‹ Dictionnaire de chimie sur le plan de celui de NicholsonChapitre 72 sur 178 · PIC · texte numérisé non relu

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ties d'eau , avec de la bile fraîche , il se formera un précipité jaune. On chaufle le mélange 9 puis on le laisse reposer, et Ton décante la liqueur claire. Ce qui reste était autrefois appelé résine de bile ; vcïm c'est un composé yerdâtre d'aci(tjB sulfurique et de picromel. En Tédulcorant avec de l'eau , et en le faisani ensuite digérer avec du carbonate de baryte , le picromel se trouvant alors dégagé, reste en dissolution dans i'eau^ £n évaporant cette dissolution, on obtient le picromel à l'état solide. Ou bien , en dissolvant le sulfate vert dan<¥ l'alcool, et faisant digérer la dissolution sur du carbonate de potasse^ jusqu'à ce qu'elle cesse de rougir Je papier de tournesol^ on obtient le picromel en combinaison avec l'alcool.

Le picromel ressemble* à de la bile épaissie. Sa couleur est jaune- verdâtre; sa^^aveur est d'abord d'une amertume intense, à laquelle succède une impression douceâtre. Il n'est point affecté par l'infusion de noix de galle ; mais les sels de fer et le sous*-acétate de plomb le précipitent de sa dissolution aqueuse. Il ne donne point d'ammoniaque par sa distillation à feu nu ; d'où l'on inféra l'absence de l'azote comme un des caractères distinctifs du picromçl.

PICROTOXINE. C'est le principe amer et vénéneux du cocculus indicus , le fruit du menispermum coccuius. Après avoir filtré la décoction dans l'eau des semences du cocculus menispermum, mondées de leur péricarpe, on y ajoute de. l'acétate de plomb, jusqu'à cesssation de précipité; on filtre et on évapore avec précaution le liquide jusqu'à consistance d'extrait ; on fait dissoudre cet extrait dans de l'alcool d'une pesanteur spécifique de 0,817, et la dissolution alcoolique est évaporée^ à siccité. En répétant ainsi alternativement les dissolutions et les évaporations , on finit par obtenir une substance également soluble dans l'eau et dans l'alcool. On peut en séparer la matière colorante en l'agitant avec un peu d'eau; il se précipite alors des cristaux de picrotoxine à l'état de pureté , qu'on lave avec un peu d'alcool.

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Les cristaux sont des prismes à quatre psns 9 d'une couleur blanche et d'une saveur amère irès-intense. Ils sont solubles dans yingt-cinq fois leur poids d*eau 9 et aucun réactif connu ne les pi'écipite de cette dissolution. L'alcool d'une pesanteur spécifique de 0,810, dissout le tiers de son poids de picro» toxine ; l'éther sulfurique pur en dissout les a/5**.

L'acide sulfurique concentré dissout la pîcrotoxine ; mais cela n'a pas lieu quand l'acide esttrès-étendu. L'acide nitrique la convertit en acide oxalique. Elle se dissout dans l'acide acétique qui la neutralise 9 et .elle est précipitée de cette dissolu- ' tion quand on la sature par un alcali ; on peut donc la consî^ dérer elle-même comme une substance végéto-alcaline. L'eau de potasse la dissout sanè aucun dégagement d'odeur d'ammoniaque. La picro toxine agit sur l'économie animale comme un poison enivrant.

Sulfate de pictvtoxine. On peut former ce sel en fusant dissoudre dé la pîcrotoxine dans de l'acide sulfurique étendu; car cet acide concentré la charbone et la détruit. La dissolution cristallise en refroidissant. Le sulfate de pîcrotoxine se dissout dans cent vingt fois son poids d'eau bouillante ; la dissolution laisse peu-à-peu précipiter le sel en fiiamens. soyeux déliés disposés en faisceaux ^ et d'une grande beauté. Quand ils sont desséchés 9 leur couleur est blanche , et il& sont élastiques sous la dent^ comme l'alun de plume. L& sulfate de picrotoxine consiste dans :

Acide sulfurique. . . . 9,99 5

Picrotoxine 90501 ifi

loo^oo

Nitrate de picrotoxine. L'acide nitrique, d'une pesanteur spécifique de i,58, étendu de deux fois son poids d'eau» dissout, à l'aide de la chaleur, le quart de son poids de picrotoxine. Quand cette dissolution est réduite à la moitié de soa volume, elle devient visqueuse, et en refroidissant, elle sa convertit en une masse transparente, semblable à une dissolution dç gomme arabique. Dans cet état, le nitrate de picro-^

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toxine est acide et excessivement amer. Si on le dessèche dayantage à une température qui n'excède pas 6o* cenligr.,il se boursauffle, devient opaque, et finit par être au-moins aussi parfaitement blanc et aussi léger quedeTalun calciné. Si on le maintient dans cet état, à une température inférieure ù celle de l'eau bouillante, et en ajoutant de temps-en-temps, au besoin, un peu d'eau, tout l'excès d'acide s'exhale, et la saveur devient franchement amère. Quand on lave ce sel dans de l'eau pure, l'acide est entièrement enlevé, et la picro toxine se sépare sous forme de belles lames blanches.

