‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnesChapitre 18 sur 59 · CAI' — 131 — CAF · texte numérisé non relu

CAI' — 131 — CAF

(Onlro dans les iiiuiiuhvs vilkiiiOri de France. Sous Cliaiies II , en I (575, on fit fermer ceux de Londres, parce qu'ils étaient considérés connue des foyers de sédition. Dans le siècle dernier, le café Procope, à Paris, rendez-vous des beaux esprits du temps, no fut ])as étrauiïer aux ij;rands luouvements politiques qui se |)réparaient pour la France el rEuro[)e.Ou y montre encore la table où Voltaire conversait souvent avec Rousseau.

Cafetan OU aifion. espèce de robe ou pelisse turqne que le ^l'^ndseigneur distribue, dans les jours de solemiilé, aux grands-olliciers de la Porte-Ottomane, aux ambassadeurs des puissances étrangères, enlin à tous les personnages auxquels il veut témoigner sa satisfaction. Le cafetan est une robe d'honneur. Celui qui reçoit le cafetan est obligé de le mettre aussitôt par-dessus ses vêtements ordinaires, et de paraître ainsi travesti devant le prince, afin de faire honneur au présent qu'il en a reçu. Il arrive même quelquefois qu'on est obligé de mettre deux cafetans l'un sur l'autre , ce qui ne laisse pas que d'être assez plaisant.

Cafetière, vase api>roprié à la préparation du café. Les appareils de ce genre qui ont le plus de renommée et sont aussi les plus commodes sont les cafetières à la Detielhnj et les cafetières Morize. Ces ^ases peuvent être en faïence, en porcelaine ou en fer-blanc. Caféyer OU cafier, joli petit arbuste qui produit le café. Il est de la famille des rubiacées de Jussieu.

Son écorce est grisâtre , son feuillage d'un vert brillant, presque semblable à celui du laurier-amande. Ses branches portent aux aisselles de leurs feuilles opposéesdes bouquets de fleuis blanches comme le jasmin , entremêlées de petits fruits de la forme, de la grosseur et de la couleur des cerises anglaises, lonsqu'ils sont en parfaite maturité. C'est cette l)aie rouge-foncé ([ui contient les graines ou fèves qu'en nomme café. Le caféyer paraît être originaire de l'Yémen dans l'Arabie- Heureuse. Suivant la tradition vulgaire, on devrait la d('>cou\ erte de ses propriétés à un mollah ou religieux niahométan. nommé Schadili, dont le nom est eiicoie eu vénération dans l'Orient. Ce saint per-

Cafèyer.

(AI — 1:52 — CAl

soiiiuii^L', se \o\;ml m.ri\l'iiI ^uipris i)Or lu suiuiiicil au milieu doses prières, imputait ses assoupissements à la tiédeur de sa dévotion, et tourmentait sa conscience par de ])ieu\ scrupules. Le hasard, ou le prophète Mahomet, comme dit la tradition, lui fit rencontrer un jeune pâtre, qui lui raconta que toutes les fois que ses chèvres avaient brouté des haies d'un certain arbrisseau elles restaient éveillées, sautant et cabriolant toute la nuit. Le mollah voulut connaître le merveilleux végétal, et le pâtre lui montra le caféyer. Schadili fît alors sur lui-même Texpérience de la vertu singulière des l)aies de cet arbuste. 11 en prit une forte infusion, et passa toute la nuit dans une sorte d'enivrement délicieux, qui ne nuisait en rien à la liberté de son esprit. 11 lit part de sa découverte aux derviches de son voisinage, et bientôt le café fut recherché par les dévots musulmans comme un i)résent du ciel apporté par un ange à un vrai croyant. — A la (in du xvii'" siècle, les Hollandais transportèrent le caféyer de Moka, ville d'Arabie, dans leur colonie de Batavia. On en cultiva queUiues pieds à Amsterdam, vers 1710, et ils produisirent un peu de café. Ce n'était qu'avec beaucoup de difficulté qu'on se procurait en Arabie quelques plants de cet arbuste; car il y avait peine de mort contre ce genre d'exportation a l'étranger. En '1713, M. Besson, lieutenant-général d'artillerie au service de France, fit don au Jardin des Plantes de Paris d'un pied de caféyer venu de Hollande. Quelques années après, un autre pied élevé dans les serres de ce jardin fut transféré aux Antilles par un sieur Déclieux. On rapporte que pendant la traversée, ipiî fut longue, le capitaine du navire, craignant de manquer d'eau, fixa à chaque passager sa ration journalière, et que M. Déclieux aima mieux souffrir de la soif et partager avec son précieux arbuste sa portion à peine sufhsante pour lui-même. Arrivé à la Martinique, il eut encore à défendre sa plante contre plusieurs tentatives de vol. Mais bientôt il eut la joie de le voir se charger de fleurs et de fruits. C'est de ce pied que sont sortis tous les caféyers cultivés à la Martinique, à la Guadeloupe et à St-Domingue, comme dans les autres Antilles, et i(ui aujourd'hui fournissent de café la plus grande partie du globe. — Ce n'est (jue par la torréfaction que se développe la saveur suave et l'arôme du café. Il doit au tannin et à une huile empyreumatique ses excellentes qualités, qui ne sont plus ignorées de personne. Loin de produire une ivresse grossière comme le vin ou d'autres boissons spirifueuscs, ou, comme le thé, d'alfadir l'estomac, le café, à la fois tonique et excitant, augmente l'énergie du fluide vital, aide à la digestion, donne de l'activité, de la gaieté, de l'esprit. C'est la boisson intellectuelle, le nectar des poètes.

Page 1