade, le foyer restant sur le côté.
On a essayé aussi des fours à flamme renversée, dans lesquels l'issue de dégagement des gaz était dans la sole, au lieu d^étre pla« cée au sommet de la voûte.
Tous ces essais, tentés dans le but de chauffer le plus grand nombre possible de creusets, ont toujours eu pour résultat la complication du travail, et la surveillance plus grande de Tou- Trier. Le temps perdu pendant la charge devant être plus utilement employé pour la distillation, c'est plutôt vers Tétude des plus grandes capacités que Tatlention devrait tout d'abord se porter. Sous ce rapport, il faut bien convenir que le four silésien est en voie de progrès, et que sa forme est une de celles qui se prêtent le mieux à la solution du problème.
En terminant, je dois encore faire mention de Tajjpareil de haut fourneau qu'on a tenté d'employer dans le pays de Liège, pour opérer la séparation du zinc tout en faisant la fusion du fer. On supposait que dans le milieu des gaz désoxydants, c'est-àdire à une certaine hauteur au-dessus des tuyères, il devait exister une zone où le métal volatil devenait saisissable.
A cet effet, on avait ménagé vers cette hauteur plusieurs canaux de condensation traversant le massif et communiquant à l'extérieur. Mais le dépôt formé dans ces conduits n'a jamais été autre chose qu'un mélange d'oxydes, de poussières charbonneuses et de quelques rares gouttelettes de métal. De plus, l'appareil marchant à gueulard fermé n'avait qu'un travail intermittent causé par de fréquents engorgements. Ces essais se poursuivent encore en ce moment sur un autre point, à l'usine de Membach. Toujours en s'appuyant sur le même principe, on a modifié l'appareirde la manière suivante : les canaux de condensation, au lieu de commimiquer à l'extérieur, sont remplacés par huit orifices par lesquels tout le zinc en vapeur doit être entraîné dans une galerie circulaire intérieure. On suppose que le métal s'y condensera et coulera par une pente insensible vers un récipient commun.
Non-seulement il est permis de croire que toute la condensation se fera à Tétat de poussière et d'oxyde à cause de la difficulté de rester toujours dans un milieu d'oxyde de carbone, mais en admettrant même qu'elle se fît à Tétat métallique, il est positif
que le zinc enduirait très-promptement les conduits et produirait le même effet qu'on observe dans les tubes et les allonges, de manière que l'obstruction de l'appareil serait la conséquence inévitable du défaut de nettoyage.