BRA
porsimnosdola trimourli on tiinitr indionno. C'est le princijje créateur de loules clioses; Vishnou et Chiva, l'un principe conservateur , l'autre principe destructeur, coni-plèlentcctte trinité. Lesdo.u;nics de la religion do Jîrania sont exposés dans les livres sacrés appelés ^'edas el/'o»ranao. Une jurande partie de l'Inde suit encore celle religion, ([ui a 80 à 1 00,000,000 sectateurs. ~
Bramante (François-Lazzai'i), né à Castel-Durante , dans l'élat d'Urhin, en 1 ii4, mort en loi i. 11 fut peintre, poète et architecte, mais il est plus connu à ce derniei' titre. C"est lui qui commen(;a la hasili(|uc de St-Picrrc, continuée par Raphaël d'Urbin, son élève, San-(iallo et Michel-Ange. On a de lui (luelques autres monuments bien moins importants, et un petit nombre de tableaux.
Branche (d'un mot latin dérivé lui-même du grec et signifiant bras), (ii\ision du tronc d'un arbre subdivisée ordinaireuient ellemême en rameaux. Toutes les parties qui concourent à former le tronc se trouvent dans la branclie connue la moelle, le bois proprement dit, l'aubier et l'épiderme. Les branches à bois sont les branches venues sur la taille de l'année jH-écédento et ne donnant ni Heurs ni fruit; les brandies à fruit sont celles qui donnent des boutons fructueux et (jui ont pour marques distinctives à leur base des rides ou des espèces d'anneaux, et dont la configuration estbien dilTércnte de celle des précédentes. — Ce mot s'emploie aussi par analogie dans une foule d'acceplions darts et de métiers, et dans le langage usuel.
Branchial, adjectif qui fait au pluriel branchiaux et signifiant (pii a rapport aux branchies (v.j.
Branchies, organes en forme de peigne (|ui servent à la res|)ilation des poissons dans l'eau. Elles correspondent aux poumons des animaux terrestres et sont destinées ù dégager l'oxygène contenu dans l'eau et nécessaire à la vie de l'animal. Leurs formes sont extrêmement variables. Les grenouilles , les crapauds et les salamandres lespirent par le moyen de branchies dans le premier âge
BiiA — 7,-) — r.r.A
de leur vie; mais its oiiianes s'iitrupliieul bientôt et sont remjjUicés par des poumons.
Brandon, (lu verbe Imiudir , dérivé lui-même d'un mot latin si^nilianl (ujiirr. romuer arec force, désigne ces manpies mobiles qu'on atlaelie à un objet pour donner queiciiie indication passagèie, et noiannnent pour annom er cpi'un meuble est en vente. Le bouchon de paille suspendu aux meubles exposés en vente sur la voie iiublique est un hraudan : jadis li^s cal)aretiers le suspendaient à leur poite, do là la dénomination de bouchon restée aux cabarets. Par la suite une torche, un tlambeau brùlèient à côté de cette enseigne pour la faire distinguer dans l'obscurité ; de là la signification figurée du mot brandon dans ces expressions, Iwandons de la guerre, de la discorde, etc. — En langage de droit hypothécaire , brandon est synonyme de saisie; parce que dans l'origine c'était par des brandons que l'hypothécpie se manifestait aux yeux des tiers. Le mot de saisie-brandon désigne aujourd'hui spécialement la saisie des fruits d'un héritage pendants par racines. — On appelait autrefois dimanche dea brandons le premier dimanche du carême, parce qu'on alhimait dans les places publiques des feux autour desquels le peu|)le dansait.
Brandt, célèbre alchimiste allemand, né en 1 67 1 et mort en 1 768. En s'elTorçant, à l'aide de bizarres mélanges, de surprendre l'introuvable secret de la pierre philosophale, en usant sa santé et sa fortune a la poursuite des moyens de transformer en or les plus viles matières, il trouva le j^hosphore (v.) qu'il ne cherchait point, et ne sut même point pour sa gloire tirer parti de cette découverte.
Brandebourg, province de la Prusse. Elle se divise en 5 parties ou marches, dans l'une desquelles est situé Berlin, capitale de tout le royaume. Elle contient 1 ,179,000 habitants , sur une superficie de 3,000 kilomètres carrés, et renferme 150 villes. Cette province est le berceau de la monarchie prussienne. Le 1 8 janvier 170 1 l'électeur de Brandebourg , Frédéric 111 , se fit couronner roi de Prusse àKœnigsberg, sous le nom de Frédéric F'", et son royaume est encore gouverné aujourd'hui par ses descendants directs.
Brandevin, mot dérivé de l'allemand et signifiant vin bn'dé. Il est employé par les personnes d'une classe inférieure pour signifier eau-de-vie: mais il ne doit s'applitpier qu'à l'eau-de-vie produite par la distillation des grains.
Branle , sorte de danse où plusieurs personnes se tiennent par la main, sautent en rond, et se mènent tour à tour. Autrefois le branle commençait et terminait le bal. Il fut remiilacé par le menuet. Oiie (ian-o, fort estimée cu France, se dansait dans les di-
RKA — "t> — r.RA
\(Mses piovincos du royaume de heaiKOUi) de manières difléreritos.
Branle-bas. On appelle hranlc-bcis de combat les prc'paralifs du combat sur un navire. Ce mol vient de ce que les hamacs, qu'on nommait branler autrefois, sont décrochés et placés dans les bastiniîat;es pour parer ou amortir les boulets de 1 ennemi.
Brantôme (André de Bourdeille, vicomte-abbé de), écrivain français, annaliste et biographe, né en 1527, dans le Périgord, mort en 1614. Ses principaux ouvrages sont les Vies des hommes illustres et grands capitaines français , les Vies des grands capitaines étrangers, les Vies des dames illustres. Dans ce vaste panorama, si animé et si brillant, l'auteur nous montre à nu les faits et les personnages de cette époque si féconde en événements extraordinaires. Pour quelques-uns . c'est un monument de gloire ; pour le plus grand nombre , c'est l'indélébile stigmate de l'infamie. Homme d'épée et diplomate, il fut gentilhomme de la chambre des rois Charles IX et Henri IH.
