‹ Dictionnaire de chimie sur le plan de celui de NicholsonChapitre 90 sur 178 · RHO · texte numérisé non relu

RHO

àlongrcol, recourbé de manière à faire avec l'autre partie du vaisseau, un angle d'enifiron soixante degrés, et c'est probablement à raison de cette forme, qu'on a donné aux cornues le nom de rctortes. La partie la plus spacieuse de la cornue se nomme ventre ou panse, la partie supérieure voûte, et la partie recourbée, col ou bec.

RÉUSSITE ou RÉUSSIN, nom donné par M. Rcuss, à un minéral de couleur blanche, se présentant comme une efflorescence farineuse; cristallisé en prismes aplatis à six faces et en cristaux aciculaires. Il est brillant; à cassure concboïde; tendre. Ses parties constituantes sont, suivant Reuss : sulfate de soude 66,04, sulfate de magnésie 3i,55, muriate de magnésie 2,19, et sulfate de chaux 0,42. On le trouve en efflorescence à la surface de la terre et dans les environs de Sedlit2 et de Saîdschutz.

RÉVERBÈRE. ( /^ez Labohatoiee. )

RHODIUM. Métal nouveau, découvert par le docteur Wollaslon parmi les grains de platine brut. Nous avons donné, à l'article palladium, la manière de l'obtenir à Tétat d'un sel' triple combiné avec l'àcide muriatique et la soude. On peut faire dissoudre cette combinaison dans l'eau, et en précipiter l'oxide sous forme d'une poudre noire, au moyen d'une lame de zinc.

L'oxide exposé à la chaleur conserve sa couleur noire ; mais chauffé avec le borax il acquiert un éclat blanc métallique , quoiqu'il continue d'être infusible. Néanmoins le soufre ou l'arsenic le rendent fusible, et on peut ensuite les chasser à l'aide d'une chaleur continuée. Cependant le boulon métallique que l'on obtient ainsi n'est pas malléable. Sa pesanteur spéciGque paraît excéder celle de ii.

Le rhodium s'unit facilement avec tous les méts^ux que l'on a essayés, excepté avec le mercure. Avec l'or ou l'argent n forme un alliage très-malléable^ qui ne s'oxide point à un

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haut degré de chaleur, mais qui, étant lentement refroidi ^ se recouvre d'une croule d'oxide noir. Un sixième de rhodium n'altère pas la couleur de l'or d'une manière yisible ,' raaii il le rend beaucoup moins fusible. L'acide nitrique et l'eau régale n'ont aucune action sur lui dans l'un ou l'autre de ces alliages; mais si on le fait fondre avec trois parties de bismuth , de plomb , ou de cuiyre , l'alliage est entièrement soluble dans un mélange d'acide nitrique et de deux parties d*iacide muriatique.

L'oxide de rhodium se dissolvait dans tous les acides à l'action desquels le docteur "WoUaston le soumit. La dissolution dans l'acide muriatique ne cristallisa point par l'évaporation. Son résidu formait avec l'alcool une dissolution de couleur rosée. Le niuriate d'ammoniaque et de soude et le nitrate de potasse n'occasionnaient aucun précipité dans la dissolution muriatique, mais ih formaient avec l'oxide des sels triples, qui étaient insolubles dans l'alcool. Sa dissolution dans l'acide nitrique ne cristallise pas non plus; mais l'argent, le cuivre et quelques autres métaux la précipitaient.

La dissolution du sel triple avec le muriatede soude n'était point précipitée par le muriate, le carbonate, ou l'hydrosulfate d'ammoniaque, ni par le carbonate ou le ferro-prussiate de potasse , ni par le carbonate de soude. Néanmoins les alcalis caustiques en séparaient un oxide jaune soluble dans un excès d'alcali; et une dissolution de platine j occasionne un précipité jaune.

On a mis en question si l'on devait considérer le rhodium comme un métal distinct; mais depuis, toutes les expériences du docteur WoUaston ont été confirmées par Descotils. {Philos. Trans.)

