Tome IF
PERLE. C'est une conorélioa de forme spbériqae y trèsestimée , qui se forme dans l'intérieur de certaines coquilles. Sa couleur est le blanc bleuâtre , ayec un éclat considérable et irisé. Cette concrétion est formée de coucbes concentriques alternantes de membrane animale et de carbonate de chaux. C'est à cette structure lamelleuse de la perle que Ton doit attribuer l'aspect irisé qui la caractérise ; et il s'ensuit encore, que les perles se dissolvent très-facilement dans les acides.
PÉROU (BAUME DU). On relire cette substance du mjroxilon perniferum , arbre qui croît dans les contrées les plus chaudes de rAmérique méridionale. Cet arbre est plein de résine, et Ton en obtient le baume , en faisant bouillir dans l'eau les jeunes pousses. Il a la consistance du miel, une couleur brune, une odeur agréable, et une saveur ocre très-chaude.
PESANTEUR SPÉCIFIQUE. On désigne ainsi la densité dé la matière dont un corps quelconque est composé, comparée à la densité d'un autre corps, pris pour terme 4e comparaison. Ce terme de comparaison est l'eau distillée pure, à la température de 1 5% 5 centigrades. Pour déterminer la pesanteur spécifique d'un corps solide, on le pèse dans l'air, d'abord, et ensuite dans l'eau. Dans la dernière pesée, il perd une quantité de son poids, précisément égale au poids de son propre volume; d'où il suit, qu'en comparant ce poids avec le poids total du corps, nous trouvons sa pesanteur spécifique. La règle consiste donc à diviser le poids tolal du corps par la perte de poids qu'il éprouve dans l'eau : le quotient est la pesanteur spécifique. Si le corps est un liquide ou un gaz, on le pèse dans un vaisseau de verre ou autre, d'une capacité connue; et, en divisant ce poids par le poids du même volume d'eau , le quotient est, comme ci^essus, la pesanteur spécifique. ( P^ô^ez , pour une autre m^ification de la même règle, Htdromètas. )
Calculer la pesanteur spécifique moyenne d'un corps d'après la pesanteur spécifique de ses parties composantes,
c'est un problème qui se présente continuellement à résoudre en chimie; ce n'est que par une comparaison du résultat de ce calcul ayec la pesanteur spécifique du composé, déterminée par l'expérience, qu'il nous est possible de découvrir si la combinaison a été accompagée d'expansion ou de condensation de Yolume; et, pour faciliter aux chimistes ce mode de calcul, je crois devoir insérer ici un court extrait d'un Mémoire que j'ai publié sur ce sujet dans le 7/n." du Journal of Science,
« La pesanteur spécifique d'un corps est à celle d'un autre corps , comme le poids du premier corps , divisé par son volume, est au poids du second corps, divisé par son volume; et la pesanteur spécifique moyenne des deux corps se trouve en divisant la somme des poids par la somme des volumes.
Soit n, w, les deux poids , V, v, les deux volumes, P,/?, les deux pesanteurs spécifiques, et M la pesanteur spécifique moyenne calculée, alors,
M=-^-; et Y-^v=-^=^J^ H' v^-+--^__ W-H4V (W-+-1V) P;y
Lorsque la différence de densité entre les deux substances est considérable, telle qu'est, par exemple, celle entre Tacîde sulfurique et l'eau, alors les erreurs produites en prenant le moyen arithmétique pour le véritable moyen calculé, sont excessives. Si cependant nous prenons le cuivre
et ré tain, alors le moyen arithmétique -^-23IZl^ :^ 8,09 ,
diffère très-peu de 8,01, la densité moyenne exacte. Je suppose que c'est par une erreur semblable , qu'en calculant la densité moyenne de l'acide muriatique liquide, dans ses * divers états d'acide étendu en différentes proportions, que le célèbre Kirwan a, pendant long-temps, causé celle des chimistes* €e savant affirmait que la pesanteur spé;cifique moyenne des composans étant aussi celle donnée par l'expérieDCé, il n'y avait point de condensf^ion de volume 5
i48 PES
comme avce d'autres aéides étendus; et même, l'astre BerthoHet a assigné une caose à ce feît supposé. Je troure^ au contraire, que 5o d'acide 9 d\ine pesanteur' spécifique de 1,920, avec 5o d'eau, déreloppe de la chaleur, et qu'il y a diminution des yolumes dans le rapport de loo à 99,28. La pesanteur spécifique, par Texpérience, est 1,0954; celle par la règle exacte, n'est que de 1,0875.