Bras (d'un mot grec ayant même signification), membre du corps •humain qui tient à l'épaule. Il désigne aussi la partie de ce membre qui s'étend de l'épaule au coude ; et alors il est opposé à avantbras, qui indique la partie qui s'étend du coude à la main. Ce mot est la racine d'une grande quantité de mots composés dans notre langue , et sert aussi à exprimer une foule d'objets dont les fonctions ou la forme ont quelque rapport avec les fonctions ou la forme des bras chez l'homme.
Bras séculier, expression figurée signifiant le pouvoir d'exécution cjui appartient à la ]Miissance temporelle, par opposition à la puissance spirituelle (v. Séculier).
Brassard, sorte d'ancienne armure qui couvrait le bras d'un honnne de guerre. On le dit encore d'une garniture de cuir ou d'un cylindre de bois dont on se couvre lé bras pour jouer au ballon. Bmssnrd.
Brasse. Ce mot, en terme de marine, indique une mesure de longueur de 1 métré 66 centimètres, ou à peu près l'étendue comprise entre les extrémités des deux bras d'un homme. C'est à la brasse que les marins déterminent la longueur des manœuvres des câbles, etc. Ainsi ils disent d'un câble de 200 mètres de long qu'il a 120 brasses.
Brasseur, ouvrier qui brasse ou qui fabrique de la bière, ainsi (lénonnné à cause des mouvements (|u'il est obligé d'exécuter avec
BRA — 77 — IJRE
les bras. — Lait du brasseiii- reniuiite à la plu? liante antiquité. La bière était oomiiie dos É;j;yptiens, ot celle de Péliise était trèsrecherchée. De la Grèce elle passa, dit-on, dons la Gaule. Le» brasseurs d'Allemaiîiio ont une jurande réputation d'habileté.
Bravo. On appelait ainsi autrefois en Italie des hommes payés par les nobles pour se faire les instruments de leurs vengeances, et assassiner ceux qui leur étaient désii^nés. Le maréchal d'Ancre, Concini , avait à sa solde une troupe de bntri. — Ce mot , qui en italien signifie brave ou bon , sei't encore chez nous pour applaudir.
Bravoure, qualité de l'homme brave. En musique un air de bravoure, expression traduite de l'italien , est un chant dans lequel se trouvent réunis des passages difficiles et des traits rapides , et qui n'a d'autre mérite que de faire ressortir non pas le talent , mais la flexibilité du gosier du chanteur. Ces airs sont d'origine italienne et généralement d'un goût faux. L'air d'Elvire dans le 'l*"" acte de la Muette est un air de bravoure.
Brebis , femelle du bélier. Les brebis fournissent une grande quantité de laine. Cet animal est fort timide et presque dépourvu de tous moyens de défense. Depuis long-temps réduit par l'hommo à l'état domestique, il a changé beaucoup de forme et d'instinct, et ne ressemble guère aux animaux du même genre qui sont encore à l'état sauvage. Il y en a un grand nombre d'espèces répandues sur toute la surface du globe.
Brèche. On ai)pelle ainsi en géologie une espèce de marbre composé de fragments anguleux de diverses couleurs réunis par une pâte calcaire d'une teinte différente. Il y en a de plusieurs espèces. — En termes de guerre, c'est l'ouverture faite par force et à l'aide de l'artillerie aux murailles d'une place assiégée. Avant la découverte de la poudre à canon on faisait brèche à l'aide de béliers, de cages et de galeries souterraines.
Breda, ville fortifiée delà province du Brabailt hollandais. Population, 11,000 habitants. En 1590, Maurice de Nassau s'en rendit maître en cachant, dans un bateau de tourbe qu'il fit entrer nuitamment dans la place, 80 soldats qui s'emparèrent du gouverneur et lui ouvrirent les portes. Les Français l'ont prise en 1792 et en 1794.
Bref, lettre pastorale du pape. Ce mot signifiait autrefois \\n titre, une note, un acte judiciaire. Il répond à notre mot brevet. Les brefs des papes remontent au \iw siècle. Ces actes pontificaux changèrent de forme selon les temps. Celle que l'on emploie aujourd'hui fut adoptée par Nicolas V au milieu du xv« siècle. Ces
l'.l'.K — 78 — nilÊ
lottiTS sont scclliTS lii' liiv vnwj^o ;i\('c rciiipi-cinli' dr {'(Dnicait du ptk'hcur (v.).
Breguet (Abraliani-Loiiis), ne à Nciichalel en Suisse, le 10 janvier 1717, mort à Paris le 17 st'ptenihrc 1803; nuMubre de l'Insli- Uit. et tlii bureau des longitudes. Horloger de la marine, il fit faire (le grands progrès à l'art de l'horlogerie. Il était d'une l'amille française sortie de France à réj)oque de la révocation de l'édil de Nantes. 11 (Mit d'abord peu de surx'ès dans ses classes, et sa vocali(jji ne se manifesta que lors d'iui voyage que fit sa mère en France, et pendant lequel il fut mis en apprentissage chez un horloger de Versailles.
Brelan , Sorte de jeu de cartes qui était déjà de mode en Franco sous le régne de Louis XIV. (^est à peu prés le jeu qu'on nomme aujourd'hui bouillotte. Un brelan au jeu de bouillotte consiste à avoir dans la main 3 cartes de môme figure ou de même point : 3 as, 3 rois, etc.
Brème (évéclié de), province de Hanovre : superficie, 500 kilomètres carrés ; population, 1913,000 habitants. Cet évéché fut transformé en arche\écliéen 817 et sécularisé en 1Gi8 par le traité de Westphalie. 11 échut alors à la Suède avec le titre de duché , fut conquis par le Danemarck en 1712, et rétrocédé à la Suède. Conquis (lar la France dans les guerres de l'empire, le duché de Brème appartient depuis 1813 à la maison de Hanovre, à l'exception de la ville libre de ce nom et de sa banlieue.
