‹ Dictionnaire de chimie sur le plan de celui de NicholsonChapitre 105 sur 178 · B SOU · texte numérisé non relu

B SOU

On peut former aisémeut un iodiire de soufre , en exposant dans un tube de verre un mélangée de soufre et d'iode à une chaleur capable de fondre le soufre. Cet iodure est d'up noir grisâtre, à structure rayonnée, comme du sulfure d'antimoine. Lorsqu'on le distille avec de l'eau , l'iode est dégagé.

Le soufre et l'hydrogène se combinent. On jieut en déterminer l'union , en faisant sublimer du soufre dans de l'hydrogène sec dans une cornue. Il n'y a pas de changement de volume; mais, par cette manière d'opérer, il ne peut s'unir qu'une partie de l'hydrogène au soufre.

Le procédé ordinaire de préparation de l'hydrogène sulfuré consiste à mettre dans une cornue de l'acide sulfurique étendu ou de l'acide muriatique sur du sulfure noir de fer ^ ou de l'antimoine. Pour des expériences exactes , il conviendrait d'opérer sur le mercure. Ce gaz prend feu lorsqu'il a le contact d'une bougie allumée, et brûle avec une flamme d'un bleu pâle, qui dépose du soufre. Son odeur est extrêmement fétide, ayant de la ressemblance avec celle d'œu& pourris. Sa saveur est sûre. Le gaz hydrogène sulfuré rougit les couleurs bleues végétales. Il est susceptible d'être absorbé par l'eau, qui en prend au-delà d'un volume égal au sien. Sa pesanteur spécifique est, suivant MM. Gay-Lussac %% Thénard, à celle de l'air, comme 1,1912 est à 1,0. D'après les expériences de sir H. Davy, elle paraîtrait être un peu moindre; mais ce savant est porté à adopter les résultats des chimistes français, de préférence aux siens, paroe que leur gaz fut pesé en plus grande quantité, et séché. Malgré cette préférence donnée par sir H. Davy aux résultais de MM. Gay- Lussac et Thénard, la véritable pesanteur spécifique paraît devoir être de i,8o5, nombre se rapprochant davantage des résultats de sir H. Davy. Un décimètre cube de ce gaz, à la température de 16* centigrades, et sous la pression de 76 centimètres de mercure, pèse environ 2 grammes, et il consiste dans un volume de vapeur de soufre =1,1111-1-1 volume d'hydrogène =10,0694= i,i8o5, ou un atome de chacun = 3,125. Si l'on met à l'état d'ignilion, au moyep de Tap-^

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pareil ToItaïque7 un fil de platine dans du gaz b^drogcne sulfuré, ce gaz est rapidement décomposé. Il se dépose du soufre, et il reste un volume égal d'hydrogène. Le même changement est produit plus lentement par l'étincelle électrique. L'hydrogène sulfiiré est peut-être, de tous les gaz, le plus délétère pour les animaux. Un verdier plongé dans de l'air contenant seulement yr^" ^^ «on rolume de ce gaz , meurt à l'instant. Un chien de moyenne grosseur périt dans un air qui contient^* de gaz hydrogène sulfuré;, et un cheval succombera dans une atmosphère où il en existe -i-*. Il suffit, suivant le docteur Chaussîer, pour tuer un animal, de faire agir sur la surface de son corps de l'hydrogène sulfuré , qu'il puisse absorber par respiration. Il prit une vessie, munie d'un robinet à l'une de ses extrémités , et ayant à Tautre une ouverture dans laquelle il introduisit le corps d'un lapin , dont la tête sortait à l'extérieur, le surplus étant bien garanti de toute communication avec l'air. Il aspira alors l'air de la vessie, et le remplaça par de l'hydrogène sulfuré. Un jeune animal , dans ces circonstances, périt ordinairement dans quinze à vingt minutes. De vieux lapins résistent beaucoup plus long-temps à l'effet délétère de ce gaz.

Lorsqu'on chauffe du potassium ou du sodium, simplement jusqu'à fusion , en contact avec du gaz hydrogène sulfuré , il devient lumineux , brûle avec dégagement d'hydrogène ^ et il reste un sulfure métallique combiHé avec rhydrogène sulfuré, ou un hydrosulfure sulfuré.

L'hydrogène sulfuré $e combine avec un volume égal au sien d'ammoniaque, et il s'unit aux alcalis et aux oxides. Il s'ensuit qu'^ï a tous les caractères d'un acide. Ces combinaisons s'appellent hydrosulfures.

