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plus purs qu’à l’aide des formes et des caisses.

Les figures 677 et 678 donnent une idée des turbines, appelées aussi toupies et centrifuges, employées dans les sucreries. LT. est un tam-

on ouvre un tiroir T à la base de la caisse, et on la reçoit dans une poche, sorte de boite on tôle que l’on peut conduire rapidement devant les turbines en la poussant sur un petit chemin de fer aérien, dont les rails supportent, par l’intermédiaire de poulies, la tige métallique à laquelle la poche est suspendue.

Si le sirop contenu dans la masse n’est pas suffisant pour produire une pâte assez fluide pour le turbinage, on verse dans la malaxeuse du sirop provenant do l’égouttage de la même masse, ou bien un mélange de ce sirop avec une certaine quantité d’eau, quelquefois aussi du sirop non encore cuit. L’addition du sirop, qui produit une sorte de clairçage, est rarement nécessaire pour les sucres de premier jet, mais il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit du traitement des bas produits, c’est-à-dire des mélasses qui ont déjà fourni les sucres de premier et de second jet.

La masse cuite étant ainsi préparée, il ne reste plus qu’à la verser dans la turbine au moyen de la poche dont il vient d’être question. Cela fait, le tambour est mis en mouvement : sous l’influence do la rotation rapide dont ce vase est animé, le sucre se distribue verticalement autour des parois, et bientôt la mélasse, qui seule peut traverser la toile métallique, est lancée par la force centrifuge contre les parois du réservoir en fonte ; elle se rassemble au fond de celui-ci et, par le tuyau O, s’écoule dans une rigolo aboutissant à un réservoir spécial. Afin d’obtenir un produit plus pur et plus blanc, on a l’habitude de claircer le sucre, après la séparation du sirop : dans ce but on verse sur l’axe du tambour une certaine quantité de sirop pur concentré, qui, étant projeté sur les cristaux par le mouvement rapide dont le cylindre est animé, déplace

Fig. 619. — Malaxeuse.

et entraîne la mélasse comme adhérente; on emploie aussi dans le même but un jet de vapeur, que l’on dirige pendant quelques instants sur la masse cristalline.

L'.n quelques minutes cet égouttage forcé, aidé du clairçage au sirop et à la vapeur, épure mieux

Fig. 67S. — Turbina (élévation).

bour en toile métallique fine, ouvert par le haut et consolidé partout par des bandes en fer. Il est fixé à un axe D, reposant sur le coussinet C et portant à son extrémité supérieure un cône de frottement E, auquel un cône semblable F, fixé sur un axe horizontal, portant une poulie folle et une poulie motrice JJ’, peut imprimer une vitesse de 1 ,001) à 1 ,‘200 tours par minute. Le mouvement est transmis par une courroie sans fin et l’axe horizontal est arrangé de manière que, malgré le ressort II II qui tond toujours à maintenir les cônes de friction appliqués l’un contre l’autre, les cônes puissent cependant être écartés à volonté lorsqu’on v 'ut arrêter le mouvement. Cet arrêt est rendu plus prompt par l’emploi d’un frein circulaire.

Le tambour en toile métallique se meut dans un réservoir cylindrique en fonte AA, qui supporte le bâti en fonte GG, auquel est fixé l’appareil moteur; ce même réservoir recueille le sirop expulsé par les parois verticales M du tambour, le rassemble dans la dépression B, et le laisse écouler en dehors par le tuyau O.

Souvent l’axe vertical du tambour est creux pour pouvoir introduire, au moyen de trèspetites ouvertures disposées en K et correspondant par conséquent à la hauteur du sucre, soit du sirop pur, soit do l’eau, soit de la vapeur d’eau, au moyen desquels se pratique le clairçage facile des sucres bruts.

Après un séjour de 10 à 12 heures dans les cristallisoirs, la masse cuite (premier produit) peut être livrée à la turbine; mais, comme en se refroidissant elle a pris de la consistance, il est nécessaire de la désagréger d’abord et de la réduire en une pâte homogène. On se sert à cet effot d’une malaxeuse (fig. 679), qui consiste en une caisse quadrangulaire A, au milieu de laquelle se meutun cylindre, dont la périphérie est garnie de lames métalliques disposées en hélico a a ; cette caisse est surmontée d’un entonnoir dans lequel on jette à l’aide d’une polie le contenu des cristallisoirs, qui est alors divisé et réduit en une bouillie parfaitement uniforme. Lorsque la masse a acquis la consistance voulue,

les sucres que ne pourrait le faire, en un temps beaucoup plus long, l’égouttage spontané dans les formes ou dans les caisses.