Brème, ville libre d'Allemagne : population, 50,000 habitants; jadis l'un des membres les plus iniluents de la célèbre ligue anséatiquc [\.}; située dans une plaine sablonneuse sur le Weser à 75 kilomètres de la mer du Nord. Sous l'empire, elle était le chef-lieu du département des Bouches-du-Weser. Cette ville possède un gynuiase, une école préparatoire des sciences et des arts, un observatoire, une école des pilotes, une institution de sourds -muets, une bibliothèque, des fabriques considérables de laines, toiles, toiles à voile, tabac, cotonnades, etc., des raffineries de sucre, des brasserit^s, distilleries, etc. Les édifices les plus remarquables sont la cathédrale, haute de 35 mètres, large de il et longue de 99 ; elle renferme im caveau en plomb où les corps se conservent parfaitement; la fameuse église d'Ansgar, Vapôtre du Nord; l'hôtel-deville, l'entrepôt, la bourse, le muséum et les grandes machines iiydrauliques du Weser. — En histoire natm-elle, on donne le noi.i de brème à un genre de poissons appartenant à la famille des flUinnopômes. Ce poisson, <|ui \il dans l'eau douce, abonde dan; les rivières, et étangs du nord de l'Europe, particulièrement en
Suède; il osl beaiuuiip mnins roiimuiii iii KiiiDcr ■ sa liiaii (st bUiiichi' ol iigival)Io au !j:(iril.
Brennus, ('c nom viciit du mol gaulois hrr)ni ([ui désignail tous les chels de (ribus parmi ces peuples ; mais il a élé particulièrement donné au clicl' des Gaulois sénonais qui prirent et brûlèrent Rome l'an Tfio de sa fondation. Il allait se faire payer une forte rançon et déjà il avait jeté son épée dans ki balance où l'on pesait l'or qui devait sau\er le Capilole, en s'écriant : Malheur aux vaincus! lorsque Camille arri\a sous les murs de Home et mit les Gaulois en fuite.
Brescia, ville du royaume lombarde - vénitien ; population, SiJtiS habitants. Sa bibliothèque, fondée par le cardinal Quirini, renferme 28,000 volumes, parmi lesquels on remarque un manuscrit célèbre des 4 évangélistes, du vi" ou vu'' siècle et de la plus belle conservation.
Brésil, empire de l'Amérique méridionale formé des anciennes colonies portugaises. Situé entre 4" 3.3' latitude nord et 33° 54' latitude sud, entre 37" 45' et 73" 1' longitude ouest, il est borné au nord par la république de Colombie, la Guiane et l'Océan; à l'ouest par la Colombie , le Pérou , la Bolivie , le Paraguay et la confédération du Rio de la Plata; au sud par le Paraguay, la Randa orientale et l'Océan; et à l'est par l'Océan. Superficie, '2,240,000 kilomètres carrés; population, 5,340,000 habitants, composée d'iionunes blancs, de noirs, libres ou esclaves, et d'Indiens. Ce pays est couvert dans toute sa partie intérieure de forêts impénétrables. Sa température est très-variable ; la partie septentrionale, très-voisine de l'équateur, est exposée à des chaleurs brûlantes tandis que dans le sud le thermomètre de Réaumur descend quelquefois à 3° au-dessous de zéro. Le sol est couvert de hautes montagnes dont les principales chaînes sont la Serra-de-Espinhaco , la Serra-do-Mar, la Serra-dos-Vertentes. Ses principaux fleuves sont : l'Amazone, le plus grand fleuve du monde ; le Madera, le Rio Negro , le Rocantin , le Xingu , l'Araguay, le Savaua et le San-Francisco. Le Brésil est divisé en 18 provinces, qui sont Rio-de-Janeiro, San-Paulo , Santa-Catarina, San-Pedro, Malto-Grono, Goyaz , Minas-Geraës, Espirilu-Sanlo, Bahia, Sergipe, Clagoas, Pernambuco , Paranyba , Rio-Grande, Seara , Piauhy , Maranhào et Para. Ouelques provinces sont divisées en comarcas. Rio-de-Janeiro, que l'on appelle encore St-Sébastien, est la capitale de l'empire du Brésil. Celte ville a un beau port, elle est divisée en ville vieille et ville neuve: celte dernière, fort belle et bien bâtie, date seulement de 1808. • '.'est le principal entrepôt du commerce do tout l'empire, et elle a
lîKi: — »0 - BBK.
uiu' popiilnlioii (le I70,0(t0 liabilnnls y ( uinpris le^ nèijreà. Les prinripak's \illes a|)r('sUi()-(lt>-.laneiro sont Bahia , Pernambuco, Saii- Paulo , Villa-Rua , Maranhào et Para. Les montagnes du Brésil contiennent de l'or, du fer et du cuivre en abondance. La végétation de ce jiays est très-variée, on y cultive le sucre et le café ; il s'y fait un très-grand commerce de bois de construction et de bois de teinture, de sucre, de café, de coton, de cuir, de drogues médicinales. — Le Brésil, découvert en 'liiOO par Pedro Alvarés Cabrai, fut d'abord soumis aux Portugais; la Hollande en conquit ensuite une grande partie qui revint au Portugal à la suite d'une révolte des colons fatigués de la tyrannie hollandaise. Enfin, en 1821 , le Brésil se rendit indépendant de la métropole, et se donna pour empereur don Pedro, fils aîné du roi Jean YI, qui promulgua une constitution en 1824.
Brésil (bois de), produit du rœsalpinoa hrasilieims, sorte de bois dur, pesant, compacte, d'un rouge de brique sur une tranche récente de la scie, mais brunissant par le contact de l'air, susceptible d'un assez beau poli, propre à la teinture et qui nous vient du Brésil en bûches taillées à la hache et dépouillées de leur aubier. On l'appelle encore bois de Fernambuc.
Breslau, capitale de la Silésie prussienne; population, 84,904 habitants. Cette ville, située sur les deux rives de l'Oder et de l'Ohlau, et au confluent de ces deux rivières, fait un commerce considérable. Elle possède une université renommée. Les fortifications qui l'entouraient ont été rasées en 1 807 et converties en magnificpies promenades. L'évèque de Breslau ne relève d'aucun archevêque. Il gouverne 71 7 cures situées dans la Silésie, une partie de la Marche de Brandebourg, de la Poméranie, des principautés de Neisse et de Tesche, et comprenant 1,000,000 catholiques.
