Broad-glass, ou verre de vitre grossier
5. Bottle-glass, verre de bouteille , ou verre vert grossier.
1. Flint^glass. Ce verre fut ainsi nommé, parce qu'on employait originairement ^ pour le fabriquer, l'ingrédient siliceux, sous la forme de cailloux {Jîints ) broyés. On donne actuellement, en Angleterre, au flint-glass , la composition suivante :
Sable purifié de Lynn. . . 100 parties.
Litharge ou plomb rouge. 60
Perlasse purifiée 3o
Pour Corriger la couleur verte qui dérive de la matière combustible, ou oxide de fer, on ajoute un peu d'oxide noir de manganèse, et quelquefois du nitre et de Tarsenic. La fusion a ordinairement complètement lieu, dans (environ trente heures.
2. Plaie-glass. On employé à la fabrication de cererre, pomme flux , du carbonate de soude da bonne qualité, qn'op se procure, en décomposant du sel commun par de la perlasse, tes proportions des matières Sont :
Sable pur /^d^o
Sous-carbonate de soude sec 5^6,5
Chaux vive pure 4>^
Nitre . 1,5
Fragmens de verre de glace brisé. . . 25,o
ioo>o
VeA 48cj
On peut obtenir de cette composition, environ 70 parties de bon verre de glace.
3. Crown-glassj ou verre de ^tre de belle qualités On fabrique ce verre avec du sable vitrifié par de la barille impure, obtenue par incinération d'algues, sur les côte» de l'Ecosse et de l'Irlande. La composition qui a été reconnue la meilleure, consiste dans :
En mcinre. En poid*.
Sable fin purifié 5 200
Meilleur kelp , ou caillotis, broyé. 1 1 53o
Après avoir mêlé ensemble ces ingrédiens, on les jette dans le fourneau bu arche à fritte , dans lequel , lorsque le soufre du kelp ou caillotis est dissipé, ils s'incorporent parfaitement , etM formant , lorsqu'on retire la matière au bout de quatre heures, une masse d'un blanc grisâtre, qu'on coupe en morceaux en forme de briques, qui, après solidiècation et refroidissement , sont pilés pour en faire usage. Lorsqiie ces briques ont été gardées pendant long-temps, il se forme à Ipur surface une efflorescence de soude, et l'on suppose qu'alors elles sont devenues d'un meilleur emploi. On introduit ces briques dans les pots à fusion, où l'on jette quelquefois, si la vitrification ne s'est pas parfaitement opérée, une certaine proportion de sel commun. Il a été cité, à l'article Sulfate de soude , dans ce Dictionnaire, des expériences faites sur ce sel dans son emploi pour la fabrication du verre, par M. Pajot Descharbaes. Avec le sulfate de soude et le sable seul, on ne réussirait pas ; mais avec parties égales, de carbonate de chaux, de sable, et de sulfate de soude desséché , on obtenait un verre solide, clair, d'un jaune pâle. Dans les ^nnals of Philosophy ^ pour janvier 1817, on trouve la notice qui suit, tirée du S chweigger's journal XV, 89. Gehlen s'occupait, quelque temps avant sa mort, d'expériences sur la préjiaration du verre, au moyen du sulfate de soude. ï-e professeur Schweigger a publié dernièrement le résultat
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de ses essais ; il troura que les meilleures proportions étaient
celles qui suivent :
Sable 100 »
Sulfate de soude sec 5o »
Chaux Tive, sèche, en poudre de 17 à ao »
Charbon 4 *
Ce mélange donne toujours un très-bon Terre , sans aucune addition quelconque. Pendant la fusion, l'acide sulfurique est décomposé et dégagé, et la soude s'unit ayec la silice. Le sulfate de soude se yitrifîe très -imparfaitement, lorsqu'il est mêlé seul avec la silice. La vitrification réussit mieux, lorsqu'on ajoute de la chaux vive, et elle est complètement opérée par l'addition à la composition ci-dessus , de la proportion de charbon indiquée; parce qu'au moyen de ce charbon, Tacide sulfurique est décomposé et dissipé. Cette décomposition peut être effectuée, soit pendant la fabrication du Terre, soit avant, à la volonté de ceux qui opèrent.
