PRÉPARATION DES MINERAIS
Broyage, bocardage et pulvérisation,— Cette première partie des opérations ne s'applique qu'aux roches dures de quartz dans lesquelles les paillettes et pépites d'or se trouvent disséminées ; elle est complètement inutile pour les minerais d'alluvion. Le broyage des fragments de roc,détachésaupic et concassés d'abord au marteau, a lieu généralement entre deux forts cylindres métalliques disposés horizontalement et marchant en sens contraire; projeté entre ces deux cylindres dont on fait varier Fécartement suivant la grosseur que l'on veut donner à la matière, le minerai se trouve saisi et broyé rapidement. Les bocards employés sur les placers (exploitations d'or) sont généralement de petite dimension, et l'arbre portant les cames chargées de soulever les tiges des pilons est mû par une manivelle, à bras d'homme ; l'opération a lieu à sec, et le produit, amené à l'état de sables aussi fins que possible, est, en dernier lieu, porté sous des meules horizontales de fonte ou de granit, qui, sans altérer sensiblement la grosseur des paillettes, transforment la gangue en une poussière fine, légère et facile à enlever par le lavage.
Grillage. — Les minerais pyriteux exigent seuls cette phase du traitement; elle est d'ailleurs d'une grande utilité, car à la fin du lavage, il est toujours fort difiicile , sinon impossible de débarrasser le sable d'or des fragments de pyrite lourds qui s'y trouvent mélangés. Cependant, il est rare que le grillage soit pratiqué, et Ton préfère, ou bien soumettre directement le minerai pyriteux à l'amalgamation, ou bien extraire par le même procédé l'or du minerai enrichi autant que possible par le lavage, mais encore mélangé aux pyrites. Du reste, le grillage des pyrites aurifères, lorsqu'il est pratiqué, a toujours lieu de la manière la plus simple, en les abandonnant en tas, à Faction de l'air, jusqu'à ce que tous les sulfures métaUiques se trouvent transformés en produits légers (oxydes et sulfates); leur lavage s'accompUt ensuite avec une grande facilité.
LAVAGE DES MINERAIS d'OR.
Lavage à la main. — C'est la méthode la plus ancienne, la plus simple et de beaucoup la plus répandue ; l'appareil le plus ordinairement employé consiste en une sorte de cône renversé en tôle
OU en zinc, très-aplati, dont la base mesure environ 50 centimètres ; au sommet de ce cône est réservée une petite cavité, chargée de
recevoir le dépôt des matières lourdes. Dans cette espèce d'entonnoir, on projette le minerai, quelle quesoit son origine, puis on plonge le tout dans reau,eii Fig. 469.— Cuvette des laveurs d'or. ayant soin de tenir la base ouverte assez près de la surface du liquide ; cela fait, on délaye d'abord le minerai avec la main, en évitant qu'il s'en échappe la moindre parcelle hors du cône; puis, le délayage achevé, on donne à l'appareil un mouvement giratoire très-rapide. Sous l'influence de ce mouvement, les diverses parties du minerai se meuvent, se déplacent et se superposent par ordre de densité, de telle sorte que bientôt Tor s'accumule au fond, dans la cavité, tandis que les parties terreuses remontent à la surface. Alors, et sans cesser d'agiter au sein de l'eau, on incline le cône successivement de différents côtés, de manière à laisser écouler les portions stériles déposées à la surface. Oq poursuit ce traitement en redoublant d^attention, au fur et à mesure que la masse diminue, et l'on retrouve dans la cavité une petite quantité d'or métallique, assez pur dans la plupart des cas, et quelquefois seulement mélangé de pyrites.
Au lieu du cône métallique que nous venons de décrire, et dont l'usage est général en CaUfornie, en Australie, etc., on emploie dans quelques contrées, notamment au Brésil et au Mexique, de simples sébiles en bois.
Lavage mécanique. — L'appareil le plus simple, celui qui a servi de point de départ à la construction des machines les plus compliquées, est celui qu'on désigne sous le nom de berceau. Il consiste en une sorte de table de 2 mètres de long environ, légèrement inclinée en avant, et portée sur deux rouleaux de bois, au moyen desquels on peut lui commimiquer un mouvement plus ou moins rapide de va-et-vient ; de là son nom de berceau. Cette table est munie de rebords B,D, qui se redressent de manière à constituer un coffre ouvert sur la plus grande partie de son étendue; le rebord placé en avant, c'est-à-dire à la partie la plus basse D, est percé de trous; les côtés latéraux s'élèvent jusqu'à l'arrière, où ils portent un châssis à rebords A dont le fond est formé par une toile métallique. Sur la table formant le fond du coffre principal sont disposées de petites barres transversales G,C,
portant des échancrures de plus en plus petites. Pour faire usage de cet appareil, on jette sur la toile métallique le minerai pulvé-
Fig. 470.— Beroeau pour le lavage des minerais d'or.
risé et on l'y étend à la main, tout en l'arrosant d'un filet d'eau continu. Les sables grossiers restent sur ce châssis; on les rejette s'ils sont stérilesr, on les pulvérise à nouveau s'ils sont riches ; les matières fines, qu'elles soient lourdes ou légères, tombent sur le fond du coffre, et l'eau qui coule à la surface de celui-ci opère le lavage, en même temps que le mouvement de va-et-vient imprimé à tout l'appareil active son effet. Les parties les plus lourdes, les parcelles d'or sont arrêtées peu à peu parles barres transversales, et les trous, que porte le rebord antérieur D, ne laissent écouler, en définitive, que les boues légères et stériles.
Cet appareil est aussi simple que commode, il fournit d'excellents résultats ; c'est d'après son principe qu'ont été construites toutes les machines connues sous le nom de laveurs^ sépara^ leurs ^ etc., qu'a fait éclore dans ces dernières années la découverte des placers californiens et australiens. Nous n'entreprendrons pas la description de ces machines ; elle nous entraînerait ' trop loin, et ce que nous venons de dire sur l'appareil élémentaire suffit largement à l'intelligence de notre sujet.
Lavage final. — Quelque soigné que soit ce lavage manuel ou mécanique, on n'arrive pas toujours, du premier coup, et même avec les minerais ordinaires, à la production de l'or pur. Lorsque surtout celui-ci est en paillettes extrêmement fines, il est difficile de le débarrasser des dernières portions de gangue qui le souillent et qui lui font donner le nom de schlich giis. Pour le purifier et le transformer en schHch noir^ on lui fait subir un dernier lavage qui exige une grande habileté et qui doit être conduit avec la plus
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sévère attention. Ce lavage a lieu sur des tables divisées par des planchettes transversales; à la partie supérieure s'écoule un filet d'eau qui se répartit également sur toute la surface. L'ouvrier, chaussé de sabots de bois, monte sur cette table, et, divisant la matière soit avec une pelle de bois, soit avec un balai, de manière à présenter constamment au courant de nouvelles surfaces, amène le sable au contact de Veau qui Tentralne peu à peu. Dans quelques contrées, et notamment au Brésil, au lieu de disposer sur ces tables des planchettes transversales, on les recouvre de flanelles ou de peaux tannées, mais non épilées; les unes et les autres sont d'ailleurs disposées de telle sorte que les poils se présentent face au courant; la poudre d'or, placée sur ces surfaces, se purifie promptement, et pour recueillir le métal précieux, on se contente d'enlever de temps en temps la peau ou la flanelle et d'en détacher l'or en la plongeant et l'agitant dans un baquet plein d'eau
m,— EXTRACTION DE L'OR PAR AMALGAMATION.