La formule précédente peut être présentée sous une forme encore plus conyenable. ?,/?> étant les pesanteurs spéci-
fiques des deu?; composans , on a P =^ et p zzz— ;
d'oùVœ-^, v^^.
Dans la condition ou W=:4v=: i mous aron»
V^^, v= — 5 et par conséquent , r p
Cette valeur étant constahament négative , elle prouve ({ue'la véritable valeur de la pesanteur spécifique du mélange
représentée çaç --=— — > ^^ toujours plus petite que 1»
fausse v^ew rr f ^+Vy*
Exen^ede la derniërj($ ^(mule 9i
Or efc aiîg^DA : -^ — - — — =;;: i4j95?: touase, moyen»©,
ou moyenne arithmétique, pesanteur spécifiques
A=:i,3. Ce qui étant soustrait du moyen arithmétique î4>9 , laisse 15,6 pour la véritable pesanteur spécifique moyenne ,
telle qu'elk s'obtient dineotemônt piMS U fomHile .^^^i J^-^.
T€tble iwide suif urique faisant connaître les résultats erronés de la méthode ordinaire.
Acide daoa
lOO.
Oentaé
moyenne arithmétique.
Deotité
lexperieace.
VoUlIIM
appartnt.
Acide dan»
Dcniité moyenne anthme" ^^tique.
Dentité rience.
VOIIIM
•pparedt.
lOO
So
i,5oS8
1,8480 I,8ll5 i,7iao 1,5975 i,486o
99,7 ioi,5
ao
i,i4io 1,0680
twi,6
io3,oa
ioa,95
joi,57
{^) La pesanteur spécifique de corps solides se détermine, ainsi qu'on tient de le voir, par le quotient de la division du poids totfll du corps dans Taii' et dans Tean distillée par la perte de poids qu^il éprouve étant plongé dans ce liquide, perte devant être exactement égale au poids de son propre volume. Mais les corps solides n'étant pas tous insolubles dans Peau , s'il arrive que celui dont il s'agit de rechercher la pesanteur spécifique, soit de nature à pouvoir se dissoudre dans ce liquide, alors cette circonstance doit apporter quelque modification dans le mode ordinaire de détermination de la pesanteur spécifique.
Parmi les physiciens qui se sont occupés de recherches sur les pesan> tenrs spécifiques des corps aolides, Newton paraU être le premier qui ait cherché à reconnaître celle de ceux de ces corps qui sont solubles dans l'eau ^ on ignore par quel mojen il parvint à établir la pesanteur spécifique du nitrate de potasse, par exemple, qu'il trouva être de 1,900, en considérant celle de l'eau distillée comme étant 1,000. Après lui, Mussembroeck crut devoir se servir , pour la détermination de la pesanteur spécifique des corps eohibles dans l'ean, d'huile de térébentkine • récente : depuis, Kirwan et Brisson seaalylent avoir adopté les mêmes résultats. FlUs récemment (es 1798) { M. Hasseofratz donna la préférence au mercure sur l'huile de térébenthine, dans «on travail sur la recherche de pesanteurs spécifiques d'un grand nombre de substances salines.