4. Broad-glass. Verre de vitre. Ce verre se fait avec un mélange de la lessive des savonniers, de kelp ou caillotis et de sable. Le premier ingrédient consiste dans la chaux qu'on employé pour rendre caustique l'alcali du savonnier, la matière insoluble de son kelp ou barille , et dans une certaine quantité de sel et d'eau , le tout mis à l'état d'une pâte. Les proportions varient nécessairement, celles de, 2 de lessive des savonniers, 1 de kelp et 1 de sable, forment un assez bon verre de vitre ; les ingrédiens, après avoir été mêlés ensemble et séchés , sont frittes.
5. Bottle-glass. Le verre de bouteille est celui de l'espèce la plus inférieure. On le fabrique avec de la lessive de saTonniers et du sable de rivière , dans des proportions que la pratique doit déterminer, d'après la quantité de la lessive. Quelques fabricans de savon retirent de leurs kelps, plus de matière saline , et d'autres moins. Du sable ordinaire et de la chaux avec un peu d'argile commune et de sel marin , forment un mélange peu coûteux pour le verre de bouteille*
Autant que nous ayons pu être jusqu*à-p résent guidés par l'observation 9 c'est un fait qui parait être de règle générale, que la dureté , la fragilité , l'élasticité , et autres propriétés mécaniques des corps congelés 9 sont à un haut degré affectées par la rapidité ayec laquelle ces corps prennent l'état solide. Cette loi générale, qui se rapporte sans doute à la propriété de cristallisation et à ses modes divers , se reconnaît d'une manière remarquable dans l'acier et autres métaux, et semble avoir lieu dans le verre. Lorsqu'on laisse tomber dans de l'eau froide une goutte de verre en fusion, on trouve qu'elle a la propriété singulière d'éclater en très-petits morceaux, à l'instant où une partie de son extrémité est rompue. Celte goutte de verre, qu'on distingue ordinairement par le nom de goutte du Prince Robert, est semblable à la fiole philosophique , qui est un petit vaisseau de verre épais , soudainement refroidi par son exposition à l'air. On sait que, dans les larmes de verre connues sous le nom de larmes batasfiques, et qui ne sont autre chose que des gouttes de verre fondu, qu'on a laissé tomber dans l'eau; il suffit de casser la pointe d'une de ces larmes pour la faire éclater et se réduire en poussière. On a présenté un grand nombre d'explications de, ce phénomène et autres analogues, en les rapportant toutes ù un mécanisme ou arrangement supposé des molécules , ou à un état de tension et d'emprisonnement subit, çle la manière de la chaleur. Cepeddant la cause immédiate de ces phénomènes semble résulter du fait que les dimensions des corps soudainement refroidis restent plus grandes que si le refroidissement avait été plus graduel ; ainsi la pesanteur spécifique de l'acier j^ durci par un refroidissement subit dans l'eau, est moindre; et par conséquent, ses dimensions sont plus grandes que celles du même acier refroidi par degrés. Il est plus que probable, qu'un effet de la même nature s'obtient dans le verre; de sorte, que les dimensions de la surface extérieure et soudainement refroidie restent plus grandes qu'il ne convient à l'enveloppement exact de la partie
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intérieure^ qui est moias lentemeot refroidie. Dans la plupart des métaux, le degré de flexibilité dont îb joaîasent deît suffire pour remédier à l'inexactitude à mesure qu'elle a lieu; mais dans le verre, qui, malgré quUl soit très-élastique et très-flexible, est également ex cessi?enient cassant , Tadaptation des parties, sollicitées de différentes manières , par leur disposition sk conserver leurs dimensions respectives, et également à rester, en vertu de leur attraction de cohésion , en eontact ^ ne peut être maintenue, que le tout cédant, autant que cela se peut, à une forc« élastique : elles resteront donc dans un état de tension. Une faut donc pas s'étonner qu'une solution de continuité d'une partie quelconque de la surface, détruise cet équilibre 4'élaf tidté , et que Taction soudaine de toutes les parties à-lafois, d'une matière aussi cassante, ne rempe k oontimiité de tout au*lieu de produire un équilibre de quelque autre espèce.