Bresse, ancienne province de France, forme aujourd'hui une grande partie du dé])artement de l'Ain. Bourg était sa capitale; cette \'û\e , habitée d'abord parles Séguriens, fit partie plus tard du royamne de Bourgogne, devint une seigneurie indépendante, fut achetée par les ducs de Savoie (1 402), puis en 1001 échangée contre le marquisat de Saluées et réunie à la France.
Brest , place forte et port de mer, à l'extrémité du département du Finistère, au fond d'une rade immense qui s'étend à plus de 16 kilomètres de profondeur dans les terres, et dont la plus grande largeur est de 10 kilomètres; popidation : 30,000 habitants. Le port peut contenir ."iOO vaisseaux. Malgré son importance, Brest n'est point le chef-lieu du dépaitement du Finistère; mais on'y trouve une bourse de commerce, une direction des douanes, une école navale.
RUE — 81 — mv.
une préfecture niariliiiie. Brest esl la putrie de Laïuottie-Piquet. de Kersaint, ded'Orvillierà, etc.
Bretagne (ilc). ("/est le Seul nom que les séos^raplies anciens donnent à l'Angleterre et a l'Ecosse réunies. Ainsi que l'Irlande, Ile voisine, elle fut de bonne heure reconnue et visitée par des Phéniciens qui y venaient chercher de l'étain. Le géographe Pythéas, (jui vivait dans le siècle antérieur à celui d'Alexandre, fait mention de la Bretagne, ([ue les Grecs désignaient sous le nom d'Albion. Comme les dilTérentes îles qui l'entourent, elle fut primitivement peuplée par des Gaulois qui furent successivement refoulés vers l'Ecosse et l'Irlande par les Kymres et les Saxons. — Dans la i^ année de la guerre des Gaules , César fit une reconnaissance en Bretagne et y revint même l'année suivante. Mais ces expéditions restèrent sans résultat. Ce ne fut qu'en l'an 13 de notre ère que, l'empereur Claude étant passé en Bretagne à la tète d'une armée, l'ile se soumil sans grande résistance , et resta dès loi's une colonie romaine qui ne tarda pas à devenir une des plus llorissantes provinces de l'empire. Les Romains eurent néanmoins à lutter contre plus dune insurrection des indigènes, et surtout contre les incursions des populations refoulées successivement au nord de l'île par les différents envahisseurs, et désignées par les historiens sous les noms de Pietés et de Calédoniens. En l'an 120, l'empereur Adrien, pour s'assurer la paisible possession de la Bretagne, fit élever un immense retranchement partant de l'embouchure de la Tyne jusqu'au golfe de GaKvay, et présentant un développement de 80 kilomètres, retranchement qu'on a api)elé le rempart des Pietés et dont les ruines existent encore aujourd'hui ; i2 ans plus tard un autre retranchement fut construit plus au nord entre la rivière d'Esk et l'embouchure de la Tweed. Les Pietés et les Calédoniens franchirent à diverses reprises cet obstacle , se répandirent dans la Bretagne portant partout le fer et le feu. Plusieurs empereurs, et Sévère notamment, firent payer chèrement ces succès passagers aux barbares, qu'ils refoulèrent par leurs armes toujours plus au nord. Mais quand l'empire romain, en proie lui-même aux invasions de cette foule de barbares que vomirent contre lui le nord et l'est de l'Europe, s'affaissa sous son propre poids, il devint impossible aux empereurs de continuer à la Bretagne une protection cpii la garantît contre les Pietés et les Calédoniens. Les incursions recommencèrent, et la nécessité força les Romains à retirer leurs légions de la Bretagne pour venir au secours de l'empire menacé au cœur même de l'Italie par d'autres envahisseurs. Ainsi laissés sans défense, les colons de la Bretagne appelèrent à leur secours contre les Pietés, les Scotes
RUK 82 — nRE
l'I les CiJlt'doiiiens. les .l;(///('s, peuplade saxeiine de In côle orientale (lu .lullaiid. Leur chef, lieiii^ist , toiiinaiU ses armes loulre ceux ipi'il élail venu secourir, s'empara du pays cpi'd devait défendre et (•uiilrai,:;nit V()rti.u;ern, qui ivj^nail (le[)uis le départ des Romains, à lui ahanrionner la partie de l'île qu'on appelle aujourd'hui le comté de Kent cl à lui donner sa fille on mariage. Les nouveaux envaliisseurs imposèrent à leur conquête leur nom de peuj)lade et la Bretagne devint l'/lH^/cfcnr. Toujours refoulés plus à l'ouest et placés entre les envahisseurs saxons et les incursions des Pietés et des Calédoniens, un grand nombre de Bretons s'expatrièrent et allèrent s'établir dans l'Armorique, une des provinces du N.-O. des Gaules, où s'étaient déjà fixés des Bretons-Kynu-es qui avaient accompagné l'usurpateur JNlaxime dans les Gaules sous la conduite d'un chef nonuné Conan. Maxime ayant été tué sous les murs d'Aquilée, l'empereur Valentinien traita avec modération les aventuriers bretons qui avaient combattu dans les rangs de l'armée de son compétiteur. Il leur permit de se retirer en Armorique et d'y rejoindre Conan. Cet établissement des Bretons en Armorique, dont les émigrations successives des populations l'cfoulées par les envahisseurs saxons et pietés accrurent sensiblement l'importance , fit donner à l'Armorique le nom de Petite-Bretagne par opposition à celui de Grande- Urelagne , qui resta à l'ancienne île des Bretons , dont la partie méridionale prit la dénomination d'yl H,r//e/erre, du nom de ses nouveaux conquérants, dénomination qui lui est restée, bien qu'elle ail été ensuite successivement conquise par les Danois et les Normands. On a continué toutefois de désigner sous le nom ù'fles britanniquef; (v. la carte), la Grande-Bretagne et l'Irlande, ainsi que les îles qui en dépendent. Par empire britannique , on entend l'ensemble des possessions anglaises dans les deux mondes. On trouvera à l'article Grande-Bretagne les détails historiques et géographiques (pii se rapportent à ce mot.
