‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnesChapitre 27 sur 59 · CAN — 191 — CAN · texte numérisé non relu

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(•(illoeliui\s tk's auluiirs giocs và'ilablrinciil classiques. — lîn art militaire, le canon qui constitue rariue la plus usitée dans l'arlilleiie, est une bouche à feu ([ui a la forme d'une esiK-cc de cône truiu[ué; sa partie postérieure forme la culasse et la partie antérieure la coiée. La cavité intérieure ou Vdine reçoit une certaine ((uantité de poudre que l'on enllamme, et dont l'explosion chasse, à de plus ou moins grandes dislances, un boulet ou plusieurs projectiles éiialement meurtriers. Il y a des canons de bronze et des canons de fer ou de fonte; on en a même fait en cuir et en bois : il y en a de diverses dimensions ou calibres : quelques-uns sont gii^anlesques. On les monte sur alfùt, selon ([u'ils sont de s/tv/f, c'est-àdire destinés à rester sur les fortifications d'une place, ou decawinu/ne, c'est-à-dire destinés à sui\re une année en mouvement. L'invention du canon a dû suivre l'invention de la poudre , dont le 1^''' emploi remonte au moins à l'année 1338. Selon quelques auteurs il fut employé pour la l'"*^ fois en 1380, dans la iiuerre des Vénitiens contre les Génois; selon d'autres par les Anglais, à la bataille deCrécy, en 1310. — En musique, le canon est une fugue perpétuelle, où les parties répètent le même chant l'une après l'autre. Ou distingue les canons où l'imitation a lieu par mouvement contraire, de ceux où elle a lieu à reculons; ce qu'on nomme canons en écrecisse. Cet abus de la science était le triomphe des pédants aux xvi° et xv!!*" siècles. Tels sont le canon énigmaiique qui consiste à découvrir la place et la rentrée des différentes ^ oix, et le canon fermé, dont la résolution reste à trouver, pour le distinguer ûncanon ouvert, dont la résolution est faite, et dont toutes les parties sont écrites. — Les canons astronomiques étaient pour les anciens une espèce de moyen ou (ïart de vérifier les dates (v. Fastes). — En typographie, on appelle canons divers caractères employés principalement pour des atriches.

Canonicat. On désignait autrefois sous cette dénomination la dignité de chanoine, qui conférait à celui qui en était revêtu le droit de prendre place dans le chœur et le chapitre d'une église, soit cathédrale , soit collégiale (v. Chanoine).

Canonique. Cet adjectif s'applique à tout ce qui est relatif ou conlorme aux canons de l'église. Le droit canonique , par abréviation droit canon , est la collection des lois , des canons , des usages de l'église, formée des décisions des conciles, des constitutions des papes , des écrits des saints Pères , des lois civiles , des ordonnances des prmces en matière ecdésiasliciue. — Les livres canoniques sont ceux qui composent le canon et le recueil des livres de Wlncicn et du Nouveau-Ti'siament auxiiuels l'église attribue une origine divine.

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Canonisation, U'iiur (II' droit (•aiK)iii(Hie (im c\|)iiine la déilartilion solcniiolle du i)apc sur la présomption que l'àme d'une personne jouit du bonheur éternel et qu'on peut lui rendre le culte de dulh. Les acclamations publiques, puis les synodes, décernaient d'abord la canonisation ; en 1 1 72 , Alexandre lU la réserva exclusivement au l)ape seul. Les cérémonies dont on fait usage dans la canonisation des saints ont tellement varié, qu'il serait trop long de les rappeler ici (v. S a hit s).

Canonnier. Lcs cauouniers sont des soldats spécialement chargés du service de rartillcric, tant en campagne que dans l'attaque et la défense des places. En France, ils furent, en 1688, réunis pour la première fois en compagnies, qui restèrent détachées justju'à l'ordonnance du ;3 février 1720. Alors les mineurs et les sapeurs furent réunis aux canonniers dans le régiment Royal-Artillerie. Séparés de nouveau , les deux corps furent encore une fois reunis. Enlin , ils furent pour toujours séparés en 1758, et les canonniers formèrent seuls les régiments d'artillerie. Leur instruction reçut des déveloj)pements successifs cpii font aujourd'hui de l'artillerie française la première de l'Europe. — On donne aussi, dans les manufactures d'armes , le nom de canonnier à celui qui forge les canons de fusil.