RHOETIZITË. Minéral de couleur blanche; en masse et en concrétions rayonnées ; peu éclatant, d'un éclat nacré; fragmens esquilleux; faiblement translucide sur les bords. Dans tous les autres caractères, ce minéral ressembla à 1*

ROC !i6i

tyanîlc;onle trouyedans des roches primitives avec du quarlz «te. , à Pfitzsci dans le Tyrol.

ROCHE ( CRISTAL DE ). Ses couleurs ordinaires sont le blanc et le brun. Il est en morceaux roullés et cristallisés. Sa forme primitiye est un rhomboïde de 94** iS' et de 85» 45'. Les formes secondaires sont, un prisme équi-angle à six pans, avec pointement assez aigu sur l'une et l'autre extrémité, par six plans qui reposent sur les plans latéraux ; une pyramide double îi six faces ; une pyramide simple aiguë à six faces ; une pyramide double aiguë à trois faces. Le cristal de roche est brillant. Sa cassure est parfaitement conchoîde. Il est transparent ou translucide. Il a une faible réfraction double. Il raye le feld-spatb , et il est assez aisément frangible. Sa pesanteur spécifique est de 2,60 à 2,88. Lorsqu'on frotte l'un contre Faulre deux morceaux de cristal de roche, ils deviennent phosphorescens, en exhalant une odeur électrique. Les parties constituantes du cristal de roche sont établies par Bucholz, à, silice 99I avec trace d'alumine ferrugineuse. Il a été avancé et soutenu par quelques chimistes que le cristal de roche contient un ou deux pour cent d'humidité. Il se rencontre dans l'île d'Arran en Ecosse , des morceaux de cristal de roche très-beaux et de grande dimension, en cavités drusiques, dans du granité; mais les plus beaux morceaux se trouvent dans les environs de Cairngorm dans l'Aberdeenshire; ils se présentent dans du granité, ou dans un terrain d'alluvion, accompagnant le béril et la topaze; les groupes les plus magnifiques de cristaux de roches viennent du Dauphiné.

Les variétés de cristal de roche , qui renferment du titane ^ ou les pierres à cheveux de Vénus des amateurs, et celles qui contiennent de l'acitinolite, ou les pierres à cheveux de Théiis , sont les plus estimées , et se vendent à un très-grand prix. -^ Jameson,

KOCOU. Les graines du bixa orellana, arbrisseau de la

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famille des liliacées , qui , dans un bon terrain 9 s'élèvent de 5 à 6 mètres, fournissent des masses rouges qu'on apporte dt^ l'Amérique eu Europe, sous le nom de rocou ou roucou. Il nous arrive ordinairement sous la forme d'une pâte assez sèche et assez dure , qui est brunâtre à l'extérieur et d'un rouge mat dans l'intérieur. L'eau agit difficilement sur cette substance , et la liqueur ne prend qu'une teinte de jaune brunâtre pâle: mais elle se dissout très-aisément dans l'alcool rectifié , qu'elle colore en orangé ou rouge jaunâtre ; c'est ce qui fait employer le rocou dans les vernis jaunes auxqueU on veut donner un œil orangé. Les sels alcalins rendent le rocou complètement soluble dans l'eau bouillante , sans que ^a couleur en soit altérée.

Outre l'emploi que l'on fait du rocou dans la teinture , on s'en sert aussi pour colorer du fromage.

ROSÉE. On appelé ainsi l'humidité qui se dépose inscnsi^ blement de l'atmosphère sur la surface de la terre.

C'est à feu A. Wilson , profc'sseur d'astronomie à Glascow, et à son fils, que sont dus les premiers faits qui pouvaient fconduire à une explication satisfaisante de cet intéressant phénomène naturel, dont, jusqu'à ces derniers temps ^ on n'était point encore parvenu à se rendre raison. Le premier établit {Phil, Trans. pour 1771), que dans une nuit d'hiver, pendant laquelle l'atmosphère fut plusieurs fois alternativement brumeuse et claire, il observa qu'un thermomètre suspendu dans l'air s'élevait d'un demi-degré à un degré entier , toutes les fois que l'état brumeux de l'atmosphère commençait , et qu'il descendait d'autant dès que le femps devenait serein. Le docteur Patrick Wilson donna communication, en 1786, à la Société Royale d'Edim* bourg, d'un ftjémoire important sur la gelée blanche , qui fut publié dans le premier volume des Transactions de cette Société. Ce Mémoire est rempli d'observations nouvelles et intéressantes q\ie l'expérience, suivie depuis avec le plus grand soin, a confirmées. Le docteur "Wilson avait auparavant, en

