GRILLAGE DU MISPIKEL ET CONDENSATION
Le grillage du mispikel s'effectue dans un fourneau à moufle, dans lequel le minerai, exposé de toute part à Faction calorifique de la flamme, se trouve cependant complètement à Tabri de son actioii réductrice. Dans un fourneau rectangulaire, on construit en briques réfractaires un moufle B légèrement incliné d'arrière en avant. Tout autour de ce moufle, dont la voûte supérieure représente un segment cylindrique, sont réservés des car- Deaux E qui conduisent la flamme fournie par le foyer, qui luimême est incliné. Les produits de la combustion reviennent ensuite en avant, par un carneau parallèle à Taxe, et s'échappent par la cheminée qui se trouve située directement au-dessus de la porte de charge A. Quant aux produits du grillage, ils s'échappent à l'arrière par 0, pour se rendre dans les chambres de con-
Fig. 447.— Four pour la production de l'acide arsénieuz.
densation. Le minerai, préalablement concassé, est projeté dans le four par une trémie qui en traverse le plafond ; au moyen d*un râble en fer, on 1^ répand uniformément sur la sole, puis on chauffe en ayant soin de laisser ouverte la porte 0, qui permet rintroduction de Tair; le minerai, sous Tinfluence de la température élevée à laquelle le four est constamment maintenu, s'oxyde au contact de Toxygène atmosphérique, et l'arsenic, se transformant en acide arsénieux, va se déposer sous la forme de fleurs d^ arsenic dans les chambres de condensation. Le feu n'a pas besoin d'être fortement poussé ; car, par son oxydation même, le minerai dégage une quantité de chalçur suffisante pour entretenir la réaction. Celle-ci dure douze heures en moyenne, au bout
de ce temps, le grillage est complet; au moyen d'un ringard, on défourne le résidu par la porte 0, et Ton introduit uue nouvelle charge par la trémie. A la suite du moufle se trouvent d'abord deux chambres carrées où s'opère le premier dépôt d'acide arsénieux ; puis les vapeurs, entraînées par le courant d'air, se rendent dans ime série de chambres, en maçonnerie comme les premières, disposées les unes au-dessus des autres, et dont la dernière porte un tuyau destiné à entraîner les dernières vapeurs; celles-ci ne renferment plus alors de traces sensibles d'acide arsénieux. Les chambres de condensation sont assez vastes pour qu'il ne soit nécessaire d'en enlever l'acide que tous les deux mois. On fait alors tomber la farine d'acide arsénieux dans la chambre inférieure, et c'est là qu'on la recueille pour la raffiner et la transformer en acide vitreux, d'un transport et d'un maniement moins dangereux. L'enlèvement de ce composé est sous cet état une opération très-délicate, et les précautions les plus grandes sont indispensables. « Les ouvriers qui l'exécutent se couvrent la figure d'un masque en peau muni d' œillères en verre. Ils revêtent une robe de peau fermée avec soin. Au-dessous du masque, on place une éponge ou un linge mouillé sur les narines et la bouche, afin de purifier l'air qui est nécessaire à la respiration. » (Dumas, Traité de chimie.)