Le turbinage achevé, on arrête le mouvement de l’appareil, et au moyen d’une petito pelle en cuivre 5 manche court on rotire le sucre de la turbine pour le mettre dans des sacs, que l’on monte ensuite dans un magasin spécial. Dans cette pièce, qui doit être assez vaste, on étend le sucre sur un plancher, afin de terminer sa dessiccation ; on favorise celle-ci en élevant un peu la température du local au moyen de poêles ; lorsque le produit est parfaitement sec, on l’envoie à la raffinerie après l’avoir remis en sacs.

Le sucre ainsi obtenu, qui constitue le sucre de premier jet, se présente sous forme de petits cristaux parfaitement blancs, assez réguliers, craquant sous la dent, et il peut être livré immédiatement <\ la consommation ; mais la plus grande partie est ordinairement transformée en pains par le raffineur et vendue sous cette forme.

Le sirop ou mélasse résultant du premier turbinage renferme encore une assez grande quantité de sucre, qu’il importe d’extraire. Dans ce but, on l’envoie à l’aide d’une pompe dans un bac qui se trouve au-dessous de la chaudière à cuire; après avoir fait le Yide dans celle-ci, on ouvre le robinet d'un tuyau spécial communiquant avec le bac et l’intérieur de la chaudière, qui alors se remplit naturellement, par suite de la différence de pression.

Comme le sirop qu’il s’agit de recuire renferme nne quantité de matières étrangères relativement plus considérable que le sirop primitif, la cuite en grains ne peut être employée ; on concentre jusqu’au filet, et on envoie la masse cuite (second produit) dans des cristallisoirs en tôle très-profonds, de forme quadrangulaire et d’une contenance telle, que le refroidissement soit convenablement retardé pour permettre une bonne cristallisation; ces cristallisoirs sont établis dans un local particulier ( l’empli ) dont la température est maintenue à 35-40'’. La cristallisation achevée, on vide les cristallisoirs pour turbiner la masse, après l’avoir fait passer par la malaxeuse. On obtient alors le sucre de deuxième jet ; ce produit est en cristaux plus petits que le premier jet, sa couleur est blonde ou brun clair, et il doit être épuré par raffinage avant d’être livré à la consommation. Le sirop provenant du deuxième produit turbiné donne par une nouvelle cuite le sucre de troisième jet. Au sortir de la chaudière, la masse cuite (troisième produit) est envoyée dans des cristallisoirs semblables à ceux dans lesquels on a reçu le deuxième produit et situés dans le même local. Mais le turbinage ne peut être effectué qu’après un séjour do 4 à 5 mois dans l’empli, la cristallisation du troisième produit s’efTectuant beaucoup plus lentement que celle du deuxième. Le sucre ainsi obtenu a une couleur encore plus foncée que celle du deuxième jet et, comme ce dernier, il est livré au raffineur.

Le sirop dégagé du troisième jet, ne donnant par concentration que peu ou point de sucre cristallisé, est vendu aux distillateurs sous le nom de mélasse et employé par ceux-ci pour la fabrication de l’alcool. [Voyez l’article Alcool (industrie), t. I, p. 121, et pour l’extraction des sels potassiques des vinasses, constituant les résidus de la distillation alcooliqae, voyez l’article I’otas- SltiM, t. Il, p. 1131]

La mélasse de betterave est épaisse, visqueuse, de couleur brun foncé, d’un goût détestable, plutôt salin que sucré; elle marque 42-45° Baumé et renferme en moyenne :

Eau 17-18 •/•

Sucre 49-50

Sels et impuretés organiques. 33-34

La proportion de sucre, tant cristallisable qu’incristallisable, est donc encore assez forte; mais la cristallisation du sucre de canne est empêchée par la présence des matières étrangères.

Traitement oes mêlasses. — On a fait beaucoup d’essais et proposé bien des méthodes pour parvenir à extraire des mélasses le sucre cristallisable qu’elles renferment encore en si forte proportion. Nous n’en citerons que deux dont s’est beaucoup occupé M. Dubrunfant : l’une est le traitement à la baryte et l’autre la dialyse ou l’osmose.

Le traitement à la baryte repose sur l’insolubilité du sucrate de baryte basique dans l’eau chaude, insolubilité constatée par M. Pcligot. On peut faire usage de sulfure de baryum (obtenu par calcination de sulfate de baryte avec du charbon : SOBa -j- C4==SBa-|- 4CO); mais il est préférable d’employer la baryte, préparée par calcination de la witiiérite (carbonate de baryte naturel) avec une moindre quantité de charbon :

COsBaO -f- C = BaO -[- 2 CO.

On dissout par lavage méthodique la baryte brute dans l’eau bouillante, de manière à obtenir des solutions de 30° à 32° Baumé. On chauffe ensuite dans une chaudière 475 litres de mélasse concentrée à 95-100° et on les fait tomber en remuant vivement dans 350 litres de solution d’eau do baryte presque bouillante, de manière à mettre en réaction 1 1/4-1 1/2 équivalent de baryte sur 1 équivalent de sucre. Il se forme bientôt un précipité de saccharate de baryte trèsabondant. On jette ce précipité sur un filtre et on le lave à l’eau bouillante.