i;8i , annoncé que la surfoce de la neige 9 pendant ^ine nuit

claire et ealme, était de 16* Fahrenheit (enriron 9 degrés

centigrades) plus froide que Fair, à s pieds (environ ^1

centimètres ) au-dessus d'elle ; et dans son Ménnoire à ce sU'*

jet, il fait voir que pendant qu'il se dépose de 1k rosé«»ou de

la gelée blanche , il y a uniformément production de froid.

Le docteur Wilson est, parmi les physiciens obsenrateurs , 1«

premier qui fit la remarque de ce fait. Mais comme on ne

connaissait pas alors la différence de force avec laquelle des

surfaces dîyerses projètent ou rayonnent la chaleur, le doc-^

teur Wilson ne pouyait pas aller chercher la trace des phé«

nomènes de ta rosée à leur source dernière. Le docteur Wells

s'est dernièrement acquitté de cet important tribut à payer

à la science, dans son Essai très-ingénieux et traité en maître

sur la rosée.

1. Phénomènes de la rosée, — Aristote avait remarqué que la rosée ne paraît que dans des nuits calmes et claires. Le docteur Wells fait voir qu'il ne s'en dépose jamais dans des circonstances opposées , et que peu seulement lorsque les nuages sont très-élevés. Il ne s'est jamais manifesté de rosée dans des nuits et nuageuses et yenceuses ; et si , dans le cours de la nuit , le temps , de serein qu'il était auparavant , était devenu obscur et orageux, la rosée qui se sera déposée pendant que le temps était serein, disparaîtra. Dans un temps calme , si le ciel est en partie couvert de nuages , il y auM plus de rosée que sll en était entièrement exempt.

La rosée commence probablement à paraître dans la cam* pagne, sur l'herbe, dans les lieux qui sont abrités du soleil , dan» un tenaps clair et calme , aussitôt après que la chaleur de Tatmosphère a décliné, et elle continue à se déposer pendant toute la nuit, jusqu'à un peu après le lever du soleil. Sa quantité dépendra jusqu'à un certain point de la proportion d'humidité dans l'atmosphère; et, par conséquent elle sera plus grande après la pluie qu'après une longue durée de temps sec ; et, en Europe, avec les vents du midi et de l'ouest, qu'avec ceux

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soufflant du nord et de Test. La direction de la mer détermro0 ce rapport des vents à la rosée. Car, en Egypte, on obser^o à'peinc jamais de la rosée, si ce n*est lorsque les yents de nord ou étésiens prédominent. Il s'ensuit aussi, que la rosée est généralement plift abondante dans le printemps et dans l'automne que dans Tété ; et elle est toujours très-aboadante dans celUs de ces nuits claires qui sont suÎTies.de matinées ayec brouillard , indiquant que Pair est chargé d'humidité ; et une matinée claire succédant aune nuit nuageuse détermine le dépôt total de la Tapeur retenue. Lorsque la chaleur de l'atmosphère est compatible avec sa clarté, comme c'est le cas dans'ks latitudes méridionales , la rosée deyient beaucoup plus abon^ dante , parce que l'air contient alors plus d'humidité. La ro** sée continue à se former ayec une abondance qui ya en augmentant à mesure que la nuit s'ayance , à raison de ce que le refroidissement de la terre augmente.

