THÉ — 203 — THÉ
se passent de grandos choses : le Ihéntrc de bi (jmrrf : on dit aussi /( tlicdire du monde.
Thèbes ((rKyypte) était la capitale de la IIaute-É;'yplc (lui lui einprunla le nom de Thébaïde. On ignore l'époque de la fondation de cette ville, la plus ancienne peut-être de l'Egypte. Homère en fait une description magnifique. Elle avait cent portes; un temple de 14 stades de longueur et de 30 mètres de hauteur; ses murs étaient incrustés de piçrres précieuses. — Il reste encore de Thèbes des ruines qui témoignent de son antique splendeur. Détruite par Cambyse, cette ville se releva un peu sous les Plolémées; mais en l'an 82, avant notre ère, elle était à jamais anéantie.
Thèbes (aujourd'hui Istava), ancienne capitale de la Béotie. Elle fut bâtie vers l'année ioOO avant notre ère, par Cadmus, sur le fleuve Isménus. Les malheurs de la famille de Laïus, les exploits de Pélopidas et d'Épaminondas, les chants de Pindare et de Corinne qui y virent le jour, l'ont rendue célèbre. — Elle fut détruite par Alexandre en 333, et ne se releva jamais enlièrcment de ce grand désastre.
Théisme (d'un mot grec signifiant dieu), terme dogmatique par lequel on désigne le sentiment de ceux qui admettent l'existence d'un être suprême, d'un Dieu. C'est l'opposé de V athéisme (v.).
Thémis, décsse de la justice, fille du Ciel et de la Terre. Elle fut, pendant quelque temps, unie à .lupiter et en eut les Heures. On la représente une épée nue dans une main et une balance dans l'autre. I.es anciens ne lui mettaient pas un bandeau sur les yeux.
ThémJstocle llorissait vers Tan 527 avant J.-C. Léger et dissolu dans sa jeunesse, on le vit changer tout à coup, vers l'époque de la bataille de ^larathon. Les lauriers de ^liltiade, comme il le dit luimême , l'empêchaient de dormir. 11 devint un héros et battit i)lusieurs fois les troupes de Xerxès. La victoire de Salamine, gagnée sur les Perses, fut son dernier triomphe. Ses exploits et ses vertus le rendirent suspect et le firent frajiper d'os/roc/swie (v.). Après avoir erré de retraite en retraite, il se réfugia auprès du roi de Perse, (|ui le coml)la de biens, et qui voulut lui confier le commandement général de ses armées. Pour ne point porter les armes contre sa patrie, ni déplaire à son bienfaiteur, le vertueux Athénien s'empoisonna, en buvant une coupe entière de sang de taureau qui se coagula dans ses veines et causa promptement sa mort; il était alors parvenu à l'âge de ()■> ans (l'an Ifii a\ant .l.-C).
Théocratie (de deux mots grecs signifiant diim et piii^nauce'', gouvernement où les chefs de la nation sont regardés comme les ministres de Dieu; état gouverné par la \olonté absolue de Dieu seul.
THÊ — 205 — TIIÉ
Théocrite, le pluri célèbre des poètes bucoliques do ranliciuilé, naquit à Syracuse, dans un rang obscur, et (lorissait vers Tan 281) avant J.-C. Los idylles de ce poète ont servi de modèle à Virgile dans ses églogues. On ne sait rien de positif sur l'époque, le lieu, ni le genre de mort de Théocrite. On peut toutefois conjecturer (ju'ellc arriva vers l'année où Marcellus s'empara de Syracuse.
Théodore. Dcux papes de ce nom ont occupé la chaire de saint Pierre. — Théodore P"", né à Jérusalem, succéda au pajie Jean IV le 2 i novembre 64-2. 11 condamna Pyrrhus et Paul, patriarclies de Consîanlinople, qui étaient monothcUtes , et mourut saintement '! 3 mai 619. C'est le premier pape qu'on ait appelé souverain ponlif&i et le dernier que les autres évoques aient appelé /"rcj'e. — Théodore llï cent dix-huitième pape, succéda à Romain en lan 900 et mouruj vingt jours après son élection. Il fit reporter solennellement daril la sépulture des papes le corps de Formose, qui avait été jelc dan^ le TilM'e par ordre d'Etienne VI.
Théodoric I"', roi dos Gotlis OU Visigolhs, succéda à Vallia eil 120 et mourut en 451 (v. Goths). — Théodoric II, deuxième fils d^ Théodoric !•"' et frère- de Thorismond, qu'il remplaça en ioS sur trône après l'en avoir précipité, fut à son tour assassiné 13 ar après par Euric, autre frère qui l'avait secondé dans le crime au^ quel il devait la couronne. — Théodoric, roi des Ostrogoths, de 1^ maison des Amale, né en 457, mort en 486.