Muriate de picrotoxine. L'acide muriatique , d'une densité de 1,145, n'a que peu d'action sur lapicroloxîne; il la dissout à l'aide de la chaleur ; mais elle n'est jamais entièrement saturée. Cinq parties de cet acide étendu de trois fois leur poids d'eau, dissolvent environ une partie de picrotpxine à la température de l'eau bouillante. La liqueur se change, par refroidissement, en une massé cristalline grisâtre composée de cristaux mêlés confusément. Quand ces cristaux ont été bien lavés, ils sont presque sans saveur, et sont élastiques sous la dent. Ils se dissolvent dans environ quatre cents fois leur poids d'eau bouillante; mais ils se déposent presqu'en totalité par le refroidissement. Leur dissolubilité est beaucoup augmentée par la présence d'un excès d'acide.

Acétate de picrotoxine . L'acide acétique dissout trèsbien la picrotoxine , et l'acide peut être à-peu-près saturé par cette base, à l'aide de la température de l'ébullition. Eu refroidissant , l'acétate se précipite en aiguilles prismatiques bien déterminées. Cet acétate est soluble dans cinquante fois son poids d'eau bouillante. Par le refroidissement , il forme des cristaux d'unç grande beauté, légers, n'ayant aucune odeur acide , et ayant beaucoup moins d'amertume que la picrotoxine eUe-même. L'acide nitrique décompose ce sel et en dégage l'acide acétique ; l'acide sulfurique étendu n'a sur lui aucune action marquée. Il n'est pas aussi vénéneux que la picrotoxine pure. -— BoiUl^y, Annales de Chimie*

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PIERRES. On comprend sous cette dénomination géné> raie une classe très-nonobreuse de minéraux de nature et de composition diy erses.

PiEftEE b'aiglb. Mine de fer argileux réniforme , nommée ainsi , parce qu'on prétendait que les aigles transportaient de ce fer dans leurs nids.

PiBRBB p*AzuE, OU lapis^laziili- Ce minéral, qui se trouy^ en masse , est d'un beau bleu d'azur. Il est peu éclatant. . Sa cassure est inégale , à grains fins. Il raye le Terre ; mais il fait à-peine feu avec le briquet. Il est opaque, ou trans^ lucide sur les bords; facile à casser. Sa pesanteur spécifique est de 2,85. Le lapis-lazuli 9 exposé à l'action d'une trè^-forte chaleur, se fond en une masse d'un noir jaunâtre. Il forme , étant calciné , une gelée ayec des acides. Il consiste, suiyant Klaproth, dans : silice 4^, chaux 28, alumine 149^9 oxide de fer 5, sulfate de chaux 6,5^ et eau 2. Mais , d'après une recherche plus récente et des plus intéressantes de MM. Clément et Desormes, le lapis- lazuli paraît être composé de 54 silice , 33 alumine , 3 soufre et 22 soude ( /annales de Chimie, tome LYII). Dans cette analyse, cependant, il y eut une perte de 8 pour 100. MM. Clément et Desormes considèrent les ingrédiens ci-vdessus énoncés et dét<;rminés, comme étant essentiels i\ la composition du lapis-lazuli, ou de l'outre-mer, ainsi /{u 'ils l'appellent ; et les 2,4 de chaux et i,5 de fer que l'analyse de cette substance leur a par fois fait rencontrer > comme ne s'y trouvant qu'accidentellement.