2. De la cause de la rosée, — La rosée est , suivant Aristote, une espèce de pluie, formée dans l'atmosphère inférieure, par suite de la condensation en très-petites gouttes de son hu-> midité, par le froid de la nuit.. Des opinions de cette sorte, dit le docteur Wells, sont encore maintenues par beaucoup de personnes, parmi lesquelles on peut citer le très-habile professeur Leslie (RelaU ofheat and moisture^ p. 37 et i5a). Cependant un fait annoncé pour la première fois par Gerstin, qui publia en 1773, son Traité sur la rosée, leur prouve que cette opinion est erronée; car il observa que des corps un peu éleyés dans l'air , deviennent souvent humides au moyen de rosée , tandis que des corps semblables , gisant sur la terre restent secs , quoique nécessairement aussi susceptibles par leur sU tu,ation que les premiers^ d'être mouillés par tout ce qui tombe des cieux. L'opinion ci-dessus est complètement réfutée par ce qu'on va dire, relativement aux surfaces métak» liques qui, exposées à l'air dans une situation horizontale , restent sèches, tandis que toute chose autour d'elles est coMr^ verte de rosée.

A la suite d'un long temps de sécheresse, l'air étant trèscalme et le ciel serein, le D.' Wells exposa à Tair, 28 minutes avant le coucher du soleil, des pièces de laine et d'étoffe de duvet de cygne (swandown)^ dont il avait préalablement pri?* le poids, étendues sur une table de bois de sapin parfaitement êèche, lisse , non peinte, de un mètre et demi de long, environ un mètre de la^ge, et à-peu-près autant de hauteur, qui avait été placée, une heure auparavant, à la clarté du soleil , dans un grand pré situé de niveau. On trouva que la laine, 12 minutes après le coucher du soleil, était de i4" plus froide que l'air, et n'avait pas^augmenté de poids. L'étoffe de duvet de cygne, dont la quantité était beaucoup plus grande que celle de la laine, était dans le môme temps de i3' plus froide que l'air, et aussi sans aucune augmentation de poids. Au bout de 20 minutes de plus, l'étoffe de duvet de cygne était de i4*'>5 plus froide que l'air environnant, et encore, sans qu'il y eut augmentation dans son poids. Dans le même temps, le pré était de iS** plus froid, à environ un mètre audessus de la terre.

D'après un très-grand nombre de faits , dérivant de l'observation et de l'expérience , le docteur Wells fut porté à établir la proposition que les corps deviennent plus froids que l'air environnant aidant qu'ils soient humectés par la rosée. Ainsi donc 9 le froid que le docteur Wilson et M. Six conjecturaient êtr« l'effet de la rosée , paraît actuellement en être la cause ; mais comment la surface de la terre est-elle rendue plus froide que l'atmosphère ? C'est par le rayonnement ou projection de chaleur dans l'espace. Qr , il a été démontré, par les recherches du professeur Leslie et celles du comte . de Rumford , que les corps divers projettent la chaleur dan» des degrés de force très-différens.

Dans la manière d'agir de ce principe réuni au pouvoir d'un miroir concave d'un nuage , relativement au réflecteur, ces émanations calorifiques, qui se seraient dissipées dans un ciel clair, se trouveront être une solution des phénomènes les

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plus mystérieux de la rosée. Il faut ici prendre deux circoD«

stances en considération :

1. L'exposition de la surface particulière qui doit receyoir la rosée y à l'aspect libre du ciel ;

2. Le pouvoir particulier de rayonnement de la surface. 1. Tout ce qui tend à diminuer la yuedu ciel pour le corps qui y est exposé, est un obstacle à la dépression de sa tem-^ pérature, et il en résulte que la quantité de rosée formée sur ce corps est moindre qu'elle ne l'eût été , si l'exposition de ce corps au ciel avait été complète.

Le docteur Wells ayant recourb^une feuille de carton, de manière à lui donner la forme d'un tott ou faîte de maison , arec l'angle de courbure de 90 degrés , laissant l'une et l'autre extrémités ouvertes, il plaça un soir ce carton, son bord en l'air, sur une pièce de gazon, dans la direction du vent , autant qu'il lui fut possible de la recodnaître. Le doc« teur déposa alors 10 grains en poids de laine blanche et médiocrement fine, qui n'avait point été séchée artificiellement , au milieu de la partie de la pièce de gazon abritée par le toit de carton , et la même quantité sur une autre partie du gazon complètement exposée au ciel. On trouva , le lendemain matin, que la laine abritée avait augmenté de poids de a grains seulement, mais que celle exposée au ciel avait acquis 16 grains. Le docteur Wells varia l'expérience dams la même nuit , en plaçant debout sur la pièce de gazon un cylindre creux d'argile cuite au four, d'un pied de diamètre, et de deux pieds et demi de haut. Il déposa sur le gazon, autour du bord extérieur du cylindre, lo grains de laine, qui; dans cette situation, comme il ne faisait pas le moindre vent, devrait avoir reçu autant de pluie qu'une pareille quantité de laine complètement exposée au ciel. Mais la quantité d'humidite acquise par la laine privée en partie par le cylindre de faspect du ciel, ne fut que d'environ 2 grains, tandis que celle acquise par la même quantité de laine pleinement exposée, était de 16 grains. L'état de repos d'un corpf