Canope (géogr. anc), ville d'Egypte située sur un bras du Nil , célèbre dans l'antiquité par la dissolution des mœurs de ses habitants, (pie Ion pourrait attribuer à la fréquentation continuelle des habitants de la haute et de la basse Egypte, qui venaient y célébrer les fêtes de Sérapis, et qui descendaient le fleuve en chantant et en dansant avec lubricité. La ville n'était presque composée (pie d'auberges et de maisons destinées à ces réjouissances. On fabriquait à Canope, avec une espèce d'argile qui se trouvait aux environs, des vases dont il se faisait un grand commerce. Le couvercle de ces vases, appelés canopes , représentait ordinairemeni une tète de divinité ou d'animal. Parmi les vases égyptiens ijue l'on conserve dans les collections, il faut distinguer ceux qui ont ser\i à renfermer des animaux sacrés, de ceux qui représentaient le Sérapis du Nil. D'autres servaient à liltrer les eaux du fleuve

Canosa, petite ville du royaume de Naples {Terre de Bari), non loin de rofanto , (pii contient 4,400 habitants; c'est l'ancienne Cdvmium, fondée par Diomède. Elle servit de refuge à rarméc l'umaine après la bataille de Cannes. On donnait à ses habitants le nom de liilingues, jiarce qu'ils parlaient deux langues, celle du Grec Diomède, leur fondateur, et celle de l'Italie. On a trouvé sui son territoire de précieuses anti(iuités.

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Canot (iiuu'iiio), bateau non ponté servant a divers iisai^es, mais piiiiciitaleniont aux coninuinicalions d'un bâtiment avec la terre , ainsi qu'à l'emljarciueinent et au débaniiiement de toutes sortes d'objets. Les navires ont un ou plusieurs canots suivant leur grandeur. Ces bateaux vont ordinairement à la rame , mais ils sont en L;énéral pourvus d'une voilure dont ils peuvent l'aire usas^io au besoin. Beauc()U[) do particuliers ont -__^, des canots de plaisance, dont ils se servent pour faire ^^^ des piumenades sur l'eau. Camt.

Canova (Antoinc), né le l*"'' novembre 1757 à Possagno, village de l'état vénitien, et mort à Venise le 13 octobre 1822, montra dès l'enfance une grande aptitude à modeler. Mis en apprentissage chez Torelti , scul[)teur de Bassano , il lit de rapides progrès. Son ])remier ouvrage, (ju'il composa à l'âge de 17 ans, fut une Eurydice, grandeur demi-naturelle, et, selon d'autres-, deux corbeilles de fruits exécutées en marbre, et que l'on conserve encore à Venise. Envoyé à l'académie de cette ville, il y remporta plusieurs prix. A l'âge de 22 ans il fit son groupe de Dédale et Icare, cpii, malgré ses défauts , est remarquable si l'on considère la jeunesse de l'auteur. 11 lui valut la protection du sénat de Venise, ([ui l'envoya à Rome, en 1779, avec une pension. Le résultat de ses nouvelles études dans cette ville fut un Apollon en marbre se posant sur la tète une couronne de laurier. Un groupe de grandeur naturelle représentant Thésée assis sur le Minotaure égorgé, exécuté en 1783, est encore aujourd'hui regardé comme l'un de ses meilleurs ■ ouvrages. On cite aussi son tombeau de Clément XIV, le groupe de V Amour et Psyché, le portrait du jeune i)rince Czartoryski en Cupidon, et le mausolée du pape Clément XllI, dont il fut chargé par son protecteur, le sénateur Rezzonico. Il fonda à cette époque, dans le palais de l'ambassadeur vénitien, une école pour ses jeunes compatriotes. Les ouvrages qu'il fit ensuite sont : un Amour ailé, un second groupe de Psyché et l'Amoiu', un groupe représentant Vénus et Adonis. Mais qui ne connaît cette Psyché si gracieuse, dont on a fait tant de copies? Elle est debout et mi-voilée; elle tient dans la main droite un papillon parles ailes qu'elle pose sur sa main gauche ouverte, et cju'elle contemple d'un air serein et paisible. Canova e:*écula en outre, \ers le même temps, un grand nombre de basreliefs représentant pour la plupart des scènes de la vie de Socrate, de l'histoire ancienne et de la mythologie. 11 voulut ensuite s'exercer dans le genre tragique, et lit un Hercule furieux précipitant Lycas dans la mer; mais le genre sérieux ne lui convenait point. Eu 1796 IL " 17

