‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnesChapitre 13 sur 59 · TRO — 01 — BRO · texte numérisé non relu

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médailles (kMiii\ 10. — On apivllc s'iiipicmonl l>roiKi'< los inédailks (jiii iKMis \ii'iiiuMU dos aiu'iiMis.

Bronzes, iiiorcoaux (le sciiliiliire coulés en bronze. Les aiuiens appelaient encore bronze l'airain ou le cuivre pur. Les statues de bronze étaient très -communes chez eux, et formaient à Rome connue un peuple à côté de l'autre. Il nous reste encore bon nombre (le ces statues répandues dans les divers musées de l'Europe.

Brosses. On appelle ainsi en histoire naturelle de petits faisceaux de poils raides insérés [)erpendiculairomcnt sur la peau de certains animaux. Plusieurs chenilles ont des brosses de cette espèce. Les pattes d'abeille en sont pourvues ; ces insectes s'en servent pour balayer le pollen des fleurs, qui" reste attaché aux poils de leur corps. — Les peintres appellent aussi brosses de gros pinceaux dont les jjoils ont la même longueur. — C'est aussi en économie domestique le nom d'un instrument de propreté bien connu.

Brou, chair qui enveloppe les fruits à coquille. Autrefois il désignait seulement l'enveloppe verte des noix avec laquelle on fait une liqueur appelée brou de noix. Ce brou, qui subsiste jusqu'à la complele maturité du fruit, est destiné à le préserver contre la voracité des insectes.

Brouet noir, mets trés-rccherclié des ant'iens Spartiates. Un roi de Pont, voulant en goûter, lit venir un cuisinier Spartiate pour lui en préparer; et conmie il le trouvait fort mauvais, un Lacédémonien lui répondit qu'il y manquait deux assaisonnements indispensables : les exercices du Plataniste et les bains de l'Eurotas : voulant dire qu'il ne convenait pas à la mollesse des Asiatiques, mais à la vie frugale et dure des Lacédémoniens. La conq)ositi(in de ce mets, dont la frugalité des Spartiates n'est pas faite pour donner une haute idée, ne nous est i)as bien connue. Les uns prétendent (|ue c'était un mélange grossier de sel, de vinaigre, de sang et de petits morceaux de viande ; d'autres , de la graisse de porc assaisonnée avec du vinaigre et du sel. En Allemagne, où l'on met l'érudition à toutes sauces, on prétend avoir retrouvé la véritable recette de ca ragoût qui fait les délices des savants en us, mais que (l()i\t'nt peu envier nos gourmets.

Brouillards , vapeurs, plus OU moins épaisses et ordinairemeiil froides, qui obscurcissent l'air. Us sont dus au refroidissement ('e raluiosphére. Pendant la journée , la température de l'atmosphère s'élève ; et l'air fait retenir la vapeur fermée à la surface de la terre. Le soir, la terre perd par le rayonnement une partie de la ( haleur qu'elle a reçue du soleil ; elle se refroidit, et refroidit l'a-r atmosphérique, Celui-ci abandonne une partie de la vapeur qu'il a

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dissoute penciarU la journée; cette vapeur se piécipite sur la terre, et il arrive souvent que le brouillard disparaît quelques heures après le coucher du soleil : quelquefois il dure toute la nuit. Enfin il arrive aussi que le brouillard ne se manifeste que le matin, c'està-dire vers le moment où la terre a perdu le jilus de chaleur. La présence d'un brouillard produit sur le refroidissement de la terre le même elîet que celle d'im nuage ; elle le ralentit. Aussi remarquet-on en L!;énéral que le froid est peu intense lorsque la terre est enveloppée de brouillards. — Les pièces d'eau un peu étendues, les lacs, les rivières, etc., sont couverts le soir et le matin de brouillards plus ou moins intenses. — On appelle papicr-hrouillard un papier très-lin et non collé ; et en termes de comptabilité commerciale, le brouillard est un livre sur lequel les négociants inscrivent leurs opérations journalières.

Broussa OU Bursiih (v. Bith\inie).

Bruant, genre de j)etits oiseaux appartenant à l'ordre des passereaux, dont le chant est monotone et en générai peu agréable, et qui sont recherchés comme petit gibier. Le bruant commun est répandu dans toute l'Europe; le bruant fou, qui habite particulièrement les contrées montagneuses, n'est que de passage en France.

Bruce (Robert), roi d'Ecosse, fds de Robert Bruce, lord d'Annandall. 11 se lit couronner roi d'Ecosse à Scone en 1 306 , souleva le pays et combattit les Anglais commmandés par Pembroke, qu'il défit à Methven, et battit Edouard 11 à la bataille de Bannock- Burn en 131 i. Sa vie est un tissu d'aventures romanesques.

Bruce (Jacques), né en 1730 à Kinnaird, mort en 1794. Il devint consul à Alger, fit d'importants voyages en Asie, découvrit les sources du Nil el publia en 1773 une relation de ses voyages.

Brueys cl Palaprat , nés tous deux dans le midi de la France , et qui avaient la vivacité d'esprit et la gaieté (jui caractérisent les habitants de cette contrée, réunis tous deux par une rare conformité d'humeurs et de goûts, après avoir mis en commun leur travail et leur talent, sans (|ue cette association ait jamais produit entre eux de jalousie, nous ont laissé deux pièces d'un comique naturel et gai: l'Avocat patolin et le Grondeur. Né à Aix en 1640, d'une ancienne famille i)rotestante , Brueys avait été élevé dans la religion de ses parents, qui le destinaient au barreau. En 1681 \\ publia une réfutation do VExpusilion de la doctrine catholi(|ue par Bossuet, qui fra[)pa tellement révè(|ue de Meaux que celui-ci , au lieu de répliquer, voulut voir son adversaire, entreprit de le convertir et y réussit bientôt. Dès ce moment Brueys se montra aussi zélé défenseur des doctrines qu'il venait d'embrasser si subitement, qu'il

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l'avait été précédoninieiU dos (.iun aiues de ses pères. Aussi quelques esprits-forts en ont-ils eonelu que la conviction du protestant n'était pas plus forte dans Brueys que ne le fut plus tard celle du catholique. Il moiuiit à Montpellier le 2o novembre 17 2o, à l'âge de S.3 ans. — Palaprat était mort 2 ans auparavant à Paris.

Brugnon, fruit à noyau , espèce de pèche moins grosse et dont la chair est plus ferme et la [)eau plus lisse que celle des pèches ordinaires , et (jui nuu'it à la lin de septembre. Le brugnon violet est le ]ilus estimé ; il y en a aussi une espèce musquée.

Bruine , petite pluie extrêmement line , qui tombe très-lentement, et est le produit d'un brouillard qui se résout, ou d'une nuée qui se dissout dans toute son étendue lentement et également.

Bruit, son ou assemblage de sons, abstraction faite de toute articulation et de toute harmonie : il n'a aucune régularité, et tantôt il est continu, comme le bruit c[ue produisent la marche des animaux, le roulement des voitures; tantôt il est subit et instantané, comme le bruit du tonnerre, du canon, etc.

Brûlerie , lieu OÙ l'on brùle du vin pour faire de l'eau-de-vie , fabrique d'eau-de-vie, distillerie. Il signifie encore le lieu où l'on brùle les bois dorés et les broderies d'or et d'argent pour en extraire le métal qui y est contenu.

Brûlot , navire que l'on remplit de barils de poudre , de pièces d'artitices et de matières incendiaires, et qu'on lance sur les navires que l'on veut faire sauter. On emploie ordinairement à cet usage de vieux bâtiments. — Par extension, on appelle brûlot!^ les hommes aux idées, aux opinions trop ardentes.

Brûlure , impression que le feu produit sur la peau ou sur toute autre matière, et qui va jusqu'à les altérer. Il y a plusieurs degrés de brûlures : elles peuvent seulement rougir la peau, ou déterminer une ampoule, ou désorganiser et détruire plus ou moins profondément les tissus soumis à l'action du feu. Une foule de remèdes ont été imaginés pour remédier à un accident aussi fréquent que douloureux, et Yonguent pour la brûlure est devenu proverbe comme synonyme de remède de bonne femme. Cependant , parmi les remèdes populaires il en est quel([ues-uns d'assez rationnels : ainsi la pulpe de carottes, de pommes de terre, etc., ont pour effet de calmer la douleur par la fraîcheur qu'elles comportent ; l'encre agit aussi par sa fraîcheur, et par l'astriction ((ue détermine le gallate de fer qui en forme la base. Mais le remède qui mérite le plus de confiance c'est l'eau froide dans laquelle on maintient la partie brûlée aussi long-temps qu'il est nécessaire pour prévenir ou modérer la réaction inflammatoire . en ayant soin (\v renouveler l'eau quand ell(>

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si'ôcluuin'iv Lorsque la partie brûlée n'est pas susceptible d'être iimiu'rar'o, on onij)loie. des compresses imbibées d'eau et qu'on reiunnelle souvent. On peut aider raclion résolutrice de Tenu froide en y versant une certaine ([uantité d'extrait de saturne.

Brumaire, niois (lu calendrier républicain qui correspondait à la seconde moitié du mois d'octobre et à la iiremiéro moitié du mois de novembre. Il est ainsi nommé des brouillards qui sont fréquents à celte époque. C'est le 18 brumaire (pie Bonaparte, aspirant au pouvoir suprême, renversa le directoire, chassa le conseil des Cinq- Cents du lieu de ses séances et se fit proclamer consul.

Brume, brouillard ipie l'on observe sur les rivières et sur la mer. Elle est plus persistante (pie le brouillard, parce (pie les masses d'eau sur lesquelles on l'observe fournissent sans cesse à l'évaporation. Les brumes sont fort dangereuses en mer; elles peuvent égarer les navires ou les empêcher de découvrir les obstacles qui s'opposent à leur marche. Elles firent perdre à Tourville la bataille de La Ilogue.

Brumoy (Pierre), savant jésuite, né à Rouen en 1G68, mort en 17i2. Il a publié des poèmes, des tragédies et une traduction du théâtre grec.

Brun, brune, couleur sombre entre le roux et le noir. Ce mot, appliqué aux hommes, s'entend de la couleur des cheveux et de celle de la peau. Il entre dans beaucoup de noms propres ainsi ((ue dans beaucoup de mots composés, et modifie leur signification dans le sens propre.

Brune ( Guillaume-Marie-Anne ) , maréchal de France, né a Brive-la-Gaillarde le 13 mars 1703, mort le 2 août ISlii. Il fit les campagnes d'Italie , et s'y distingua. Nommé ambassadeur à Constantinople, il y resta jusqu'à 1806. Chef de l'armée du Var pendant les cent jours, il voulut, après la chute de Napoléon, se retirer en Bretagne ; mais il fut massacré à Avignon , dans une émeute populaire.

Brunehault (cn langue germanique Bnmhihl , fille brillante) , fille d Alhanagilde, roi des Yisigolhs. Elle épousa Sigebert, roi d'Austrasie, et fut régente de ce royaume sous son fils Théodebert; sa sœur épousa Chilpéric, roi de Neustrie, ([ui la ré'pudia bientôt pour épouser Frédégonde , et de là naciuit entre les deux reines cette rivalité si célèbre et qui fut si fatale à la première. Elle mourut en 613, traînée à la queue d'un cheval indompté, par les ordres de Clolaire 11, fils de Frédégonde.

Brunir, brunissoir, brunisseur. Brunir est unc Opération quI

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consiste a polir ou pliitôl à biillanter mie [mrv de métal a 1 aille <la brunissoir. Le brunissoir est un instrument d'acier trempé auiiuel on donne ordinairement la forme d'une amande plus ou mollis allongée et que l'on ferre par un de ses bouts dans un manche en bois à l'aide diupiel on peut appuyer plus ou moins sur la [lièce de métal ([ue Ton veut brunir. Le brunisseur est l'ouvrier qui brunit les ouvrages d"or et d'argent, c'est-à-dire qui les polit à l'aiile du brunissoir pour les faire devenir brillants. Cette opération leur fait acquérir une teinte sombre (pii leur a valu le nom d'o;- ou (Wuujmit bruni, par opposition à lor ou à Varjcnt mat qui est d'une teinte beaucoup plus claire.

