II. — SÉPARATION ET DOSAGE Dü TELLURE ET DE SES ACIDES
A. Réduction par l’acide sulfureux. — Le tellure est amené à l’état d’acide tellureux ; pour cola, les tellurures naturels sont traités par 1 acide azotique, los tellurites sont dissous dans
un excès d’acide chlorhydrique, les tellurates ou los tellurites traités par l’acide azotique sont maintenus à l’ébullition avec l’acide chlorhydrique jusqu’à cessation de l’odeur de chlore. Les liqueurs sont traitées à une douce chaleur par l’acide sulfureux , si l’on veut doser les alcalis, ou par un sulfite alcalin. Il est bon, surtout si les liqueurs sont concentrées, d’abandonner en vase bouché le précipité de tellure avec de l’acide sulfureux en excès, pendant plusieurs jours etdans un endroit chaud; ou décante alors la liqueur chlorhydrique, on lave le précipité dans la fiole avec de l’eau chargée d’acide sulfureux, on jette sur un filtre pesé, on sèche à une douce chaleur et on pèse. Il convient de traiter à chaud les liqueurs filtrées par une nouvelle dose de sulfite pour s’assurer que la précipitation est complète.
B. Précipitation a l’état de sulfure. — L’hydrogène sulfuré précipite complètement l’acide tellureux de ses dissolutions chlorhydriques, ün peut dessécher le sulfure Te Ss au-dessous de 100° et le peser, mais il vaut mieux, si l’on craint d’avoir un excès de soufre, l'oxyder par l’eau régale, ou par l’acide chlorhydrique et le chlorate de potasse, ou enfin par le chlore en présence de l’eau. On chauffe avec de l’acide chlorhydrique, et l’on réduit l'acide tellureux selon la méthode indiquée en A.
C. — Réduction du tellure par i.e cyanure de potassium. — Ce procédé, imaginé par Oppenheim et perfectionné par H. Rose, s’applique aux acides oxydés du tellure et à leurs sels. On place la substance dans un matras peu fusible traversé par un courant d'hydrogène, on la mélange avec 10 ou 12 fois son poids de cyanure de potassium et l’on chauffe jusqu’à la fusion; au bout d'un quart d'heure on laisse refroidir dans l’hydrogène, on emplit le matras cl’eau et on le retourne sur l’eau. La masse se dissout et tombe dans le vase inférieur; la solution colorée en rouge renferme du tellurure de potassium. Par l’action d’un courant d’air, celui-ci abandonne tout son tellure, qui est recueilli et pesé. Un peu de tellure peut s’ètre oxydé et dissous à l’état de tellurite, on le précipite par l’acide sulfureux dans la liqueur filtrée additionnée d’acide chlorhydrique \Repert. de Chim. pure, t. III, p. I8ü et 385, 1 86 IJ.
D. — Dosage de l’anhydride tellureux a l’état lirre. — S’il n’y a avec l'acide tellureux que de l’acide nitrique ou chlorhydrique, il suffit, pour chasser ceux-ci, de chauffer à 2(10". En élevant la température jusqu’au point de fusion de zinc, on peut chasser de même l’acide sulfurique sans volatiliser l’acide tellureux (H. Rose).
E — Dosage de l’acide tellurique a l’état de tellurate basique d'argent. — C ■ procédé ost dû à Berzelius : on précipite la solution de tellurate par le nitrate d’argent en léger excès, on dissout le précipité dans l’ammoniaque, on chasse celle-ci par l’évaporation, on recueille sur un filtre pesé, on sèche avec précaution et l’on pèse. Ce précipité renferme 3 Ag2 O. TeO3. Rose conseille, pour plus de sûreté, d’y doser l’argent.
E. — Séparation du tellure et des métaux par le chlore gazeux. — On se sert de l’appareil figuré t. II, p. 1028. Il se produit, selon la température et la rapidité du courant gazeux, l’un ou l’autre des chlorures de tellure. S’il y a eu formation de bichlorure, l’eau acidulée d’acide chlorhydrique du tube B renferme du tellure; comme le contenu de ce tube doit être réduit par l’acide sulfureux à l’état de tellure, on ne s’en préoccupe pas. Si le courant de chlore a été trèsprolongé et si l’on craint la présence de l’acide tellurique dans le liquide B, on le traitera à chaud par l’acide chlorhydrique avant do le réduire. La séparation réussit bien avec la plupart des métaux (plomb, cuivre, or, argent, for); dans
TELLURE
!o cas du mercure, on peut précipiter !o mercure du liquide B, à froid, et les liqueurs étant étendues, par l’acide phosphatique. Dans la liqueur séparée du calomel, au bout de 24 heures, on dosera le tellure selon A.