£nfin, Guyton-Morveau , considérant que de l'eau complètement saturée d'un sel n*a plus d'action sur ce sel lorsque la température ne change pas , il pensa qu'on pouvait s'en servir comme d'un fluide 1resconvenable pour déterminer la pesanteur spéciGque des sels; il s'agit alors d'établir d'abord par les précautions nécessaires , le rapport exact entre
i5o PÉT
PÉTALITE. Minéral trouvé par M. D'Andrada, dans la mine de l3to en Suède , et devenu intéressant par l'analyse qu'en a faite M. Arfredson y et qui Ta conduit à la connaissance d'un nouvel alcali. A l'extérieur, ce minéral ressemble au quartz blanc; mais il a un clivage double parallèle aux côtés d'un prisme rhomboîdal, dont deux côtés parallèles l'un à l'autre sont très-éclatans, et les deux autres sont mats. Sa pesanteur spécifique est de 2,4^* Par une inspection attentive, on peut discerner dans la couleur blanche un nuage d'œillet. Ce minéral raye le verre , mais il peut être effleuré par le couteau. Il se fond difficilement au chalumeau , sa surface y prenant seulement un aspect Titré ^ rempli d'une infinité de petites bulles. Quand le minéral est réduit en poudre fine, il paraît aussi blanc que la neige. Plongé dans de l'acide nitrique d'une pesanteur spécifique de i,45, il perd sa cou^ leur blanche, prend une teinte obscure, et en-même-temps l'acide devient nuageux. Le même acide, un peu étendu d'eau , le dissout sans eflfervescence à la chaleur de l'ébullition. Les parties constituantes de la pétalite sont, d'après M. Arfredson: silice 79,212 , alumine 17,226, lithine 6,761. 11 y a ici un excès de 2,198 parties sur 100, excès que M. Arfredson avoue ne savoir à quoi attribuer. M. Vauquelin trouva 7 pour cent de lithine dans divers échantillons trèspurs de pétalite que M. Berzelius lui envoya. Le D.' Gmelin, ainsi que M. Arfredson, établissent la pesanteur spécifique de la pétalite à 2,42. Le borax la dissout avec facilité. Le bouton est transparent et incolore. Du nitre, fondu avec de la pétalite pure, n'indique nullement la présence de manga^ nèse ; d'où l'on peut conclure qu'elle ne contient pas trace de ce métal. Suivant l'analyse du D.' Gmelin, cette pierre
le poids de cette eau et celui de Peau distillée, et eu appliquant ensuite ce rapport au poids de la quantité d'eau saturée déplacée par le sel qu'on y introduit, on en peut inférer le poids de Teau distillée qui fuirait été dé|)lacée , si l'opération aTait pu se faire dans ce fluide.
{JYote du TraducUur. )
PÉT i5i
tst composée de r'sifice 749 179 alumine 179419 Hthine 5,169 chaux 0)52 9 humidité 29I7, et perte 0,77. Les échaatillons purs ne contenaient pas de manganèse ; mais il en existe dans ceux dont la couleur est d'un rose rouge pâle«
PETIT-LAIT. C'est la partie liquide du lait qui reste après que le caillé en a été séparé. ( Voyez Lut. ) Celte partie liquide contient de la matière sucrée , du beurre, et un peu de matière caseuse.
PÉTRIFICATIONS. On nomme pétrifications des matières pierreuses déposées, soit comme incrustations, soit dans l'intérieur même des cayités de substances organisées. La terre calcaire étant unÎTersellement répandue, et capable de se dissoudre dans l'eau, soit par elle-même, soit par l'intermédiaire de l'acide carbonique ou de l'acide sulfurique, qui sont aussi très-abondans , se dépose toutes tes fois que l'eau ou l'acide Tiennent à se dissiper. C'est ainsi que se sont formées les incrustations de pierre calcaire ou de sélénite, sous forme de stalactites ou de gouttes pierreuses, qui pendent au plafond des cavernes et dans différentes autres situations.
Les obseryations les plus remarquables que l'on ait faites sur les pétrifications, sont les suivantes, que l'on doit à Kirwan :
1. Les pétrifications de coquillages ne se trouveiit qu'à la surface, ou très-près de la surface de la terre: celles des poissons sont à une plus grande profondeur, et colles de bois sont, de toutes , le plus bas placées; on trouve des coquilles en espèce en quantités immenses, à des profondeurs considérables.
a. Celles des substances organiques qui résistent le mieux à la putréfaction , se rencontrent souvent pétrifiées , tels quo des coquillages et des espèces de bois les plus durs; au contraire, on trouve très-rarement dans cet état les corps
iSn PHO
susceptibles de putréfa€tion prompte , tejs que les poissons çt,
les parties molles des autres aiûmaux» etc,
5. Les pétrifications se trouvent le plus pomiAunémeal dans des couches de marne, de craie , de pierrç calcaire ou d'argile, rarement dans le grès, et plus rarement encore dans le gypse; mais jamais dans le gneiss, le grai^ite, le basalte ou le scbori. On en trouve quelquefois parmi les pyrites et dans les mines de fer, de .cuivre et 4'*'ii'gentj ces pétrifications sont presque toujours formées de l'espèce de terre, de pierre, ou autre minéral qui les environne; quelquefois elles sont de silice, d'agate, ou de cornaline.
4. On rencontre quelquefois des pétrifications dans de» climats où leurs originaux n'auraient pas pu exister*
5. Celles qu'on trouve dans du schiste ou dans de i'ar« gile sont comprimées e( aplaties.
PÉTROLE, {rojrez Niphm.)
PÉTROSILEX. Feld-spath compact.