Théodose F'', surnonuiié le Grand, empereur d'Orient , naciuî en 3i6 à Cauca, en Es[)agne. 11 était fils du comte Théodose, cé-j lèbre ])ar ses exploits sous Valentinien l*'", et qui fut décapité Carthage en 376 par ordre de Valens. Gratien s'associa Tnéodosj à l'empire et lui laissa le gouvernement de l'Orient (379). Théoi dose défit les barbares et se fit baptiser en 380 à Ascole par l'évô^ que de cette ville : la fermeté de son caractère et sa vigilanc remirent l'ordre dans les affaires. Un nouveau compétiteur, Maxmi^ s'éleva en Bretagne ; Gralicn , abandonné de ses troupes , fut ir mole à ce rebelle , contre lequel Théodose, quelque temps après marcha à la tète de son armée. Maxime fut défait et tué par s^ propres soldats (388). Maître de tout l'empire. Théodose ne vit sG gouvernement troublé que par la révolte d'Eugène , vaincu et t^ en 394; ce prince régna heureux et absolu jusqu'à sa mort, arrivé en 395. L'histoire a décerné le nom de Grand à Théodose, qui l'a^ lail incontestablement mérité sans les pcr.séculi()ns qu'il exen contre les ariens et les pa'i'ens, persécutions barbares, et ((ui oc casionnèrent d'épouvantables désordres. — Théodose II, fils d Arcadius, fut élevé sur le trône de l'empire d'Orient on 408. Sa sœur
TIIK 207 — THÉ
l'ul(li(''i'io gouverna sous son nom, cl par sa prudence soulinl l'cnij)ire (lo son frère. Ce Théodose , qu'on nomme Théodose-Je-Jcutie , mourut en MiO. Le code qui porte son nom a fait la seule renommée (le ce prince.
Théologie (de deux mots grecs qui signifient Dieu et discours). La tliAulogie est en général la science de Dieu et des choses divines, en tant qu'on peut les connaître par les limiières naturelles. — Les anciens pères de l'église ont donné spécialement ce nom à la partie de la doctrine chrétienne qui traite de la Divinité. — Dans un sens plus étendu, on définit la Ihivluf/ic une science qui nous ap- ■|)Vend ce que nous devons savoir de Dieu et la manière dont il veut que nous le servions. — De théolor/ie on a fait théologal, pour désigner un homme qui enseigne la théolot/ie. — On appelle rcr/«s théologales celles qui ont principalement Dieu pour objet. Ces vertus sont la foi, Vespérance et la charité. — On donne le nom de théologien à celui qui écrit sur les matières de la théologie.
ThéophJlanthrope (de trois mots grccs qui signifient Dieu, ami et hoiinne, qui aime Dieu et les hommes). Par ce mot nouveau on désignait une secte religieuse qui s'établit en France vers I79G. Elle s'annonçait pour n'avoir d'autre culte que des réunions dans lesquelles on débitait des discours de morale et où l'on chantait des hymnes à l'Être suprême et au.K vertus, et ses croyances se bornaient à r existence d'un Dieu et à l'immortalité de l'àme. L'un des principaux adeptes de celte ridicule secte, dont le but était de substituer le déisme à la religion révélée, était le directeurLa7t('CL'///nv'- Lepaux (v.). Apres avoir obtenu successivement plusieurs églises de Paris et des départements, elle fut supprimée le i octobre 1801 .
Théophraste, célèbre philosophe grec, fils d'un foulon, na(piil à Érèse, ville de lile de Lesbos, .37! ans avant .L-C. 11 suivit à Athènes les leçons de Platon, passa ensuite dans l'école d'Aristote, qui changea son nom de Tyrtume en celui (VEuphraste (parleur agréable), et lui décerna plus tard le nom de Théophraste (dont le langage est divin). Aristote, obligé de sortir d'Athènes, lui confia ses écrits à condition de les tenir secrets; et c'est pourtant par ce distiple qu'ils sont venus jusqu'à nous. — Théophraste devint bientôt si célèbre qu'on l'accusa de vouloir usurper une iiilluence souveraine sur les destinées delà Grèce, .\bsous par l'aréoiiage, il eut la gloire de réclamer et d'obtenir le pardon de son dénonciateur. Thénphraste mourut chargé de vieillesse et de gloire dans la 3'" année de la I l'^V olympiade. Les fragments les plus considérables qui nous restent de ses travaux, sont Vllistoire des Phnites, le Traité des causes de la végétation, et le Livre des caractères, ([ui a été tra-
THi: — 'i08 — TIIK
(hiil (l;ins loiiles les lniiii;u('>, o\ qui n si lioiiroiisonu'iil iiispin'' notri" La Jiruyère (v.).
