‹ Dictionnaire de chimie pure et appliquée comprenantChapitre 154 sur 430 · O II · texte numérisé non relu

O II

Les métaux lourds ne fournissent que des sels neutres, lesquels sont insolubles. Les sels des alcalis sont solubles, ceux des terres le sont beaucoup moins. Beaucoup de tellurites se dissolvent dans l’acide chlorhydrique en donnant une solution jaune qui ne dégage pas de chlore par la chaleur. — Pour les réactions, voyez Tellure (analyse).

Anhydride tellurique, TeO3. — On l’obtient en chauffant les cristaux d’acide tellurique A une température inférieure au rouge. C’est une substance d’un jaune orangé, insoluble dans l’eau, même A chaud, dans l’acide chlorhydrique concentré et froid, dans l’acido nitrique bouillant et dans une lessive de potasse bouillante. 11 perd do l’oxygène A une température élevée, mais cependant insuffisante pour que l’anhydride tellureux formé soit fondu. Il est attaqué par l’acide chlorhydrique chaud avec dégagement de chlore.

Acide telluriquf, TeO»H2. — On le prépare on décomposant le tellurate de baryum par l’acide sulfurique. Un évaporant la liqueur, on obtient des cristaux incolores, hexagonaux et souvent maclés, qui renferment Te O» H!-]-2H2O.Ces cristaux so dissolvent lentement, mais abondamment dans l’eau froide, en toutes proportions dans l’eau bouillante. Ils sont insolubles dans l’alcool anhydre ; la solution aqueuse rougit le tournesol, mais assez faiblement si elle est étendue;

TELLURE

elle a un goût métallique ; elle est précipitée par l’alcool. Les cristaux s’effleurissent un peu au-dessus de 100°; en perdant touteleur eau do cristallisation et en donnant le véritable acide Te O II2. Celui-ci se dissout très-lentement, quoique complètement, dans l’eau froide, un peu plus vite à l’ébullition; l i liqueur concentrée donne l’hydrate cristallin décrit p’us haut. Nous rappelons que le tellurate de baryum se prépare en fondant du tellure ou de l’anhydride tellureux avec du nitre et précipitant le tellurate de potassium formé à l’aide du chlorure de baryum.

L acide sulfhydrique ne précipite pas immédiatement la solution étendue d’acide tellurique : au bout de quelque temps, la liqueur abandonnée, en vase fermé, dans une étuve, laisse déposer du sulfure tellurique brun clair, qui tapisse le flacon d’un dépôt doué de l’éclat métallique. La solution chlorhydrique d’acide tellurique est réduite et devient noire par le chlorure stanneux, mais la réaction n’a pas lieu tout d’abord. De même la glucose réduit complètement le tellurate de potasse alcalin, mais l’action est fort lente (Stolba).

L’acide tellurique est bibasique, il donne des tellurates correspondant aux tellurites

Te04R’2... Te04R'H... TeOR'II, Te O’* H2. On connaît aussi des anhydrosels, comme Te,,013K2= K2 0. 4 Te O2, et des sels basiques, comme

TeOeAg6 = 3 Ag2O.TeOs.

Les métaux lourds donnent surtout des sels neutres; les sels alcalins neutres et acides sont solubles, les anhydrosels le sont à peine.

Les solutions chlorhydriques des tellurates sont incolores, elles ne se troublent pas lorsqu’on les étend d’eau; bouillies, elles dégagent du chlore; elles noircissent et laissent déposer du tellure lorsqu’on les traite par l’acide sulfureux ou les sulfites; la précipitation est lente, elle exige quelquefois l’application de la chaleur.

Les tellurates chauffés au rouge donnent des tellurites. — Voyez Tellure (Analyse).

Sulfures dp tellure. — Le tellure fournit deux sulfures correspondant à ses deux oxydes, chacun d’eux donne des sulfosels.

Sulfure tellureux, Te S2. — C’est une substance d’un brun foncé qui se ramollit et se décompose sans fondre lorsqu’on la chauffe; elle prend par le refroidissement un éclat demi-métallique. On l’obtient en traitant l’acide tellureux par l’hydrogène sulfuré, ou en exposant à l’air une solution de sulfotellurite alcalin; il se forme du sulfure tellureux et de l’hyposulfite alcalin. Les sulfotellurites alcalins possèdent, d’après Berzeüus, une composition représentée par la formule

Te Ss R6 = Te S* R*, 2 R2 S.

On les prépare en saturant par le gaz sulfhydrique les tellurites correspondants. Ils sont bruns à l’état anhydre, jaunes à l’état hydraté. Ils donnent facilement avec l’eau une solution jaune pôle. Ils peuvent être calcinés en vase clos sans perdre de soufre ni de tellure. Les sulfotellurites de baryum, de strontium et de calcium Be préparent en faisant bouillir des sulfures correspondants avec du sulfure tellureux et do l’eau, et en évaporant dans le vide; ils sont un peu solubles. I.es sels des métaux lourds s’obtiennent par double décomposition; ils sont insolubles.

Sulfure tellurique, Te S2. — On l’obtient par l’action de l’acide sulfhydrique sur l’acide tellurique (voir plus haut). Oppenheim a décrit des selsqui correspondent à ce corps, et qu’on prépare en saturant les tellurates do sodium ou de po-

I tassium par l’hydrogène sulfuré. Ou filtre pour séparer le sulfure tellurique précipité et l’on évapore. La liqueur rouge laisse déposer des cristaux jaunes de sulfotellurate. Dans le cas du sei de soude,. on peut, au lieu de séparer le sulfure de tellure par filtration, ajouter de la soude et continuer à faire passer le courant gazeux: le sulfure de tellure se dissout et la solution évaporée presque il sec donne le sulfotellurate sous forme d’aiguilles d’un jaune de soufre.

Séléniure ne tellure. — Lorsqu’on fond du tellure avec du sélénium, la combinaison des deux corps s’opère avec dégagement de chaleur. Le produit est d’aspect métallique, très-fusible, volatil et distillable. Chauffé à l'ai r, il s’oxyde et forme des gouttes incolores et limpides, qui sont peut-être du sélénite de tellure.

COMBINAISONS DO TELLURE AVEC LES MÉTALLOÏDES THIATOMIQUES ET TÉTRATOMIQUES.

Parmi les corps appartenant à ces deux classes, on ne connaît que les alliages de tellure et de bismuth, lesquels s’obtiennent en toute proportion. — Voyez aussi Téthadvmite.

Page 1