PETUNZÉ. Argile à porcelaine.
PHARMACOLITE. Arsenic en fleur. Arsèniate de ch«ux natif. ( F'qyez Mines. )
PHOSPHORE. Si l'on mêle de l'aolde phospborique ^ivec un cinquième de son poids de charbon réduit en poudr«».et qu'on distille le mélange à une c|;ialeur modérément rouge y dans une cornue de terre lutée, dont on a fait ploqger en partie le col dans un bassin rempli d'eau, on voit bientôt passer des gouttes d'une substance ressemblant à de la cire, qui tom-r bent dans l'eau , s'y solidifient ^ et forment ainsi la substance concrète appelée phosphore (*). On peut purifier le phos-
(*) M. Javal a trouvé ^©le biphosphate de chaaz obtenu enfaitan»
PHO i55
phore ainsi obtenu, en le faisant passer, sous de l'eau chaude, h trayere une peau* de chamois. Il est jaune et demi-transpareot; aussi mou que de la cire, mais ayant beaucoup plus de ténacité et de ductilité. Sa pesanteur spécifique est ^^ > 977*9 il se fond à 52'* centigr. , et entre en ébuUition à 388" centigr.
Dans l'atmosphère, à la température ordinaire, le phosphore émet une fumée blanche , qui, dans Tobscurité, paraît lumineuse. Cette fumée , légèrement acide , est le résultat de Toxigc nation lente du phosphore. Néanmoins, dans un air parfaitement sec, le phosphore iie produit pas de fumée, parce que l'acide qui se forme étant solide , et environnant de toutes parts le combustible, il le soustrait à l'action de l'oxigène atmosphérique.
Lorsque le phosphore est chauflé dans l'air à la température d'environ 65'» centigr.; il prend feu, et brûle avec uoe flamme blanche éclatante, en émettant une fumée épaisse très^abondante. Si la combustion a lieu dans un grand récipient de verre, la fumée se condense en parti-* cules ressemblant à de la neige, qui retombent en pluie successive, recouvrant le fond du vase d'une eljlorescence spongieuse d'acide phosphorique. Cet aqide, à l'état de neige, ne tarde pas à se liquéfier par l'absorption de la vapeur aqueuse contenue dans l'ain
Lorsqu'on enflaiDme du phosphore dans l'oxigène, la lumière et la chaleur dégagées sont incomparablement plus intenses ; la première éblouit la vue, et la seconde fait briser le vaisseau de verre ; il en résulte de l'acide phosphorique solide, consistant dans i,5 phosphore «h- 3,o oxîgèoe«
digérer 5 parties de poudre d'os calcinés avec a parties diacide sulfurique, coDvîeDt mieux que Pacide phosphorique, pour donuer ^'i phosphore par sa calcination avec la poudre de charbon, parce que une grande partie de cet acide se sublime sanft avoir éprouvé de décomposition, {ui^n. de Chim. et Phyt., iSap.)
i54 PHO
Quand on chauffe du phosphore dans un air très-raréâé, il se forme trois produits distincts : l'un est l'àbide phosphorique, Tautre une poudre blanche volatile , et le troisiènae, un solide rouge, comparât] rement fixe, et qui exige, pour sa fusion, une température supérieure à celle de Teau bouillante. La substance Yolatile est soluble dans l'eau, à laquelle elle communique des propriétés acides : cette substance parait être de l'acide phosphoreux. La substance rougeâtre est probablement un oxidede phosphore, puisque, pour sa conversion en acide phosphorique, elle exige moins d'oxigène qu'il n'en faut pour l'acidification du phosphore. ( Ployez Acides phosphorique ,
FHOSPHO&EUX et BTPOPHOSPHOREUX. )
Le phosphore et le chlore s'unissent avec une grande facilité, quand on les met l'un et l'autre en contact, aux températures ordinaires. Lorsqu'on introduit du chlore dans une cornue vide d'air, et contenant du phosphore, celui-ci prend feu, et brûle avec une flamme pâle, en donnant des étincelles ; il s'élève en-même-temps une substance blanche qui se condense sur leg parois du vase.
Si le chlore est en proportion considérable, telle, par exemple, que celle de la pouces cubes (environ 197 centimètres cubes), pour un grain (environ 65 milligrammes) de phosphore, celui-ci disparaîtra en entier, et il ne se for^ mera autre chose que la poudre blanche, dans laquelle environ 9 pouces cubes (environ 147- centim. cubes) de chlore se trouvent condensés ; il ne se produira aucune substance gazeuse nouvelle.
