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BRONZE. MET

époques, mais toujours dans des limites assez restreintes; car, s'il contient moins de 9 à 10 pour 100 d'étain et de zinc, il est trop mou, et, s'il en renferme davantage, il devient fragile. Actuellement, la monnaie de biilon française est formée de 95 de cuivre, de 4 d'étain et de 1 de zinc.

Bronze des canons. — Il est formé, en France, de 100 de cuivre et de 11 d'étain. C'est donc un |)ronze pur, sans zinc ni plomb.

Toutes les tentatives faites pour modifier ces proportions, dans le but de remédier à la destruction rapide des pièces, ont été à peu près sans succès, car il faut que l'alliage' ait à la fois de la dureté et de la ténacité. Or la dureté croit avec la proportion d'étain, mais en même temps la ténacité diminue. Il y a donc des limites très-restreintes entre lesquelles il faut se tenir pour ne pas sacrifier la dureté à la ténacité , ou réciproquement. On a reconnu cependant que, pour les pièces de huit et au-dessous, il était préférable d'employer un alliage ne renfermant que 8 à 9 d'étain.

On a fait également beaucoup d expériences pour déterminer si de petites quantités de fer, de zinc, de plomb, n'amélioreraient pas ce bronze, mais elles n'ont amené aucun bon résultat.

Le plus grand défaut des bouches à feu tient aux liquations qui s'établissent dans l'alliage, au moment de sa solidification. Il en résulte des grains riches en étain et, par suite, assez fusibles pour se liquéfier au moment de l'explosion.

On comprend donc que la fonte des canons soit une opération extrêmement délicate, et que, suivant que la température du bain est plus ou moins élevée au moment de la coulée, que la durée du refroidissement est plus ou moins rapide, il se produise des différences dans la Hquation. Pour faire comprendre toute la difficulté de cette opération, il nous suffira de dire qu'avec le même bronze on obtient des pièces excellentes et d'autres qui sont mises hors de service dès les premiers coups. Les moules sont formés avec un mélange d'argile, de bouse de vache et de crottin de cheval. On les dessèche aussi complètement que possible à une haute température. Ils présentent ime longueur plus grande que la pièce ; l'alliage, qui se solidifie dans la partie supérieure est rejeté, parce qu'il contient toujours une proportion d'étain trop forte, qui le rend trop fusible et trop peu tenace.

Un grand nombre de pièces sont rejetées pendant le tournage extérieur et le forage, parce qu'elles présentent des défauts d'homogénéité, défauts qui, suivant leur nature, portent les noms de

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soufflures, de chambres, de piqûres, de cendrui^es, de. taches d'étain, de sifflets, etc.

Bronze des tam-tams. — 78 de cuivre, 22 d'étain.

Bronze des cymbales. — 80 de cuivre, 20 d'étain.

Avant Darcet, on avait en vain essayé de fabriquer en France des tam-tams; le choc les brisait infailliblement. Aujourd'hui, grâce à la connaissance de la malléabilité et de la ténacité que la trempe développe dans le bronze , on fabrique parfaitement les cymbales, et on commence à savoir travailler les tam-tams.

On mouille d'abord lobjet, puis on le chauffe au rouge et on le plonge dansTeau froide, après l'avoir serré entre des disques de fer. n a acquis alors une malléabilité suffisante pour qu'on puisse le travailler au marteau, comme on le fait pour les tam-tams, et une ténacité assez considérable pour qu'on puisse l'amincir, comme on le fait pour les cymbales. C'est cette ténacité, due à la trempe, qui permet à ces instruments de supporter sans se briser des vibrations et des chocs très-forts.

Métal des cloches. — Cet alliage est très-variable, parce qu'il est rare qu'on le fabrique avec des métaux neufs ; on y rencontre souvent un peu de zinc et de plomb. Cependant sa composition se rapproche de celle des cymbales, et on y trouve en général 20 à 22 pour 100 de métaux blancs. Le zinc et le plomb n'y sont introduits que par motif d'économie; car ces deux métaux, et le dernier surtout, nuisent à sa sonorité. Les sonnettes, les timbres, ont une composition voisine de celle des cloches.

Miroirs des télescopes, — Alliage blanc d'acier, très-dur, très-cassant, susceptible d'un beau poli, formé de 66 de cuivre et de 33 d'étain.

Bronzes industriels, — Depuis la création des chemins de fer, la consommation du bronze est devenue extrêmement considérable en France, ce qui a conduit à faire beaucoup de recherches sur les meilleurs mélanges à employer. Une des plus anciennes fonderies de cuivre de Paris, et la plus importante aujourd'hui, a été ouverte à tous ces essais; M. Thiébault père, qui la dirigeait autrefois, et M. Victor Thiébault, qui en est le chef aujourd'hui, ont mis tous leurs soins et toute leur expérience à la fabrication des alliages qui offrent la plus grande résistance,* tant au point de vue de la vitesse qu'à celui du poids qu'elles supportent.

Ces alliages s'emploient à peu près sans modification sur les divers chemins de fer. Ainsi l'alliage de toutes les pièces à frotte-

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