Théorème (d'un mol grec sigiiiliant cuntcmplaleur). On appelle ainsi en nialliéniatiques une proposition qui énonce et qui démontre une vérité. — Le théorème est dili'érent du problème , en ce que le premier est de pure spéculation , et que le second a jmur objet quelque pratique.
Théorie (d'un mot grec signifiant contemplation). Dans l'acception générale, ce mot désigne l'ensemble de régies ou de lois par lesquelles on explique bien ou mal des phénomènes quelconques, ou par lesquelles on croit pouvoir arriver le i)lus sûrement possible à un but déterminé. — En ternies d'art militaire, on a|)pelle théorie l'action de développer par l'étude les principes de la tactique, des manœuvres et des exercices ordinaires; c'est la partie spéculative d'une science où l'on s'attache plutôt à la démonstration qu'à la [pratique. Chaque arme a sa tactique et sa théorie particulière.
Théot ou Théos (Catherine), née en 1725 aux environs d'Avranches. se prétendait honorée de révélations célestes et destinée par Dieu à régénérer le genre humain. Elle fut arrêtée et renfermée] auxMadelonnettes, d'où elle ne sortit qu'en 1789. — L'ancien charJ treux dom Gerle, député à l'assemblée nationale, avec leijuel elle se lia, lui ménagea quelques entrevues avec Robespierre que, dans ses prédications, elle désignait comme un autre Messie. Le règne de l'imposture n'a qu'un temps; Catherine Théut, dom Gerle et tous les initiés furent dénoncés à la Convention nationale et leur arrestation fut décrétée. Dom Gerle se vit enfermé à Port-Libre, d'où il sortit après le 9 thermidor; et Catherine Théot, à la Conciergerie, où elle mourut après cinq semaines de détention, âgée de 70 ans. On la désignait dans le peuple sous le nom de la mère de Dieu.
Thérapeutique (d'un mot grec signifiant prendre soin , traiter) , partie de la médecine qui a pour objet le traitement des maladies. Elle consiste dans l'application de toutes les notions que le médecin a dû acquérir sur les conditions de la vie, sur les causes qiù la modifient. Elle exige des connaissances générales en histoire naturelle, en physi(]ue et en chimie.
Thérèse (sainte), naquit à Avila, dans la Vieille-Castille , le 12 ou le 28 mars l.'il.'), d'une famille noble. Privée des conseils de sa mère qu'elle perdit très-jeune, elle se laissa bientôt aller aux insinuations de la cotiuetterie; et son père la fit alors entrer dans un couvent d'AugusIines, où les pratiques delà vie religieuse la détachèrent du monde auquel elle voulut renoficer à jamais. Dans ce.
THÉ — 200 — THIÎ
flossciii , olle so relira nii inoiiash're de 1 Incarnation de l'ordre du nionl Cannel à Avila , et y prit riiai)it le 2 novembre lij3(), à 21 ans. Elle monrut à Albe en retournant de Burgos, le i octobre l.')82, à 68 ans. Le pape Grégoire XV la canonisa en 1621. L'Espagne l'a adoptée pour patronne. — On a de sainte Thérèse plusieurs ouvrages où l'on admire également la piété, l'énergie des sentiments, et l'agrément du style.
Thérèse (v. Marie).
Thériaque (de 2 mots grecs signifiant bêle venimeuse elguérison). C'est un coni[)Osé pharmaceutique dont l'invention est attribuée à Mithridate, et qu'on recommandait anciennement contre la morsiM-e des animaux venimeux. Le plus grand nombre des i)lantes médicinales entraient dans sa composition. Aiijourd'iuii, la formule en est plus sim[)le quoique encore trop complicpiée.
Thermes ( d'un mot grec signifiant je chauffe) , bâtiment destiné pour les bains publics chez les anciens. On voit encore, à Paris, le reste des thermes de Julien. Les thermes de Titus, deCaracalla, de Dioclétien , qui existent à Rome , sont de vastes bâtiments entourés d'enceintes considérables. L'usage des thermes est venu des Orientaux, auxquels ils étaient nécessaires. Il passa ciiez les Grecs, qui y trouvèrent un genre de volupté, et s'introduisit ensuite chez les Romains, qui en firent un objet de luxe et de magnificence. — Les premiers thermes publics ne furent établis à Rome que du temps de l'ompée; mais les édiles les nuiltiplièrent à l'cnvi; et le seul Agrippa en fit construire 170.