Bretagne (duché de), ancienne province de France dont on a formé aujourd'hui lesdépartements d'Ille-et-Vilaine, duMorliihan, du Finistère, des Cùtes-du-Nord et de la Loire-Inférieure. Capitale, Reiuies. La Bretagne fut d'abord habitée par les Celtes, ancienne famille des Gaulois; puis envahie par les Kynn-es, autre famille du même peu[)le. Klle fut conquise et réduite en province roiuaine par César après lieaucoup de fatigues et de guerres. Elle s'appelait alors Armorique. Du iir au iv*" siècle, des Bretons insulaires, chassés par les Saxons, inmiigrèrent en Armorique, à laquelle ils donnèrent leur nom, et s'établirent dans ce pays au milieu des Kymres-Belges, à la famille des(|uels ils appartenaient, Conan s'v était déjà établi avec d'an-
DRf; — 8:i — RUE
très IJivlons dans des toiivs ([iii lui avaioiit ôto cùdéi-'S par l'oiuperom- Valontinicn. En ilO il se reiulil iiulôpondanl sous le lilic (le roi. Apres Noël, roi de Bretagne, en ."iO!), la Bretagne fut partagée par ses fils en plusieurs comtés. En 799 , Cliarleniagne s'en empara; en Sl.'î, Nimenoë , institué eointe juir Louis- le- Débonnaire, se déclara intlépendant de l'empire, et sa dynastie régna jusqu'en il 09. Pendant ce temps, la Bretagne l'ut ra\ âgée par les Normands , qui avaient reçu do Charles-le- Simpie de prétendus droits sur ce pays. En 110!», après une guérie longue et sanglante, Conan IV donna sa lille Constance à Geollroy, lils de Henri 11 d'Angleterre. Celui-ci dépouilla le vaincu et pla(.-a son lils sur le trône de Bretagne. Constance, restée ^euve, fut nonnnée duchesse ; bientôt cette province fut disputée par Arthur, fils de Constance , Richard Cœur-de-Lion et Jcan-sans-Terrc. Cchn-ci , resté vainqueur, fut chassé par Philippe-Auguste, qui fit nommer duchesse de Bretagne une fille de Constance, Alix, qu'en 1213 il maria à Pierre de Dreux, descendant de Louis-le-Gros. En l.'îil, après la mort de .lean III, une guerre civile de io années éclata entre les prétendus neveux de ce duc. Jeanne de Flandre , femme de Jean de ^lontfort, combattit avec un héroïque courage contre les troupes de Charles de Blois qu'elle mit en fuite et assura la victoire à sou mari. Jeanne de Bretagne, épouse de Charles de Blois, ne montra pas moins de courage dans cette guerre. Enfin, en 1361, Charles de Blois fiit vaincu à Aurai, et Jean de Montfort resta maître de la Bretagne. En I i91 Anne, héritière de ce duché, l'apporta en dot à Charles Vlll. puis à Louis XII, et en 1332 Frant,'ois r'Me réunit pour toujours a la coinonne.
Brétigny (traité de), conclu le 1" mai 1360, entre Edouard III, roi d'Angleterre, et Charles, dauphin de France, depuis Charles Y. à la suite de la guerre qui se termina par la bataille de Poitiers et la captivité du roi Jean. Ce traité, qui ne futjasnais exécuté, et par letiuel le roi d'Angleterre abandonnait ses prétentions à la c(nironne de France, lui cédait par compensation le duché d'Aciuitaine , les comtés de Ponlhieu et de Guines et la vicomte de !Montreuil.
Breton (bas-), patois ([ue l'on parle aujourd'liui dans la Basse- Bretagne, et qui n'est autre cliose, avec certaines din'érenccs de dialectes, que la langue autrefois parlée par les [»euples galls, Icymres et belges, dans toute l'étendue de la Gaule et de la Bretagne. On retrou\e la même langue dans le pays de Galles et de Cornouailios cl dans (piel(|ues parties de TLcosse.
Bretons, peuple qui habitai! autrefois lo pas s que n(us appelons
liUÉ — 84 — 15KE
;iii)(iiiid'liiii Angleterie, et qui appaiteiuiit a la grande rainillo des KyiniTS-BeliiOS. I.cur nom signifie point on bariolé, et il leur était donné à cause de l'iiabitude qu'ils avaient de se tatouer. Il fut donné plus tard aux peuples de la petite Bretagne (v. Bretagne [duché de]).
Brette. épée longue et étroite, qui fut primitivement fabriquée en Bretagne. [)u mot de Irrette on appela bretteurs ceux que nous nommons aujourd'imi ferrailleurs, et qui étaient toujours prêts à tirer la hrelte du fourreau.
Brève , terme de monnayage. C'est la quantité d'espèces monnayées pro\enant d'une môme fonte que les ouvriers doivent délivrer en retour des matières qui leur sont confiées. — En histoire naturelle, c'est le nom d'un genre de l'ordre des oiseaux sylvains, de la famille des chanteurs, parmi lesquels se trouve le merle. — En termes de granunaire, c'est une syllabe sur laquelle la prononciation glisse plus rapidement, par opposition à celles que l'on nomme hwijues et sur lesquelles on doit s'arrêter plus long-temps.
Brevet (d'un mot latin signifiant coin'f) se prenait originairement dans le même sens que bref pour signifier des lettres coiu'tes ou peu importantes dont on n'avait retenu minute que par abréviation ou par simple note. De là les brevets délivrés par le i)rincc pour établir en faveur de chaque fonctionnaire le titre en vertu duquel il exerce. Ces brevets, ex[)édiés par la chancellerie, contiennent la simple annonce de la nommation encadrée dans une formule générale.— En droit, la signification du mot brevet a de même été étendue aux actes les moins importants, quoicpie parfois les plus usuels, et dont on a dispensé les notaires de garder minute. Un acte ou brevet est donc celui qui, bien que reçu par un officier public, n'existe cependant en original qu'entre les mains de la partie qui en est porteur. — Dans l'ancienne monarchie on appelait ducs à brevet ceux qui , n'ayant pas de duché , n'avaient de la dignité de ducs que le brevet. Sous ce rapport , tous nos ducs actuels ne sont (|ue des ducs à brevet.