Bruno (saint), né à Cologne d'une famille noble, vers l'an 1030 ou lOlO. mort en MOI, en Calabre, dans un monastère dont il était le fondateur. 11 institua l'ordre des chartreux, auxquels il donna la règle de saint Benoit. 11 se retira, en 1081, prés de Grenoble, dans un lieu où il fonda un monastère (jui existe encore sous le nom de Grande-Chartreuse. Le pape Urbain , son élève , l'appela à Rome pour l'aider de ses conseils dans ses luttes avec l'antipape. En 1090, il refusa l'archevêché de Reggio, et se retira, en 1091, au monastère délia Torre où il mourut.

Brun rouge, oxyde de fer naturellement jaune, mais auquel une cakination lente donne une couleur fort belle.

Brunswick, situé entre 26" 30' et 29" 2' longitude est et entre ol'^ 38' et 52" 32' latitude nord, superficie 500 kilomètres carrés, population 2 50,500 habitants, comprend 6 districts, capitale Bruns- ^^ ick. Ce duché a 2 \o\\ dans rasseml)lée générale de la confédération germanique. 11 fut fondé, en 1285, par Henri l'Enfant. En 1830, le duc Charles fut chassé par une révolution populaire, et son frère Guillaume monta sur le trône de Brunswick.

Brunswick, capitale du duché du môme nom, bâtie sur les deux rives de l'Ocker, sous les 28" I 2' 1 2" longitude est, 52° I5'35" latitude nord, population 35,000 habitants. De nombreuses maisons de campagne forment les faubourgs de la ville, qui n'a pas inoins de 12 places publiques. Son commerce est fort actif, et elle sert d'entrepôt aux porcelaines renommées de la fabrique de Fiu'stcmberg. Elle possède de beaux monuments, I collège, 16 écoles primaires, et d'autres établissements d'utilité publique.

Brunswick (duc de). Nous citerons I" (Antoine-l'lric de Lunébourg dej, né en 1633, qui se fit catholique en 1710, et mourut en I7ri. Il cultivait les lettres. — 2" i^Ferdinand de), né en 1721. mort en 1792. Il se distingua au service de Prusse, et s'occupa beaucoui» de franc-maçonnerie. Plusieurs autres princes de cette

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liiiiiillc acqiiiix'iil une rcpiitiition iiu'iilée au st-rvioe de Prusse, et se firent môme un nom dans les lettres.

Brut, qui est dans l'état grossier où la nature l'a produit ; matière brute, qui n'a pas été travaillée; sucre brut, qui n'a pas été raffiné ; ])icrro brute, qui n'a pas été polie, dépirossie.

Brute, animal (léi)ourvii de raison. Il se dit surtout des bêtes qui sont le plus dépourvues d'intelligence et de sensibilité. Les brutes obéissent à la brutalité ; elles agissent en quelque sorte fatalement et s'abandonnent à tous leurs iienchants.

Brutus 1" (Lucius Junius), lils de Marcus Junius et de Tarquinia, sœur de Taniuin-le-Superbe. Il contrefit long-temps l'insensé pour détourner les soupçons de son oncle, et concourut à l'expulsion des rois; i" (Marcus Junius), membre du i)arti aristocratique qui conspira contre César, fut un de ceux qui l'assassinèrent; perdit contre Antoine et Octave la bataille de Philippes, et se fit tuer en s'écriant : Vertu, tu n'es qu'un nom!

Bruxelles, capitale du royaume de la Belgique et chef-lieu de la province du Brabant, située par 50^ 51 ' latitude nord, 2" 1 ' 45" longitude est. Population 110,000 habitants. L'origine de Bruxelles remonte au viir siècle. Les comtes de Louvain, devenus ducs de Brabant, en firent une ville importante qui s'accrut encore sous les gou\ernements espagnol et autrichien. Joseph II transforma ses anciennes fortifications en une belle promenade. C'était une ville entourée d'une simple muraille , lorsque du rang de capitale des Pays-Bas autrichiens elle descendit, en 1794, à celui de chef-lieu du département français de la Dyle. Elle est bâtie sur un terrain inégal, et ses rues sont généralement escarpées. Sa partie basse, la moins saine et la moins régulière, renferme beaucoup de maisons dans le style de la renaissance. Les habitations en général sont éclatantes de blancheur, ce qui provient de ce qu'on les badigeonne tous les ans. On compte à Bruxelles 290 rues, 13,000 maisons , 27 ponts et 8 places publiques. La plus belle est la Place royale, dont l'enceinte quadrangulaire est formée par le beau portail de l'église de St-Jacques et par 8 hôtels à l'italienne formant deux par deux les i face» des côtés. Les constructions de la Grande- Place offrent un aspect tout différent : elles appartiennent à l'architecture espagnole, flamande et gothiiiue ; la principale est l'hôfel- (le-ville , bâtiment flanqué de .'i tourelles hexagones et surmonté par tm beffroi haut de 122 mètres, couronné par une statue de St-!Michel en cuivre. La place St-Michel n'est i)as d'une grande étendue; mais elle est ])lantée d'arbres et entourée de Itàtimenls dune élégante architecliue. .\u centre on remarque le monument

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lum'brc iMevé par les soins du iioiiNcait i^uuM'ineiiioiit u Ui iiiciiioirc dos \iclimesde la rovolutioii de septembre 1830. C'est un cdilice de bon iioùt et qui a le grand mérite d'être approprié à sa destination; on ne le prendra jamais pour un théâtre ou une bourse de commerce, critique qu'on j)eut faire de tant de monuments publics de Paris. Au nord de la ville, sur un monticule a])pelé le Moicmbcry, se trouve l'antique éiilise de St-Micliel et de St-Giidule, dont l'imposante fai^'ade gothiciue est précédée d'un escalier de 36 marches. La circonférence de Bruxelles est d'environ o kilomètres. On trouve dans cette ville une académie des sciences et belles-lettres , une société royale des beaux-arts, une société de botanique, une université libre fondée au moyen de >t)us(.tiptions, et Yatliénée, espèce de collège royal. La société dite C<\nrMdia est une réunion d'hommes instruits qui s'occupent de rechevçii.es sur la littérature nationale. Bruyère, phuif-c ^d'? la famille des éricinées. Ce genre contient plus de '400 espèces. Les bruyères sont très-recherchées des- bètes à laine. Elles croissent avec une grande rapidité," e,t couvrent en France des territoires assez étendus di\ns,les Landes de Bordeaux, le département de la Saçthe, etc. Parmi les 200 espèces de bruyères connues. en France, dont la plupart sont Bruyère. exotiques et cultiyeï'^ dans les orangeries et dans les serres, il faut distinguer la bruyère à balai, qui croit principalement dans le midi , et la bruyère (commune , dont la corolle est d'un rouge pâle, la tleur en grappe, Te^'lèuilles seniles et sagittées. Bruyère iJean de la) (v. Labnujére).

Buanderie. Lieu OÙ sont ètabhs un fourneau et des cuviers pour faire la lessive. On a essayé d'établir des buanderies à la vapeur qui fonctionnaient avec une incroyable rapidité. Ces établissements n'ont pas eu de succès.

Bubale, quadrupède ruminant du genre antilope; il habite les contrées de l'Afrique ; ses cornes sont cannelées, et recourbées eu arrière.

Bubon , tumeur inflammatoire qui a son siège dans les glandes lymphatiques sous-cutanées, et surtout dans les glandes de l'aine, de l'aisselle et du cou. Ces tumeurs sont produites par diverses causes. On appelle encore bubon une plante de la famille des omt)cllifères.

Buccin. Genre de mollusque de la famille des gastéropodes. Sa coquille est univalve et tournée en spirale. — Le buccin est encore un trombonne à large pavillon.

Bucentaure . galère tros-vaste et trcs-haute qui était surmontée II. 9

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(riiiu' (Sliailc sur la<iiiL'lle le (l(ii;i' do Venise montait cha({no année pour céléljrer la cérémonie de son mariage avec rA(lriati(iiie. Pour accomplir cette union mysticiue, le doge jetait un anneau nuptial dans la mer. -

Bucëphale, clie\al d'Alexandre-le-Grand , dont le nom signifie léle de bœuf. Le roi le dompta avec une grande habileté ; et l'on raconte (pie lorsqu'il avait sa selle et son harnais, il ne se laissait monter (pie par son maître, devant lecpiel il courbait le genou. 11 mourut à 30 ans blessé dans une bataille, après avoir emporté et sauvé son maître.

Bûcher , aiiias de bois sur lecpiel les anciens brûlaient leurs morts. Les bois d'if, de pin, ile tVénc et de cyprès étaient surtout eniplo\ es à leur construction. -^ Oij appelle aujourd'hui vulgairemenl lnkhcr un petit lieu obscur.oij 1 on serre le bois.

Buckjngham ((îeorge ViUieis^ , (Juc de), favori et ministre des deux rois d'Angleterre Jaccpics 1':'' et Charles V% na([uit à Brookesby , dans le comté de Leicesler, en 1592. 11 prétendait descendre d'un des Nornumdscompagnonsd'armesde Guillaume-le-Conquérant el se vantait d'être parent de lfVuf\ison française des Villiers, seigneurs de rile-Adam. Après la mort de son père, sti mère l'envoya en France pour en faire un cavalier accompli. Il revint brillant de beauté et d'esprit, mais sans principes. En ii315 il attira l'attention de Jacques !<='", qui le nomma son échanson. En moins de 2 ans il fut fait baron , vicomte , duc, lord guand-amiral, grand-écuyer, etc.; fortune scandaleuse que rien -ne justifiait. En 1623, il dc^cida le prince royal Charles, à faire loii-mème le voyage de Ma(ii'id pour \()ir linfanle Marie, qu'on veulajt lui faire épouser. Ce voyage amena une rujUurc et la guerre avec l'Espagne. A la mort de Jacques l*"'" (102o), le parlement se prépara à attaquer le duc ; une accusation de haute trahison fut j)ortée contre lui. Mais il conserva la fa\eur de Charles I'''', qui cassa le parlement, et entra ainsi dans la voie malheureuse qui le conduisit à l'échafaud. Buckingham brouilla aussi son maître avec la France; mais l'expédition de la liochelle et de llhé (1(527) devint fatale aux Anglais. La fureur populaire ne connut alors plus de bornes contre Buckingham. 11 tomba enfin, à l'ortsinouih, sous le poignard de John Fellon, le 23 août 1 628. On prétend que , dans un voyage à Paris , Buckingham avait su toucher le Cd'ur d'Anne d'Autriche, femme de Louis XllI et mère (le Louis XIV.