C'est avec la pierre d'azur que se prépare le beau bleu d'ôutre-mer, dont la couleur n'est pas susceptible de changer. Les plus beaux échantillons de ce minéral nous Tiennent de la Chine , de la Perse et de la Orande-Bucharie. Après les avoir exposés au feu , à une chaleur rouge , on les jette dans de l'eau , afin de les rendre plus faciles à pulvériser. On les réduit alors en une poudre fine, que l'on combine intimement af ec un vernis formé de résine , de cire et d'huile de

lin bouillie. Ce mélange pâteux est mïê dans un linge 9 et pétri à plusieurs fois successirement répétée» avec de Teau chaude. La première eau, ordinairement sale 9 e.^t rejetée; la seconde eau donne un bleu de la première qualité; et la troisième en fournit un de qualité moindre. Ce procédé est fondé sur la propriété que la matière colorante de la pîe^t-e d'azur a d'adhérer moins fortement au ciment résineux que )a matière étrangère qui l'accompagne. Lorsque la coulcut de la pierre d'azur est altérée par une chaleur médiocnî , elle est jugée mauraise. MM. Clément et Desormes considèrent le procédé d'extraction de l'outre-mer comme une espèce de saponification.

PiiARK DE BoLOOKK. Lcmcry rapporte qu'on cordonnier Italien^ nommé Vincenzo Casciarolo, découvrit le premier la propriété de phosphorescence dans la pierre de Bologne. Cette pierre est le spath pesant , ou sulfaté notif de baryte.

Si, après l'avoir calcinée, et réduite alors en poudre fine, OD la met à l'état de pâte avec un mucilage , en divisant ensuite cette pâte en morc«aui de ;t de pouce (entiron 6 millimètres'] d'épaisdeur; et qu'après les avoir fait sécher a une chaleur médiocre , on les expose dans cet état à la chaleur d'un fourneau à vent, placés au milieu du charbon, on obtiendra un pjrophore ^ qui, au bout de quelques minutes d'eïposition aux rayons du soleil , répandra assez de lumière dao* l'obscurité, pour rendre visibles les 6gures du cadran d'une montre.

PittiiK CALCÂiiB. Le professeur Jatneson partage ce genre de minéraux dans les quatre espèces suivantes, savoir: 1 j le spath rhombe; ^, la dolomite ; 3, la pierre calcaire; 4 9 l'arragonite. Nous considérerons ici la troisième de ces quatre espèces. Le même excellent minéralogiste divise cette espèce, la pierre calcaire, en douze sous-espèces.

1*". Pierre calcaire lamelleuse,dotkt il y a deux variétés : le spath calcaire et la pierre calcaire laraelleuse grenue. La première se trouvera à sa place alphabétique dans ce Dictionnaire*.

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Pierre calcaire lamelleuse grenue. — Ses couleurs sont le ))lanc de nuances diverses. Quelquefois (elle psi tacheté*:. On la trouve en masse et en concrétions distinctes 9 anguleuses, grenues. Son éclat tient le milieu entre l'éclat nacré et l'éclat ésineux. Sa cassure est lao^elleuse. Elle est translucide, aussi dure que le spath calcaire, facile à casser. Sa pesanteur spécifique, dans le marbre de Carare, est de 3,717* Cette pierre calcaire est généralement phosphorescente, lorsqu'elle est broyée, ou qu'on la jette sur des charbons ardens. Elle est infusible; elle fait effervescence avec les acides : c'est un carbonate de chaux pur. On la trouve en lits dans du granité, du gneiss, etc., et rarement dans des roches secondaires. Elle se rencontre dans toutes les grandes classes de roches primitives en Europe. Le marbre de Paro», le marbre pentalique, le marbre grec, le marbre blanc de JLuni, de Carare et du mont Hvmette: le marbre blanc translucide des statuaires^ et le marbre blanc élastique, sont les principaux marbres blancs dont les Anciens faisaient emploi pour la sculpture et l'architecture. Le marbre rou^e antique, le liosso antico des Italiens, et le marbre égyptien des Anciens ; le vert antique ^ qui est un mélange indéterminé de marbre blanc et de serpentine verte; le marbre jaune antique; |e marbre cîpolin antique, marqué de zôfies de couleur verte, produites par du talc ou de la chlorite; et le marbre brèche d'Afrique, sont les principaux marbres colorés des Anciens (*).

Deuxième sous—espèce. — Pierre calcaire compacte. — Il y en a trois variétés : la pierre calcaire compacte commune^ la pierre calcaire vésuvienne bleue, etl'oolite ( pierre calcaire compacte oviforme).