La poudre blanche qui s'est formée ainsi , est un com-' posé de phosphore et de chlore, décrit, pour la première fois, comme une substance particulière, par sir H. Davy, en 1810; et diverses expériences analytiques et synthétiques, qu'il fit avec cette poudre , ont prouvé qu'elle consiste dan» environ 1 de phosphore, et 6,8 de chlore, en ppids. Le nombre proportionnel 1 de l'atome du premier -h 2 > celui de l'atome du second constituant donnent le rapport
PHO i55
de 1,3 è 9 , ou de i à 6 , c'est un bichlorure de phosphore.
Les propnètés de ce bichlorure sont très-particulières : il est d'un blanc de neige , extrêmement volatil ^ et s'élevant , sous forme gazeuse 9 aune température de beaucoup jnfénenre à celle de l'eau bouillante. Sous une certaine pression pneumatique, il peut être fondu, et il cristallise alors en prismes transparens.
U agit très-violemment sur l'eau, en la décomposant, d'où résultent des acides phosphôrique et muriatique; le premier, par l'union du phosphore avec l'oxîgène , et le second , par celle du chlore avec l'hydrogène de l'eau. Il s'enflamnfie quand on en approche une bougie allumée. En le faisant passer, avec de l'oxigène, à travers un tube de verre chauffé au rouge , il est décomposé , et l'on obtient de l'acide phosphôrique et du chlore. La grande fixité de l'acide, comparativement au chlorure, semble, dans cette expérience, donner à l'oxigène cette supériorité d'attraction que lo chlore possède dans la plupart d'autres cas. Du papier de tournesol , bien sec, qu'on expose, dans un vaisseau vidé d'air, à la Tapeur de ce bichlorure, est rougi. Quand on l'introduit dans un yase contenant de l'ammoniaque, une combinaison a lieu, accompagnée dé beaucoup de chaleur; et il en résulte un composé insoluble dans l'eau , indécomposable par des dissolutions acides ou alcalines , et possédant des caractères analogues aux terres.
Le proto-chlorure de phosjghQre fut, pour la première fois , obtenu à l'état de pureté , par sir H. I>avy , dans Tannée 1809. Si, après avoir rempli un tube de verre de* sublimé corrosif en poudre, on le fait traverser par du phosphore à l'état de vapeur, on obtient un fluide limpide, aussi clair que de l'eau, et d'une pesanteur spécifique de i,45. €e fluide répand des fumées acides quand il est exposé à l'air , en décomposant la vapeur aqueuse qui y est contenue. Si du papier, imbibé de ce liquide, est exposé à l'air, il devient acide > sans inflammation. Du papier de tournesol,
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bien sec, qu'on y plonge, n'est pas rougi. Sa vapeur brûle dans la flamme d*iiue bougie. Mêlé avec de Teau et cbauffé, il se dégage de l'acide luuriatique , et il reste de l'acide phosphoreux. ( Voyez Acide phosphoreux. ) Si on l'introduit dans un vaisseau contenant du chlore, il est converti dans le bichlorure ; quand on le fait agir sur de l'anunoniaque , il se produit du phosphore, et le même composé d'apparence terreuse que celui formé par le bichlorure et de l'ammoniaque.
£n chauffant doucement du phosphore dans le protochlorure, il s'en dissout une partie; et le liquide, par son exposition à l'air, donne lieu à des fumées acides, dues à la décomposition de l'eau contenue dans l'air, et il aban" donne une coi|che très-mince de phosphore, qui ordinairement s'enflamme , à l'aide de la chaleur développée par la décomposition de la vapeur. Le premier composé de ceite nature fut obtenu par MM. Gay-Lussac et Thénard, en 1 808, en distillant ensemble du phosphore et du calomel : ib pensèrent alors que c'était une combinaison particulière de phosphore, d'oxigène et d'acide muriatique. Il n'a point été fait d'expériences pour déterminer la quantité de phosphore que le proto-chlorure peut dissoudre* Probableaicnt, dit sir H. Davy, il est possible d'obtenir une combinaison définie dans laquelle la proportion de chlore correspondra à celle de l'oxigène dans l'oxide de phosphore. Le sous-chlorure consisterait alors en 3 phosphore •+- 4,5 chlore ou 2-f-3.
Les composés d'iode et de phosphore ont été examinés par sir H. Davy et M. Gay-Lussac.