Bucolique. La poésie bucolique a. pour objet la peinture de la vie cliampélre, comme l'indique son nom, qui, en grec, signifie pas- (oral. Son inventeur est inconnu ; l'on ignore même le lieu et l'époque

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où elle a pris naissance. Toiilefois , les Indiens sont les premiers dont Tantique littérature nous oITre cpiehiiies traces de celte poésie. On peut classer aussi dansée genre, chez les Hébreux, le Cauliquc des cantiques et le Livre de Ruth. Les Grecs attribuaient linvention delà poésie bucolique à Dionuis et à Stésichore. Elle n'a fait, du reste, chez ce peujtle, qu'une simple apparition. Avant Théocrite, Bion et Moschus , on ne trouve qu'un personnage fabuleux; api'cs ces 3 poètes il n'y a i)as même un nom à citer. 11 faut traverser [)!usieurs siècles pour trouver le nom , à peine historique, de Longus. Ce genre avait compris chez les Grecs , sous le nom û' idylles , des morceaux delà jilus grande diversité, les peintures de la ville, comme celles de la campagne ; 'des chants à la manière des hymnes homéri(iues, des épithalames, des 'éloges, des récits héro'iques ou simplement mythologiques, etc. Fn passant de Sicile en Italie, la bucolicpie changea de nom ; mais-clle conserva sous celui d'égloguele même caractère de vague et d'iaclpcîsion. Si, après Virgile, on lit encore avec plaisir Némésien, Calptii'JMUset Ausone, Claudien ne prend guère que dans les bibliographieS'.lç nom de poète bucolique. Puis, l'invasion des barbares paraît aVovi" étouffé l'inspiration pastorale : nous ne la voyons reparaître quê'pjus lard dans \es pastoureUes (v.) du moyen âge. Encore, ces pi'odi'clions ne sont-elles pas , même pour le fond, la continuation clè\îa littérature romaine en ce genre. Et en effet , (piaud , à l'époque de la renaissance des lettres , la poésie pastorale reparut en Italie, l'miitation directe des poètes latins fut son point de départ. Mais l'élément poétique de la chevalerie, alors à sa décadence , passa, en se défigurant, dans la poésie pastorale, qu'à son tour il défigura par ce méiange. De là l'extension progressive donnée à la forme des poèmes bucoliques. Les courtes scènes qui caractérisaient l'églogue antique devinrent bientôt des drames entiers (v. Pastorale), et même des romans entremêlés de prose et de vers , qui rivalisèrent de prolixité avec les épopées chevaleresques dont elles prirent la place. De nos jours, on peut dire qu'en général la poésie bucolique est tombée dans un grand discrédit.

Budget. Ce mot , emprunté de l'anglais, pourrait bien êtredéri\é du nv)[ pochette ou pixtôt du mot houçjette qui, en vieux français, signifiait un sac. Il est employé pour désigner le tableau des besoins et des ressources d'un état, d'un département, d'une commune, d'un établissement public , d'un particulier. En Angleterre et en France , le budget est établi chaque année après une discussion solennelle , libre et approfondie de la législature. On se sert ordinairement du mot Inidfjet pour exprimer la réunion des recettes et des dépenses dans un même cadre. Cependant le budget . du moins

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rt'liii (le l'état, ?e divise en 2 soclioii.^ disliiittes et si-porées, qui constituent (iiaciine un budi^et spé(Mal. Dans Tune sont décrites les dépenses exigées pour les ditïércnts services publics pendant l'cxfircfce ou Tannée financière auquel elle se rapporte, el celte section prend le titre de bu(l;j;et des dcppuses. L'autre indique les recettes à faire durant le même exercice pour subvenir aux dépenses, et s'ai)pelle budget des recettes ou des voies et moyens.

Bude, en allenumd Ofen, en hongrois Buda., en slave Builjn, capitale du royaume de Hongrie, sur la rive du Danube, dans le coniitat de Pesth. On y compte 2,928 maisons et 32.000 habitants, sans y comprendre la noblesse, la garnison et les ecclésiastiques. Les habitants s'adonnent au cqmnf)erce des soies, des cuirs, des tabacs, des fers et des cuivres, :^Vsurtout des vins; car il y a en Hongrie des \ ins exquis, parmi kisqtiels nous ne citerons que le célèbre lukitï. ],'..',

Buenos- Ayres , ca[)itale de la répïjblique Argentine ou des Protniices-rnies de Rio delà Pîata,'eide l'un des 1o états qui forment cette républi([ue de l'Américiue méridionale. La province de Buénos- Ayres, située sur la côte orientale ije l'Océan, entre le Rio de la Plata et le Negro , compte 420,090 habitants. Elle comprenait les états de la Plata , de Bolivia et le Paraguay d'aujourd'hui , entre les Andes (Mordilleras) el les montagnes du Brésil , territoire qui , depuis 1778 , fut érigé en une royauté dii nom de Rio de la Plata (v.), ayant Buénos-Ayres pour chef-lieu. Cette ville, dont la province avait tiré son nom , doit son origine aux Espagnols , qui la fondèrent en 15.30, 20 ans après que Dia>: de Solis eut découvert l'embouchure du Rio de la Plata. Buénos-Ayres s'étant détachée de la domination espagnole en 1 81 6 , son exemple fut suivi par plusieurs autres états, qui formèrent avec elle une république fédérative. La ville devint alors le siège du gouvernement central et du congrès de ces nouveaux États-Unis de l'Amérique méridionale , et elle fut déclarée en 1826, par le congrès, siège perpétuel du gouvernement et capitale de l'état fédératif. Elle occupe une plaine un peu élevée à l'entrée de l'immense embouchure du Rio de la IMata , dont elle domine la rive. Ses rues, perpendiculaires aux bords du fleuve , se coupent à angles droits, sont droites, larges, régulières el garnies de trottoirs, mais généralement sales el assez raides à la marche. La principale, celle de Sanla-Trinidad, traverse toute la ville el est habitée par les plus riches familles. Les maisons, peu élevées, sont bâties en briques, à toits plats, et n'ont d'autres cheminées que celles des cuisines. La poimlation est de 8 1 ,000 âmes ; il y a une université fondée CM 1821 . un cabinet d'histoire naturelle, un observatoire, ime école

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(ltMiinllu''in;iticiius. do i>riiilui't' d de liessiii , qncliino-; ^oriolts lill(''raires, des aLudéinies. Une citadelle défend la ville, (jui est protégée encore, du côté du sud, par plusieurs forts. Buénos-Ayrcs, nierveilieusenienl: située [)Our le couuiierce, est destinée à devenir l'une des places les plus importantes de ces parages. En ISOti, cette ville fut prise par une escadre anglaise sous la conduite de Popham et du général Beresford : cependant cette conquête ne fut que le résultat d'une surprise ; car dès que les Espagnols furent revenus de leur frayeur, ils attaquèrent les Anglais, dont le plus grand nombre fut fait prisonnier. L'année suivante, des renforts leur arrivèrent sous Whitelook et ("rawfort; on laissa les Anglais pénétrer dans la ville; puis les lispagnols firent un feu si terrible que le tiers de l'armée anglaise péril. Après le combat, on conclut un armistice. La possession de la capitale a jusqu'ici presipie toujours décidé de celle de tout le pays, où les partis sont encore en présence et où les unionistes et les fédéralistes se font fréquemment la guerre.

Buffet. Ou appelait abacus, chez les anciens, de petits appartements contigiis à la salle à manger, et qui contenaient tous les vases et ustensiles nécessaires au ser\ ice de la table ; c'est ce que nous avons appelé ofpce. Ils eurent aussi comme nous des meubles destinés comme nos butTets à contenir tout ce qui était nécessaire au service de la salle à manger. Chez nous, le buffet est, à la fois, et Vabacus des anciens, et une esjièce d'armoire placée dans la salle à manger ou dans le vestibule qui la précède et contenant les ustensiles nécessaires au service de la table. Par extension, on a appelé buffet le corps de menuiserie où sont enfermées les orgues ou chaque jeu en particulier.

Buffle , espèce de bœuf sauvage dont parle l'Écriture , et dont Moïse avait permis l'usage aux .luifs. Il était originaire de l'Euphrate. — On donne le nom de bu//Ie à la i)eau de cet animal, et à celle des autres bœufs et même des élans , qui a été foulée et préparée avec de l'huile dans des moulins à buiîle; toutes les pièces de l'équipement moderne d'un soldat, (pu sont en peau de buOle, telles que baudrier, ceinturon, etc., se nomment buffleterie.

Buffon ((ieorge-Louis-Leclerc, comte de), né en 1707 à Montbar, petite ville qiù fait aujourd'hui partie du département de la Cùted'Or, après avoir fait de brillantes études, obtint de son père l'autorisation de suivre dans leurs excursions deux Anglais, avec lesquels .1 s'était lié. Ils visitèrent ensemble la Suisse, l'Italie, une partie de la France , et se rendirent ensuite en Angleterre. C'est là qu'en 1733 Buffon traduisit la Statistique des véçjètaux, de Haies , et le traité de N'ew ton, intitulé Méthodes des. fliirions et des suites /n^*» /es. Les pré-

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faros dont il eiirichil ses Iradiiclions fiiront son début dans la carrière dos sciences et des lettres. De retour eu France, Biiiïon oiïiit ses deux manuscrits à l'Académie des sciences, et ils furent publiés avec l'aiiprobation de ce corps savant. 11 entreprit aussitôt une suite d'expériences de i)h\ sique et d'économie rurale. Les mémoires où il consif^na les résultats de ses travaux importants lui ouvrirent, dés le 18 mars 1739, les portes de l'Acadéniie des sciences, et le firent a|)peler, dans la même année , à l'intendance du cabinet d'histoire naturelle et du Jardin du Roi. C'est alors qu'il conçut l'idée de son llistuirc iHihircUe. S'associant à Daubenton , il le chargea de la descrijjtion des formes et de la partie anatoraique, se réservant tout ce qui a rapport aux grands phénomènes de la nature, aux mœurs, qualités et habitudes des animaux, aux vues générales, aux liens d'ensemble. Aussitôt que parurent, en 1749, les trois premiers volumes de cette œuvre inuiiense , il se fit une véritable révolution dans les esprits, qui s'enthousiasmèrent pour la science. La Théorie de la terre eut de nombreux partisans et d'ardents détracteurs; mais le succès des Idées générales sur les animaux et de l'Histoire de lliomme fut plus complet. L'Histoire des animaux domestiques (imprimée de 17o.'i à niif)'), celle des Aiiimaux carnassiers et autres vivipares (1 75S à 1 7()7), celle des Oiseaux (1 770 à 178 1 ) furent accueillies avec l'intérêt le plus vif. A cette époque, Daubenton cessa de travailler avec BufFon; et celui-ci s'associa Queneau de Montbeillard, l'abbé Bexon et Sonnini de Manoncourt. En 1783 et 1785 parut VHistoire des minéraux, le plus faible des ouvrages de Bufi'on, et en 1788 les Epoques de la nature, son chef-d'œuvre. Tout le monde connaît son Discmirs sur le style, prononcé le jour de sa réception à l'Académie française, et où il développe cette pensée mgénieuse « le style de l'écrivain est l'homme même » ipie lui avait sans doute suggérée l'étude de lui-même. Possesseur dune belle fortune, Buifon aimait en effet le faste et la représentation. Sa toilette était constamment de l'élégance la plus irréprochable, et jamais il ne tra- \i\\\\i\ sans être haljillé et paré, avec de riches manchettes de dentelle à son habit. Peu d'écrivains ont été aussi dilîiciles que lui pour l'harmonie des ])ériodes et le choix des expressions. Sans cesse il raturait, changeait, jusqu'à ce qu'il eût trouvé le ternie propre ou le tour con\enable; puis il se récitait à haute voix et à lui-même ses périodes pour juger de leur harmonie et leur donner l'élégance et l'énergie d'expression dont elles brillent. On dit fiu'il copia 11 fois de suite ses Epoques de la .Y^fure en les corrigeani sans cesse. Peu d'écrivains huent pendant une aussi longue carrière enviionnés d'autant d'illuslration, d'estime et de renoniniM',

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et exempts oomme lui clos traits t'iiipuisomiés de reinio et de la critique. 11 mourut le 10 avril ITSîS, ài;r de 81 ans.

Bugle, iiistruuient à vent, en cuivre, dont l'invention est assez récente, et ciui a quelciue rapport avec rophicléide.

Buis, arbre ou arbuste ipii forme un petit ijenre dans la famille des eupluirbiacées. Lt^ Inti^ arborescent vient dans les terrains montueux. de rHuroi)e et de l'Asie. Son liois, principalement celui de la racine vulgairement appelée bruassiii , est fort recherché pour le tour. On l'emploie avec avantage dans les jardins, connue bordure, et dans les massifs.