(*) Ici l'auteur décrit les difierenles espèces de marbres de FÉcosse et de rirlande, et il renvoie à la Minéral* tgie da profe^sseur JamesoDf où se trouve , tome II , p. 5o3 , un exposé complet des marbres du continent. (Traducteur,)

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\y* variété. — La pierre calcaire compacte commune est ordinairement grise ayec dessins colorés. On la trouye en masse, corrodée, et sous diverses formes étrangères. Elle est mate. Sa cassure est esquilleuse. Elle est translucide sur les bords. Cette pierre calcaire est plus tendre que la sous-espèce qui précède. £Ueest aii^émçnt frangible; sa raclure est d'un blanc grisâtre ; sa pesanteur spécifique est de 2,6 à 2,7; elle fait effervesceoce avec les acides , et brûle en devenant chaux vive. C'est UQ carbopate de chaux, avec proportions variables, et généralement trts^pelites de silice, d'alumine, de fer, de ma- Çoésie et de manganèse. La pierre calcaire compacte commune se rencontre principalement dans des formations secondaires avec le çrès, le gypse et la houille; elle renferme souvent des pétrifications d'animaux et de quelques végétaux. Elle est riche en mines ^e plomb et de zinc. Les mines de plomb de l'Angleterre gisent sur de la pierre calcaire. Lorsque la pierre calcaire compacte commune est assers dure pour prendre le poli, on la travaille comme un marbre, sous le nom de marbre coquilleux lumachelle. Cette pierre se ren- contre Irè^-fréquemment en Ecosse et en Angleterre dans du grès et des formations de houille; et en Irlande, ce minéral est très-abondamment répuodu dans tous les cantons où il se trouTC du schiste argileux et du grès rouge. Le marbre de Florence, ou marbre ruinijbrme , est une pierre calcaire compacte. Des pièces plates de ce marbre, vues à quelque distance, semblent représenter des dessins au bistre.

2. • variété, — Pierre calcairç vésus^icnne bleue. Sa couleur est le gris bleuâtre foncé, en partie veiné d^ blanc ; sa surface est roulée et inégale; la cassure est terreuse, à fins grains. Elle est opaque , donnant une raclure blanche. Elle est demidure à un faible degré, et pesante au toucher. Ses parties constituantes sont, suivant Klaproth : chaux 58, acide carbonique 28,5, eau, taut soit peu ammoniacale, 11 ; magnésie 0,5, oxide de fer o,25, carbone 0,26, et silice i^25. On trouve la yésùvienne, en masses détachées, paraji le»

minéraux rejetés, sans altération, du Vésuye. On en fait

usage dan3 le trarail en mosaïque pour représenter le ciel.

5.* variété. — Pierre calcaire ouiforme ou oolite. Ses couleurs sont le brun et le gris. On la trouve en masse et en concrétions distinctes, qui sont des pièces séparées , grenues , sphéliques. £lle est mate, opaque. Cassure de la masse, grenue, sphérique. Elle est tendre, passant au demi-dur; facile à casser. Sa pesanteur spécifique est de 2,60 à 2,68. Cette pierre se dissout avec effervescence dans les addes. La pierre calcaire oviforme s'emploie dans l'architecture; mais elle est poreuse et sujette à se décomposer , et à se dégrader facilement en se réduisant en poudre.

Troisième sous^espèce, — Cm aie, voyez ce mot.

Quatrième sous-espèce. — Agaric minéral , ou lait de montagne. Sa couleur est le blanc. Il se présente en croûtes , ou en pièces tuberculeuses. Il est mat. Formé de particules pulvérulentes; il est fortement tachant, maigre au toacher, il adhère légèrement à la langue. Il est léger, presque surnageant. L'agaric minéral se dissont avec efPervèscence dans l'acide muriatique, comme étant un carbonate de ôhaux pur. On le trouve sur la côte nord d'Oxford et dans d'autres lieux en Angleterre ; et il se trouve sur le continent , par dépôt , dans des fentes de cavernes de pierre calcaire. Il paratt être le prodoit de la destruction ou attrîtion par Teau 4e roches de pierlre calcaire.

Cinquième sfous^espèce, — Pierre calcaire fibreuse , dont il j a deux variétés : la pierre calcaire fibreuse commune et la stalactite fibreuse. La pierre calcaire fibreuse commune est d'un blanc de nuances diverses. On la trouve en jnasse et en concrétions distinctes fibreuses. Elle est peu éclatante , d'un éclat nacré; les fragmens sont esquîlleux; elle eet faiblement translucide , et aussi dure que le spath calcaire : aisément fi^angible. Sa pesanteur spécifique est de 2,7- Ses parties constituantes sont : chaux 5o,8, acide carbonique 47>6« Elfe contient, suivant Stromeyer, un peu de gypse^

Cette pîcrrc se rencontre en codohes minces dans du schiste argileux dans la province de Gumberland ; en couches et en

filons dans le comté de Fîfe en Ecosse. On taille quelquefois

celte pierre en colliers , etc.