Thermidor (d'un mot grec qui veut dire cliaud), 11" mois du calendrier de la ré[)ublique française; il commençait le 19 juillet et finissait le 17 août. — La journée du neuf //u'rm/Jo?- est une date fameuse dans l'histoire de la révolution française. Ce fut ce jour-là, qui correspondait au 9 août 1794, que la convention décréta l'arrestation des deux Robespierre, deCoulhon, de St-Just et Lebas, et qu'elle les mit hors la loi. Les accusés furent conduits à l'Hôtelde-Ville. Lebas, à qui des amis avaient fait passer des pistolets, saisit une de ces armes et présenta l'autre à Maximilien Robespierre. Celui-ci tenta de se tuer, mais le coup mal dirigé ne lui ùla pas la vie. La main de Lebas fut plus sûre. Robespierre jeune s élança par une croisée, et se roula sur la pointe des baïonnettes qui encombraient la place de l'Ilùtel-de-Ville ; Couthon et St-Just restèrent immobiles. — Dans l'après-midi du 10, le sang des chefs jacobins, et de 20 de leurs amis, rougissait la place île la Révolution. Leur mort sauva les joiu's de milliers d'infortunés qui, jetés dans les prisons, étaient destinés au su|)plice. L'inlUience des événements
TIIK — 2in — - TflE
(le lluMuiidor sur hs desliiircs de la iM'ainc fui immtMise. Dès co jour, la rô()ubli(|UL\ (nippée au cœur, agonisa leulcment liour passai'do l'iiiiinoralité du directoire au glorieux desi)otisine de l'empire.
Thermomètre (d'un mot grcc signifiant dialcur et mesure), instrument qui sert à déterminer, par approximation, le degré de chaleur d'un corps ou d'un lieu. La construction en est fondée sur la propriété qu'ont certains corps de se dilater avec assez d'uniformité sous l'inlkience de la chaleur. — L'esprit de vin et le mercuie sont les liquides dont on se sert le plus ordinairement dans la confection du Ihennoinêtre. Pour cela oh en introduit une légère quantité dans de petits tubes teiniinés par une boule. La tige qui renferme la petite colonne liquide est divisée en '100 degrés; le thermomètre est dit alors centigrade. Le thermomètre de Iléauniur ne présente que 80 divisions, ce qui établit entre ces deux thermomètres un rapport de 4 à 'ô. — On fait aussi des tiiermomètrcs avec des lames métalliques tournées en spirale dont rextrémilè porte une petite aiguille horizontale indi(|uant les divisions sui- un cadran. Ces lames, en se dilatant ou en se contractant pai' les varialions de température, font tourner l'aiguille dans un sens ou dans un autre.
Thermopyles (mot grec composé signifiant chaud et porte). On a|)pelait ainsi, à cause de sa proximité d'une source d'eaux chaudes, un défilé de la Locride sur les frontières de la ïhessalie, à l'ouest, formé d'un côté parle sommet du montOLta, et del'autre parle rivage (\n golfe Maliaque. Ce lieu est célèbre par la mort de Léonidas et de ses 300 Spartiates, arrivée l'an 180 avant notre ère, et par la bataille que les Romains y livrèrent à Antiochus l'an 19L
ThéroJgne de Méricourt, née vers 1700 dans une petite ville du duché de Luxembourg, s'est acquis une horrible célébrité pendant la révolution. On trouve cette mégère mêlée à toutes les émeutes; dans les journées d'octobre, conduisant à Versailles les femmes de la Halle et s'élançant à l'attaque du château; au 17 juillet 1791, combattant au Champ-de-Mars, dans les rangs du faubourg St-Antoine, contre Bailly, La Fayette et le drapeau de la municipalité; ('ans les journées du 20 juin et du 10 août, excitant au carnage; enfin, le 2 septembre, égorgeant les malheureux prisonniers à l'Abbaye, à la Force, à la Conciergerie. Après ces derniers massacres, Tliéroignc disparut de la scène politique, et on ne la retrouve plus que renfermée comme folle à rhosi)ice de la Sal[)ètrière, où elle mourut en \ 8 1 7, en ])roie à une démence dont les fréquents paroxysmes étaient vraiment elVrayants; (in bien digne d'une telle vie!
Thersite , personnage do l'armée grecque , dans l'Iliade , aussi
TIIK 211 — TIII
l)aviiril (|iic dilluiinc, et iloiil llomùic a fait lo ty|)c de la laideur et de la lùehelé. 11 fut assoinuié d'uti coup do poing |)ar Acliille, pour s'èlie iiiociué do eo liéios qui pleurait d'avoir été forcé d(! tuer Penthésilée, reine des Amazones et alliée do Priain.
Thésée , l'un des héros les plus célèbres do la niylhnlogio , '10"' roi d'Athènes, naquit à Trézèno de l'union secrète d'Kgéo et d'KlIira, fille du sage Pilhée. La série des exploits qu'on lui attribue serait trop longue à énuniérer dans ces pages rapides; il nous suffira de dire qu"il dompta plusieurs monstres, comme lo Minautaure dont il devait être la proie, qu'il délivra plusieurs fenunes et qu'il descendit aux enfers avec Pirithoiis pour l'aider à enlever Proserpiiie. — On raconte quoLycomède, roi de Scyros, l'ayant attiré au haut d'un rochei- sous lo prétexte de lui montrer la cam|iagne, l'en précipita traîtreusement. Telle fut la (in do ce héros. Plus tard, on institua des félos en son honneur, et on lui éleva des temp'es.
