PROCÉDÉ PRIMITIF DU PALATINAT ET DES DEUX-PONTS
Les mines de mercure de la Bavière sont toutes concentrées dans une bande de terrain assez restreinte, dont la longueui* ne dépasse pas 7 myriamètres et la largeur 2 ou 3. Les plus importantes sont celles de Statlberg, de Rosward, du Potzberg, de Wollfstein,etc.,et surtout celles de Landsberg. Toutes emploient les mêmes appareils, à l'exception de celles du Landsberg, dans lesquelles une compagnie anglaise a introduit, en 1847, àPinstigation du docteur Ure, un appareil perfectionné; nous nous occuperons d'abord du procédé primitif des Deux-Ponts et le décrirons tel qu'il est encore employé aujourd'hui.
Le minerai subit d'abord, dans les galeries mêmes de la mine, un premier triage ; les parties stériles sont employées à remplir les excavations, et les parties riches sont seules montées au jour; là, le minerai est concassé en fragments de la grosseur d'une
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noix envirou, et ces fragments sont soumis à un deuxième triage. On opère alors le mélange avec la chaux caustique, éteinte naturellement par son contact avec Tair; on prend pour effectuer ce mélange, une quantité de chaux "variable avec la teneur du minerai; s'il est très-riche, la proportion de chaux doit s'élever à 30 pour 100; s'il est pauvre, elle peut être abaissée à 5 pour 100. Le mélange, une fois fait, est porté aux fours de décomposition. Ceux-ci, dont la forme rappelle les fourneaux à acide sulfurique de Nordhausen, sont allongés et portent, de chaque côté, deux rangées de cornues A en fonte, à forme pansue, mesurant environ 1 mètre de longueur,. 0»,40 dans leur plus grand diamètre, et 0",10 de diamètre au col. Chacune de ces
cornues, inclinée d'arrière en avant, dépasse la muraille du fourneau de0",25 à O^jSO. Le col ainsi saillant vient s'emboller dans un récipient en terre B présentant à peu près la même forme, plus ramassé, et à demi rempli d'eau. Tantôt le premier rang de cornues repose sur \m massif de briques, elles cornues du deuxième rang s'appuient
Fig. 449.— Ancien four du Palatinat ^ ^ n j
pour l'extraction du mercure. exactement sur celles Qu premier, tantôt les deux rangs sont éloignés Tun de lautre de 0m,30 environ.
Chaque cornue est remplie aux deux tiers de sa capacité du mélange de minerai et de chaux; elle en renferme ainsi 20 à 25 kil. ; on adapte les récipients en les lutant incomplètement d'abord , puis d'une manière parfaite lorsque la température s'élève. On chauffe en allumant sous les cornues un feu vif et léger, et l'on maintient la température pendant six heures. Décomposé par la chaux, le cinabre laisse dégager du mercure, qui vient se condenser dans les récipients; seulement, ainsi qu'on doit le comprendre, la condensation est incomplète par suite de Texiguïté des appareils et de leur fermeture imparfaite. Au bout des six heures de chauffe, on enlève dans la série un récipient ou deux, on les remplace par de nouveaux appareils à moitié remplis d'eau, et Ton prolonge la chauffe ime demi-heure encore. Ce temps écoulé, on les enlève, et si l'eau est restée sensiblement limpide, s'ils ne renferment pas de mercure, c'est que ropération