La stalactite fibreuse s'emploie comme marbre. Les Anciens

eo faisaient 9 sous le nom de boite d'albâtre, des yases à

parfums.

Sixième sous-^spèce. — Tuf calcaire. Sa couleur est le gris. On le trouve en masse , et sous différentes formes imîlatives , renfermant des feuilles^ des os, des coquillages, etc. II est mat, sa cassure est inégale à grains fins. Il est opaque, tendre , rude au toucher, facile à casser : c'est le carbonate de chaux pur. On trouve le tuf calcaire en lits, généralement dans le voisinage des rivières : en Angleterre , dans le comté de Fife, et dans d'autres pays. On l'emploie comme chaux.

Septième souS'-espèce. — Pierre calcaire pisiforme, ou pierre de pois. Couleur, le blanc jaunâtre. Elle se présente en masse et en concrétions distinctes, qui sont grenues, arrondies, composées d'autres pièces séparées très-minces et ea lames concentriques. Il y a dans le centre de ces concrétions, une l)ulle d'air, un grain de sable, ou (quelque autre substance minérale. Cette pierre est mate , à cassure unie, opaque, tendre, facile à casser. Sa pesanteur spécifique est de 3,552. C'est un carbonate de chaux. On le troore en grandes masses dans le yoisina|;e de Carlsbad en lohême» , ^

ffuitième sous-espèce.*-^ Spath schisteux, schieferspath. ^Aconleur est le blanc de nuances diverses; en masseet en conerétions (iislinctes , lamellaires , courbes ; il est peu éclatant, d'un éclat nacré ; faiblement translucide, tendre, tenant le milieu entre le sectlle et le cassant, assez gras au toucher. Sa pesanteur spécifique est de 2,65. Ses parties constituantes sont le carbonate de chaux avec 3 ponr loo d'oxide de manganèse. Il se rencontre en couches et filons métallifères dads

du calcaire primitif. On le troure en Angleterre, en Irlande et en Allemagne.

Neuvième sous-espèce. — néphrite» Voyez ce mot.

Dixième sous-espèce. — Lucullite. Il yen a trois yariétés, compacte , prismatique et lamelleuse.

I. Compacte. — Cette variété se sous-diyise en compacte ordinaire ou marbre noir, et la pierre sonnante.

a. Compacte ordinaire. — Couleur , noir grisâtre ; en masse, peu éclatante; cassure inégale à grains fins; opaque, demi-dure; raclure gris cendré foncé ; facile à casser. Pesanteur spécifique 3. Lorsqu'on frotte deux morceaux l'un contrç l'autre, il s'en exhale une odeur urineuse fétide, qui est augmentée en souillant dessus. Cette variété blanchit en brûlant; mais elle forme, avec l'acide sulfurique, une masse de couleur noire. Ses parties constituantes sont, si|ivant John : chaux 55,58, acide carbonique 419^9 carbone 0,75, magnésie et oxide de manganèse 0,12 , oxide de fer o,25, silice i,i5, soufre 0,25, muriates et sulfates de potasse avec eau 2,62. Cette pierre se rencontre, dit^On, en lits dans des montagnes primitives et secondaires plus anciennes. On la trouve dans plusieurs parties de l'Angleterre. Elle parut si belle au consul LuculUis , qu'il lui donna son nom. C'est le nero antico des Italiens.

b. Pierre sonnante ou pierre puante. -— Ses couleurs sont le blanc d'un grand nombre de nuances, le jaune de crème, le gris, le noir et le brun. On la trouve en m^sse , disséminée et en concrétions distinctes grenues. Cette pierre est mate, à cassure esquilleus^ , opaque , demi-dure , donnant une raclure d'un blanc grisâtre. Elle émet, lorsqu'on la frotte , une odeur fétide. Elle est facile à casser. Sa pesanteur spécifique est de 2,7. Ses caractères chimiques sont les mêmes que ceux de l'espèce précédente. Ses parties constituantes 5ont, suivant John : 88 carbonate de chaux, 4»!^ silice, 5,1 alumine, 1,47 oxide de fer, o,58 oxide de manganèse, o,3o carbone, o,58 chaux; soufre, alcali, sel, eau 2,2a.

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Cette pierre se rencontre en couches dans le calcaire secondaire, alternant par fois avec du gypse secondaire et des couches d'argile. On la trouve en Angleterre , reposant sur du grès rouge ; on en fait usage pour la calciner en chaux.