semble oécessaire pour qu*il acquière sou plus grand degré de refroidissement, et que la rosée s'y dépose complètement. Des allées sablées et des espaces payés projettent de la • chaleur et acquièrent moins facilement de la rosée qu'une surface couverte d'herbe. Il s'ensuit, que de la laine placée sur ces allées ou espaces pavés, a sa température moins dépri-mée que lorsqu'elle est posée sur l'herbe, et que par con-^ séquent, elle est moins mouillée de rosée. Ici , la laine n'attire pas l'humidité par l'effet de l'action capillaire de l'herbe ; car le même effet a lieu si l'on place la laine dans une sou^ coupe. Ce n'est pas non plus l'attractian hygrométrique ; car delà laine posée, dans une nuit nuageuse, sur une planche élcrée, acquiert à-peine de l'augmentation de poids.

Si l'on isole de la laine à quelques pieds de la terre, sur un mauvais conducteur de la chaleur, tel qu'une planche, elle deviendra encore plus froide qu'étant en contact avec la terre, et acquerra beaucoup plus de rosée que sur l'herbe. A l'extrémité de la planche vers le vent, la laine* est moins mouillée de rosée qu'à l'extrémité opposée, parce que, dans le premier cas, sa teinpérature se rapproche davantage de celle de l'atmosphère. Des surfaces raboteuses et poreuses , telles que des raclures ou copeaux de bois , prennent plus de rosée que du bois lisse et solide , et la soie écrue , plus que le coton , et plus puissai^caent à cet égard , même que la laine. Le verre projette rapid ement la chaleur, et il se recouvre aussi promptemenl de ro^ée; mais les métaux clairs ou brillans attirent beaucoup plu s fortement la rosée que d'autres corps. Si l'on recouvre en partie un morceau de verre avec de l'étain clair eu feuille, ou avec une feuille d'argent, la portion du verre qui n'est pas couverte se refroidit promptement par rayonnement, en l'exposant à un ciel clair de nuit , et elle acquiert de l'humidité, qui commence sur celles des parties qui sont le plus éloignées du métal, et s'en rapproche peu-à-peu. De ^ême aussi, si l'on recouvre extérieurement une portion de carreau de vitre avec de l'étain en feuille, alors, dans une nuit

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claire, il se déposera à Tintérieur de Thumidité sur chaque partie de ce carreau de yitre, à l'exception de celle opposée au métal. Mais si la couyerture du carreau de Titre par le métal est faite à TiiHérieur, alors le Terre, au-dessous et au-delà, deyiendra plus promptement et plus abondamment mouillé de rosée. Dans le premier cas, la feuille d'étain empêche que la chaleur du Terre au-dessous ne se dissipe ; et par conséquent il ne peut receyoir de rosée; dans le second cas, la feuille d'étain empêche le Terre qui est recouTert, de receToirrinfluence caloriOque de l'appartement, et il s'ensuit qu'il est plus promptement refroidi par le rayonnement extérieur que le reste du carreau. L'or, l'argent, le cuiTre et l'étain, qui rayonnent mal la chaleur et en sont d'excellens conducteurs, acquièrent plus difficilement de la rosée que le platine, qui est un moins parfait conducteur de la chaleur, ou que le plomb, le zinc et l'acier, qui la rayonuent mieux.

