I.— MINERAIS DE BISMUTH
Le bismuth, quoique relativement peu abondant dans la nature, s'y trouve cependant disséminé dans un assez grand nombre de gisements. Le plus important de ses minerais est le bismuth natif, toujours imprégné dans des roches de quartz, et qui seul jusqu'ici donne lieu à ime exploitation, fort simple d'ailleurs, puisqu'elle consiste uniquement en une liquation par laquelle on sépare le métal de sa gangue. La Saxe a eu jusqu'ici le monopole de la production du bismuth, et c'est aux usines de Schneebergque sont dus presque exclusivement les 5,000 kil. de ce métal consommés par les arts. Cependant, le bismuth natif se rencontre en beaucoup d'autres contrées, et l'on ne peut douter que, grâce à
rimportance actuelle de remploi de ses sels en thérapeutique, ces gisements ne soient bientôt exploités comme ceux de la Saxe. Les principaux de ces gisements se rencontrent en Bohême; à Bicber. dans le Hanau ; à Wittichen, en Carinthie ; en Suède, en Norvège ; ce métal a été également signalé dans les mines de Redruth, et de Carruck, en Angleterre. Suivant Berzélius, il a été trouvé en grandes quantités vers 1770, mais perdu depuis à Gregersklack, près du Bispberg, etc. D'autres minéraux peuvent encore fournir le bismuth; à côté du métal natif, mais moins abondant, vient se placer le sulfure qui se rencontre, dans le Cornwall; à Giellebeck. en Norvège, à Talca, au Chili ou à Riddarhytan, en Suéde, etc. Enfin, sans tenir compte de l'oxyde, du carbonate et du silicate de bismuth, qui accompagnent souvent ce métal dans les minerais de Schneeberg, nous ajouterons que le bismuth figure pour ime proportion notable dans certaines pyrites cuivro-plombifères, comme celles de Klutscheffssky, près Beresof (Sibérie) ou de Schapbach (Furstenberg), et qu'en somme, en présence d'une dissémination aussi considérable, la production de ce métal ne peut manquer de se généraliser et de grandir au fur et à mesure des besoins.