‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnesChapitre 17 sur 59 · AF — 130 — CAF · texte numérisé non relu

AF — 130 — CAF

(I alKtr(l (l(> l'Ai'abio dans la i'ci'si' et dans quelques régions do l'Abyssinie; il s'introduisit à Coiistanlinoplc vers 1517. (le ne fut que VOIS Hi45 qu'on coinnionra à prendre du café en Italie. De là il se répandit en Ani;lelorre, en France et dans les autres contrées de r&irope. L'invention du café au luit est dû à Nieuliofl, ambassadeur hollaïulais en Chine, lequel fit les premiers essais de cette boisson à l'imitation du thé au lait. Le café le plus estimé est celui qu'on lire do Moka, ville d'Arabie. Celui de la Martinit[iie jouit aussi d'un renom mérité. Avant la révolution de 1793, la partie française de St-Dominguo i)r()duisail annuellement de 23 à 25,000.000 kilogrammes de café; la Martinique, près de 5,000,000; la Guadolouj)e,de3 à 4,000,000; aussileca/dnecoùtait-il alors en France que 50 à GO centimes le demi-kilo.^rammc. — Le café, comme toutes les bonnes choses , a eu ses détracteurs : on l'a accusé d'être un poison. Cependant Voltaire et Fonlonelle, (jui on faisaient un usage presque abusif, moururent, le premier, à plus de 80 ans, le second à près do 100 ans. F'ontenello avait donc raison de répondre aux détracteurs du café qiie c'était un poison lent. Il est sans doute des tempéraments auxquels cette boisson ne convient pas, tels que ceux des personnes nerveuses, sanguines , disposées aux tremblements. Le café serait encore nuisible dans les maladies des reins et de la vessie; mais on peut dire, en général, qu'il améliore la circulation du sang, favorise la digestion, excite la transpiration, chasse la migraine, l'asthme humide, et dissipe quelques autres indispositions. Ajoutez à cela qu'il a la propriété de tenir long-temps éveillé et d'être i)ar conséquent favorable aux travaux de l'intelligence.

Cafés, lieux publics où l'on va prendre le café, où les oisifs se l'éunissent. Là se traitent les grandes questions politiques; là se décident la paix ou la guerre; là surtout se jugent et se détruisent les réputations contemporaines. On ne gouverne pas contre les cafés, a dit un spirituel écrivain; ce sont des chambres au petit pied. Les cafés ont remplacé pour une certaine classe de la société les anciens cabarets (v.). Il n'y eut des cafés à Londres qu'en 1652. Le premier café public, en France, fut ouvert à Marseille, par un 'Vénitien, en 1664. Ce fut l'ambassadeur turc, Soliman-Aga, qui mit le café à la mode à Paris en 1669, époque où la livre de café valait 40 écus ; mode à la durée de lacpielle madame de Sévigné ne croyait pas, car elle écrivait à sa tille que Racine passerait comme le café! Le premier café ouvert à Paris y fut établi par un nommé Pascal, Arménien , (|ui ne fit pas foi'tune, car il transféra plus lard son établissement à Londres; depuis ce temps les cafés s'y sont prodigieusement multipliés; on y en comj)te plus de 800, et on en ren-

Cojdan.

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