Il suit de là, que de la rosée qui s'est formée sur «n métal, disparaîtra souyent, tandis que d'autres substances en- Tironnantes restent mouillées ; et un métal mouillé à dessein dcTiendra sec, tandis que ces corps enyironnans acquièrent de l'humidité. Cette faculté de repousser la rosée est communiquée par les métaux aux corps en contact avec eux ou placés près d'eux. De la laine déposée sur un métal acquiert moins de rosée que de la laine placée «ur le gaion contigu.

Si la nuit, après ayoir été très-claire, dcTient nuageuse, quoique rien ne change relatiTement à son état de calme, il s'ensuit toujours une très-grande altération dans la température du gazon. Dans une nuit semblable, le gazon, après ayoir été de 1 2° plus froid que l'air, ne le deyint que de 2' seulement , la température de l'atmosphère étant la même a l'une et à l'autre obseryations. Dans une seconde nuit, le gazon deyint de 9" pljis chaud dans l'espace d'une heure et demie; dans une troisième nuit, la température du gaion s'éleya, en moins de 45 minutes, de i5*, tandis (pré celle u^

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l'air environnant n'augmenta que de 5* ^. Pendant une quatrième nuit 5 la température du gazon était ^ à 9 heures et demie passées, de 32*; vingt minutes après, on Ja trouva être de 39°, le ciel étant dans le même temps devenu nuageux ; et au bout de vingt minutes de plus, le ciel étant clair, la température du gazon était revenue à 52'. Un thermomètre reposant sur la pièce de gazon , s'élèvera quelquefois de plusieurs degrés , lorsqu'un nuage vient occuper le zénith d'un ciel clair.

En examinant en-même-temps divers thermomètres placés pendant une nuit claire et tranquille dans des situations différentes , on trouva toujours que ceux situés où il s'était formé le plus de rosée, étaient les plus bas. Dans des nuits à production de rosée , la température de k terre , à un demipouce ou un pouce au-dessous de sa surface , est toujours beaucoup plus chaude que l'herbe qui la recouvre, ou que Tair au-dessus d'elle. Les différences, sur cinq nuits semblables, furent de 12 à 16".

En faisant des expériences avec des thermomètres, il est nécessaire de couvrir leur boule avec une feuille d'argent ou d'or, autrement la surface vitreuse indique une température plus basse que celle de l'air, ou que la plaque métallique qu'elle touche. Le duvet de cygne semble manifester un plus grand froid , à l'exposition d'un ciel clair, que tout autre chose. Lorsque la température du gazon est de 14° au-dessous de celle de l'air atmosphérique, la température du duvet de cygne est ordinairement de l5^ De la paille fraîche non hachée, et des rognures de papier, peuvent être rangées à cet égard avec le duvet de cygne. Le charbon , le noir de fumée, et la rouille de fer, produisent aussi beaucoup de froid. La neige se tient à 4 ou 5 degrés plus haut que le duvet de cygne laissé sur cette oeige dans une nuit cUire.

a^o ROS

Le tableau qui suit, des obsoratioos faîtes par le docteur Wells, est particulièrement instructif.

Chaleur de Fâir, environ i mètre au-des. du gazon.

— — de la laine sur une planche élevée

6ooi

7 h. ao'

Mi

la même planche. .....

élevée-

— w pit-ce de gazon

La température baisse toujours dans les rtUî!3 claires ; mais le dépôt de rosée dépendant de l'humidité de l'air, peut avoir ou n'avoir pas lieu. Or, si le froid était Pt^ffet de la rosée, le froid réuni à la rosée devrait toujours être proportionnel à la quantité de ce liquide; mais c'est ce que l'expérience contredit. D'un autre côté, si l'on admet que la rosée est de l'eau précipitée de l'atmosphère par le froid du corps sur lequel on la voit, le même degré de froid dans le corps précipitant, peut être accompagné de beaucoup, de peu, ou d*a'icune quantité de rosée, suivant l'état existant de l'air relativement à l'humidité, toutes circonstances que l'on trouve réellement avoir lieu. La précipitation de la rosée devrait en effet produire un dégagement de chaleur.