Buisson. On entend par ce mot soit un petit bois taillis et touffu , soit une loull'e d'arbrisseaux sauvages et épineux , soit encore un arbre qui , à force d"a\ oir été brouté par le bétail , est resté rabougri et ne donne plus que de petites branches mêlées. Les buissons sont le refuge habituel des oiseaux et du gibier. On appelle buisson ardent un arbrisseau de I mètre 06 centimètres à 2 mètres, presque toujours vert, auquel les botanistes donnent aussi le nom de né/lier pijracanthe.

Bukarest, capitale de la Valachie, bàlie sur la Dembovitza (pd la divise en deux parties, à 1 20 kilomètres de Tembouchure de cette petite rivière dans le Damd)e. On la divise en 70 quartiers et elle compte 80,000 habitants. Elle est le siège d'un arclie\è(pie grec dé[KMnlant du patriarche de Constantinople. 11 y a des consuls anglais et français à Bukarest, ville célèbre par le traité de paix qui y fut conclu en 1812 entre la Porte-Ottomane et la Russie. Ce traité laissa à la disposition de l'empereur Alexandre une armée aguerrie qu'il put opposer aux armes de Napoléon, et fut l'une des causes de nos désastres en Russie.

Bulbe , espèce de bourgeon propre à certaines herbes vivaces appelées vulgairement plantes bulbeuses ou plantes à ognons. Cet organe se rencontre beaucoup plus fi'équemment dans les plantes monocotylédoncs que parmi les dicotylédones. On appelle buUiilles de petits tubercules qui, naissant aux aisselles des feuilles ou dans les tleurs. finissent |)ar se détacher de la plante-mère et prennent racine c(Mnine de vraies bulbes

Bulgares et Bulgarie, aucieimc province de la Turquie d'Europe, bornée au nord par la Valachie et la Bessarabie, à l'est par la mer Noire, au sud par la Roum-lli , à l'ouest par la Servie. On évalue sa superficie à 2i,260 kilomètres carrés, et sa populati( n à 1,600,000 individus. Ce pays, limité au nord par le Danul)e , s'étendait en am|>hithéàtre sur le versant septentrional du moi'.t Balkan, (pii formait sa limite au midi, C'est la Md'sia-Inferior des

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miciens Uomciiiis. Apres avoir cto soLimise aux empereurs (l'Orient, elle fut conquise, au xiii*' siècle, par Etienne IV, roi de Hongrie. Les Turcs la lui enlevèrent, et elle est restée sous leur domination. Elle fait maintenant partie du Beglier-Bek , ou gouvernement de Roum-Ili , et se trouve divisée en 7 sangiacats ou districts. Sophia est son chef-lieu. — Dans l'histoire, il faut distinguer avec soin l(S Bulgares du Volga de ceux du Danube. Les Bulgares du Volga sont la souche de toutes les tribus qui ont porté le même nom. Ils entrent sur la scène du monde au moment où les Huns en disparaissent. On balance, pour trouver leurs véritables ancêtres, entre les Turcs et les Finnois. Ils habitaient, sur le Volga, dans les gou- \ernements russes actuels de Kasan , de Simbirsk, de Saratof, d'Orenbourg, etc. Après le x« siècle, ils sont généralement un peui)le mahométan : jusque-là, ils avaient été les uns chrétiens, les autres probablement chamanes. Au moment de leur con\ersion au Koran, ils étaient encore en partie nomades; cependant, l'agriculture était en usage chez eux. Peu belliqueux, ils se livraient au commerce et peut-être aussi à l'industrie. Ils ont frappé monnaie long-temps avant leurs voisins de l'est et de l'ouest , et l'écriture leur était connue peut-être même avant l'introduction de l'islamisme. Leur ville de Bulgar, bâtie par des architectes de Bagdad, se soutint jusqu'en '1396, époque où son nom disparaît pour faire place à celui de Kasan. Les Bulgares furent souvent en guerre contre les Russes , et rarement heureux dans leurs expéditions. En '12.32, ils fiu'ent soumis par les Mongols. Au xv^ siècle, ils furent conquis par les grands-princes de Moscou, et, depuis, ils ont entièrement disparu de ces contrées. — Quant aux liuUjares du Danuhe , des bandes de ce peuple, mêlées à des Slaves, arrivèrent, l'an de J.-C. "iOI, sur le Danube. Vers ce temps, Asparuch , leur roi , qui s'était arrêté en Moldavie , tandis qu'un de ses frères se fixait en l'annonie, fonda avec les Bulgares et les Slaves ce qu'on ne farda pas à nommer la petite Bulgarie, par ojiposition à la (/randc Bulgarie, dénomination qui, dès le vr siècle, appartient au pays du Volga , dans la langue des Romains. Ces Bulgares , qui paraissent s'être divisés en C.outrigoures et en Outrigoures, devinrent formidables aux Romains; et quoiqu'en 507 l'empereur Anaslase eût fait élever contre eux une longue muraille , ils arrivèrent plusieurs fois jusque devant Conslantinople. En 559, Justinien leur opposa avec succès Bélisaire. Puis ils restèrent près d'im siècle soumis aux Avares. Délivrés par (louvral, ils formèrent un royaume indépendant de Bulgarie (G79-10'l!)i et ne tardèrent pas à embrasser le christianisme. Cet ét^t, souvent en guerre avec l'empire

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grec, linil pnr on doNonii' une province. De 1 180 ;i 1:<S9. ilseuieiil de nouveau deî; prinees indépendants. En 1392, Bajazet 1"' les soumit à l'empire ottoman.

Bull. Les Anglais désiç;nent par ce mot, qui dans leur lan;^ue signifie taureau , un discours sans suite et sans raison. Leurs auteurs mettent bon nombre de bulh dans la bouche des personnages irlandais qu'ils introduisent dans leurs comédies et dans leurs romans (v. John Bull).

Bulle. C'était un ornement de forme ronde, en or pour les i)atri- ( ions, et que portaient les enfants chez les Étrusques et chez les Uonuiins. — On appelle encore huila, bull(\ le sceau de plomb portant d'un côté les images de saint Pierre et de saint Paul, etdel'autre le nom du pape, a\ ec lequel la chancellerie romaine scelle les rescrits du sou\ erain pontife sur des affaires consiilérables, écrits sur parchemin , en caractères ronds et gothiques. De là le nom de bulla^ donné à ces rescrits eux-mêmes. Quand le rescrit est de grâce, le sceau est attaché avec des fils de soie ; si le rescrit est de justice, le sceau est suspendu avec une petite corde de chanvre. Dans la salutation, le pape prend la qualité d'évèque, serviteur des serviteurs de Dieu. La bulle se divise en quatre parties, qui sont la narration du fait, la conception, les clauses et les dates. En France, depuis le concordat de François P"", les évèques ne sont point sacrés qu'ils n'aient reçu leurs bulles d'institution. Fulminer une bulle n'est autre chose que la soumettre à l'examen , à la vérification de l'autorité compétente pour être exécutée. Il y a des circonstances où l'on appelle comme d'abus de la bulle du pape. Dans aucun étal catholique , les bulles ne sont publiées sans être munies de Yexequatur de l'autorité civile. Les bulles docirinalef: , qui annoncent le jugement rendu par le saint-siége sur la doctrine qui lui a été déférée, sont aussi appelées constiiutioiis. Les bulles d'excommun icaf ion sont assujetties à des formalités très-rigoureuses pour être exécutées. Pendant la vacance du saint-siége on n'expédie point de bulles. — Le titre de bulle ne fut pas exclusivement réservé aux lettres du pape; il fut aussi donné a celles des empereurs , de certains prélats et de quelques conseils œcuméniques. Le grand sceau de l'empire germanique s'appelait la bulle d'or; Lothaire 11 s'en est servi le premier. En 1356, l'empereur Charles IV arrêta et publia, du consentement et avec le concours des électeurs, des princes, des comtes, de la nobles.-e et des villes impériales, la fameuse constitution appelée la bulle d'or, qui tint jusqu'à la fin du xviu'-' siècle la première place entre les lois fondamentales de l'empire . et que l'on montre encore à

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FriiruTort ; clic fui iinprimoc à Nuremberg;, en 147i, in-fol. On l'a noninicc la bulle d'or, par allusion au sceau d'or que l'empereur lit attacher aux difl'crents exemplaires authenti(|ues qu'il donna aux électeurs et à la ville de Francfort. Elle contient les règlements les plus précis sur l'élection et le couronnement des rois (les Ilomams , futurs empereurs , et détermine le rang , les droits et la succession des électeurs.

Bulletin. Ce mot, dérivé de buUo, implicjue généralement l'idée (le billet, petit écrit, itetite note, par lesqu6>ls on rend compte, à des intervalles plus ou moins rapprochés, souvent jour par jour, et quelquefois d'heure en hcuie, de la situation d'iuie affaire ou de l'état d'un(> personne. Les biillelins sont aussi de petits billets qui servent aujourd'hui , dans les élections, à inscrire les noms de ceux aux- ((uels on donne sa voix. Le terme de huUetin n'a jamais été plus fréquemment employé ([ue sous la domination impériale : ainsi, qui ne connaît les BuUeims de la grande armée, dont la collection est si précieuse! On a encore appliqué le nom de ImUolin à de longs écrits, et à des collections volumineuses. Tel est le Bulletin des lois, recueil oiïiciel des lois, ordonnances et règlements qui nous régissent. Il a été établi par la convention le 14 frimaire an ir. Il se divise en 9 séries, nombre égal à celui des gouvernements que la France a eus depuis 1791, et compte aujourd'hui plus de 100 volinnes in-S". L'insertion des lois dans ce bulletin leur sert de promulgation.

Buonarotti (v. Michel- Ange).

Bure, nom d'une étotTe de laine grossière, de couleur brune, qui servait autrefois au vêtement des gens du peuple et à celui des religieux appartenant aux ordres mendiants. On fabrique encore des étoffes qui portent le nom de hure , mais elles sont beaucoup plus fines (juc (elles d'autrefois.

Bureaucratie. On appelle bureau le lieu où se font les écritures, et où les affaires s'expédient. Ce mot vient de bureau, meuble recouvert de bure et sur lequel on écrit. Dans les grandes administrations, il y a aujourd'hui autant de bureaux que de branches de service. On appelle bureaucratie, l'esprit, le régime, l'influence abusive des bureaux soumis trop souvent à la routine et à l'intrigue, et tenant plus de compte, dans les grandes comme dans les petites affaires, de l'intérêt privé et de la camaraderie, quo du mérite et de l'intérêt public. La bureaucratie est la plaie de l'administration.

Burgau, liniaçon (pii produit le plus beau nacre; c'est avec sacoquille (pie l'on fait des incrustations dont les couleurs se marient ?i adniirnblemenl à j'or et à l'argent,

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Burger (^GeolVrui-Aii;j:iisk'), lils d'im [la^lciir prolcslaiit, iiiuiiiit a Wolinorsw eiulo tlaiis la principauté crilalbcrstadt, on l7iS. Libertin et dissipé dans sa jcunossc, il so prépara de longs niallieiirs domesliiiuos. Ayant siiccossivonicnt épousé et mi mourir les deux sœurs, il acrepla Toirro ronuuiesciue d'une jeune (ille de Souabe, et se maria une 3^' fois. Celle union fui malheureuse, et se termina par un divorce. Burger, qui presque toute sa vie avait eu à lutter contre la pauvreté, mourut professeur à Gœttingue en 1794. 11 a laissé des poésies justement estimées : ballades, chansons, odes, élégies, sonnets, épigrammes. Dans aucun de ces genres il n'est resté au-dessous du but quil se proposait; dans (pielques-uns il s'est élevé à une grande supériorité, et la voix de sa nation l'a placé au rang de ses poètes les plus distingués. On doit surtout citer avec éloges ses ballades intitulées Léonure, le Chasseur sauvage, le Brave homme, la Fille du pasteur de Taubenhain, etc.