Thespis, né dans un village près d'Athènes, vivait du temps de Socrale, dans la 1''^' moitié du vi"-' siècle av. J.-C. On le regarde connue l'inventeur de la tragédie. Thespis, véritable impresariu, barbouillait de lie le visage de ses acteurs et les promenait de village en village sur un tombereau où ils représentaient leurs pièces.
Thessalie OU Ti'icala, province du sud do la Turquie d'Europe, l)ornée à l'ouest par l'Albanie, à l'est par le golfe de Salonique, h) canal de Trikéri et l'Archipel, au nord par la Roumélio, au sud par la Livadio, et entourée presque partout do hautes montagnes, paimi los(iuelles il faut citer l'Olympe. C'est dans cette contrée que se trouve la fameuse vallée de Tcinpé (v.), si célébrée par les poètes. — Le sol do la Thessalie est fertde et lo climat délicieux; mais elle est bien déchue aujourd'hui de son ancienne prospérité, et compte à peine 400,000 habitants. — Tricala en est la capitale. — La Thessalie se divise en 21 districts ou cantons.
Thessalonique , connuo dans les temps anciens sous le nom de Tlierma, ville de l'empire turc ; on la considère généralement comme faisant partie do la Macédoine. Située à l'extrémité du golfe de Therma et entourée de hauts remparts, elle se dessine en demi-cercle au pied du mont Karliah. On y compte 70,000 habitants, dont 10,000 Grecs et 23,000 Juifs. Les deux principales mosquées sont les anciennes églises grecques de Sto-Suphie et de St-Démotrius. — Celte ville est l'entrepôt principal de tous les articles du comineri e de l'Allemagne avec la Turquie d'Europe; elle est lo foyer, d'une activité (pii rappelle nos villes européennes. — Dans une plaine voisine s'élevait jadis Pella, capitale do la Macédoine.
Thjbaut, comte juilatin de Champagne et do Brie et roi de Na-
•riir — 212 — Tiii
vaiTO, nnqiiii poslliumc rannùe 1201 , fui élevô sons la liilellc do sa tnère, lilanclie, fiUo do Sanche-le-Sago, roi de Navarre, et succéda en 'I23i à Sanche-le-Fort, son onde maternel. Il s'embarqua quelques années après pour la Terre-Sainte. De retour dans ses états, il cultiva et protégea les lettres. — Thibaut a composé lui-même plusieurs chansons, dans lesquelles on trouve déjà la forme française avec sa netteté piquante et naïve. Il mourut à PampeUme en 1253.
Thîbet. On donne ce nom à cette partie de IWsie ou plutôt de la Tatarie-Indépendante (v.), qui s'étend depuis les sources de l'inilus jusqu'aux frontières de la Chine, et depuis l'ilindoustan jusqu'au désert de Cobie, entre les G7 et lOO*-' degrés de longitude est, et les
Chcvres du T/iibet.
^'^■^^ '^^^^U^^P^Y-Ja^h^^^
11 et So" degrés de latitude nord. C'est dans ces contrées que se trouvent les |)lus hautes montagnes de l'Asie, et que prennent leur source les plus grands lleuves de celte i)artie du monde: le Gange, le Bturempuler, le Menang-Kong, etc. — Le chef de l'état et de la religion est le dalai-lama, regardé par ses lidèles comme l'agent et le mandataire de Dieu sur la terre. On évalue la population du Tliibet a 6 millions d'àmes. Ce pays, célèbre par sa race de chèvres, dont le poil sert à la fabrication des cachemires (v.), est soumis à la Chine. Lassa, résidence du dalaï-lama, en est la capitale.
Thierri OU Théodoric (corruption du mot Thiodocnk de la langue (les Francs). — Quatre princes, issus de Clovis, qui ont régné sur une partie de la (iauh^ frankc, ont jiorlé ce nom.
TITO — 213 — TFIO
Thomas (snini), l'un dos douze apùtros do J.-C., était né on (îalilée d'une laniillo de pécheurs. Le Sauveur, après sa résurrection, s'étant fait voir à ses disciples, Tiioinas, ({ui ne se trouvait i)as avec eux, refusa d'ajouter foi à cette apparition, en disant qu'il ne croirait point que J.-C. fût ressuscité, à moins de mettre sa main dans l'ouverture de son côté et ses doigts dans les trous des clous. Le fils de Dieu confondit son incrédulité en lui accordant ce cju'il demandait.— Après l'Ascension, les apôtres se dispersèrent pour prô- (lier l'évangile i)ar toute la terre. Suivant l'opinion la plus répandue, Thomas serait allé porter la parole de Dieu chez les Parthes, et serait mort victime de son apostolat. — La fête do saint Thomas estlixée au 21 décembre et célébrée à celte date par l'église latine.