2. Lucullite prismatique* — ^ Ses couleurs sont le noir, le gris et le brun. Elle est en masse , en boules et en concrètîons distinctes. Quelquefois sa surface extérieure est striée ; à Tintérieur elle est éclatante. Le clivage est triple. Elle est translucide sur les bords , demi-dure. Sa raclure est coloriée en gris. Elle est cassante. Elle émet, lorsqu'on la frotte, une forte odeur urineuse. Sa pesanteur spécifique est de 2,67. Lorsqu'étant réduite en poudre , on la fait bouillir dans do l'eau, elle répand une odeur hépatique qui dure peu. L'eau deyient légèrement alcaline. Cette lucullite se dissout avec effervescence dans l'acide muriatîque, en laissant un résidu eharbonneux. Ses parties constituantes ressemblent à celles de la sous-espèce qui précède. On la rencontre en boules dans de la dolomite brune , près Sunderland en Angleterre. On l'appela, dans un temps, madreporite.

5. Lucullite lamelleuse ou spathique, — Ses couleurs sont le blanc, le gris et le noir. Elle est en masse, disséminée et cristallisée en pyramides hexaèdres aiguës. A l'intérieur, elle est un peu éclatante. Les fragmens sont rhomboïdaux. Cette lucullite est translucide, demi-dure, cassante. Elle émet par le frottement, une odeur urineuse. Sa pesanteur spécifique est de 2,65. Elle ressemble, sous d'autres rapports , à la sous^espèce qui précède. On la trouve en filons à Andreasberg dans le Hartz.

Onzième sous-^spèce. — Marne, dont il y a deux variétés, la marne terreuse, et la marne endurcie. La marne ter^ reuse est grise; elle consiste dans des particules pulvérulentes peu cohérentes , ou agglutinées. ËUe est mate , un peu taehante, légère. Elle fait efifervescence avec les acides, et émet, lorsqu'elle est fraîchement retirée de la terre, une odeur urineuse. Ses parties coustituaptes sont le carbonate de chaux

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aycc un peu d'alumine , de silice et de bitume. On la trouTé par couches dans des montagnes calcaires straliformes , à Mansfeld dans la Thuringe , et en beaucoup d'endroits , taal en Allemagne qu'en France. La marne endurcie est de couleur grise. Elle se présente en maase^ en vésicules, ou en boules aplaties. Elle contient des pétriâcations. Elle est mate. Sa cassure est terreuse; mois en grand , elle est schisteuse. Elle cède à l'ongle; elle est opaque; donnant une raclure d'un blanc grisâtre. Elle est facile à casser , maigre au toucher. Sa pesanteur spécifique est de 2,4* Traitée au chalumeau, elle se gonfle et se fond en une scorie yerdâtre. Cette pierre fait efferyescence avec les acides. Elle est composée, selon Kirwan, de : carbonate de chaux 5o, silice 12, alumine 3%, oxide de fer et de manganèse 2. La marne endurcie se rencontre en couches dans des montagnes calcaires stratiformes. On la trouve souvent dans les formations de bouille de l'Ecosse et de l'Angleterre.

Douzième sous^espèce, — Schiste marno - bitumineux. Sa couleur est le noir grisâtre. On le trouve en masse, et souvent avec des empreintes de poissons et de plantes. Il est peu éclatant et à cassure schisteuse. Il est opaque, prenant de l'éclat par la raclure. 11 est tendre, sectile , frangible. Sa pesanteur spécifique est de 2,66. On le dit consister dans du carbonate de chaux, de l'albumine, du fer et du bitume. Le schiste marno-bitumineux se rencontre dans 1^ montagnes calcaires stratiformes. Il contient fréquemment des minéraux cuivreux , des poissons pétrifiés , et des restes fossiles de plantes cryptogames. On le trouve en abondance dans le Hartzgebirg. — Jameson.

PiEfiEB gXlgàirb BiTtJMiNBuss. Cette pierre, de couleur noire ou brune, est d'une texture lamellaire. Elle est susçeptiblo de prendre le poli, et elle émet, étant frottée, une odeur désagréable. La chaleur la convertit en chaux vive. Ses parties composantes sont 8,8 alumine^ 0,6 silice, 0,6 bitume ei 89,75 carbonate de chaux. On la trouve près de Bristol, 0^

en Irlande. La pierre calcaire bitumineuse de la Dalmatie contient du bitume en si grande quantité, qu'on peut la couper comme du savon. On s'en sert pour bâtir des maisons , elJorsque les murs sont élevés, 00 y applique le feu , et ils se calcinent en blanc.