Brevet de retenue, acte par lequel. SOUS l'ancieime monarchie, le roi accordait à une personne la survivance d'une fonction, à la charge de payer une somme déterminée au titulaire auquel elle devait succédei'.
Brevet d'invention, acte ([uc l'autorité délivre à ceux qui sont ou se prétendent inventeurs dun procédé nouveau, ou auteurs d'une découverte quelconque. L'administration ne [)eut refuser un brevet qui lui est demandé; mais elle laisse les tribunaux ordinaires juges de toutes les contestations auxqucllesces brevets peuvent donner lieu.
BHÉ — 8j — un
Bréviaire, livre contéiiaiU l'onicc quc les personnes en;;a^ées dans les ordres sacrés, ou qui jouissent de quelque bénîTice, sont obli.uées de dire tous les jours. Pie V est le premier pape qui ait fait dresser un bréviaire uniR)rme pour lusage universol de léi^lise.
Briare, clief-lieu de canton du département du Loiret. Population : 2,730 habitants. Cette ville a donné son nom au canal de Briare, le premier qui fut construit en France. Commencé sous Henri IV, il fut achevé, en 17i0, sous Louis XV. Il joint la Seine à la Loire.
Briarée, géant célèbre, fils de la Terre et de Titan ou Cœlus. U avait cent bras et cinquante tètes. 11 fut vaincu par Neptune, puis par Jupiter qui Temprisonna sous lEtna, lui pardonna ensuite, le lit asseoir a côté de lui et le prit pour garde avec Collus et Gygés. Brick ou brig, navire qui n'a que i mâts perpendiculaires pourvus de hunes et un mât de beaupré ; il est ordinairement plus petit que les bâtiments à 3 mâts. Il diflëre de la goélette en ce que celle-ci n'a ''|^\"^^^5ï^|''v'^^>^v pas de hunes. On nomme curvettes-
r^^)^-^^ ^i^ \ \^<^K. bricks, dans la marine militaire, les ' " ^ ' ' grands bricks de guerre; mais au-
jourd'hui on emploie plus généralement le simple nom de corvettes pour désigner les bâtiments de l'état à trois niàts au-dessous des frégates.
Les bricks-goélettes sont des bâtiments dont le gréement participe à la fois de celui des bricks et des goélettes.
Bridaine Jacques), né à Uzés le 2! mars 1701 , mort le 22 décembre 1767, a Roquemaure, prédicateur célèbre par son onction et par sa véhémence. Il ne voulut accepter aucune dignité ecclésiastique et resta toujours simple missionnaire. D'abord peu accueilli à Aigues-Mortes , et fatigué d'attendre un auditoire, il prit une clochette , parcourut la foule, et au milieu des railleries commença un sermon que bientôt on admira, et qui fonda sa réputation.
Brie (la), ancienne pro\ince de France, dont on a formé le département de Seine-et-Marne et une partie de celui de l'Aisne. Superficie : 1,010 kilomètres carrés. C'était autrefois un comté. Elle était divisée en Brie champenoise, capitale Meaux; Brie française, capitale Brie-Comle-Robert : et Brie-Pouilleuse, capitale Château- Thierry. Elle est célèbre par ses fromages.
Brienne , petite ville du département de l'Aube , ancien séjour des comtes de la maison çle Brienne, fondée par Engilbert I*"" vers 11. " S
Brick.
lUll — 80 — BRI
!t!K». Celle ville esl siirluiil célèbre par une école militaire dans lai|iiello a été élevé Bonaparte, mais qui n'existe plus aujourd'hui, et par la bataille ijui y fut livrée en 1814, à l'époque de l'invasion des alliés en France. Napoléon, à la tète de 35,000 hommes, lâcha de se défendre contre le prussien Bliichcr dont l'armée était l'oite de I 23,000 hoimnes, et fut contraint de liattre en retraite.
Brienne, contrôleur i;énéral des linances sous Louis XV. (\. Loinciiii' de lin'cnni').
Brigade. Ce mot a signifié tantôt une agrégation de (pielqucs soldats, tantôt un corps d'armée tout entier. Aujourd'hui encore il indi(iue un corps d'armée composé au moins de deux régiments et commandé par un général de brigade ou maréchal-de-canq), DU im détachement de gendarmerie commandé, soit par unmaréchal-des-logis, soit par un lirigadier.
Brigade de sûreté, troupe d'agents de police chargés de veiller a la sûreté de la ville de Paris et d'arrêter les voleurs. Chaque ijrigade contient 40 hommes dont les appointements varient de l',000 fr. à 1,200 fr., et qui reçoivent des primes partagées eu conuimn^ au prorata des appointements, poar les arrestations qu'ils exécuteul.
Brigadier. Autrefois ce mot indiquait un officier d'un grade supérieur à celui de colonel. Il en est encore ainsi dans quelques i)ays étrangers, en Espagne par exemple. En France, le gratle de brigadier est dans la cavalerie le même que celui de caporal dans l'infanterie.
Brigantin, petit brick (v. ce motj.
Brigantine (v. Brick). On appelle brigantine une Voile que l'on grec sur les bricks à l'arrière du grand màt, et ([ui s'étend sur un long espace appelé baume ou guy. A bord des trois -mâts, cette voile est gréée à l'arrière du màt dartimon.
Brighton ou /};•/(/ /ifc/msfonc, ville du comté de Sussex, en Angleterre, à 80 kilomètres au sud de Londres. Population : 35,000 habitants. Cette ville, qui, il y a peu d'années, n'était qu'une bourgade, doit sa prospérité aux bains de mer qui y ont été établis depuis que le dernier prince -régent, roi sous le nom de George IV, y alla fixer sa résidence d'été.