Burgos, ville d'Espagne, capitale de la Vieille-Castille, siège d'un évéché ; elle est grande et environnée d'une vieille muraille et s'élève sur le penchant d'une montagne. Elle était autrefois défendue par un château aujourd'hui ruiné. La rivière d'Arlanza, que l'on passe sur 3 ponts, la sépare du faubourg de Bega, qui est bien peuplé, renferme plusieurs couvents et hôpitaux, une jolie promenade el des jardins bien arrosés. Les rues de Burgos sont étroites, tortueuses et sombres, mais rafraîchies par des fontaines. L'une des places, assez belle, est environnée sur 3 côtés d'un portique. Les éditices les plus remarquables sont : la cathédrale, monument du xiii*' siècle, bâtie sur une hauteur, où l'architecture gothique a déployé toute sa richesse; l'église St-Paul, qui n'est pas moins belle sous ce rapport ; l'hôtel-de-ville , le palais de Yelascos; un arc-de-triomphe érigé en l'honneur du le^ comte de Castille, Ferdinand Gonzalès. Elle possède un vaste hôpital, un collège, une école des beaux-arts, une école de chirurgie, quelques fabriques de laine, restes de son ancienne et brillante industrie. On y fait beaucoup de bas de laine. Burgos, qui n'a que 10,000 habitants, est la clef de l'Espagne septentrionale. Elle fut très-tlorissante, tant que les comtes et rois de Castille y résidèrent. Le 10 novembre 1808, les Espagnols perdirent sous les murs de Burgos une bataille dont le résultat lit tomber celle place au pouvoir des Français; 4 ans après (1812), le château de cette Mlle, défendu par une garnison française sous k^ ordres du général Dubreton , eut à soutenir l'attaque et tous les efforts de l'armée anglaise commandée par Wellington, (pu y perdit 3 ou 6,000 hommes.

Buridan (.leau) , né a Béthune en Artois, vint à Paris, s'y lit

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coMiiailii' pai' si's uii\ra'j;es, ot enscii^iia la iiliilosopliie a\cc- éclal. Son iiiéritc l'ut ri'coinpensé |)ar des (liii,nili's universitaires. Il tleurit surtout de 1348 à VVoS. L'âne de Iknidan est devenu proverbial comme terme de comparaison. Celui-là ressemble à l'àne de Buridan, qui, dans un état de privation, voit ce qui lui manque de deux côtés ditférents, et ne sait pour lequel des deux il doit se décider; placé ainsi, et à éi^ale distance, entre deux picotins davoine, Tàne de Buridan est mort de faim. On a fait jouer à Buridan un rôle dans les cruelles débauches d'une reine de France; mais rien n'est certain à cet égard.

Burin, barre d'acier trempée, à laquelle on donne différentes dimensions et des formes variées , suivant les usages auxquels on la destine. L'acception la ])lus usitée est celle par laquelle on désigne l'outil que l'on emploie jiour graver les métaux et les pierres fines. On dit figurément un beau burin, un burin brillant, un burin doux, pour vanter la manière de graver d'un maître (v. Gravure).

Burke (Edmondj , né à Dublin en 1730 , se plaça tout à coup au rang des premiers écri\ains de l'Angleterre par la publication de VEssui sur le sublime ci le beau. La rédaction de VAnnual register, recueil périodique, devint la source de sa fortune politique. Il fut élu membre du parlement, et se montra l'un des membres les plus ardents de l'opposition. Il prit aussi une part éclatante et glorieuse au procès du marquis de Hastings, gouverneur de l'Inde, etdéshonoré par ses concussions. La révolution française le trouva à la tète de ses plus violents adversaires. Ses lléflexions sur la Révolution (1790), traduites dans toutes les langues, ont été écrites sous l'empire de la haine et des préjugés. Burke mourut en 1797. Ses œuvres ont été réunies en 1G volumes. On lui a quelquefois attribué les Lettres de Junius., immortel pamphlet politique.

Burlesque. On dit Style burlesque, de l'italien burlesco, dérivé du verbe burlar , se moquer. Le burlesque est une sorte de poésie triviale qu'on emploie pour tourner en ridicule une chose grave. Scarl'Oii introduisit ce genre en France. Boileau ht justice de cette poésie, i|ui paraît aujourd'hui condanmée sans retour à l'oubli.

Burnouss, sorte de manteau usité en Afrique. Nos dames ont jiorté des burnouss; mais ces manteaux n'ont guère de comnum que 1(^ nom avec ceux que portent les Arabes.

Burns (Robert), i)oète écossais, né en 1759 sur les bords de la Dooii. non loin de la ville d'Ayr. Fils d'un pauvre fermier, il reçut pourtant une éducation assez soignée. Des chagrins d'amour allaient le conduire en Amérique ; pour subvenir aux frais du voyage, il publia les vers qu'il avait composés dans le dialecte national. L(^

lus — lo'.i — lîi r

siiiros fui iinmonso; lUinis, dovoiui riclio, épousa sa liancoo cl ne voulut i)lus émigrer. Mais son ima2;inafioii ronipiVlia de se livrer à (les travaux matériels; ses intérêts en souHrironf, et, après avoir péniblement végété, il mourut assez jeune en l7f)G. Dans la poésie pastorale, Burns n'a point d'égal chez les Anglais.

Buse, oiseau de proie ou carnassier, diurne, à bec court, fort recourbé , ar(]ué dés sa base , muni seulement d'un léger feston prés de sa pointe. Les buses liabitent les pays de plaine, se tiennent sur les arbres élevés à proximité des habitations, et font la chasse aux petits oiseaux et aux habitants des basses-cours.

Busard. Le busard, semblable à la buse, est plus petit, mais il lui faut une plus ami^le [tàlure ; aussi est-il plus actif, plus méchant , moins lâche. Il séjourne à portée des étangs, des marais et des rivières; ne se perche point sur les grands arbres, comme la buse, et place son nid à peu de hauteur au-dessus de la terre.

Bussy-Rabutin (Roger, comte de), né en 1618 à Épiry dans le Nivernais, commença sa carrière militaire dès l'âge de 12 ans et était colonel à 18. Sa bravoure le fit arriver jusqu'au grade de lieutenant-général. Une rivalité ridicule avec Turenne le força à quitter larmée. Venu à la cour, il s'attira une nouvelle disgrâce dont son Histoire amoureuse des Gaules ne fut que le prétexte. Prisonnier à la Bastille pendant un an, il fut ensuite exilé dans ses terres. Au bout de 16 ans seulement il obtint la permission de reparaître à Versailles; mais Louis XIV le reçut si froidement, qu'il retourna en Bourgogne, où il chercha des consolations dans la littérature. Il était cousin-germain de la célèbre madame de Sévignc , que son esprit satirique ne ménagea pas plus que les autres femmes de la cour. Il mourut à Autun en 1693.

Buste. En sculpture comme en peinture, cest cette partie de la figure humaine qui comprend la tète , les épaules et la poitrine. On pense que les plus anciens peuples n'avaient pas de 6ustes, ou que du moin^ les portraits qu'ils faisaient ainsi étaient simplement de profil et en bas-relief; ils doivent donc être compris sous la désignation de médaillons. L'usage des bustes de rondebosse ne date que du temps d'Alexandre ; il prit une grande extension sous les empereurs romains : aujourd'hui il est fort répandu.

But-en-blanc , sorte de but, ou plutôt de combinaison balistique. Tirer de but-en-bhtnc , c'est le faire depuis le lieu où l'on est posté pKir tirer, jusqu'à celui où l'on doit tirer et où est attaché le blanc. Ce proverbe, qui doit s'écrire de lutte-eu-hlauc oyi de butte-en-blanc, ne signifiait pas, connue aujourd'hui, dire, agir inconsidérément; maisltien s"a\ancer franchement, sans biaiser, aller droit au but. 11. 10

lil T — 110 — BYll

Butin, iK'nôlico de guerre que le vaiiii|ueur s'attribue en vertu (lu droit (le la force, (l'était l'indemnité et l'appât de nos anciennes armées. C-et usat^e, qui existe malheureusement encore aujourd'hui dans les armées, est la cause de i,'rands maux. Il porte le soldat à se débander et le rend avide et cruel.

Butor. Dans le langai;e vul.^aire, ce mot dési|2;ne un personnage grossièrement stupide. — En ornithologie, le 6u/or est un oiseau de marécages, qui, par ses l'ormes et ses proportions, se rapproche beaucoup du héron. Connue celui-ci, il est carnassier. Le butor ali'llaire est le plus répandu dans nos contrées. 11 habite un nid et pond au milieu des roseaux (pii bordent les rivages marécageux.

Byron (Georges-Noél-Gordon , lord), le premier poète anglais de notre âge, né le 22 janvier 1788, était issu, par son père, d'une famille dont l'ancienneté remonte à la conquête de Guillaume, et qui, nommée jilusieurs fois dans l'histoire, enrichie par Henri VIII de la confiscation d'un monastère, dotée de la pairie par Charles I*^"", avait compté, dans le xviii' siècle, un célèbre navigateur, le corninodore Byron. Par sa mère, Byron était allié à la race des Stuarts, que ses ancêtres paternels avaient fidèlement servis. Toutefois ce nom antique, dont il était si lier, n'était pas venu sans tache jusqu'à lui. Sa mère , miss Catherine Gordon de Gighs, quoique ruinée par les folles dépenses de son mari, le capitaine Byron, éleva noblement son fils , qui avait été blessé en naissant, et dont le pied était resté légèrement boiteux. Cette infirmité et des remèdes inutiles employés pour la guérir tourmentèrent son enfance. Son grand oncle, le vieux lord William Byron, ayant perdu un fils unique, laissa au jeune Georges, en 1798, son domaine et sa pairie. L'aspect du vieux château de NeAvstead, dont sa mère alla prendre possession avec lui, frappa vivement les yeux et la pensée de l'enfant , qui , envoyé bientôt après à Londres , fit ses premiers vers à 12 ans, et entreprit, à 13, une tragédie. Placé à la célèbre école de HarroAv, il travailla beaucoup, quoique inégalement; étudia les classi(pies grecs et latins, fit même des vers grecs, et réussit dans les déclamations publiques où s'exerçaient les jeunes étu- (Uants. Ses éludes se terminèrent à l'université de Cambridge. Le vice de conformation de Byron, (pioiquc sa taille fût nol)le et que Hun visage eût i)ris une exjjression de beauté dont il était fier, l'humiliait profondément. Bientôt son caractère impétueux commença il se heurter contre la volonté do sa mère. A 17 ans, il s'enfuit du foyer domestique, et sa mère ne parvint (|u'avec peine à l'y ramener. 11 fil inquimei' alors clandestinement ses premières poésies, |)lemes. à ce cpiil paraît, de peintures licencieuses; mais les ob-

