I.— MINERAIS DE MERCURE.— GISEMENT ET EXPLOITATION
Le règne minéral renferme un certain nombre de combinaisons mercurielles ; à côté du mercure natif viennent se grouper le mercure sulfuré, le mercure chloruré, le mercure ioduré, le mercure antimonié, l'amalgame d'argent, etc., mais il n'existe qu'im seul minerai qui soit exploité industriellement. Celui-ci, composé en proportions variables, de mercure natif ou mercure coulant et de mercure sulfuré, se rencontre dans les localités le» plus diverses. Les mines les plus célèbres sont celles de la Bavière, appartenant autrefois au Palatinat et au duché des Deux- Ponts, celles d'Almaden et d'Almadenejos sur les confins de la province de Cordoue, en Espagne; celle d'Idria, en Camiole; de Rosena, en Hongrie; de Sala, en Suède; de Guanca-VeUca, au Pérou; de Durasno, au Mexique; et enfin, de Guadalupe et de New-Almaden en Californie.
Le minerai de mercure se rencontre, soit en veines ou filons dans les terrains de schiste micacé, et dans les terrains de transition, soit en amas disséminés dans des couches de grès ou dans les calcaires compactes noirs de Tépoque jurassique. En Bavière, le minerai est mélangé, comme par pétrissage avec l'argile blanchâtre qui constitue les filons ; en Espagne, il forme dans les schistes micacés des filons dont la puissance atteint 12 ou 15 mètres ; à Idria, il se rencontre mélangé aux schistes argileux dans le calcaire compacte; à Guanca-Velica, il se trouve mélangé au grès, et constituant des filons auxquels on attribue une puissance extraordinaire, etc. Du reste, la nature de la gangue importe peu, elle ne joue aucun rôle dans le traitement des minerais.
La richesse de ceux-ci est extrêmement variable; tantôt ils sont presque purs et fournissent exactement le poids de métal que leur attribue la formule du sulfure de mercure, tantôt, au con-
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traire, leur teneur ne s'élève pas au-dessus de 1 pour 100. On leur fait subir alors une préparation mécanique, de manière à les enrichir, mais sans pousser les choses bien loin, sans élever la richesse au delà de 6 ou 7 pour tOO par exemple, car ainsi que nous l'avons déjà dit, la gangue n'exerce aucune influence notable sur le traitement. On emploie, pour cette préparation mécanique, les appareils ordinaires, bocards, cribles, tables à secousses, etc. Deux méthodes sont usitées pour le traitement du minerai de mercure ; dans les contrées pu le travail se trouve divisé en une multitude de petites exploitations, comme en Bavière, au Pérou, etc., le sulfure de mercure est soumis dans des cornues en fonte à l'action décomposante de la chaux, et le mercure produit est recueilli dans des récipients de forme convenable ; dans les contrées, au contraire, où Texploitation est concentrée entre les mains d'administrations importantes, comme à Idria et à Almaden, comme dans les nouvelles mines de Californie, l'opération est conduite dans de vastes appareils^ où le sulfure décomposé par Faction oxydante de l'air, à la température rouge, se transforme en acide sulfureux et en mercure, qui traversent ensuite de grands appareils de condensation. Nous décrirons successivement, comme exemple de ces deux méthodes, les appareils employés en Bavière, en Espagne et en Carniole.