Brinvilliers (Maiie-Margucrite Dreux d'Aubray, marquise de). .Maiie d'Aubray, d'une famille honorable de la magistrature, épousa, en IGol , le marquis de Gobelin de Brinvilliers ([u'elle a\ait séduit par sa beauté, et qui était pour elle un parti fort brillant. Bientôt négligée par son mari, elle oublia ses de\oirs, et accueillit les hommages d'un aventurier qui se faisait appeler le chevalier
RRi — 87 — uni
de Sto-Cruix, el ;i\ait v[v inlrorliiil dniis sa niaisoii par le iiuirquis tlo Briinillicis. Cfllc pnMiiiore l'auto lui le (•iininioiicenu'iil (l'uiio série do (.Tiinos. Kllc mena avec cet lioiiime la \ ie la plus scandaleuse, dissipa la fortune de son mari, et souleva à tel point l'indignation de sa famille, cpie son père, (pii ne pouvait rien obtenir par ses Conseils , lit enfermer Stc-Croi\ à la Bastille. 11 y connut un Italien, nommé Exili, cpii lui apprit la composition de plusieurs poisons et , sortis tous les deux de prison, ils se réunirent chez madame de Rrinvilliers pour leurs préparations criminelles. Marie de JJriuvilliers feignit alors une conversion éclatante et une réconciliation avec son père. Elle essaya ses poisons sur des malades, sur des étrangers et sur ses gens; et quand elle se fut assurée de leur ellicacité, elle présenta elle-même à son père un bouillon empoisonné. Elle empoisonna, en KiTO, Antoine d'Aubray, lieutenant civil, et d'Aubray, conseiller au parlement, ses deux frères. Enfin elle tenta plusieurs fois d'empoisonner son mari pour lever tout obstacle à son union avec Ste-Croix ; mais celui-ci, redoutant une telle femme, administrait chaque jour un contre-poison à M. de Brinvilliers. Enfin Ste-Croix mourut asphyxié en voulant préparer un poison subtil. On trouva dans ses papiers des paquets accompagnés d'un écrit dans lequel il ordonnait qu'on les remît à madame de Brinvilliers sans les ouvrir. Les soupçons furent éveillés ; on fouilla avec soin, et l'on trouva de grandes quantités de poison. La marquise, instruite à temps, se retira en Angleterre, puis dans un couvent de Liège. Elle fut condamnée à mort par contumace. Un ordre d'extradition fut obtenu contre la contumace, et elle fut arrêtée grâce à l'habileté d'un agent de police envoyé à Lii's^e. Les procédures furent recommencées ; elle fut de nouveau condamnée à mort, et exécutée le 17 juillet 1676. Ces crimes horribles trouvèrent des imitateurs, et les empoisonnements augmentèrent en France pendant les années 1677 et 1678.
-Brique, briqueterie, pierre argileuse, petite, moulée en forme de carreau et séchée au soleil ou cuite au feu , dont on se sert pour bâtir. Les briques furent de tout temps employées pour rem- ])lacer les pierres. Les Assyriens et les Égyptiens construisaient en briques, comme l'attestent les ruines qui restent de leurs monuments; el les ruines romaines, si nombreuses et si imposantes , montrent quel habile usage faisaient les Romains de ce genre de conslruttion. — Briqui'tine, bâtiment destiné à la fabrication des briques.
Briquet , instrument à l'aide du(iuel on peut instantanément se procurer du feu et de la lumière. Le plus ancien et le plus simple est celui qui consiste en un morceau d'acier dont la percussion sur
uni — 88 — RRI
1111 iilex produit iiiif t'IiiKi'Ilo [)rupie n allumer quelque corps facileiiienl inlliuniiuihle. La cliiinie moderne a fait découvrir un assez l^rand noiiibro do bri(|ucts diflérents, lels que le briquet rotatif, le briipiet dhydroiiono, le briquet pneumatique, et enfin le briquet plidspliorique, le [)lus récent et le plus usité.
Briqu<>t OU mhre-hriquet , mot qui ne désigna d'abord les sabres d'infanterie que dans le langage plaisant des militaires, qui le comparaient à un briijiiet, et qui a élé adopté ensuite dans le langage de radiuinisliation. C'est de 1760 à 1786 que le briquet a été introduit dans l'armée française. 11 est remplacé aujourd'hui par le sabre-poignard.
Briquette, mélange de charbon de terre ou de coke et d'argile (]ui est fabricpié en forme de brique et qui sert de combustible.
Bris, rupture faite avec violence d'un scellé ou d'une porte fermée; brin de scellé, bris de porte. Ce mot est un terme légal qui indique un délit puni par les lois. Il signifie encore les pièces d'un bâtiment brisé en échouant sur les côtes ou sur des rochers.
Brisants, rochers , écueils à fleur d'eau sur lesquels la mer se brise en formant des vagues écumeuses. On donne aussi ce nom aux lames produites par le choc de la mer contre les côtes et contre les rochers à fleur d'eau ou sous l'eau.
Brise , nom générique que l'on donne au vent quand il n'est pas trés-violent. Brise de terre (pii vient des côtes, tn-ise du large ou de mer qui vient de la mer. — Le mot brise, qui vient du verbe briser, est joint à beaucoup de mots et forme des composés : comme brisemotte, brise-glace, pour indiquer des instruments destinés à briser, ou des objets qui ont rinconvément de briser quelque chose. On dit au figuré brise-raison.
Briséis, fille de Brisés, grand-prétre de Jupiter, et femme de Minos , roi de Cilicie. Elle tomba pendant le siège de Troie entre les mains des Grecs et échut en partage à Achille. Agamemnon voulut lui enlever cette captive, et Achille indigné se retira dans sa tente et refusa de combattre. C'est cette retraite du héros, devenue fatale aux Grecs, qui fait le sujet de l'Iliade.