Pierre ganneiiiE. Les couleurs de ce minéral rare, sont le rouge de sang et le rouge hyacinthe, passant au jaune orangé. On le rencontre toujours en morceaux arrondis. Cette pierre est éclatante, avec une cassure imparfaitement conchoîde. Les fragmens sont anguleux; elle est transparente et demi-transparente ; elle raye le quartz avec difficulté ; elle est un peu cassante; sa pesanteur spécifique eçt de 5,55. Traitée au chalumeau , elle se fond en un émail d'un noir brunâtre. Cette pierre consiste dans 58^8 silice, ai, a alumine, 5i,25 chaux, et 6,5 oxide de fer. On la troave dans le sable de rivières de l'île de Ceylan.

Pierre de corne ou le hornstein, La neuvième sous-espèce de quartz rhomboïdal du professeur Jameson. Il partage cette sous-espèce dans celles de pierre de corne ou hornstein éo^illcux, hornstein conchoîde, et le bois pétrifié.

1 . Hornstein écailleux, — Ses couleurs sont le gris, le rouge et le vert. On le troui'ie en masse, en boules, lenticulaire, et en pseudo-cristaux prismatiques hexaèdres. Il est mat, la cassure est écaiUeuse et ayant un peu de l'apparence de la corne, d'où lui est venu son nom. Il est translucide sur les bords; moins dur que le quartz ou le caillou ; difficilement frangible. Sa pesanteur spécifique est de 2,6. Au chalumeau, il est infusible. Ses parties constituantes sont 98,26 silice , 0,76 alumine, o,5o oxide de fer, o,5o eau. Le hornstein écailleuxse rencontre en filons dans les montagnes primitives , accompagnant des mines d'argent , de plomb , de zinc , de cuivre et de fer, et formant la base du hornstein-porphyre. On le troure dans plusieurs comtesse FÉcosse ; et il est abondamment répandu sur le Continent. A Efsdale en Suède, on taille le hor3nlein-porphyre en vasts , chandeliers , etc. ; et Iç-

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piédestal de la statue de Gustave III, à Stockholm, est formé de ce hornsteÎQ.

a. Homstein conchoîde, — Ses couleurs sont le gris, le blanc et le rouge. On le trouve en masse , en stalactites, e^ rarement en pseudo-cristaux, dont les figures tirent leur origine du spath calcaire. Il est peu éclatant. La cassure ^st conchoîde ; il est moins translucide que la sous-espèce précé-^ dente, mais un peu plus dur. Il est assez difficilement frangible. Sa pesanteur «tpécifique est de 3,58. Ce homstein se rencontre en filons métallifères , en filons d'agate , et ac6ompagnant la pierre argileuse dans le Pentlandhills.

3. Bois pétrifié. — ^ Ses couleurs sont le gris cendré et le noir' grisâtre. Les nuances diverses de couleur forment des dessins nuages et rubanés. Il se présente en morceaux roulés, et sous forme ligneuse, comme celle de troncs d*iirbres , dp branches et de racines. Sa cassure en travers est imparfaitement conchoîde, celle en long est fibreuse. Il est translucide sur les bords, faiblement dur, assez difficilement frangible. Sa pesanteur spécifique est de a,63. Il se rencontre en couches dans de la terre grasse sablonneuse, dans du terrain d'alluvion. On le trouve en Irlande et dans la Haule-Saxe. U est susceptible de prendre un bon poli. — Jameson.

PiERAB DB GEoix. Harmotome ou zéolite pyramidale. Sa couleur est le Hlanc grisâtre , passant au gris de fumée ; elle se présente quelquefois en masse, mais ordinairement cristallisée. Sa forme primitive est une pyramide tétraèdre double de 121° 58' et 86° 56'. Les formes secondaires principales sont : un large prisme rectangulaire à quatre faces à pointement assez aigu sur les extrémités avec quatre plans qui reposent sur les bords latéraux. La figure précédente, dans laquelle les bords formés par la rencontre des plans à pointement qui reposent sur les plans latéraux plus larges, sont tronqués; des cristaux accolés de la première forme, se traversant l'un l'autre sous forme de croix, de telle manière qu'il se produit un axe et un pointement commun, et les plans latéraux plus

