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aguerries, la république travailla avec activité à l'accroissemenl do sa puissance. Elle s'empara successivement d'une partie du Poloponèse et de l'île de Candie, acquit du sultan d'Egypte une entière liberté de commerce dans les ports de Syrie et d'Egypte, s'appropria le commerce des Indes, malgré la république de Gènes, sa rivale, soumit à sa domination un grand nombre de villes et de places de l'Italie, et parvint à se faire donner l'investiture de l'île de Chypre, la plus importante de toutes ses acquisitions. — Venise commença à déchoir au commencement du xvi"^ siècle. La découverte, par les Portugais, d'une nouvelle roule pour aller au.v Indes, lui porta un coup funeste; les efforts qu'elle fit, en 1508, lors de la ligue de Cambrai, lépuisèrent ; et les Ottomans lui enlevèrent l'île de Chypre, Candie, toutes ses possessions de Morée. La république de Venise, ainsi dépouillée, privée de ses principales ressources, n'était plus quel'ombre d'elle-même, lorsqu'en i7C6 le général Bonaparte, vainqueur des Autrichiens, vint l'anéantir; elle cessa dès lors d'exister, même de nom. — La constitution primitive avait été souvent altérée et modifiée. Dès l'an 1032, l'autorité du doge avait été limitée par la création d'un conseil qui partageait avec lui le pouvoir exécutif. Vers 1170 fut créé le grand conseil, composé de 480 citoyens, qui devaient exercer, conjointement avec le doge, l'autorité souveraine. Plus tard, on enleva au doge la juridiction criminelle pour la confier à un tribunal nommé la quarantie. En 1310, un nouveau choc amena l'institution du redoutable conseil lies dix, revêtus d'un pouvoir dictatorial et inquisitorial, qu'il exerça d'une manière absolue. Enfin, en loo4, 3 des membres du conseil des dix, désignés sous le nom ù' inquisiteurs d'état, furent chargés de la surveillance et de la justice répressive, jusqu'alors déléguées au doge, chef de la république; ce tribunal avait droit de vie et de mort sur tous les citoyens. — Toutes ces révolutions intérieures étaient l'œuvre d'une aristocratie ambitieuse et jalou.se qui voulait régner exclusivement. — La ville de Venise a partagé l'abaissement et la ruine de la république dont elle était la capitale; elle est réduite aujourd'hui au rôle secondaire de cheflieu d'une province autrichienne. Sa population diminue chaque juur : au commencement du siècle dernier, elle avait encore 200,000 habitants; maintenant elle n'en compte pas la moitié. Plus d'industrie, plus de commerce, plus de puissance. Cependant Venise est encore digne d'appeler les regards du voyageur; ses lagunes, ses ilôts, se.s ponts si nombreux, les canaux qu'ils traversent, les gondoles qui glissent sur ses eaux, lui donnent un aspect des plus ])ittoresques. Les monuments sans nombre qui la déco-