Le lavage étant achevé, ou décompose le sucrate de baryte pur, soit par le gaz sulfureux, soit mieux encore par l’acide carbonique. Vers la fin, il se dégage toujours un peu d’hydrogène sulfuré provenant de la décomposition d’une petite quantité de sulfure de baryum, qui ne manque jamais dans la baryte brute : cela indique la fin de l’opération.

Ou filtre alors la bouillie de solution sucrée et de carbonate barytique à travers dos sacs (filtres Taylor), ou mieux encore dans des filtres-presses. Le sirop presque incolore ainsi obtenu est un peu louche; il pèse 10° à 12° et contient, soit en solution, soit en suspension, un peu de baryte et do carbonate barytique. On s’en débarrasse en ajoutant une petite quantité de sulfate d’alumine. Il se forme du sulfate dp baryte et de l’alumine. On filtre sur du noir animal en gros grains, et l’on obtient ainsi un sirop incolore, qu’on concentre h cristallisation d’après les procédés ordinaires.

Au lieu d’employer le sulfate d’alumine, on peut aussi ajouter, sur 1,000 kilogrammes de môlasso, 2 kilogrammes de sulfate de chaux et 2 kilogrammes d’acide sulfurique & 50° Baumé, et filtrer ensuite sur le noir d’os.

L’osmose ou la dialyse repose sur ce principe, que la mélasse, enfermée dans un vase à parois poreuses (membrane animale, porcelaine on terre cuite non vernie, papier parchemin) qu’on plonge ensuite dans de l’eau pure, abandonne à l’eau, par suite des phénomènes de diffusion (voyez l’article Diffusion, t. I, p. 1163) bien plus rapidement les sels minéraux que le sucre.

L’osmogène ou le dialyseur de M. Dubrunfant se compose d’une cinquantaine do cadres en bois dur, d’une épaisseur de 0m,015, placés verticalement. Au moyen de deux plaques en fonte garnies de planches en chêne de ü’",045 d’épaisseur et servant de pièces de tête, on peut serrer, au moyen de tiges en fer et de boulons à écrou, les uns contre les autres les cadres, après avoir interposé entre eux, de doux en deux, une feuille

de papier parchemin. Des garnitures en caoutchouc assurent l’étanchéité du système, qui ressemble d’ailleurs beaucoup à celui d’un filtrepresse.

Tous les cadres sont percés, tant à la partie supérieure qu’à la partie inférieure, de deux séries de trous qui traversent le bois et forment quatre canaux, dont deux pour l’arrivée et la sortie de la mélasse et deux pour l’arrivée et la sortie de l’eau.

Ces canaux sont en communication avec les tuyaux d’amenée de l’eau et du sirop. De ces tuyaux partent des canaux plus petits, doublés en cuivro, qui aboutissent aux chambres formées par les cadres ; le tout est disposé de manière que deux tuyaux à mélasse, l’un en haut, l’autre en bas, communiquent, par exemple, avec chacune des chambres paires, tandis que les deux tuyaux à eau communiquent avec les chambres impaires, mélasse et eau circulent ainsi lentement dans le même sens, l’une à côté de l’autre, séparées seulement par les feuilles de papier parchemin. Pendant le trajet s’opère la diffusion : l’eau qui sort et qui est recueillie à part, est peu colorée et possède un goût franchement salin, pendant que la mélasse, diluée, est devenue plus douce et plus sucrée.

La diffusion étant bien plus rapide lorsque la mélasse et l’eau sont chaudes : on les chaufib donc à 100° au moment de les faire couler dans l’osmogène.

On s’arrange souvent de manière que la mélasse osmosée sorte à 15° Baumé, et l’eau saline à 8° Baume.

Sur 000 kilogrammes de mélasse qu’un appareil peut dialyser en 2i heures, on fait circuler environ 1,OOU litres d’eau. Celle-ci, en se chargeant des sels de la mélasse, dont olle enlève environ les trois quarts, dissout en môme temps aussi une certaine proportion de sucre (environ 4 kilogrammes de sucre sur 100 kilogrammes de mélasse, qui en contient environ 50 %).

L’osmose se pratique aujourd’hui dans un certain nombre d’usines et de raffineries, surtout en France, en Belgique et en Hollande. Au commencement on ne dialysait quo faiblement, n’opérant qu’une épuration restreinte, et on laissait perdre les eaux salinos.

Aujourd’hui on tire parti de ces eaux pour la distillation, ou on les concentre pour la production de sels de potasse; on a donc intérêt à pousser plus loin la dialyse et l’épuration, et l’on augmente ainsi sensiblement le rendement en sucre cristallisé.

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