» Le phosphore s'unit à l'iode avec dégagement de chaleur, mais sans lumière. Une partie de phosphore et huit parties d'iode forment un composé de couleur rouge orangé brun^ fusible à environ loo* centig. , et volatil à une température plus élevée. En mettant ce corps en contact avec l'eau , il se dégage de l'hydrogène phosphuré, il se précipite des flocons de phosphore , et l'eau , qui est restée incolore , contient en dissolution des acides phosphorique et faydriodique.
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Une partie de phosphore et seize parties d'iode produisent une matière cristalline d'un noir grisâtre, fusible à 29" cent* L'acide hydriodique que cette matière produit , lorsqu'on la met en contact avec de l'eau, est incolore, et il ne se dégage point d'hydrogène phosphuré.
Uae partie de phosphore et 24 parties d'iode donnent lieu aune substance noire, qui se fond en partie à 46° ccntig., l'eau le dissout avec un grand développement de chaleur; et la dissolution est de couleur d'un brun très-foncé, qu'elle ne perd pas en la tenant pendant quelque temps à une douce chaleur. Avec 1 de phosphore et 4 d'iode , on obtient deux conaposés très-diffërens l'un de l'autre. L'un d'eux a la môme couleur que celui formé de 1 de phosphore -f- 8 d'iode , et paraît être le même. Il se fond ù io3^ centig. ; et quand il est dissous dans de Peau , il produit de l'acide hydriodique incolore, de l'hydrogène phosphuré, et du phosphore qui se précipite à la fin en ffocons d'un {aune orangé. L'autre composé est brun rou^eâtre, ne se fond pas à 100" centig. , ni à aucune autre température plus élevée. L'eau n'exerce sur lui aucune action sensible. La potasse le dissout avec dégage^ ment de gaz hydrogène phosphuré; et quand on verse du chlore liquide dans la dissolution, il n'indique que des traces d*iode. Chauffé à l'air libre, îl prend feu et brûle comme le phosphore, en émettant des vapeurs blanches, sans aucune apparence d'iodic. m. Gay-Lussac aya«t reotieilli eias vapeurs dans Qoe cloche de verre, il n^e put y décciuvcir auGU{:e quantité fMlcooque d'iode. On obtient cdKMttaouQdent ce composé Foage , quand le phosphore et Fiode sont Funm l'autre dams la proportion» de > à 4> U* Gay-Lussaor eàC poftté ^ considérer cette substance comme identique avec la â^aiti^re rpurge que tburnit si souvent k phospàor^, et qur'oiii! a jusqu'ici regardée comme on oxide de ce corps. Quelles que soie&t l'es proportions dans lesquelles on ait fait l'iodare de phosphore^, il ^aie toujours, dès qu'on l'humecte,^ des vapeurs acides, dues à de l'acide hydriodique formé par la décomposition de l'eau.
i58 PHQ
Tel est l'exposé des propriétés des îodures de phosphurc que nous a donné M. Gay-Lussac. Les rapports de combH naison , d*après la théorie , sont :
Sous-iodurC. 3,0 Phosphore. -H 1 5, 5 Iode ou 1 -H 5, 16
Protiodure. .1,5 -Hi5,5 ... . i-Hio,3S
Deutiodure.. i,5 4-315O . .... i-H2o,66
Hydrogène phosphuré. Il y a deux variétés de ce composé : l'un formé d'une proportion de chacun des ingrédiens^ et par conséquent devant être appelé hydrogène phosphuré; l'autre, dans lequel la proportion de phosphore est de moitié moindre , et nommé en conséquence hydrogène squsphosphuré. /
1. Hydrogène phosphuré, — On introduit dans une petite cornue remplie de lait de chaux , ou d'eau de potasse , quelques petits fragmens de phosphore ; et après avoir fait plonger le bec de la cornue dans l'eau d'une cuve pneumatique 9 on applique au fond de cette cornue la chaleur de la flamme d'une lampe d'Argand. Il ne tarde pas à se dégager des bulles de gaz qui viennent faire explosion au contact de l'air. On peut encore l'obtenir par l'action d'acide muriatique étendu sur du phosphuré de chaux. Cependant 9 afin d'avoir le gax dans son état de pureté y il est nécessaire de le recevoir sur le mercure. Son odeur est très-désagréable, sa pesanteur
gram.
spécifique est d^ 0,902a, et 1 décimètre cube pèse 1,007. Dans l'oxîgène , il s'enflamme avec une lumière blanche brillante. Dans l'air ordinaire , lorsque la bulle de gaz brûle à la surface de l'eau, et fait explosion, on voit s'élever un anneau de fumée blanche , qui est lumineux dans l'obscurité. L'eau absorbe environ i^^.* de son volume de ce gaz; elle acquiert une couleur jaune , une saveur amère , et l'odeur caractéristique du gaz. Mis en contact avec du chlore, il détone en émettant une lumière verte brillante; mais on n'a jamais examiné d'une manière particulière les produits de cette combustion.
