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191 CHAPITRE m. — PLATINE. MET
La présence des différents métaux que nous venons de signaler et la nécessité de les séparer les uns des autres a rendu pendant longtemps la métallurgie du platine une des opérations les plus difficiles. Si, à la rareté de la mine, à la difficulté de la séparation, on ajoute en outre ce fait que la fusion du platine estime découverte toute récente, on comprendra comment, malgré les qualités précieuses qui le recommandent aux industries chimiques, ce métal n'a reçu, jusqu'à ces derniers temps, que des emplois fort restreints. Cet état de choses a subi, depuis un petit nombre d'années, une métamorphose complète; grâce aux travaux de MM. H. Sainte-Glaire Deville et Debray, non-seulement la fusion du platine est aujourd'hui une opération des plus simples, mais encore on peut transformer directement, et par des opérations véritablement métallurgiques, la mine de platine en un métal précieux pour les arts.
Nous ne nous occuperons pas des moyens par lesquels on sépare ce minerai de sa gangue ; ils sont identiques aux méthodes de lavage que nous avons décrites pour l'or; et lorsque ce dernier s'y trouve associé, une simple amalgamation l'enlève et le sépare complètement des composés platinifères.
C'est à partir du moment où la mine de platine proprement dite est isolée que les difficultés se présentent : les diverses méthodes employées jusqu'à ce jour, celle de WoUaston notamment, et celle qui, suivie parles chimistes russes, n'en est qu'une modification, reposent sur l'insolubilité de Tosmiure d'iridium et la solubilité du platine dans l'eau régale ; précipité de cette solution par un réactif convenable, puis ramené à Tétat métallique, le platine, alors à Tétat d'épongé, était ensuite soudé sur lui-même par une. compression énergique et une température élevée*
Ce» méthodes, que nous décrirons rapidement, ont perdu la plus grande partie de leur intérêt par suite des recherches de MM. H. Sainte-Claire Deville et Debray. Ces recherches, en effet, ontdonnénaissanceà quatre procédés dont la pratique industrielle tire déjà parti. Deux d'entre eux, basés sur la voie sèche, permettent de transformer rapidement (et avec une dépense n'excédant pas 1 fr. à 1 fr. 25 par kil.) la mine de platine en un alUage .de platine et d'iridium où le premier de ces deux métaux domine, et qui possède, au point de vue des applications des qualités supérieures â celles du métal pur. Soumis quelques instants à l'action de l'eau régale, puis martelé à nouveau, cet alliage devient complètement insoluble dans ce réactif, effet remarquable, que
M. Quenessen attribue à la formation d'une couche superficielle d'iridium pur.
Une autre méthode à laquelle MM. Sainte -Claire Deville et Debray donnent le nom de mixte leur permet de préparer du platine chimiquement pur, plus vite et à meilleur compte que par les anciennes méthodes.
Enfin, on doit encore aux mêmes chimistes ime méthode de traitement applicable avec facilité aux osmiures d'iridium qui , accumulés depuis longues années dans les usines européennes, formaient un résidu, inutile jusqu'ici, mais dont les propriétés reconnues aux alliages d'iridium et de platine ont démontré toute rimportance.
Tels sont les procédés au moyen desquels a lieu aujoud'hui le traitement métallurgique de la mine de platine. La Russie qui, dans les monts Oural, possède les gisements les plus importants du globe, les emploie déjà. Les autres pays producteurs de platine, le Brésil, le Pérou, la Colombie, etc., dont le rendement annuel, inférieur à celui de la Russie, atteint 400 kilog. environ, envoient directement leurs minerais en France, en Angleterre et en Allemagne, où d'importantes usines les traitent, dés aujourd'hui, par les mêmes méthodes.