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sorvalions dnii liomnio de sens le (k'IoimintMonl n on brûler toiile l'édition. A It) ans il se Iroiiva maître de ses actions. Passionné pour le |)laisir, mais eonnaissanl déjà l'ennui de la satiété, Froid el dur envers sa mère , la moit de deux amis lui lit perdre les deux seuls êtres qu'il ait aimés , dit-il, et il écrivait à ee moment : « Je suis un animal solitaire, et si parfaitement eosmopolitc, qu'il m'est iiidiflérent de passer ma vie dans la Grande-Bretagne ou au Kamtscbatka. » L'idée de la gloire le flattait cependant. En 1808, il réunit en un volume, sous le titre d'/Zcums' d'oisiveté , ses vers qui restèrent d'abord obscurs. A Cambridge, où il alla continuer ses études, à Ne\\stead, où il séjournait souvent , il se signala par des folies, auxquelles se mêlaient des actes d'une imagination lugubre ; fréipientant une société qui n'était pas, à beaucoup près, digne de son esprit et de son rang. Misanthrope dédaigneux, il affectait de n'aimer (pie son chien et son vieux domestique, qu'il mettait à peu près au même rang. La Ri'vuo d'Edimbourg parla avec une insultante ironie îles Heures d'uisiveté; cette critique poignante fit trouver à Byrou son vrai génie. Il y répondit par la célèbre pièce Des poètes aiu/hiis et des critiques écossais. Cet ouvrage, lancé après la froide réception qu'on lui lit lors de son admission à la chambre des lords, était une amère satire, qui ne se bornait pas aux sujets littéraires, et dont le retentissement fut immense. L'Angleterre l)ressentit dès lors en Byron l'un de ses grands poètes. C'est à cette époque qu'il partit pour sa tournée dans le Levant qui dura deux années, en disant adieu à sa patrie par des stances mélancoliques. Son tempérament poétique se fortifia dans ce poétique voyage. Son imagination s'était hàlée au soleil d'Orient ; aussi sa poésie n'a-t-elle rien produit de plus fort et fie plus pur cpie les deux premiers chants (lu Pélerimir/e de Childe-Harold. La mort de sa mère, celle du jeune Mathews, le plus aimé de ses compagnons d'étude, l'affectt'rent profondément. Un discours populaire prononcé à la chambre des lords, la publication de Childe-Harold, excitèrent un enthousiasme universel. C'est au milieu de ces succès (pi'il fit paraître son poème du Giaour qui, comme le précédent, respirait toute la poésie de la Grèce moderne ; et il revint à ce type favori dans la Fiancée d'Abydos et le Corsaire. En janvier 1815, il épousa miss Milbanke, union qui fut courte et troublée. Le 10 décembre de la même année, lady Byron lui donna une fille, son Ada, la seule fille de sa maison et (Je son cœur :

Ada I sole daui^litt'r of my house and lieart !

Bient(")t la dissipation du noble poète, sa fortune (lérang(V. ses ca-

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priées et ses manies bizorros, firent aeniser son cœur et sa raison. i)es vei-s eontre sa femme, qu'il eut la lâcheté ou si l'on veut le courage de publier, satire toute clans le goût de Juvénal, achevèrent de soulever contre lui l'opinion publique. Toutes les portes lui furent fermées, les caricatures se multiplièrent contre lui , les journaux l'attaquèrent avec une violence inouïe, et allèrent même jus- (ju'à l'accuser d'avoir volé un cabriolet. Le séjour de l'Angleterre n'était plus tolérable pour Byron; il la quitta en 1810 pour ne plus la revoir, et passa sur le continent. A Genève, il se lia avec l'impie Shelley et avec le fantasque Lews, qui exercèrent une grande inlluence sur son imagination. C'est alors qu'il écrivit le Prisun7iicr de ChiUon et commença son poème de Manfred. Après un court séjour à Milan, il alla, vers la fin de 1 81 6, se plonger dans les faciles voluptés de Venise. C'est là pourtant qu'il trouva le beau sujet de Fcdiaro , le seul de ses drames où la conception et les caractères décèlent quelque veine de génie tragique. C'est là que , tout en déchiffrant l'arménien , il écrivit ses lettres à Moore et au libraire Murray ; c'est là, dans la frénésie des plaisirs, qu'il composa Don Juan. Il fut enfin tiré de ses débauches vulgaires par une liaison avec la comtesse Guiccioli. De 1819 à 1821, il soutint les associations secrètes formées dans la Ilomagne; sa Prophétie du Dante avait été un premier et sublime gage de ses vœux pour la liberté de l'Italie. Puis, sous l'impression des découvertes antédiluviennes de Cuvier et des arguments manichéens de Shelley, il composa son Mystère de Caïn. Il venait d'achever un nouveau mystère, ïe Ciel et la Terre, lorsqu'il appiit qu'à Londres son drame de Caïn attirait une poursuite judiciaire au libraire Murray, qui subit pour laaleur quelques mois de prison. Cette juste sévérité aigrit Byron contre des croyances auxquelles il se sentait quelquefois ramené par l'imagination. La mort d'une fille naturelle et celle de son ami Shelley l'allligèrent vivement. La lutte héroïque de la Grèce contre les Turcs vint bientôt faire diversion à sa douleur en excitant ses sympathies. Il alla la soutenir de son bras et de son argent, déploya dans cet œuvre un grand courage et des vues nettes qu'il ne put faire triompher, puis vint mourir à Missolonghi , plus malade encore d'esprit que de corps, en I82i. Byzance , capitale de la Thrace, dont les fondements furent jetés, selon les uns, par Byzas, arrière-petit-fils dlnachus, selon Justin ])ar les Lacédémouicns, selon Ammien-Marcellin par les Athéniens. Elle prit un accroissement rapide; mais eu même temps elle perdit sou iudéiK'ndance , et tomba successivement sous la puissance de Darius, des Ioniens, de Xercès. Pausanias la soumit aux Lacé-.-

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(léinoriioiis. 7 ;\ni^ ;)|tr(S, Atliùncs la ia\i( a Sparte, ot cos deux répul)li(|uos rivales s'en dispiilèrent loni:;-tem|)S la [)OSsession. A la faveur de ces querelles, les Byzantins ressaisn-ent leur liberté, rendirent respectables leurs forces maritimes, et résistèrent à Philippe de Macédoine, qui les assiégea imililement. Us cédèrent, avec le reste de la Grèce, aux armes des Romains; et ceux-ci, en récompense des bons oiïices que les Byzantins leur avaient rendus pendant la guerre de Mithridate, leur accordèrent le privilège de se gouverner par leurs proi)res lois. Byzance était alors une ville riche, populeuse, remplie d'édilices magnifiques et de statues; elle avait iO stades de en conférence, et son port était renlrepôt d'un commerce très-important. Vers la (in du ii" siècle elle se déclara pour Pescenniiis Niger, et, malgré la défaite de ce général, résista 3 ans à Septime Sévère et à toutes les forces de l'empire. Maître enfin de Byzance. Sévère la fit piller et raser. Fâché ensuite d'avoir détruit un des boulevards de l'empire, il la releva, à la prière de Caracalla, son fils. Mais elle ne recouvra sa splendeur que lorsque Constantin en fit le siège de l'empire d'Orient (v. Constant inople).

Byzantin (empire) (v. Empire d'Orient].

Byzantine (école). Avcc la translation du siège de l'empire à Constantinople, on vit commencer une ère nouvelle pour les arts. On trouve jusqu'au ix" siècle des monuments admirables de l'architecture dite grecque , qui fut encouragée par les empereurs , nommément par Théodose-le-Grand et par Justinien. Toutefois la décadence gagnait du terrain ; et cette époque , défavorable en général à l'architecture, le fut plus encore à la simple plastique. Les statues et les portraits n'eurent plus cette liberté et cette dignité qui caractérisent les productions de l'art ancien. Le luxe des ornements prétentieux et de mauvais goût remplaça la nature et la simplicité, ou plutôt les étouffa. A compter du siècle de Justinien, les justes proportions , le rapport des parties entre elles et la vérité des contours se perdirent tellement , que les genres les plus opposés se confondirent . En peinture, qu'on imitait avec des mosaïques, le goût s'attacha principalement à l'or et aux couleurs vives, négligeant l'art et la vérité. Cependant c'est dans cette peinture byzantine que se tron\ c le germe de l'art religieux. L'art en tant qu'il consiste dans la dextérité des mains, l'emploi des instruments, des règles fixes et des préceptes généraux, se maintint donc; mais le goût et le sentiment du beau et du juste se perdirent. Les caractères distinctifs de l'architecture byzantine étaient le calme et la simplicité, nés de la pauvreté, et se perdant dans la lourdeur des arceaux en demi-cercle reposant sur les chapiteaux de colonnes cubiformes. Ce style se

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n'i)aiii|il pou :i prii dans tniilc l'Kiiropo. La pcinlure byzanliiic, i|iii avait les mûmes qualités et les mûmes défauts, exerça également une grande iitUicuce sur le ^oùt des Occidentaux. Un fait singulier, c'est que c'est à Cologne qu'elle se conserva avec le plus de sévérité. L'école byzantine disparut avec l'empire d'Orient, au milieu du w" siècle.

C, troisième lettre et seconde consonne de presque toutes les langues vivantes. Chez les Romains, elle était appelée lettre funeste ou triate, parce que, pour condamner un criminel, les juges jetaient dans l'urne une tablette sur laquelle était un C, première lettre du verbe exprimant l'action de condamner. C'était aussi une lettre numérale (|ui signiliait cmt ; et avec un tiret ou une barre au-dessus, elle valait cent mille. — C, dans les livres de commefce, s'emploie par abréviation pour compte: C/0 pour compte ouvert; C/C pour compte courant. — C, est aussi la marque distinctive d'un des hôtels des monnaies de France , celui qui a été tranféré de SL-Lo à Caen ; et le C double (CC) est la marque de la monnaie de Besançon. — En musique, C représente la note ut , première de la gamme, depuis saint Grégoire, qui remplaça dans la notation musicale les signes grecs, jusqu'alors en usage, parles lettres de l'alphabet latin.

Caaba , édifice carré , construit en pierre dans le temple de Iq Mecque, et qui est en vénération chez les Arabes depuis l'antiquité la plus reculée. Les Mahomélans racontent ([uil avait été bâti par Adam immédiatement a[)rés son expulsion du paradis terrestre ; et ([ue, détruit jjar lu déluge, il aurait été reconstruit par Abraham et son fils Ismael. On y montre une pierre sur laquelle, suivant la mémo tradition, se serait reposé ce patriarche ; une autre pierre, de couleur blanchâtre , qui indique le lieu où fut enterré Ismael, et enfin la fameuse pierre noire cpie les Mahométans disent venir du ])aradis et avoir été apportée par l'ange Gabriel. Primitivement la couleur de cette pierre était dune blancheur si éblouissante, que l'œil n'en pouvait soutenir l'éclat à 4 journées de distance. Si elle s'est peu à peu obscurcie au point de devenir du noir le plus opaque, ce sont les larmes répandues par cette pierre sur les iniquités toujours croissantes du genre humain qui ont amené cette éto()nanle méinmorpjiosp. — Tout bon musulman doit , aux termes

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des commandomonls oxin-c-; de Mnliomol . venir ;iu moiM> une lois dans sa vie faire ses déxotious à la C.aalia. Uiilie autres cérémonies imposées lors de ce |)èlerina;^e, il l'aut l'aire 7 Ibis le tour de la Caaba en courant, baiser dé\otenîenl la pierre noire et enfouir ses cheveux et ses oni:;les dans le terrain sacré.