Brissot et Brissotins. Brissot, qui ajouta à son nom de famille celui de ]VarviUi', ce (|iii en faisait une manière de gentilhomme, était le fils d'un honnête traiteur. Il naquit à Chartres le 1 i janvier 'I7;)i et mourut sur l'échafaud le 31 octobre 1793. Ses parents lui ayant fait donner une éducation beaucoup au-dessus de son état, mais que justifiait une vocation naturelle pour l'étude des sciences et des lettres, il se destina au barreau et se fit recevoir avocat; il vint à Paris préluder au rôle politique qui l'y attendait par les hum-
BRI — 80 — r.iio
blés fonction^ do rleiv de proiuiviir iH ont |ii)iii' c.'imnradi' diins la poudreuse élude Rul)es[)iei'ie, (pii inielques aimées plus tard devait renvoyer à la mort. Comme tant d'autres clercs d'huissiers et d'avoués, Brissot ne farda pas à se dégoûter du fatras et du grimoire de la chicane, s'adonna à la littérature et se lit homme de lettres, profession qui trop ^^ouvent, alors comme aujourd'hui, était celle des hommes qui n'ont pas su s'en faire une autre. Repoussé par d'Alembert, mal encouragé dans ses premiers essais par Voltaire, il alla chercher fortune en Angleterre, puis \int à Boulogne rédiger un journal intitulé Courrier de l'Europe. En 1789 il était revenu se fixer à Paris, où, le cercle de ses relations s'étant agrandi, il se fit élire membre du conseil municipal à la suite du 1 i juillet , et en 1791 il fut nommé député de la ville de Paris à l'Assemblée constituante. Réélu déi)uté à la Convention, il marqua parmi les Girondins, qui presque tous furent ses amis, et que de son nom le parti anarchiste appela brissot ins. Après l'événement du 31 mai il fut décrété d'accusation en môme temps que les autres chefs du parti, condamné à mort et exécuté le 31 octobre 1793. 11 I publia plusieurs ouvrages dont les principaux sont une Théorie des loiscrimineUesol un Traité de h: vérité.
Britannicus (Claudius-Tibérius), fils de l'empereur Claude et de Messaline. né l'an de Rome 79 i et av. J.-C. 42, mort l'an oo, empoisonné par Néron qui redoutait son influence sur les Romains et a\ ait été placé sur le trône impérial à son préjudice par les artifices lie sa mère Agrippine, seconde femme de Claude.
Britannique (empire). On appelle ainsi la réunion de toutes les possessions du gouvernement anglais, non-seulement la Grande- Bretagne, qui avec l'b-lande et les îles environnantes forme les Iles Britanniques, mais encore les nombreuses colonies qui dépendent de la métropole.
Brocard , moquerie plus acérée que la raillerie et qui participe de l'injure et de la boutïonnerie. Souvent douce, la raillerie n'attaque ordinairement que de légères imperfections de l'esprit et des manières; le brocard, toujours amer, poignant, entame jusqu'à l'honneur.
Brocart. C'était autrefois une riche étoffe d'or ou d'argent, à laquelle on mêla ensuite de la soie. Aujourd'hui ce mot désigne toutes les étoffes de soie. Les brocarts étaient fort recherchés dans le moyen âge.
Brochet, poisson de la famille des ésoces. Il y en a plusieurs espèces. Le brochet commun , qui vit dans nos fleuves et dans nos étangs, a le corps allongé et comprimé latéralement, la mâchoire
nno 90 — r.RO
n;arnie do don\> on fornio (\o corollo ; il îiô noiiiTit flo poisson et a été nommé, à cause de sa voracité, requin d'eau douce. Sa chair est délie aie et fort recherchée.
Brocheur, oiurier (|iii broche les livres, c'est-à-dire qui en réuni! les R'uiiles, les coud ensemble et les couvre.
Brochure, ouvragc imprimé qui a peu d'étendue et (pii n'est que broché. Dans tous les temps et sous différents noms, les brochures ont été les armes de prédilection des partis politiques ou philosophi(]ues. Elles sont un milieu entre les li\ res cju'on lit peu et les journeaiix (pii n'offrent pas assez de place au développementde la pensée.
Brodequin. On attribue l'invention du brodequin à Eschyle le trai;i(|ue i<rec, qui le premier l'introduisit sur le théâtre pour donner plus de majesté à ses acteurs. Le brodequin devint plus tard la chaussure particulière aux acteurs comiques, tandis ([ue le cothurne était réservé pour la trairédie. Ainsi on dit au fij^uré d'un acteur comique qu'il chausse le brodequin de Thalie, et d'un auteur tragique qu'il chausse le cothurne de Meli)oméne. Aujourd'hui le brodequin est la chaussure comnmnc des femmes et des enfants.
Broderies, dessins tracés sur des étoffes avec des Pds d'or, d'argent ou de soie. Cet art, fort ancien puisqu'il fut enseigné par Minerve à Arachné (v.) , est aujourd'hui la source d'un commerce important. Les brodeuses, avant la révolution, formaient une corporation considérable.
Brome. On appelle ainsi : I" un corps simple, découvert en 1826 par .\L Dalarol de Montpellier dans les eaux-mères des marais salants; substance liquide d'iin rouge-brun foncé qui se condense à %'y" au-dessous de zéro, et entre en ébullition à i7" au-dessus : 2" ime plante de la famille des graminées, dont les graines mêlées au froment donnent un pain excellent.
Bronches. On appelle ainsi deux conduits qui naissent de la bifurcation de la trachée-artère, et par lesquels lair s'introduit dans les |)Oumons.
Bronchite, maladie qui consisledansTinflammationdes bronches.
Bronze, alliau'c mélalli([ue composé d'environ i/o de cuivre et 1/5 délain au(]uel on ajoute quelcpiefois du zinc. Il est aigre, cassant et sonore. Cet alliage s'altère moins que le fer ou l'acier, et il était employé par les anciens pour la fabrication d'un grand nombre d'u.^lensiles et d'objets divers. Les meilleurs canons sont fondus en bronze. — Les Ritiiiains coulaient en bronze leurs monnaies et les médailles destinées à perpétuer la mémoire de certains faits. Ces médailles, dont il nous reste encore de nombreux et fort beaux échantillons, se sont bien mieux conservées que les monnaies ou les