Wges font quatre angles rentrans. Les cristaux ne sont pas ^os, la surface des plans latéraux plus petits est striée en plumes. Cette pierre est peu éclatante, d'un éclat qui varie entre l'éclat yitreux et Téclat nacré ; dans le clivage deux feuilles sont obliques et une parallèle à Taxe. La cassure est parfaitement conchoïde. La pierre de croix est translucide et demitransparente. £lle est plus dure que le spath fluor , mais moins que Tapatite. Elle est aisément frangible. Sa pesanteur sp4cifique est de 2,55. Traitée au chalumeau, elle se fond avec gonflement et phosphorescence, en un verre incolore. Ses parties constituantes sont, d'après Klaproth: 49 silice, 16 alumine, 18 baryte et i5 eau. On ne Vu jusqu'àprésent rencontrée qu'en filons minéraux et en boules d'agate. On la trouve à Andreasberg dans le Hartz, à Konsberg en Norwège, à Oberstein, à Strontian dans l'Argylshire, et en Ecosse. — Jameson.

Pierre de hâghe. C'est une sous-espèce de jade, dont elle ^ diffère en ce qu'elle n'est pas d'un vert aussi clair, et que sa texture tient de la texture schisteuse. Les Naturels de la Nou- Telle-Zélande la travaillent en haches. On trouve cette pierre en Corse, dans la Suisse, en Saxe, et sur les bords de la rivière des Amazones , cj qui lui a fait donner le nom de pierre d'Amazone. Elle consiste en: 5o, 5 silice, 3 1 magnésie, 10 alumine, 5,5 oxide de fer, 2,75 eau, o,o5 oxide de chrome.

Pierre legeke , Jlottanie ^ disposée à nager. Sous-espèce du quartz indivisible dé Mohs. Quartz spongiforme de Jameson. Sa cpuleur est le blanc de nuances diverses. Elle se présente en masse poreuse et tuberculeuse. A l'intérieur , elle est mate, sa cassure est terreuse à gros grains. Cette pierre est faiblement translucide sur les bords; tendre; mais ses particules sont aussi dures que le quartz. Elle est assez cassante, aisément frangible ; elle est maigre et rude an toucher, et fait entendre, lorsqu'on la serre entre les doigts, une espèce de bruit semblable à celui que produit la lime. Sa pesanteur Tome ir. ï»

17» l'ïE

spécifique est de o,49« M. Yauquelln en établit les parties constituantes à 98 de silice , et 2 de carbonate de chaux. On la trouTe encroûtant du caillou , ou en masses engagées dani une pierre calcaire secondaire , à Saint^Ouen près Paris.

PiEKRE DE LVNi. Variété d'adulaire.

Pierre de peilb. C'est une sous-espèce du quartz indÎYisihle de Jameson et de Mobs.

Sa couleur est généralement le gris. Elle se présente en masse, en vésicules, et en concrétions grossières^ dont la surface est éclatante , et ayant une très-grande ressemblance avec la perle. Il se trouve souvent au centrt de ces conort;tioos des sphères d'obsidienne. Son éclat est le brillant. La pierre de perle est translucide sur les bords , et des plus aisé*ment frangibles. Elle est tendre ; sa pesanteur spécifique est de a,a4 à a,34* Au chalumeau elle se boursouflQe, et pMse à rétat de verre écumeux. Ses parties constituantes sont, suivant Klaproth : silice 75,3 5, alumine 12, oxide de fer 1,6, potasse 49^9 chaux o,5, eau ^^S» La pierre de perle se trouve en lits d'une grande étendue dans de l'argile porphjrique , près de Tokai en Hongrie. Elle se rencontre aussi en Irlande.

PtEBRB DE PEiLi STiLiCTiTB OU Jiorite. Yariété de stalactite siliceuse. Ses couleurs sontle blanc et le gris; ellese prè^ sente sous diverses formes imitatives. Elle est peu éclatante» son éclat tient le milieu entre le résineux et le naeré. Elle est en concrétions minces concentriques; translucide; rayant le verre; mais moins dure que le quartx. Elle est cassante, ayant une pesanteur spécifique de 1,917. Elle est infusible au cha^lumoau. Ses parties sont, d'après Santi: silice 94 9 alumiae a, chaux 4* On a trouvé cette pierre dans du tuf volcanique du Yicentin,

Pierre la foix. Sous-espèce de quart» indivisible. Sa cou* leur est le vert. On la trouve en masse. Son éclat est le ritrorésineux. Elle est faiblement transparente sur les bords. Sa cassure est conchoïde. Elle est deini-dure, en un haut degrés assez aisément frangible. Sa pes. spéo. est dit 2,2 à 2>5. fille 9m

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