Cabale OU cabbcile . doctrine mystérieuse venue de l'Orient, et qui avait la prétention de remonter à l'origine de toutes choses pour reconnaître réternelle vérité. De proche en proche, la cabale se ré pandit dans l'Occident avec diverses modifications. IMus tard elle s'amalgama avec la religion des .luifs, et trouva de nombreux partisans dans la secte des caraïles, qui rejetait les traditions rabbiniqueset le Thalmud. Le mol cabale ou cabbale, d'après son étymologie hébra'ique, signifie recevoir par tradition. Il n'est point étonnant que les mystiques juifs aient donné le nom de tradition à une doctrine qu'ils faisaient remonter jusqu'à .\braham et même jusqu'à Adam , lequel, selon eux, eut pour maître l'ange Raziel. Ce fut pendant l'exil de Babylone que le peuple juif commença à s'infatuer des rêveries de la cabale. Toutefois ce fut dans les écoles d'Alexandrie ijue cette doctrine reçut ses développements. La partie théorique de la cabale renfermait la théologie et la philosophie mystique. La partie pratique s'occupait d'une prétendue science secrète ayant pour objet de faire agir dans certaines circonstances , sur le monde inférieur, les puissances supérieures, c'est-à-dire les anges sur les hommes; et de produire par là des effets surnatiu'els et des miracles, comme guérir des malades, éteindre des incendies, etc. 11 sutïisait . disait-on , de prononcer ou d'écrire sur des amulettes certains mots de l'Écriture sainte pour produire ces résultats. La cabale donna lieu à une foule de superstitions plus ou moins grossières. Les plus anciens livres écrits sur cette science chimérique datent du ii« siècle de l'ère chrétienne. Au xvi"^ siècle, le mot cabale ou philosophie occulte fut synonyme de magie et de sorcellerie. — Dans son acception vulgaire , cabale s'entend d'une association de personnes ayant les mêmes intérêts et les mêmes desseins, et se prend toujours en mauvaise part. Pris dans ce sens, cabale tn-e son étymologie d'un mot latin signifiant tête, chef. — Dans l'histoire d'Angleterre , il est souvent question , sous le règne de Charles II, d'un ministère de la cabale. Cette dénomination lui fut donnée parce qu'il était composé de cinq hommes également corrompus et détestés, et dont, par une bizarre particularité, les initiales réunies formaient le mot anglais adjal. C'étaient Clilford, Ashiey, Buckingham, Arlington et Lauderdale. — On a donné dans nos théâtres le nom de cabale à ces qpplijudissenrs à gages, dont les auteurs et )es acteurs em-

CAP. — IIG — CAI!

])l()ii'iit l'iL;;iiubl(' ;i|i|»iii pour lorccM' les siillhiiies du public. Ce iioiire de cabale était couiui et pratiqué à Rome. On doit même a Néron ou à Calia;ala rétablissement et l'organisation dune certaine milice qui avait pour mission de faire réussir les productions scéniques ou la pantomime et le chant du maître. C'est de là que les gens (|ui, dans nos théâtres, forment aujourd'hui la cabale, sont appelés romains. Un dit les l'omains du lusirt' , parce qu'ils se placent ordinairement au milieu du parterre , sous le lustre qui illumine la salle, point le jtlus favorable pour que leur approbation vénale qui se manifeste tantôt en rires, tantôt en applaudissements, puisse faire illusion au jjublic pavant.

Cabane, bâtisse chétive, faite de matières communes et légères, ([uelquefois de feuillages et de branches d'arbres, ou de bois et de terre entremêlés, et couverte en chaume ou en planches légères. C'est l'habitation du pau\re ou du sauvage. — 11 y a aussi la cabane du berger, et celle des animaux domestiques. — On donne encore ce nom à plusieurs bateaux , à la petite hutte de feuillage dans la- (juelle les chasseurs attendent les oiseaux à l'aff'ùt; à ces cases formées avec de la bruyère, de la fougère, ou toute autre espèce de ])lantes , dans laquelle les vers à soie filent leurs cocons.

Cabanis (Pierre-Jean-Georges) , fameux médecin , philosophe et littérateur, né à Cosnac en Saintonge en 1757, mort le o mai 1808. Il fut représentant du peuple au conseil des Cinq-Cents, professeur d'hygiène à la Faculté de médecine de Paris, membre de l'Institut national et du sénat conservateur. Élevé dans la société intime (lu baron d'Holbach, de Diderot et autres philosophes du siècle dernier, il a publié un grand nombre d'ouvrages; la plupart heureusement aussi oubliés aujourd'hui qu'ils furent recherchés lors de leur apparition, sont basés sur les désolantes doctrines du matérialisme le plus grossier, de l'athéisme le plus franc. Anssi la voix publique l'accusa-t-elle d'avoir, au moment fatal, fourni du poison à son ami Miiabeau pour en finir avec une existence que les plus terribles infirmités rendaient à charge à ce fougueux et corrompu tribun du peuple. Les doctrines prèchées par Cabanis, sa foi au néant, semblaient autoriser la sui)position d'un acte qui serait un crime pour un chrétien, et que l'athée le plus sévère ne pourrait pas même blâmer. Cabanis ne se lava jamais parfaitement de cette terrible accusation, et de la fiétrissure qu'elle lui imi)rima dans l'opinion publique. C'était la juste punition de ses ouvrages et de ses doctrines.

Cabanon. On appelle ainsi de petites loges, ou cachots obscurs, usités dans quckpies prisons, et nofanuiient à Bicêtre (v.).

Cabaret (d'un mot de la basse latinité), nom donné jusqu'au com-

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inoncoim.M\t du wiii'' sii'clc ;i (i»s lii'iix de icikIoz-voiis, diî rsocirli'', d';iiiuisemont, où se réimissaieiU mémo dos j^ons comme il fuul |)ourso roLTOor. Raoiiio ot Hoiloau allaient au labaret. Los maniuis. les comtes et les chevaliois y buvaient, et s'y enivraient môme <iuelquefois, à ce que rapportent les mémoires du temps. Aujourilhui que l'on a des cafés étincolants de glaces et de dorures, le cabaret n'est plus qu'un lieu où l'on vend du vin en détail, où Ton donne (luelquefois à boire et à manger, et qui n'est fréquenté que par les gens du peuple. Les cabarets des faubourgs ont reçu les noms de bouchons ot do guinyuetles. — On appelle aussi cabarels de i)Otilos tables ou plateaux, sur lesquels on place des tasses ot autres pièces de porcelaine. — En botanique, on appelle ainsi une plante ovale du genre asaret, très-commune dans le midi de la Franco, et dont la racine est quelquefois employée en pharmacie. Cabestan , machine qui ne ditforo du treuil ou tour que par sa

position. 11 se compose d'un arbre ou cylindre autour duquel s'enroule la corde qui tire le corps qu'il faut déplacer. On fait mouvoir ce cylindre, dont la position est verticale, au moyen de 2 bar- CaOes/an. j,gg disposéos en croix, ce qui forme

•i leviers (lue des hommes poussent devant eux en circulant autour de la maclùne. Plus ces leviers sont longs, plus est grande la puissance du cabestan.

Cabillaud , nom vulgaire donné par les Hollandais à la morue fraîche, et que nous avons adopté. — C'est aussi le nom d'une faction célèbre dans l'histoire de la Hollande , et qui parut vers l'an 1 330 . La faction îles cabillauds soutenait originairement les prétentions de Guillaume, comte dOstrevant, fils puiné de Marguerite, femme de l'empereur Louis V, contre les droits de sa mère à l'héritage de son frère Guillaume IH, comte de Hollande. La faction des hameçons appuyait les prétentions d'Edouard III d'Angleterre, qui réclamait l'héritage de Guillaume III, du titre de sa femme, fille du défunt. Ces dénominations de partis survécurent aux causes qui les avaient fait naître, et se prolongèrent dans l'histoire de Hollande jusqu'à la fin du xv^ siècle.

Cabine , nom que les marins donnent à une petite chambre pratiquée dans un navire, et qui n'est ordinairement occupée que par le conuuandant. Il n'y a de cabine que sur les petits bâtiments.

Cabinet, dans son acception vulgaire, petite pièce sans cheminée. — Au palais, dans lo notariat, chez tous les officiers minisfi'-

licls, un appelle culiinct lo hiirciiii pnrticiilioi' des magistrats, des jiirisconsulles, des luilaires, des avoués, des huissiers. On donne aussi ce nom au bureau spécial des minisires et des chefs d'administration. Par extension, on api)elle aihinet le conseil des ministres. — II y a aussi des cabinets d'affaires. — Le lieu où travaille un homme de lettres, un savant, est également un cabinet. On désigne encore sous le nom de cabinets des collections d'objets d'art, de tablc'aux, d'estampes, d'antiquités, de pierres gravées et de médailles, de pièces anatomiques, d'histoire naturelle, de physicjue, etc.

Câbles , grosses cordes en clianvre qui servent à retenir les naviies dans les ports et dans les rades, par un nœud d'une forme particulière. Dans ces derniers tem])S on a eu l'heureuse idée de substituer aux câbles en chanvre des chaînes de f(!r qui ne sont pas exposées à se détériorer. On les appelle câbles-chaines.

Caboche, nom d'un écorcheur de bêles, qui, sous le malheureux règne de Charles VI, au temps des trouhles causés par les factions des Bourguignons et des Armagnacs, de\int un factieux redoutable, et fut l'un des jH'incipaux exécuteurs des ordres sanguinaires du duc de Bourgogne. (Caboche et ses complices, qui avaient reçu le nom de cabochiens, se livraient chat{ue jour à d'horribles brigandages, et inspiraient une si grande terreur qu'ils faisaient la loi aux états du royaume et régnaient dans Paris. Caboche fit même sanctionner par les états une ordonnance ((ui figure, sous le nom d'ordonnance cabochiennc, dans nos monuments historiques. La faction des cabochiens, connus aussi sous le nom des écorcheurs, s'éleva quehiuefois au nombre de 10,000 bandits. Cessicaires féroces égorgeaient pèle-mèle tout ce qu'ils rencontraient, femmes et enfants. Après l'assassinat du duc de Bourgogne sur le pont de Montereau, les cabochiens exécrés, poursuivis et chassés, se dispersèrent. On ignore ce (|ue devint leur affreux chef, dont le nom est resté dans l'histoire : car le devoir de cet inexorable juge est d'enregistrer aussi bien les noms des grands coupables que ceux des hommes vertueux.

Cabotage, mot q\ii exprime l'action de naviguer en vue des côtes. Le connnerce de petit cabotage est celui que fait un bâtiment qui transporte des marchandises d'un port de l'Océan dans un autre port de l'Océan, ou d'un port de la Méditerranée dans un autre port de la Méditerranée. Le grand cabotage s'applique aux navires qui vont d'un port de l'Océan dans un port de la Méditerranée, et réciprocpiement, sans quitter les côtes. En Francs, les navires nationaux ont le privilège du cabotage.

Cabotin, terme de mépris consacré jinr l'usage et (|u'oii ap|)liqMe

CAi; — 119 — CAC,

aux cumédiens nuiiiadeï>. Lo mot eabuiinayc exprime leur vie eiraiite et insoucieuse.

Caboul [v. Kaboul).

Cabyles (v. lùibyles).

Cacao, fruit d'un arbre d'Amérique appelé cacaoyer, ou plutôt graine contenant ce fruit qui porte le nom particulier de cabosse. Les graines de cacao sont en\ eloppées d'une pulpe rosée , gélatineuse et fondante, ([ui fouinit un ralVaichissement acide fort agréable. Le cacao à létat de graine a la forme d'une oiive ; lorsqu'il est mùr, la pellicule qui le recouvre esl d'un rouge vif, et la chair intérieure d'un rouge obscur. C'est avec le cacao qu'on prépare le chocolat. Le meilleur cacao est celui qu'on cultive sur les côtes de Guatemala ; il est plus onctueux que les autres et n'a pas d'àcreté. M. A. Gallais, successeur du célèbre Debeauve, fabricant de chocolat du roi, a publié, en 1827, une intéressante Monographie du cacao ou Manuel de l'amateur du chocolat. C'est un traité spécial sur la matière et qu'on consultera avec fruit. — Le beurre de cacao est employé, en médecine, comme adoucissant. Il sert aussi dans la composition de pommades cosmétiques ou médicamenteuses. C'est une huile qu'on extrait du cacao.

Cacaoyer, arbre de l'Amérique méridionale, qui produit le cacao. Il s'élève à peu près à la hauteur de nos cerisiers. Ses feuilles, qui se renouvellent sans cesse , sont terminées en pointe ; les plus grandes ont de 25 à 30 centimètres de longueur sur 2 de largeur : ses Heurs sont sans odeur ; elles naissent en grand nombre presque toute l'année.La plupart avortent et tombent, celles qui restent produisent les fruits nommés cabosses. Chacun de ces fruits renferme 25 à 40 graines ou amandes.

C'est à ces graines qu'on donne dans le Cfic<ir,yer. commerce le nom de cacao (v. Cacao).