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cl, I7!)7, il lil le inodcle du (.-clehrc iiuuisolcc de la diu-licsse Clmsliiie d'Aiilriche, femme du duc Albeit de Saxe-Teschen ; ce monument l'ut exécuté à Vienne en 1805. En 1797 il lit le modèle colossal (le la statue du roi de Naples, l'un de ses plus beaux ouvrages. il exécuta ensuite à Rome son Persée tenant la tète de Méduse, qui l'ut placé sur le piédestal de l'Apollon du Belvédère pendant tout le temps (juc celui-ci fut ravi à l'Italie. Cette statue popularisa la gloire de Canova i)lus que tous les ouvrages sortis jusqu'alors de ses mains. En 1802 le pape Pie VU le nomma inspecteur-général de tous les objets d'art et de toutes les entreprises artistiques dans les états de l'église, et lui conféra le titre de chevalier de l'Éperon d'or. La même année, Bonaparte rai)[)ela à Paris pour faire le modèle de sa statue colossale. Au connnencement de 1803, on voyait dans l'atelier de l'artiste le modèle du buste; le reste de la statue ne fut achevé que plus tard, il est impossible de saisir un portrait avec autant de caractère, et de l'idéaliser en même tcmjjs plus purement dans le sens héro'i'que de l'antique. Après la chute de Napoléon en '181o, Cano\a vint une seconde fois à Paris, mais pour y présider à l'enlèvement des objets d'art que le sort des armes avait mis en notre pouvoir. A son retour à Rome , le pape déclara qu'il avait bien mérité de la ville de Rome, fit inscrire son nom sur le livre d'or du Capitole, et, par une lettre autographe, lui conféra le titre de marquis d'ischia avec une pension annuelle de 300 scudis. L'Europe et l'Amérique concoururent à lui faire ériger, en 1827, un mausolée en marbre dans l'église de' Frati à Venise.

Cantabile (mus.), adjectif italien qui signifie chantant., et dont un a fait un substantif qui sert à désigner une mélodie gracieuse et mélancolique d'un mouvement lent. Le canlabik doit être d'un style simple, et ne souffre aucune sorte d'ornements rapides.

Cantabres , peuple d'Espagne dans la Tarraconnaise , au milieu de la côte septentrionale. Pendant 200 ans cette nation lutta contre la puissance romaine avec un admirable courage et une persévérance que n'eurent pas tous les peuples attaqués par la république. Agrippa seul parvint à les dompter sous le règne d'Auguste. Enfermés, n'espérant plus se défendre ni conserver leur indépendance, les Cantabres se donnèrent la mort les uns aux autres, aimant mieux périr avec gloire que vivre dans la servitude.

Cantacuzène (Georgc et Alexandre). Ces princes grecs descendent de l'ancienne famille byzantine de ce nom , qui a compté l'empereur Jean Cantacuzène parmi ses membres, et qui, sous la domination des Osmanlis, ont loujours été considérés comme l'une des premières f;unillçs du h'anar. Les deux frères dont il s'agit scr-

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\irent dans l'armôe nissp. C.oninio membres de \'h(-l(iirii\ ils siu- \irent, en 1821, le prinre Alexandre Vpsilanti (M1 Aloldavie.. Apres (liiel(iiies hésitations, Alexandre se lendil en Grèiv. Il oi-iraiiisa et (lirii;ea avec viLîueur riiisnrreclion contre les Tnrcs. l.oisqiie i)liis tard la direction des ali'aires grecques passa en d'antres mains, il reçut du sénat grec la mission d'aller porter à Sl-Pélersbom-g les supplications de la nation. N'ayant pu ol)lenir de passeports, il s'arrêta à Dresde , où il s'occupa de l'éducation de ses enlants et des moyens de faciliter le passage en Grèce des Hellènes venant d'Odessa. H ne retourna en Grèce qu'en 1 828. — Son frère George, lieutenant d'Ypsilanti, prit part à la lutte malheureuse des Grecs insurgés dans la Moldavie et la Valachic , et a publié un mémoire à ce sujet.