Thomas-d'Aquin (saint), naquit en 1227 d'une famille illustre à Aquiii, petite ville de Campanic dans le royaume do Naples. Non moins célèbre par sa piété que par son savoir, il est regardé comme une dos hnnières de l'Église. — Saint Thomas-d'Aquin mourut à la célèbre aljbaye deFosse-Neuve de l'ordre de Citeaux, dans le diocèso de Terracine, le 7 mars 1 274 , âgé de 48 ans. — Jean XXII le canonisa en 131 3.
Thomas Becket (v. Bi'cket).
Thomas à Kempis (v. Kempis),
Thomas ( Antoino-Léonard), né à Clermont-Ferrand le I''"" octobre 1732, se destina d'abord à la carrière du barreau, qu'il abandonna bientôt pour se livrer à la littérature. Son recueil d'Eloges renferme de belles pages, bien qu'on y remarque souvent un style senlencieux , redondant, boursouflé; enfui ce style ([ue Voltaire appelait plaisamment du gali - Thomas , au lieu de galimatias. ■ — Son Essai sur les F'emmes laisse encore plus à désirer. — Thomas s'exerga aussi dans la poésie ; mais ses vers sont loin de valoir sa prose, et si on lit encore les Eloges on ne lit plus aujourd'hui la Pétréide (poème sur le czar Pierre). — Thomas mourut en ns.'j, laissant la réputation d'un écrivain estimable et d'un citoyen généreux.
Thomson (James) , poète anglais, naquit le 7 septembre 1700 à Ednam en Ecosse, bourg dont son père était pasteur. Son poème sur V Hiver, publié on 1726, le fit connaître des littérateurs et rechercher dos personnes du plus haut rang. Il eut pour protecteur et ami le chancelier Talbot. Thomson a publié divers poèmes, et écrit des tragédies; son seul véritable titre de gloire est le poème desSa/sons. il mourut à l'âge de 48 ans.
Thon, gros poisson de mer du genre scombre, qu'on trouve dans toutes les mers, qui parvient à une grandeur très-considérable et pèse souvent jusipi'à 200 kilogrammes, dont la chair est d'un ex-^
THO — 2lû — THO
collenl Lïoùt, ?oit fraîche, soit mariiiéo, et qui fait sur qiicl(iiios rivages l'objet d'une ])èclie de première importance. — Les parties du thon les ])lus recherchées des i^ourmets sont la tète et le dessous du ventre. Les Athéniens faisaient grand cas de ce poisson.
Thor, dieuscandinavoqiii présidaità l'air, aux saisons, aux orages; il lançait la foudre et protégeait les hommes en écartant les mauvais génies et les géants. Selon la mythologie scflntZ/nare (v.), Thor habile l'asile de la terreur et a dans cette région un palais composé de 540 salles. Ce dieu est porté sur un char traîné par deux boucs ; ses mains sont couvertes de gants de fer, l'une d'elles est armée de sa massue, dite jo/meiî, qui brise les tètes des géants et qui revient d'elle-même à son bras. Le baudrier de la vaillance dont ses reins sont entourés, augmente en outre ses forces de moitié.
Thorax, mot grec signifiant poitrine (v. Cotes).
Thot, Thaauî OU Tliciith, divinité égyptienne à laquelle les Grecs donnèrent le nom d'Hennés. Il fut chargé par Osiris d'aider son épouse Isis à gouverner l'Egypte pendant son absence. On lui attribue l'mvenlion de l'écriture, de la grammaire, delà géographie; en Egypte il adoucit le langage qui jusqu'alors était grossier, institua les castes et régla la hiérarchie sacerdotale. Les livres qu'il laissa, au nombre de 42, le firent regarder comme une incarnation de la divinité, possédant l'intelligence au suprême degré.
Thou (Jacques-Auguste de), 3'^' lils de Christophe de Thou, \" président au parlement de Paris , naquit dans celte ville en 1353. Il voyagea de bonne heure en Italie, en France et en Allemagne, et fut reçu conseiller au parlement et plus tard président à mortier. Henri III l'employa à diverses missions, et Henri IV, qu'il servit de son épée et de ses talents, lui confia également d'importantes négociations. De Thou mourut en 1617. 11 a écrit en latin une histoire de son temps, en 58 livres, qui embrasse 62 années, depuis 1515 jusqu'à 1607, et dans la(juellc il jiarle également bien de la politique, de la guerre et des lettres.