Tous les hydrosulfures , solubles dans l'eau , ont une saveur acre et amère , et , dans leur état liquide , l'odeur d'œufs pourris. Tous ceux qui sont in9;olubles, au contraire ^ sont insipides et sans odeur. Il n'y a que deux hydrosulfures colorés : celui de fer qui est noir, et celui d'antimoine qui est brun marron.

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Tous les hydrosulfures sont décomposés par ractîdn in feu. Celui de maguésie est transformé ça hydrogène sulfuré et oxide de magnésium; ceux de potasse et de soude ea hydrogène sulfuré , hydrogène et alcalis sulfurés; oeux df manganèse, de linc , de fer , d'ébûn et d'aatimoioe 9. «n eau et sulfures métalliques.

Lorsqu'on met en contact avec l^ir, à. la température ordinaire , la dissolution dans l'eau d'un hydrosulfure 9 il et résulte, dans l'espace de quelques jours : 1.* de Teau et ai hydrosulfure sulfuré, qui est jaune et soluhle; a.* de l'eaa et un hydrosulfite incolore , qui, si sa hase est la potasse, la «oude ou l'ammoniaque, reste en dissolution dans l'eau; mais qui s'y précipite en cristaux en aiguilles, si sa hase e^ laharyte, la strontiane ou la chaux.

Les acides , en général , ae combinent arec la hase des hydrosulfures , et dégagent aveo une tif e effervescence l'hy» drogène sulfuré , sans qu'il y ait dépôt de soufre , à-motof que Tacide ne soit en excès 5 et capable, comme l'acide nitrique et l'acide nitreux, de céder une portion de son oxi* gène à l'hydrogène de l'hydrogène sulfuré.

Les hydrosiilfures de potasse , de soude , d'ammoniaque} de chaux et de magnésie se préparent dii^ctement , en faisant passer arec excès un courant de gaz hydrogène sulfuré à travers ces bases dissoutes ou délayées dans l'eau.

La composition des hydrosulfures est telle , que l'hydrogène de l'hydrogène sulfuré est à l'oxigène^de l'oxide , dam le même rapport que dans l'eau. Il s'ensuit, que lorsqu'on calcine les hydrosulfures de fer, d'étain , etc. , on les con*vertit ten eau et en sulfures.

L* hydrosulfure de potasse cristallise en prismes à quatre pans terminés par des pyramides à quatre faces. Sa saveur estftcre et amère. Exposé à Fafr, il et thre l'humidité, absorbe de l'oxigène , passe à l'état d'un hydrosulfiire sulftiré , et finalement à celui d'un hydrosulfite. Il est extrêmement soluhle dans l'eau. La dissolution produit sur ce liquide un refroidissement sensible. Soumis k l'actioB de la chaleur, ^

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se dégage beaucoup d'hydrogène sulfuré y et Thydrosulfur» passe â l'état d'un sous-hydrosulfwre.

Uhydrosulfure de soude cristallise plus difficilement que wlqi qui précède.

L'J^drosulfure d'ammoniaque s'obtient par l'union directe des deux constituans gazeux dans un ballon de verre , 4 une basse température. Aussitôt que les deux gaz se mêlent, il se forme des cristaux trangparens blancs ou jaunâtres. Lorsqu'il s'agit d'avoir pour remède, ou pour analyse^ une simple dissolution de cet bydrosulfure , on fait passer uo courant d'hydrogène sulfuré ii travers de l'ammoniaque liquide, jusqu'à saturation.

Cet hydrosulfure pur est blanc, transparent , et cristallisé çn aiguilles ou plaques unes. Il est très-volatil. Il s'ensuit, qu'aux températures ordinaires il se sublime graduellement à la partie supérieure des flacons dans lesquels on le garde. On peut aussi, par le même moyen, le séparer de l'hydro* sulfure sulfuré jaune , avec lequel il est parfois mêlé. Exposé à l'air, il absorbe l'oxigène, passe à l'état d'hydrosulfurf sulfuré, et devient jaune. Lorsqu'il contient un excès d'ammoniaque, il se dissout promptemeat dans Teau, avec production d'un très-grand froid.

On prépare un sous^hydrosulfure de baryte, en faisant dissoudre dans cinq ou six parties d'eau bouillante le sulfure de la terre, obtenu par la calcinatiou du sulfate avec du charbon. f)n filtrant la dissolution pendant qu'elle est chaude , elle déposera, en refroidissant, une multitude de cristaux , résidu qu'il faut séparer par le filtre , et prosnptement sécher en le pressant entre des doublais de papier brouillard. Ce sous^hydrosulfure cristallise en lames écailieuses blanches. Il est beaucoup plus soiuble dans l'eau chaude que dans l'eau froide. Sa dissolution est incolore t et capable d'^sorber, à la température ordinaire, une trèsgrande qMantité d'hydrogène sulfurée

\4^9ou9^hiydrqmy\Are de ^4/xwiû*a/*e^cri»tallise de la même

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manière que le précédent. Les cristaux obtenus par le m^mé

moyen doiyent être dissous dans Teau; et la dissolution étant

exposée à un courant de gaz hydrogène sulfuré, et alors

concentrée par évaporation dans une cornue, fournira, en

refroidissant > des cristaux du sous-hydrosulfure à l'état de

pureté.