Cantal (département du) , formé d'une partie de la Basse-Auvergne. Ce do[)artement tire son nom des montagnes du Cantal qui eu occupent à peu près le centre. Le département du Puy-de-Dôme le borne au nord, cehn de la Lozère au S.-E. , celui de l'Aveyron au sud , et ceux du Lot et de la Corrèze à l'ouest. 11 est divisé eu 4 arrondissements, 23 cantons, 272 connnuneset 2 arrondissements électoraux nommant .3 députés. 11 compte 262,013 habitants, et ressortit de la \9'' division militaire, de la IS"" conservation forestière, de la cour royale de Riom, de l'académie de Clermont et de l'évèché de St-Flour. Aurillac en est le chef-lieu. L'hiver, dans ce pays, est long, et le printemps tardif. Les vents qui viennent des montagnes amènent un froid glacial qui change sid^itement la température , et détruit quelquefois en un instant l'espoir de toute l'année. Les ouragans et les tourmentes y régnent avec violence. Le territoire est hérissé de montagnes dont quelques-unes , s'élevant à près de 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, sont couvertes de neiges pendant 6 mois, et sur lesquelles même il en tombe dans presque toutes les saisons. 11 n'est fertile que dans les vallées qui s'étendent au pied des montagnes, et qui sont arrosées par la Jordanne, la Truyère et la Gère. On trome encore entre Sl-Flour et Murât la plaine de la Planèse, d'un myriamètre d'étendue, qui peut être regardée comme le grenier du département. Le sol (terres de montagnes) est cultivé a\ec des mulets, et ne donne que des récoltes insuffisantes. Sur une superficie totale de 5i2,037 hectares, le département du Cantal en compte 400,000 en culture, 29,819 en forêts, ":j40 en vignes, dont le produit est de médiocre qualité, et 57,408 en landes ou terres de mauvaise qualité. Les productions végétales consistent en peu de froment, beaucoup de seigle de printemps et d'automne, sarrasin, châtaignes, pommes déterre, avoine.

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|)(iis, loiilillcs, Iruils très-bons do toiito ospcro, chnnvre et lin. Le iv- L,Mi(> minorai présente dos mines d'antimoine e! de liouille, descarriéics d'ardoise et, de pierre à ehaux, du tripoli, de la terre d'ombre Ibneé, du silex de diverses couleurs, du quartz de toutes nuances, de la stéatile, de l'alun fossile, de l'ai'iziile noire, des roclies d'une Ljrande \ariété. Il y a des établissements d'eaux minérales et thermales à \'ir-sur-( A're , (';iiau(les-Aiij;ues, Ste-Marie et Fontanes. Le rèi^ne animal fournit des bètes à cornes en grand nombre, des chevaux estimés ])our la cavalerie légère, des moutons de petite espèce et à laine noire, des mulets, des ânes, des j)orcs, des abeilles donnant du miel assez estimé, du grand et du petit gibier en abondance ; dans les rivières, qui sont très-poissonneuses, on pèche d'excellentes truites. Oiioique enfoncé dans les terres, loin de la mer, des rivières navigables et des grandes villes, le pays est industrieux. On y fabritpie des toiles de chanvre et de lin, des dentelles, de la colleforte, d(> l'orseille, de la chaudronnerie, et ces immenses fromages du Cantal qui ne pèsent pas moins de 100 à 160 kilogrammes. Il y existe de nombreuses scieries de planches de sapin , des papeteries, des tanneries et des verreries. Annuellement 11 émigré des montagnes plus de 6,000 habitants qui vont exercer les travaux les |)lus rudes dans toute la France et même à l'étranger : ce sont ces Auvergnats qui, à Paris, par exemple, exécutent tons les travaux ])énil)les, et qui sont si justement estimés pour leur probité et leur fidélité. Le commerce consiste en montons gras pour le midi , en gros bétail pour foute la France, en mulets, porcs et jambons. Les princi[)ales rivières sont : la Dordogne, la Gère, la Truyère et la .lordanne; aucune n'est navigaljle ni flottable.

Cantaloup , l'une dcs variétés i)rincipales du melon et de la famille (\c^ cucurbitacées, dont le caractère est d'être galeux, c'està-dire plus ou moins couvert de protubérances de diverses formes, grosseurs et couleurs, connues sous le nom de gales. Tout melon ([ui possède cette attribution est un cantaloup, soit qu'il ait des côtes ou non, quelles que soient d'ailleurs son origine, sa couleur et sa (|ualité . Le cantaloup , comme les autres melons, a un grand nombre de sous-variétés (v. Melon).