Quoique les faits qui se rapportent ak cette disposition do verre trop subitement refroidi ^ soient nombreux et impor^ tans pour les physiciens , ils coi>stituent encore un ioconténient grave , relativement aux usages de cette excellente matière^ Le moyen d'y remédier consiste, pour les fabricans de verre , à recuire nombre d'articles , œ qui se fait en les plaçant dans un fourneau près du Ibumeau de fusion. On établit d'abord les verres dans la partie la plus échauffée de ce fourneau, et on les en retire à des intervalles de temps réguliers , pour les {4aoer par degrés dans les, parties plus froides. Par ce moyen, le verre refroidit en entier très^ientement , et il est, en grande partie, exempt des défauts auxquels le verre îqui a été trop hâtivement refroidi est sujet.
C'est à M. Réaumur que sont dues les premières expériences directes qui furent faites sur la contersion du verre en porcelaine ; on peut remarquer des exemples de cet effet parmi les ruines de fourneaux de briques, où les pièces de verre vert pour bouteilles, sont souvent sujettes à l'éprouver par accident à la chaleur requise; mais le procédé au ntoyen ' duquel on peut opérer directement cette conversion, est celui
qui suit : après avoir rempli , jusqu'au sommet^ un raisseau de V4irre vert,. d'un mélange de sable blanc et de gypse, on le place dans un grand creuset, sur une quantité du ihême mélange, dont il faut aussi entourer le vaisseau de verre, et Vca recouvrir en le pressant de manière à en rentdre la surface assez dure; on met alors sur le creuset un couvercle^ dont les jointures sont bien lutées, et Ton place alors ce vaisseau dans un fourneau à poterie, en Ty laissant pendant tout le temps que la poterie reste* dans ce fourneau ; après quoi , le vaisseau de verre se trouvera transformé en une porcelaine d'un blanc de lait, he verre paraît fibreux sur sa cas^ sure 9 comme ^1 était sinaplement composé de fils soyeux laissés par chaque côté de la rupture. Il a ausâi entièrement perdu le poli et l'aspect éclatant du verre ; il est très-dur , et donne des étincelles avec le briquet, quoique moîns vivement que de la porcelaine réelle. Il fut observé^ par Lewis, que le mélange ci -dessus indiqué n'opérait pas exclusivement cet effet sur le verre ; mais que la poussière de charbon , la suie , l'argile à pipe, et les cendres d'os, produisent le même ehan-^ gemeut. Il est à remarquer que le sable qui entoure devient , jusqu'à un certain point, aglutine par ce procédé , qui , si on le continue pendant assez long-temps, détruit entièrement la texture du verre et le rend plilvérulent
On a beaucoup admiré les anciens verres coloriés, et l'on a produit diana ces dernières années- d« belles et agréables peintures sur le verre. Les couleurs sont de la nature de celles dont on fait usage dans l'art' d'émailler, et il ne defrait point entrer de plomb dans la compositionjlu verre. M. Brogniart a£aitun grand nombre d'expériences sur ce sujet. Le pourpre de Cassius, mêlé avec six parties d'un flux composé de borax et d'un Tcrï'e fait avec de la silice et du plomb, produit un t^ès-beau violet, mais susceptible de toprner au bleu- L'oxide rouge de fer, préparé au moyen de l'acide nitrique , exposé ensuite à l'action -du feu , et mêlé avec un flux de borax, de sable, et d'une petite portioQ de minium, donne un beau rouge. Lu
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muriate d'argent ^ Toxide de zinc, Targile blanche, etVoxiJd jjaune de fer, mêlés ensemble, sans aucun flux , produisent un jaune léger, ou foncé, suivant la quantité qu'on applique de ce mélange, et il égal en beauté celui des Anciens. II reste, après la cuisson au four, sur la surface , une poudre dootoo peut aisément le nettoyer. L'oxide de cobalt produit, avec m flux de silice ,^ de potasse et de plomb , la couleur bleoe. Pour obtenir un vert, il faut mettre du bleu sur un côté du verre, et du jaune sur l'autre, ou Ton peut mêler un blea arec de l'oxîde jaune de fer. On fait le noir, en mêlant da bleu avec les oxides de manganèse et de fer.