Les hydrosulfures de chaux et de magnésie n'ont été obtenus qu'en dissolutions dans Teau. Les hydrôsulfures métalliques de quelque importance dans la pratique sont traités aux articles de leurs métaux respectifs.

Lorsqu'on expose du soufre à l'action de la dissolution d'un hydrosulfure saturé d'hydrogène sulfuré , il se dégage d'autant plus d'hydrogène sulfuré que la température est plus élevée. Mais lorsque la dissolution de l'hydrosulfure, au-lieu d'être saturée, a un excès suffisant d'alcali, il ne se dégage pas de quantité sensible d'hydrogène sulfuré, même à la chaleur de l'ébullition , quoiqu'elle dissolve autant de soufre que dans son état de saturation. Il s'ensuit : i.° <!«* l'hydrogène sulfuré , le soufre et les alcalis ont la propriété de former des combinaisons triples très-variables; 2." qu* toutes ces combinaisons contiennent moins d'hydrogène sulfuré que les hydrosulfures; et 3.° que la quantité d'hydrogène sulfuré est en raison inverse du soufre qu'ils contiennent, et réciproquement. Ces composés ont été appelés , en général, hydrosulfiires sulfurés; mais on donne plus particuliè-' rement le nom de sulfures hydrogénés à celles des cotDbinaisons qui sont saturées avec du soufre à une haute température, parce que, en les traitant avec des acides, on précipite un composé particulier de soufre et d'hydrogène, dont îl va être actuellement fait mention.

Ce composé d'hydrogène et de soufre , dont- on n'a pas encore exactement déterminé les proportions des éléjmens, est aussi appelé hydrure de soufre. On le forme en mettant des fleurs de soufre en contact avec de l'hydrogène sulfuré nai^ sant. Acetefiet, on prend une dissolution aqueuse du sulfun

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hydrogéné de potasse , on la verse peu-à-peu dans de l'acide ffiuriatique liquide , qui s'empare de la potaf se , et forme un sel soluble , tandis que le soufre et l'hydrogène sulfuré tombent ensemble se rassemblant au fond du vaisseau ^ comme une huile dense dans de l'eau. Pour garder cethjdrure de soufre, i! faut en. remplir un flacon, le fermer avec un bouchon de liège, et le tenir renversé dans un lieu froid. On peut considérer celte substance, soit comme étant une combinaison de soufre et d'hydrogpne , ou der soufre et d'hydrogène sulfuré ; mais ses propriétés, et la manière dont on l'obtient, rendent la dernière opinion plus probable. Les proportions des parties constituantes de ce composé ne sont pas connues. Le plus intéressant des sulfures hydrogénés est celui d'ammoniaque ; il fut découvert par l'honorable Robert Boyle , qui l'appela sa liqueur fumante. Pour la préparer , on prend une partie de muriats d'ammoniaque et de chaux vive en poudre, et une demiJpartie de fleurs de soufre. Après les avoir mêlés intimement, on introduit le mélange dans une cornue de terre ou de verre, en ayant soin qu'il n'en reste rien dans le col; on adapte à la cornue, au moyen d'une longue allonge, un récipient qu'on maintient sec par refroidissement. Il faut pousser lentement la chaleur, presque jusqu'au rouge. Il se condense dans le récipient une liqueur jaunâtre, qu'il faut mettre dans une fiole avec son propre poids de fleurs de soufre, el en agitant pendant sept à huit minutes. La plus grande partie du soufre est dissoute, la couleur du mélange devient singulièrement foncée; il s'épaissit, et constitue le sulfure hydrogéné.

La liqueur distillée répand pendant long-temps une vapeur denàe dans une cloche remplie d'oxigène ou d'air commun ; mais cet effet a à-peine lieu dans l'azote ou l'hydrogène , et ' l'humidité ou la sécheresse des gaz n'y produit aucune difl'érence. Cet effet est probablement dû à ce que l'oxigène con- Tertitila liqueur en sulfure hydrogéné, ou la met peut-être à l'état de sulfite, que les vapeurs font paraître.

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