Une différence d'un très-petit nombre de degrés de température entre celles du gazon et de l'atmosphère , suffit pour déterminer la formation de rosée, lorsque l'air est dans on état convenable. Mais il existe quelquefois une différence de So', ou plus, par le rayonnement de chaleur de la terre an ciel dans l'espace; et il s'ensuit, que l'air, près la surface refroidie de la terre , doit être plus froid que celui un peu élevé. Conformémeat aux observations de M. Six, l'atmo-

«phère, à la hauteur de aao pieds ( 66 mètres), est souvent, dans de certaines nuits, plus chaude de 10° que celle à 7 pieds (enTiroû 2 mètres) au-dessus de la terre. Et si l'air plus bas De communiquait pas de sa chaleur à la surface, celle-ci serait probablemeat de 4^° au-dessous de la température de l'air.

Les corps isolés ou les points proéminens soot plus promptement couverts de gelée blanche et <^e rosée que d'autres , parce que l'équilibre de leur température est plus difficile à se rétablir. Cornue le calme de l'air est nécessaire pour l'effet refroidissant de rayonnement, on peut comprendre pourquoi les jsrouillards épais et pesans, les rosées, etc., auxquels le froid donne lieu , se rencontrent principalement dans des cavités et dans des endroits renfermés, et moins fréquemment sur les collines. De même aussi les feuilles d'arbres restent souvent sèches pendant la nuit, tandis que les brins d'herbe sont couverts de rosée.

Il n'a pu être fait d'expériences directes pour reconnaître comment des nuages peuvent empêcher ou diminuer l'appareoced'un froid, la nuit, sur la surface de la terre, plus grand que celui de l'atmosphère; mais il est possible de conclure des observations qui précèdent, que les nuages produisent presque entièrement cet effet par rayonnement de la chaleur de la terre, en retour de celle qu'ils întercep lent, lorsqu'elle se propage de la terre dan^ l'espace vers le oieL La chaleur qui se développe par condensation de la vapeur transparente en nuage, doit se dissiper promptement; tandis que la grande diminution ou l'empêchement total de l'appa* renée d'un froid sur la terre, plus grand que celui de l'air , sera produit par un ciel nuageux pendant toute la durée d'une bague nuit.

Ou peut ainsi expliqqer , d'une manière plus satisfaisante qu'on ne l'a fait ordinairement , la chaleur qu'on éprouve subitement «n hiver, lorsque, dans un temps de gelée claire, il survient un amas de nuages. Les chimistes attribuent ce <^angement soudain et puissant au dégagement de la cha-

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leur latente des vapeurs condensées; mais les observation* ihennoraélrîques du docteur AVells , sur les alternations subîtes de température par nuage et ciel clair, rendent cette opinion insoutenable. Nous trouvons, en effet, que latempé^ rature de l'atmosphère elle-même est, à des élévations médiocres, assez uniforme, tandis que d'autres corps, à la surface de la terre , éprouvent de grandes variations dan? leur température. Ce simple fait est fatal à l'hypothèse déduite des doctrines de la chaleur latente.

0 J'avais eu souvent, dit le docteur Wells, lieu de sourire de l'emploi des moyens auxquels des jardiniers ont souvent recours pour garantir des plantes tendres du froid, parce qu'il me paraissait impossible qu'une natte mince, ou toute autre substance pareille de nature molasse, pussent empêcher ces plantes d'atteindre à la température de l'atmosphère, par laquelle seule je pensais qu'elles étaient susceptibles d'être endommagées. Mais lorsque j'eus reconnu que des corps à la surface de la terre, deviennent, pendant unenuitcahneet sereine , plus froids que l'atmosphère par le rayonnement de leur chaleur vers le ciel, je conçus aussitôt combien était juste et raisonnable la pratique dont j'avais auparavant déprisé l'emploi. Désirant cependant acquérir des documens précis sur cet objet, je fixai perpendiculairement dans la terre d'une petite pièce de gazon, quatre petits bâtons, et sur leurs extrémités supérieures, élevées de six pouces au-dessus de l'herbe, et qui formaient les coins ou les angles d'un carré dont les côtés avaient deux pieds de long, je plaçai, en l'y tendant bien , un mouchoir de batiste très-fine. Dans cette disposition des choses, il n'existait donc rien qui pût empêcher le libre passage de l'air de l'herbe exposée à celle qui était abritée , à l'exception des quatre petits bâtons , et il n'y avait pas d'autres substances qui pût rayonner vers le bas à^ette dernière, si ce n'est le mouchoir de i>atiste >. Cependant l'herbe abritée se trouva être à-peu-près de la même température que l'air, tandis que celle de l'herbe ooo