Il faut particulièrement éviter dans la cuite du verlre an four, sa courbure, et l'altération des couleurs, ce qui exige. beaucoup de soin. On a recommandé, pour le maintien des couleurs, l'emploi de gypse; mais cette substance rend souvent le verre blanc, et le fait éclater dans tous les s€ns,ec qui est probablement dû à l'action de l'acide sulfurique chaad, sur l'alcali dans le verre. M. Brogniart plaçait ses plaques de verre , dont certaines étaient beaucoup plus grandes qu'aocunes de celles qui eussent jamais été peintes avant lui , si» des plaques très-lisses et très-unies de terre ou de porcelaine non vernissée , et il trouva que ce moyen remplissait parfaitement bien son objet. ' ^
TERT-DE-GRÏS. Sous-deuto-acétate et acétate de cuint.
VERT-MONf AGNE. Cuivire vert ordinaire. Carbonate de cuivre. «
VÉSUVIENNE. Idocrase de Haûy. C'est une sous-espèce de grenat pyramidal. Les couleurs de ce minéral sont le T«rt et le brun. Il se présente en masse , disséminé ei crislallM*' La forme primitive est une pyramide de 1 29* 3o' «t de 74° la'. Les formes secondaires qui se présentent sontcelw qui suivent : un prisme tétraèdre rectangulaire avec points
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mens divers ^ tronqué ou biselé ; les plans latéraux des prismes sont striés en longueur. Il est peu éclatant ; Téclat est le yitro-résineux. Le clirage est imparfait , mais dans la direction des diagonales. La cassure est inégale, à petits grains. La yèsuyienne est translucide; elle jouit de la double réfraction. Elle raye le feUi-spath. Elle est cassante. Sa pesanteur spécifique est de 3,3 à 5,4- Elle devient électrique par frottement. Traitée au chalumeau, elle se fond, sans addition , en un verre jaunâtre et faiblement translucide. Ses parties constituantes sont, d'après Klaproth.: silice 55,5, chaux 53, alumine 22,a5, oxide de fer 7,5, oxide de manganèse o, 25, perte i,5. Ce minéral se rencontre, en très-grande abondance , parmi les roches rejetées sans avoir éprouvé d'altération, dans le voisinage du Vésuve. La variété de couleur bleue, qui est rare, se trouve en Norwège. A Naples, on taille la vésuvienne en chatons de bague.
VIN. Les chimistes ont, en général, donné le nom de vin à toutes liqueurs qui , par fermentation , sont devenues spiritueuses. Ainsi, le cidre, la bière, l'hydromel, et autres liqueurs spiritueuses, sont des vins.
Les principes et la théorie qui produisent cette fermentation sont essentiellement les mêmes : nous avons expliqué ces principes les plus généraux, à l'article Febmentation.
Tous les végétaux nutritifs et les matières animales, qui contiennent du sucre tout formé, sont susceptibles d'éprouver la fermentation spiritueuse. Ainsi, l'on peut faire du vin avec tous les sucs de plantes , la sève des arbres , les infusions et décoctions des végétaux farineux, le lait des animaux frugivores ; et enfin , il peut être fait du vin avec tous fruits mûrs juteux: mais toute ces substances ne sont pas également propres à être converties en vins bons et généreux.
La production de l'alcool étant le résultat de la, fermentation spiritueuse , on peut considérer comme étant essentiellement le meilleur, le vin qui contient le plus d'alcool; maLs