Thou (François-Auguste de), fils aîné du précédent, hérita des vertus de son père, et se fit anner de tous les savants par son esprit, par sa douceur et par son érudition. Ses relations avec la duchesse de Chevreuse le rendirent suspect au cardinal de Richelieu, qui l'éloigna de tous les emplois de confiance. — De Thou devint l'ami de Cinq-Mars (v.), il connut dans tous ses détails la conspiration formé(> par ce brillant favori de Louis XllI, la désapprouva, et tâcha de l'y faire renoncer. Il n'en fut pas moins arrêté par ordre de Richelieu ; condanu;é à mort pour crime de non-révélation, il eut la tète tranchée à Lyon, le 1 2 sejjtembre 1642, à 45 ans. — Cette con-
THR — 215 — TIIU
(lanination est restée une lâche iiicir<ieal)le pour la mémoire de Riclielieii.
Thrace. Dans les temps les plus reculés, on désignait sous ce nom (eut le i)ays au nord de la Macédoine, et dont on ne connaissait pîis l('s l'rontières. On pensait généralement que c'étaient des contrées âpres et montagneuses; les chevaux et les cavaliers de la Thrace rivalisaient avec ceux de !a Thessalie. Les montagnes les plus re~ mnr(|uables étaient le Rodope et le Pénée; le fleuve le [)lus célèbre était rÈbre, aujourd'hui le Monga; parmi ses villes on citait Ahdère, patrie des philosophes Démocrite et Protagoras ; Sestos, sur l'IIéles- \)onl, connu par les amours de lléro et Léandre; et Byzance, aujourd'hui Vomtnniinopk (v.). Tout ce pays, compris maintenant dansl'cmpire ottoman, porte le nom de Roumélie ou de Remanie.
Thrasybule, illustre citoyen d'Athènes, se réfugia à Thèbes avec les autres bannis, pour se soustraire à la cruauté des 30 tyrans établis par les Lacédémoniens. S'étant mis à la tète de 500 soldats lovés aux dépens de l'oraleur Lysias, il marcha sur le Pirée dont il se rendit maître. Les trente furent battus et égorgés. Thrasybule rétablit ainsi la liberté dans sa patrie, et mérita la couronne d'olivier, qui lui fut décernée comme au restaurateur de la paix. Il livra ensuite plusieurs combats aux Lacédémoniens, et leur prit plusieurs villes (394 av. J.-C). Sparte à son tour fut humiliée, et, pour se venger, elle fit assassiner lâchement Thrasybule en Pamphilie par les Aspenfliens.
Thucydide, célèbre historien grec, naquit à Athènes lan 471 av. .I.-C. Il étudia la rhétorique sous Antiphon et la philosophie sous Anaxagore, prit du service et fit avec gloire quekpies campagnes. La guerre du Péloponèse, qui vint h éclater dans la Grèce, y excita de grands mouvements et de grands troubles, Thucydide ï'orma dès lors le projet d'en écrire l'histoire. — Exilé de son pays par la faction de Cléon , c'est pendant son éloignement qu'il composa son ]HMoire de la (juerre du Pi'loponèfie. — Cet illustre historien mourid,. selon les uns, à Athènes, où il avait été rappelé l'an 3(jl av. J.-C; et, selon d'autres, en Thrace, d'où l'on rapporta ses ossements dans sa patrie. — 11 avait environ 80 ans.
Thulé. Les anciens désignaient sous ce nom un pays qu'ils regardaient connue la limiledu globe du côté du nord. Ils n'en avaient qu'une idée confuse et nélaient jias d'accord si c'était une ile ou un continent. — : Quelques auteurs sont d'avis qu'on ne doit pas cherclier Thulé ailleurs ([ue dans l'Islande.
Thurgovie (canton de), l'un dos cantons suiescs, et le IT*-' dans
TIIU 215 — TIB
lordrc (!c la conféJérntion. 11 a 18 i kilomètres carrés de superficie, et renferme une population de 89,815 habitants, dont 72,191 protestants et 17,6oi catholiques. — Frauenfehl, sa capitale, s'élève sur une éminence et sur la rive droite de la Mur;;; le gouvernement de ce canton est aristo-démocratique. Le climat, en général, en est doux et sain et le sol tres-fertile, surtout dans la Ilaute-Thurgovie.
Thuringe, pavs de la Haute-Saxe, conii)ris entre la Werra, la Saale, le llarz et le Thuringer-Wald. On pense qu'il fut habité par lesKattes. Ce pays, d'une grande fertilité, est presque entièrement couvert de collines doucement arrondies. On y trouve des mines de fer, de cuivre, d'argent, de houille, etc., des sources salées, des eaux minérales ; un grand nombre de manufactures l'enrichissent. Sa capitale esi Erfurih. — La Thuringe appartient aujourd'hui au roi de Prusse, aux ducs de Weimar, de Cobourg et aux princes de Sclnvartzbourg-Sondershausen et Rudolstadt.