Cachalot, poisson mammifère, appartenant à l'ordre des cétacés. 11 a, comme la baleine, une tète énorme qui fait à elle seule le tiers ou la moitié de la longueur du corps. Il atteint quelquefois la taille de la baleine; de plus il est mieux armé et plus agile. Ses coups de queue peuvent briser les nacelles des pécheurs. Le grand cachalot, qui est l'espèce la plus comme et la plus commune, a ([uelquefois une longueur de 20 mètres. Ces anhnaux voyagent en troupes nombreuses dans presque toutes les mers. On en tire du blanc de ba-

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Icinc cl l'ambre cjris, siibsUinee odoranto qui parait être une concrélion formée dans leurs intestins.

Cachemire OU Kachemyr, vallée que forme au fond de l'Inde sepleiitrioiiale la chaîne colossale de rilinialaya. Au milieu de la vallée coule le Djélam ou Hliat, l'un des cinii ilcuves du Pendjab, et (jui n'est autre (jue l'ilydaspe des anciens Grecs. De tous côtés l'horizon est borné jiar les montagnes qui s'élèvent en amphithéâtre et à perte de vue. (Juoiqu'à plus de 1 ,()()0 mètres au-dessus du niveau de la mer, et adossé aux plateaux froids de l'Asie centrale, le pays de Cachemire jouit d'une atmosphère tempérée; la végétation la plus brillante y étale sans cesse ses trésors. La célébrité de cette vallée date de l'époque où les Mongols vinrent y résider. La nature du sol est d'une richesse peu conunune; d produit aisément et abondamment des moissons de froment, d'orge, de sarrasin, de millet, de maïs, de safran, mais princiimlement de riz. Tous nos fruits y viennent admirablement ; la vigne, l'abricotier, le pécher, le prunier, le cerisier, le pommier, le poirier i)lient sous le poids de leurs fruits. Un élève à Cachemire beaucoup de troupeaux de moutons. On évalue à 600,000 âmes la population de ce pays, dont la religion dominante est le mahométisme. Le Cachemiie {)araît avoir eu des rois dans les temps reculés. Les Mongols, qui y dominaient en conquérants , en furent chassés par les Afghans en 1 754. Les Afghans en ont été expulsés à leur tour, en 1816, par les Sikes sous les ordres de llundjet-Singh. L'industrie de Cachemire a dégénéré sous la domination despotique de ces nouveaux vainqueurs. Il ne lui reste (|uc la fabrication de ces admirables tissus si prisés par les dames dans toutes les parties du globe, et tpii sont connus sous le nom de châles de Cachemire (v. Châles). La capitale du pays porte le même nom que lui , elle se nommait jadis Srinagar (la sainte ville). Ses maisons sont toutes couronnées de terrasses de l'aspect le plus pittoresque ; elle est très-peuplée. On cite encore Islam-Abad, grande ville si- . tuée à dix lieues de Cachemire, où l'on fabrique beaucoup des riches tissus dont nous avons fait mention plus haut.

Cachet, mot (|ui vient de cacher, parce qu'en etîet il sert à dési gner un petit sceau dont on forme l'empreinte sur une lettre pliée, i alin d'empêcher de lire ce qu'elle contient. Le cachet est ordinaire- i ment en métal ou en i)ierre Une , et il porte la gravure de quelque ligure, armoirie , chiirre, emblème ou devise qu'il imprime sur la cire ou sur le pain à cacheler pour que la lettre marquée de celte empreinte ne soit ouverte que par la personne à qui elle est adressée. Les anciens avaient un respect superstitieux jiour les cachets. Les peuples de l'Orient ont toujours regaidé un cochel comme iiiic

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sorlo (l'objel surro. H sï'ii litul de bouiicuiii) <iu un se muiilic loiijoiii-î; siTiipulciix sur ce point dans nos élats ciNilisés. On sait tiiren France le cabinet noir, qui existait il n'y a pas bien loni^-temps encore, savait fort bien, en dépit des cacitcis. violer le secret des lettres.

Cachet (lettres de). On donnait ce nom, sous l'ancienne monarchie, à toute lettre du roi contresignée par un secrétaire d'état, revêtue du cachet du prince, et contenant un ordre secret émané de lui. Ces lettres de cachet furent souvent employées pour des détentions arbitraires , et c'est à l'abus ré\ citant cpii en a été fait à diverses époijues qu'elles doivent leur triste célébrité. On s'en servait en effet trop sou\ent pour enlever de chez leurs parents de riches héritières cpi'on voulait marier à quelque favori. On s'en servait encore contre les dissidents en matière de croyance religieuse, contre les gens de lettres, contre tous les individus dont on voulait se venger ou se débarrasser. Le ministère du cardinal de Fleury fut l'époque la plus féconde en lettres de cachet. On a évalué à 80,000 le nombre de celles qui furent lancées sans jugement, sans même aucune espèce de poursuite judiciaire contre les jansénistes et les convulsionnaires. Une loi du 15 janvier 1790 ordonna l'abolition des lettres de cachet et la mise en liberté de tous ceux qui en avaient été frappés. A dater de ce moment, le pouvoir ne lan(.'a plus de lettres de cachet: mais renonça-t-il sincèrement aux arrestations illégales? Ceci est une autre question. Qu'on interroge à cet égard l'histoire des gouvernements divers qui se sont succédé depuis 1790 ; que de gens répondront qu'il n'y a que le mot de changé, et que les arrestations préventives de la législation actuelle valent bien les lettres de cachet de l'ancien régime! Cette réponse, que nous ne rapportons au reste que pour mémoire, est celle de la prévention et de la passion. Il y a en eftèt cette différence, que l'indix idu arrêté en vertu d'une lettre de cachet croupissait quelquefois des années entières sanssavoir pourquoi il était privé de sa liberté ; tandis qu'aujourd'hui on ne peut être arrêté (jue sur mandat lancé par l'autorité judiciaire, et alors on est interrogé et examiné par le magistrat au plus lard dans les trois jours. — Employé au figuré, le mot cachet est synonyme de coin, et signifie style, manière, touche, couleur, talent, caractère. Cet ouvrage porte le cachet du génie, de l'ignorance , de la médiocrité. On reconnaît dans ce tableau le cachet d'un grand peintre, etc.

Cachou, substance venant d'Orient, et que l'on extrait de plusieurs espèces de plantes, principalement d'une espèce d'arec ou palmier ap[)elé au Brésil cajous. Cette substance végétale est solide. H. 11

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liiciblc, Cl sa couleur lessemble à celle du chocolat. On l'apporte dans nos contrées en gâteaux de différentes grosseurs. Le cachou a peu d'odeur; sa saveur se fait remarquer d'abord par son amertume, mais jieu après elle rappelle l'odeur de la violette. On en fait des pastilles agréables au goût eu le mélangeant avec des substances parfumées. La médecine emploie le cachou comme tonique et asti'ingeut; et on l'administre en poudre, en pastilles, en tablettes, en teinture ou en décoction. Quelques gourmets en ajoutent une minime (luantité au café pulvérisé dont ils bannissent sans pitié la perfide chicorée dont on abuse tant en France et ailleurs; et ils affirment que Taddition de cet ingrédient donne à la décoction un arôme particulier, et qui ajoute au mérite du nectar de l'Arabie.

Cacique, nom (jue les anciens peuples fl'Amérique donnaient à plusieurs de leurs rois ou princes , à leurs gouverneurs de provinces, à leurs généraux d'armées, à des chefs de tribus. Les caciques avaient beaucoup d'analogie avec les anciens barons des temps féodaux. Ils avaient une cour, portaient des ornements royaux, et la vénération qu'on avait pour leur personne s'étendait au-delà du tombeau.

Caciques, genre d'oiseaux de l'ordre des passereaux, dont toutes les espèces habitent l'Amérique.

Cacochyme (de deux mots grecs signifiant mauvais et humeur) , terme (le pathologie qui a passé dans le langage vulgaire, où il signifie valéludinaire, maladif, infirme. Cacochymie est le substantif qui exprime cet état; il exprime l'altération morbide des humeurs ou parties tluides des corps organisés, végétaux ou animaux.

Cacographie (de deux mots grecs signifiant écriture vicieuse). On appelle ainsi une manière d'écrire contraire à l'orthographe. Par extension, on intitule cacofjraphies ces livres remplis à dessein de fautes grammaticales, que l'on met entre les mains des enfants pour exercer leur intelligence et les accoutumer à reconnaître et à redresser les fautes plus ou moins grossières qui passent sous leurs yeux.

Cacophonie (de deux mots grecs signifiant mawuflîse ro«5C), terme employé en médecine pour désigner en général les défectuosités, les altérations de la voix résultant des inflammations ou abcès au larynx, les es(|uinancies, les différentes sortes d'enrouement. Les ^grammairiens appellent carophnnie la rencontre de lettres ou de syllabes dunvs et clio(|uantes par leurs dissonances ou leurs bizarreries , ou bien dont les consonnances trop multipliées et surtout trop rap[)rochées blessent l'oreille et le goût. Ainsi ce vers de Voltaire ,

Non, il II rst rien ipie NiiiiiiK- n'iioliore,

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oftVe lexpinplc do la plus délcslobtt' racopliuiiio. — l.(s niusirion> emploient le mol cacophonie ([iiand ils veulent parler d'une mauvaise exécution musicale, de voix ou d'instruments (pii ne sont pas d'accord, de voix fausses ou qui chantent sur un ton (titrèrent de celui de l'orchestre , etc. — Par extension , on a donné le nom de cacophonie au bruit résultant du mélan:j;e incohérent de diverses sortes de sons confus ou discords ; par exemple, au bruit qu'on entenil dans les clubs, les réunions populaires, et mémo dans certaines assemblées législatives où tout le monde veut parler à la fois.

Cactus, |>lante charnue, munie d'aiguillons cl dépourvue de feuilles, originaire des climats chauds de l'Amériipie. Le cactus compose une famille très-nombreuse de i)lantes qui est divisée en S genres. Toutes les espèces de cactm sont plus ou moins remarquables par la richesse et l'éclat de leurs Heurs, qui contribuent à la décoration de nos jardins.

Cadastre (dérivé, suivant Ménage, de la basse latinité), nom qu'on donnait, avant la révolution de 1789, au registre public qui servait à l'assiette des tailles ou impôts dans plusieurs provinces , comme la Provence, le Languedoc et le Dauphiné. — Aujourd'hui Tacception de ce mot s'est étendue. Le cadastre n'est plus seulement un m//s/r(?, mais bien un ensemble d'opérations qui comprend nonseulement l'arpentage, la désignation et l'estimation de chaque parcelle de pro])riété composant le territoire d'une commune , d'un canton ou d'un département, mais aussi l'inscription sur des registres spéciaux du résultat de chacun de ces travaux. En un mot, on désigne par le nom générique de cadastre le système en usage pour établir l'assiette et la répartition de l'impôt foncier. Les premières opérations cadastrales fiu-ent prescrites, en 1790, par l'assemblée constituante. Il s'en faut encore de beaucoup que la totalité du territoire français soit cadastrée.

Cadavre (de mots latins signifiant chair donnée aux vers), corps organisé privé de vie ; ce mot s'emploie surtout pour désigner le corps d'un homme mort.

Cadenas (dérivé d'un mot latin signifiant chaîne), petite serrure portative appelée ainsi probablement à cause de la petite chaîne qui tenait lieu d'abord de ce qu'on nomme l'anse ou Vanneau du cadenas. Le mécanisme du cadenas ordinaire est le même que celui des serrures fixes (\ .). Il y a des cadenas à combinaisons et à secrets qui s'ouvrent et se ferment sans le secours d'une clef; mais on ne peut en faire usage que lorsqu'on en connaît bien le mécanisme.

Cadence 'dérivé d'un mot latin signifiant tomber), terme de musique, (pii exprime tantôt la terminaison ou le reposqui sépare les phra-

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