abritée, était de 5' ou au-delà plus froide. Dans une nuit ^ la température de l'herbe complètement exposée fut de i !• plus froide que celle de l'air ; mais l'herbe abritée n'était que de 3* seulement plus froide. Nous voyons donc ainsi , quel peut être le pouvoir d'une légère tenture pour écarter ou diminuer t'effet nuisible du refroidissement de la terre. Pour jouir pleinement de l'avantage d'être garanti de l'aspect froid du ciel , ce qui couvre ne devrait pas toucher les corps situés au-dessous. Les murs de jardin agissent en partie d'après le même principe. La neige abrite les plantes de ce rayonnement de froid. Dans les climats chauds , le dépôt de l'humidité de la rosée sur les substances animales accélère leur putréfaction. Comme cet effet n'est Susceptible d^avoir lieu que dans des nuits claljres seulement, on supposa anciennement qu'un beau clair de lune favorisait la corruption de substances animales.

D'après cette émission rapide de chaleur de la surface de la terre, on petft expliquer aujourd'hui la formation de la glace au Bengale pendant la nuit, tandis gue la température àe l'air est au-dessus de zéro. Les liuits les plus favorables pour la production de cet effet sont celles les plus calmes et les plus sereines, et pendant lesquelles l'air est assez sec pour ne déposer que peu de rosée après le milieu de la nuit. Les nuages et les changemens fréquens de vent sont des obstacles certains à la congélation. IVois cents personnes* sont employées à cette opération dans une place. Les enclos formés sur la terre sont larges de quatre ou cinq pieds , et ayec des murs de quatre pouces de hauteur seulement. Dans ces enclos, sur lesquels on a préalablement étendu une couche de paille sèche, sont établies des terrines de terre, non vernissées, larges et creuses, contenant de l'eau de pompe qui ^'apas bouilli. Le vent, qui provoque ai puissamment Tévaporation, empêche tout-à-fait la congélation, et il se forme de la rosée , dans un plus ou moins grantf degré , pendant toute la* durée des nuits qui produisent le plus de glace^ Si Tome IF. . 18

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révaj oraiion ne sètapportait qu'à la congélation, îlsofirail de mouiller la paille pour la provoquer^ mais il est nécessaire, ainsi que le fait observer M. Williams, PhiL Trans., Yol. 88, pour que le procédé réussisse, que la paiUe soit sèche. Il cite en preuve de cette remarque , que quand la pmile devient accidentellement mouillée , on la renouvelle ; et que lorsqu'il la mouillait à dessein dans quelques-uns de» enclos ) la formation de la glace était toujours empêchée. La paillé humide opère le double e£fet de conduire la ohalear et d'élever de la vapeur de la terre, dô manière à former obstacle à la congélation.

ROUILLE. Oxide rouge de fer.

RUBELITE. Tourmaline rouge.

RUBIS. ( rojez Saphir. ) RUBIS SPINELLE. ( f^o^^ez Spinelm. ) RUTILE. Mine de titane.

SABLE. On appelé ainsi un amas de graii» pierreux secs^ 0àuTS au toucher, impénétrables à Teau, et ayant peu d'adhè* | rence entre eux.

SABLE (BAIN DE). {TojrezhjLiv.)

SACLACTATES. ( Foycz AcmB SACiicriQiw. )

SAFRE. C'est le résidu que laisse le cobalt après que )e soufre, l'arsenic et autres matières volatiles que contient ce minéral, en ont été qhassét par calcination. Le aafre, tel qu'on le vend dans l^ commerce, et qu'il nous -vient de la Saxe^ e|t un mélange d*ôxide de cobalt avec une terre vitri-

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