BOULEVARD SAINT-GERMAIN
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SUBERIQUE (ACIDE), CMP* O». — Ce nom vient de subcr, liège, parce que c’est par l’action de l’acide nitrique sur le liège que cct acide a été obtenu pour la première fois, en 1787, par Bruguatelli [Ann. de Crell., t. 1, p. 1 là]. Les premières études sur cet acide sont dues à Bouillon- Lagrange [Ann. de Cltim., t. XXIII, p. -42] ; Cbevrcul [ibid., t. XCVI, p. 141, Ann. de Chim. et de Phys., (2), t. LXII, p. 323]; Bussy [Journ. de Pharm., t. VIII, p. 107 et t. IX, p. 4251; Brandes [Journ. de Scliweigger, t. XXXIJ, p. 393]. Ces recherches ont été étendues plus tard par Boussingault [Journ. Chim. méd., t. XII, p. 118] ; Lauri n1. [Ann. de Chim. et de Phys., t. LXVI, p. 057] ; Bromeis [Ann. der Chem. u. Pharm., t. XXXV, p. 90], Arppe F Octa . Soc. Scientiarum fennicœ, 1804; liull. de la Soc. chim., 1808, t. V, p. 58], etc.
Préparation. — La préparation de l’acide subérique par le liège no présente qu’un intérêt historique. On attaquait 1 p. de liège par G p. d’acide azotique ayant une densité de 1,20 en cohobant fréquemment l’acide distillé. L’attaque terminée on évaporait à consistance sirupeuse dans une capsule, on reprenait par l’eau bouillante et l’on obtenait ainsi l’acide subérique impur par le refroidissement de la solution.
Toutes les matières grasses à peu près fournissent do l’acide subérique par leur oxydation; telles sont l’acide oléique (Laurent, Arppe), l’acide stéarique (Bromeis), l’huile de ricin, etc.
Lotte oxydation donno toujours naissance en même temps à d’autres acides, notamment, aux acides sêbarique, azélaique, adipique, succiniquo, etc. (Laurent, Arppe, Wirz).
On fait bouillir l’acide stéarique ou l’acide oléique dans une grande cornue avec 2 à 3 p. d acide azotique ordinaire (d’une densité de 1,2
a 1,3); la réaction devient très-vive après une demi-heure et il y a un abondant dégagement de gaz qui peut faire déborder la masse. Quand cette oilurvescence est calmée, on cuhobe, on ajoute
une nouvelle quantité d’acide et l’on csntinuo l’ébullition encohobantde temps à autre, jusqu’à ce que tout soit dissous. On distille ensuite la moitié du liquide et l’on abandonne le résidu dans un endroit Irais. L’acide subérique se dépose en même temps que l’acide sébacique et l’acide azélaique; les acides adipique et succiniquo, formés en même temps, restent dans les eaux mères. Il se forme en outre un corps huileux qui est l’acide nitrocaprylique, C8 lllfi(Az03) Ü-, qui rend la purification des autres acides assez pénible. On recueille le premier dépôt renfermant l’acide subérique. On purifie finalement ce dernier par plusieurs traitements par l’eau et par l’éther qui dissolvent les acides sébacique et azélaique et qui laissent l’acide subérique dont on achève la purification par plusieurs cristallisations dans l’eau froide.
Synthèse. — On a tenté la synthèse de l’acide subérique en partant de l’acide bromobutyrique, OH7BrO!, ou plutôt du bromobutyrate d’éthyle. Traité par l’argent divisé, cet éther perd son brome, et les deux résidus, OU8 O. C:H5, se soudent pour donner un éther ayant la composition du subérate d’éthyle, mais qui est en réalité isomérique avec ce dernier. L’acide subérique produit par la saponification de cet éther est également isomérique avec l’acide subérique d’oxydation [C. Hell, Dentscli. chem. Geseltsch., t. VI, p. 28; Bull, de la Soc. Cliim., t. XIX, p. 305]. Cet acide représente sans doute l’acide diéthylsuccinique.
En partant de l’acide isobromobutyrique, C. Hell et A. YVittekind sont arrivés à un autre isomère de l’acide subérique, l’acide létraméthylsuccinique.
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[ Deutscji. chem. Gesellscli., t. VII, p. 319 ; Dull. de la Soc. chim., t. XXII, p. 297J.
Ces synthèses d’acides subériquns isomériqucs
ri — 1
SUBÉRIQUE (ACIDE). — 2 — SUBÉRIQUE (ACIDE).
paraissent montrer que l’acide subérique dérive d'un hydrocarbure normal et que sa constitution est représentée par la formule
C II2-C H!- G O O H G II5-C il!-C II2-C O O II,
conclusion laquelle sont aussi arrivés MM. Scborletnmer et Dale en étudiant la subérone.
On peut concevoir en outre l’existence de deux autres isomères, l’acide propylméthyl- et l’acide butylsuccinique.
Propriétés. — L’acide subérique a été décrit par les anciens auteurs comme une poudre terreuse blanche, inodore, à saveur acide, fusible à 125° et se prenant par le refroidissement en une masse cristalline. D’après Arppe (loc. cit .) et d’après S. Dale, l’acide subérique cristallise en longues aiguilles ou en lamelles paraissant appartenir au type orthorliombique, fusibles à 140° et se concrétint à 138° en cristaux aciculaires transparents ; il se sublime entre 150° et 100°, en longues aiguilles déliées, en éprouvant une décomposition partielle. Son point de fusion est fortement abaissé lorsqu’il est humide.
L’acide subérique est peu soluble dans l’eau froide, beaucoup plus soluble dans l’eau chaude :
1 p. d’acide exige 100 p. d’eau à 9»
Il se dissout dans 4P, 51 d’alcool absolu à 10° et dans 0p,87 d’alcool bouillant ; dans 10 p. d’éther à 4° et dans 6 p. d’éther bouillant. L’essence de térébenthine en dissout son propre poids à l’ébullition; il froid, il n’en retient que 5 %.
La solution aqueuse d’acide subérique no précipite que l’acétate neutre de plomb ; le précipité est insoluble dans l’eau et dans l’alcool. Neutralisée par l’ammoniaque, elle ne précipite les sels de baryum, de calcium et de strontium qu’après une addition d’alcool; elle précipite les sels neutres d’argent, de mercure, do zinc, d’étain et de cuivre.
Lorsqu’on calcine l’acide subérique avec la baryte, on obtient un hydrocarbure liquide, bouillant à 69°, 5 et identique avec l’hydrure d’hexyle-a retiré par Gahours et Pelouze des pétrolesd’ Amérique,
C9I1>*0> + 2 BaO = 2 C03Ba -|- C8IIi4.
On obtient en même temps un liquide bouillant vers 180° et qui constitue la subérone [Riche, Compt. rend., t. XLIX, p. 304; R. S. Dale, Ann. der Chem. «. Pharm., t. CXXXII, p. 243 ; Bull, de la Soc. chim., 4865, t. III, p. 298].
Subérates. — L’acide subérique est un acide bibasique et ses sels neutres renferment