Thyeste. fils de Pélops et d'Hippodamie. connu par la haine violente qu'il portait à son frère Atrée, auquel il fit le plus sanglant outrage. Atrée, pour se venger, mit en pièces l'enfant de Thyeste et lui en fit boire le sang (v. Tantale) ; le soleil ne parut pas ce jour-là sur l'horizon , disent les mythologues, pour ne point éclairer une action si détestable.
Tbyrse , javelot Orné de pampre - ^^^..,y^.^-^
et de lierre dont les bacchantes ' étaient armées. T/iyrse.
Tibère (Claudlus TiberJus Nero) , fils de Tiberius-Nero , grand pontife, et de Livie, fille de Drusus Claudianus, naquit l'an 42 avant noire ère. Octave, devenu empereur sous le nom d'Auguste, épousa sa mère (jui avait divorcé, le fit élever sous ses yeux, l'adopta et lui donna en mariage sa fille .Julie, veuve d'Agrippa. Doué de grands talents pour la guerre, Tibère se conduisit avec autant d'habileté que de prudence en Pannonie, en Dalmatie et en Germanie, et mérita, à son retour, l'honneur du triomphe. Appelé au trône après la mort d'.Xuguste (l'an ! i de J.-C.'i, il fit paraître d'abord un grand zèle pour la justice, mais bientôt son caractère cruel se développa, et son règne ne fut plus qu'une série de crimes. Julie sa femme , Agrippa, Drusus, Germanicus périrent ses victimes; parents, amis, favoris, sa jalouse méfiance n'épargna personne. Honteux à la fin de rester à Rome, où tout lui retraçait ses crimes, il se retira dans l'île de Caprée, près deNapIes. l'an 27 de J,-C., et s'y livra aux plus infâmes débauches. Parvenu à la 2.3'" année de son règne, et se sentant affaibli par le poid de l'âge, il nonmia Caius Caligula pour son successeur à l'empire , déterminé, dit-on, à ce choix par
III', — 217 — Tir
les vices (lu'il avait rtMiiarqués en lui et {|u'il jugeait capa!)l('s de faire oublier les siens; ee fut dans ces dispositions que Tibère mourut, à Misene, dans le palais du célèbre Lucullus, en Canipanie, l'an 37 de .I.-C. — On accusa Caligula de l'avoir fait étoutler. TibuUe (Albiiis Tibullus), clievalicr romain, naquit à Rome, l'an iy avant .I.-C. Il prit d'abord le parti des armes, et accompai;iia l'illustre Messala dans les Gaules ; après celte expédition , Messala étant passé en Asie, Tibulle s'embarqua avec lui ; mais une nialaflie le contraignit de se séparer de son i^énéral. Les grands l)iens de sa famille lui furent enlevés par les soldats d'Auguste, et ne lui furent point restitués, parce qu'il négligea de (latter cet emjiereur. Tibulle n'en vécut pas moins, à Home, dans la mollesse et les plaisirs, et se vit à la Un contraint de se retirer à la campagne poiu- éviter les poursuites de ses créanciers. Il y mourut à l'âge de ■2 î ans. — Tibulle avait le don de la poésie : il a composé quatre livres d'élégies remarquables par l'élégance et la pureté du style ; ses vers respirent la noblesse, la grâce et une simplicité tendre et mélancolique.
Ticho-Brahé (voVCZ Tijchu,.
Tierce. C'est en musique la première des deux consonnances inqiarfaites, et la dernière des consonnances simples et directes, dans l'ordre de leur génération. On l'appelle ainsi parce que l'intervalle eu est toujours formé de deux de ces sons ou de trois sons diatoniques. 11 y a deux sortes de ticrceft, la majeure et la viineure.
— V.n géométrie, ou appelle tierce la soixantième partie dune seconde ou la 'M)W partie d'une minute, soit de degré ou d'heure.
— En termes de liturgie , tierce est une des heures canoniales , hKiuelle, dans le principe, se chantait à la troisième lieure du jour, selon la manière de compter des anciens. — Tierce se dit en escrime d'un coup d'épée qu'on allonge à l'ennemi dehors et sur les armes.
— En termes de blason , tierces se dit des fasces qui se mettent trois à trois.
Tiers, une des parties d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en trois parties égales. — Le tiers consolidé est le capital des rentes sur l'état ([ui a été réduit au tiers. — Tiers se dit aussi des personnes : il ne faut point de tiers dans certaines alj'aires.
Tiflis ou Teflis, ville de la Russie méridionale, située dans une étroite vallée, l'ésidence d'un archevé(|ue arménien, d'un patriarche de l'église grecque et du gouverneur des provinces du Caucase. Titlis, destinée à devenir un jour l'entrepôt du commerce entre l'Asie et l'Europe, en l'ail d(''j;'i un assez considérable avec la IVrse et la Turi[uie. 1 ■ choléra de IbJO a enlevé les ticiw tiers de X. rj
TRi