PHO t59
En faisant passer une suite d'étincelles électriques à travers rhjdrogène phosphuré, le phosphore est précipité, et il reste un volume d'hydrogène égal au volume primitif. On peut, par conséquent , déduire la composition du gaz de la comparaison de sa pesanteur spéc. avec celle de l'hydrogène.
Hydrogène phosphuré. . . 0,902a Hydrogène 0,0694
Phosphore = Dîffiérence de poids. . . o,8328
Nous voyons donc ainsi, que ce composé consiste en 0,8328 phosphore -H 0,0694 hydrogène ; ou 1 2 -t-^ 1 ; ou i,5-Ho,i25= 1,625, qui est le poids de la somme des deux nombres proportionnels , appelé communément le poids de ion atome. On peut encore convenablement analyser ce gaz au moyen du gaz nitreux , ou de l'oxigène.
2. Hydrogène sous-phosphuré. — Il fut découvert par sir H. Davy, en 1812. Quand on chauffe dans une cornue, et à l'abri du contact de l'air, l'hydrate d'acide phosphoreux cristallisé , il se forme de l'acide phosphorique solide , et il se dégage une quantité coiisidérable d'hydrogène sous-phosphuré. Son odeur est fétide, mais moins désagréable que celle du gaz précédent. Il ne détone pas spontanément comme lui, par son contact avec l'oxigène; mais à une température d'environ i5o' centigr. , il donne lieu à une explosion violente. Dans le chlore, il fait explosion avec une flamme blanche. L'eau absorbe ^.* de son volume de ce gaz. Quand on y chauffe du potassium, son volupae est doublé, et il en résulte de l'hydrogène pur. Lorsqu'on sublime du soufre dans un volume de ce gaz , il se produit du sulfure de phosphore, et à-peu-près deux volumes d'hydrogène sulfuré. Or, comme la densité de la vapeur de phosphore est o,833 , ainsi que cela paraît établi d'après l'analyse ci-dessus de Thydro.gène phosphuré , et qu'on peut aussi l'inférer d'après le nombre équivalent que sir H. Davy a donné pour le ph9S-.
i6o PHO
phore [vqyetÂcii^t FHostHOBiQCE), \t composé gazeat éùnt îl est ici question dt\ra être éyîdemmeiit formé de - 2 volumes d'hydrogène. . . = 0,0694x2== o,i588 . et 1 vol. de vapeur de phosphore =i= o,8335
réduits en un volume ; par Conséquent la pesanteur spécifique de ce gaz £St 0,9721 ; et il consiste en 2 proportions d'hydrogène = o,25 Ht* ï^ne de phosphfote = ,5 = 1,76 , nombre équivalent qui est identique avec celui de l'azote.
Il est probable que hf gatz hydrogène phosphaté contient quelquefois de Fhy droçfène sous-'phosphûfé et de Fhydirogèae ordinaire , â l'état dé mélange arec lui.
« H n'y a pent-être pas, dit sir H. I>avy, dans toute la série des phénomènes chîfttiques , une d'étnonstration plws brillante de la thêorre éts proportions déônres , que celle qxii se présente dans la décomposition de l'acrde hydrO-phosphoremr en acide phosphorique et en gaz hydro-phosph^rîqu e. » Quatre proportions de l'acide contiennent quatre^ proportions de phosphore et quatre d'oxigëne ; déffx prô|>ortîon5 d*eaii contiennent quatre propdrtions d'hydrogène et deux d'bxigéne (ïe tout en volume), te» six proportiorts^ d'oxigëne s'unissent à troîsf proportions de phosphore pour former trei^ proportions* d'acide phosphorîque , et les quatre proportions d*hydVogène se combinent avec une proportioii' de phosphore pour former une proportfon dfe gaz hydropbos- |)hortque, et îï n'y a pars d'autres produits ». -^ Étémefts , p. 297. Le ïectetr observera qu*îici son gat hydna-phos^^orîque est notre hydrogène soustjbo^plnifé.
