CS2 + 6IC13=2CC14 + 2CSG12 + 3S2C12 + 3I
[Hannay, Chem. News, t. XXVIII, p. 254; Bull. Soc. chim., t. XXI, p. 175J.
Le sulfure de carbone, en vapeur, réagit à chaud sur le chromate de potassium, qui devient incandescent, et sur le chromate d’ammonium :
2(AzH4) 9Cr04 + 5CS2
= 2(AzH*)2S3+Cr2S3+ 2 CO + 3 CO2 + SO2.
Il transforme l’antimoniatc de potassium en sulfoantimoniate insoluble dans l’eau. Le manganate de potassium donne, dans les mômes circonstances, du trisulfure de potassium et du sulfure manganeux :
KsMn04 + 2 CS2 = K2S3 + MnS + 2C02;
l’oxalate de potassium, neutre ou acide, chauffé dans une atmosphère de sulfure de carbone, donne du sulfhydrate de potassium, du soufre et du charbon; le pyrophosphate de sodium donne du métaphosphate de sodium et du sulfure de sodium [W. Muller, Poggend. Ann., t. CXXV1I,
Lorsqu’on agite une solution potassique de cyanure de mercure avec du sulfure de carbone, il se forme un précipité blanc, qui change rapidement de couleur pour devenir écarlate, après un repos de 24 heures. La matière écarlate { Ponsaelion ) renferme HgS3CII; elle n’est attaquée que par l’eau régale ou les autres chlorurants. Le précipité blanc primitif, recueilli immédiatement et desséché, est éminemment explosif; il parait être constitué par un mélange de deux corps, dont l’un renferme du soufre et l’autre (< cyanon ) du cyanogène. Le mercure de ce composé peut être remplacé par le cuivre; le sel obtenu est aussi explosif que la combinaison mercurielle [L. Thompson, Deutsch. chem. Gesellsch., 1878, p. 517].
Propriétés toxiques. — Le sulfure de carbone, mélangé à l’état de vapeur avec une masse d’air considérable, peut être introduit dans les organes respiratoires sans produire de troubles immédiats; cependant un pareil mélange ne peut pas être respiré impunément pendant longtemps.
Lorsque l’air respiré, au lieu de contenir seu-
CARBONE
lement quelques millionièmes de vapeur de sulfure de carbone, en renferme 1/20 de son volume, le mélange agit rapidement sur l’économie animale, et, si l’on n’arrôte pas à temps son action, il détermine la mort infailliblement [Cloôz, Compt. rend., t. LXIII, p. 185; voyez aussi Dumas, Ann. Cliim. Phys. (5), t. VII, p. 5],
Usages. — Les propriétés insecticides du sulfure de carbone le font employer avec succès contre le phylloxéra. On l’emploie, soit à l’état isolé, soit sous forme de suliocarhonate de potassium, suivant la proposition de Dumas. En se décomposant lentement dans le sol, les sulfocarbonates alcalins constituent une source régulière de sulfure de carbone, qui, dans ces conditions, exerce sa pleine action sur l’insecte ravageur.
On a cherché à éviter la préparation des sulfocarbonates, et à solidifier le sulfure de carbone pour ainsi dire mécaniquement. Ainsi, une solution aqueuse de gélatine au 1/10 mélangée avec du sulfure de carbone se concrète par le refroidissement, et donne un produit solide qui peut renfermer jusqu’à 75 % de CS2. Cette matière dégage assez lentement le sulfure qu’elle renferme, mais elle le perd rapidement dès qu’on veut la diviser pour la mélanger avec de la terre [Cassius, Compt. rend., t. LXXXV, p. 748 et 934] .
Mercier solidifie le sulfure de carbone en le mélangeant avec du chlorure de soufre et de l’huile de lin [Ibid., t. LXXX1V, p. 916].
L’emploi du sulfure de carbone à l’extraction des huiles se répand tous les jours davantage. D’après Fischer [Deutsch. Industriezeitung, 1872, p. 108; Bull. Soc. chim., t. XVII, p. 476], le double reproche qu’on fait à ce procédé, d’être insalubre et de laisser des résidus inutilisables, manque tout à fait de fondement, pourvu qu’on prenne soin d’éliminer complètement des résidus le sulfure de carbone, et de condenser la totalité de ce dernier.
La propriété du sulfure de carbone de coaguler les albuminoïdes et de tuer les germes organisés l’a fait proposer comme désinfectant, pouvant servir aussi, en très petite quantité, à la conservation des aliments |Zœller, Deutsch. chem. Gesellsch., 1876, p. 707, 1080; — H.Schiff, Ibid., 1876, p. 828; 1878, p. 1529].
La flamme de sulfure de carbone brillant dans une atmosphère d’oxyde azotique jouit d’une puissance photogénique considérable, supérieure à celle de la flamme de magnésium. On a construit des lampes basées sur ce principe, qui fournissent une flamme continue et se prêtent aux usages photographiques [Delachanal et Mermet, Compt. rend., t. LXXIX, p. 1078; — Sell, Deutsch. chem. Gesellsch., 1874, p. 1522 ; Bull. Soc. cliim., t. XXIV, p. 522]. Le spectre de la lampe à sulfure de carbone a été étudié par Vogel [Deutsch. chem. Gesellsch., 1875, p. 96].
Recherche et dosage. — Pour reconnaître la présence du sulfure de carbone dans le gaz d’éclairage, on fait passer le gaz dans une boule de verre, chauffée au rouge, sur des bandes de cuivre. Si le gaz renferme du sulfure de carbone, la surface du cuivre prend une teinte irisée [Vogel, Deutsch. chem. Gesellsch., 1869, p. 741 ; Bull. Soc. chim., t. XIII, p. 478].
Sestini utilise la réaction des hydrates alcalino-terreux pour caractériser le sulfure de carbone. (Voyez plus loin, Sulfocarbonates.)
Si l’on chauffe à 50° 10 centimètres cubes de solution aqueuse de sulfure de carbone avec de la potasse, l’addition d’acétate de plomb donne naissance à un abondant précipité de sulfure de plomb. La réaction est encore sensible, si l’on étend la solution de sulfure de carbone de dix
fois son volume d’eau; elle permet de déceler la
présence d’un — — de sulfure de carbone [Bull.
Soc. chim., t. XVII, p. 253].
Pour doser le sulfure de carbone, on le transforme en xanthate de potassium, qu’on titre à l’aide d’une solution normale au 50" de sulfate |: de cuivre [Grete, Deulsch. chem. Gesellsch., 187(1,
p. 923; Bull. Soc. chim., t. XXVII, p. 473].
10° SüLFOCARBONATES.
Dans la description des composés sulfocarboniques, qui peuvent être considérés tous comme des carbonates dont l’oxygène a été remplacé, en partie ou en totalité, par le soufre, nous avons adopté la nomenclature proposée par M. Henninger (t. III, p. 82), et qui consiste à ramener les sulfocarbonates aux cinq acides sulfocarboniques prévus par la théorie, et à former le nom, en ajoutant au mot carbonique les préfixes sulfo ou thio, suivant que la substitution a lieu dans le carbonyle ou dans les hydroxyles :
Acide carbonique.
CO