Le phosphore et ïe soirfre sont suscfeptiBfcs (fe ée coxtk^ biner: on petïtfes*uniï en leisfbndant ensemble dans nAtube vidé (Pair, OU sous Tean^ Dans ce dernier cas^, on ne doit agir que sur de petites^ quantités, parce qn 'an moment db leur action Teau est décomposée , et quelquefois arec explosion^ Ils s'unissenidans on grûQ(f notnbre de proportions. Le'com-
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posé le plus fusible est celui qui résulte de l'union d'une partie et demie de soufre avec deux parties de phosphore. Il reste liquide à 4*544 ccntigr. A l'état solide , sai couleur est Je blanc jaunâtre! Il est plus combustible que le phosphore ; et à une forte chaleur, il distille sans éprouver de décomposition. S'il eût été formé de a de soufre -H 5 dé phosphore, oous aurions eu alors un composé défini d'un atome d\i premier constituant et de deux du secoàd. Cette proportion fonne la meilleure composition que l'on puisse employer pour les briquets. £n en fixant une petite quantité à l'ettré^ mité d'une allumette soufrée , elle s'enflamme quand on la frotte doucement sur une surface de liège ou de bois. Un oxide de phosphore que l'on peut faire en chauffant avec un fil de fer rouge de feu, un peu de phosphore contenu dans une fiole étroite bouchée^ remplit bien aussi cet objet. Il faut avoir soin de tenir la fiole hermétiquement fermée ; autrement Toxide se convertit promptement en acide phosphoreux.
Le phosphore est soiuble dans les huiles , et il leur commanique la propriété de paraître lumineuses dans l'obscurité. L'akool et l'éther le dissolvent aussi, mais en moindre proportion.
gram.
Prisa l'intérieur, à la dose de o,o65, il agit comme poison. L'azote en dissout une petite quantité , et son volume est augmenté d'environ ^\ ( yo^ez ËunioMmE. )
PHOSPHORE D£ BAUDOUIN. Murîate de chaux calciné.
PHOSPHORE DE BOLOGNE. ( ^oj^^Lumièee). Sulfata de ^^e.
PHOSPHORE DE CANTON. Coquilles d'huîtres calcinées tîec du soufre.
PHOSPHORESCENCE. (rqyezLvmkMt.) Tonie IV. 11
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PHOSPHORITE. Sous-espèce d'apatite.
1. PhospJiorite commune. — Couleur blanc^jaunâtre. En masse et en concrétions lamelleuses courbes; mate; cassure inégale ; opaque ; tendre et un peu cassante. Elle se fond avec difliculté en un verre blanchâtre^ Quand, après rayoir écrasée dans un mortier de fer ^ on la projette sur des charbons ardens, elle émet une lumière yerte phospho* rique. Ses parties composantes sont» selon Pelletier: chaux 69, acide phosphorique 34 » silice a 9 acide fluorique i, OJÛde de fer 1. On la trouve en croûtes dans TEstramadure, en Espagne.
2. Phosphorite terreuse. — Sa couleur est le blanc-grisatre. Elle consiste dans des particules poudreuses mates. Sur des charbons allumés 9 elle devient phosphorescente. Ses parties constituantes sont 9 diaprés Klaproth : chaux 47^ acide phosphorique Sa^aS^ acide fluorique a^aS, silice 0^5, oxide de fer 0,75, eau 1, mélange de quartz et deaerre grasse ii^B. On l'a trouvée dans un filon à Marmarosch en Hongrie. ( Ployez Afatitv. )
PHOSPHURE. Composé de phosphore avec un combustible, ou un oxide métallique.
PHYSALITE ou PYROPHYSALITE. Couleur, le blanc verdâtre ; en masse; en concrétions grenues; éclatante dans le clivage qui est parfait, et comme dans la topaze. Cassure inégale 9 translucide sur les bords. Aussi dure que' la topaze. Pesanteur spécifique 3,45i. Ce minéral blanchit au chalumeau. Ses parties constituantes sont : alumine 57,74» silice 34? 56, acide fluorique 7,77. On le trouve dans du granité à Finbo en Suède. C'est uner sous-espèce de la topaze prismatique. — Jameson,
PICROMEL. Le principe particulier caractéristique de la bile. Si l'on mêlç de l'acide sulfurique , étendu de cinq par-