Cantate. J.-B. Rousseau fut chez nous l'inventeur de ce genre de (■iim[)()sition lyrique. Telle qu'il l'a con(,'ue et exécutée, la cantate a pour sujet un liait emprunté à la mythologie ou à l'histoire. Sa légère action est racontée dans des vers qui prennent le nom de récit, et entre ces récits, ordinairement au noml)re de trois, sont intercalés des vers d'une autre mesure formant des airs qui expriment l(>s sentiments ou les j)assions des personnages mis en scène.

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Laianlalo do Circc, de .1.-15. Umisscan, oijI \o ( litM-il umimv do ce genro. — C'est aussi lo nom diino piéco de iiuisii|uo avec divers accompagnonients. composée sur un petit poème du même nom. Elle est d'origine italienne, et ne remonle pas au-delà du xv!!*" siècle. 1) Italie elle passa en France, puis en Angleterre et en Allemagne. Kilo est aujourd'hui à peu près tombée dans l'oubli.

Cantemir (Démétrius), liospodar de Moldavie , né en 1673, descendait d'une famille grec([ue établie dans ce pays et issue de Tamerlan. On cite peu de Cirées a ipii la Porte ait témoigné autant de confiance; mais cette conliance s'étant altérée, Cantemir se mit sous la protection de Pierre-le-Grand. La guerre n'ayant pas été favorable aux anues du tsar, Cantemir le suivit en Russie, fut fait prince russe, conseiller intime, fonda une académie à St- Pétersbourg, et mourut en 1723 en Ukraine, où il avait acquis des propriétés. 11 est auteur d'une histoire de la grandeur et de la décadence de l'empire ottoman , écrite en latin , et qui est encore estimée.

Canterbury, la Durovenuuii des Romains, est une ville d'Angleterre (comté de Kent), dans une belle vallée, sur la Stour. C'est le siège d'un archevêque primat d'Angleterre, 1'^'" pair du royaume, et qui jouit du privilège de couronner les souverains. On y remarque la cathédrale, où est le tombeau de Thomas Becket ; l'église de St- Martin, où l'on admire les belles sculptures des fonts baptismaux, et l'hôtel-de-ville. Cette ville possède divers établissements et des bains d'eaux minérales Ires-fréquentés; mais son industrie et son conmierce ont beaucoup perdu de leur importance. Elle compte 13,000 habitants.

Cantharide , insecte coléoptèro de 2 à 3 centimètres de longueur, d'un beau vert doré, d'un brillant métallique, ayant les antennes noires et filiformes. On le recueille en juin et juillet sur les frênes, les lilas et lestroé'nes, autour desquels il répand une odeur vive et désagréable, qui peut déterminer des accidents. On récolte les cantharides en les faisant tomber sur des draps; puis on les met sur un tamis de crin exposé aux vapeurs du \ inaigre en ébuUilion ou de l'ammoniaque; on les fait sécher au soleil et on les conserve dans des bocaux bien bouchés. Sans cette précaution, les cantharides sont bientôt détruites en grande partie par des anthrènes et des mites; elles se recouvrent alors d'une poussière grise, et, ainsi rer/now/ucs, elles perdent de leurs propriétés, et deviennent quelquefois presque inertes. La cantharide est à la fois un médicament énergiriue et un violent poison. Cantique. Le cantique, qui, dans son acceplii)ii primitive, était

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un rliant (l"nll(''!iips-;e, do lrioni[)!io, d'amour el do loconnaissance, fut sans doulo la première forme sous laquelle la poésie el la musique unirent leurs accords. LaBi!)lenous a conservé les cantiques (le ^loïso après le passage de la mer Rouge, d'Ézéchiel et de Déborah; l'Évangile, ceux de Zacharie, du vieillard Siméon et de la Vierge. Ce dernier, connu sous le nom du Magnificat, est admirable. C'est un mélange d'onction et d'élévation ined'ables. Plusieurs psaume? de David sont de véritables cantiques. Salomon avait composé 5,000 psaumes de ce genre; aucun d'eux n'est venu jusqu'à nous; mais nous avons son Cantique des cantiques, œuvre pleine de grâce , dans la([uelle l'église voit une allégorie sacrée. La poésie grectjue eut aussi quelques poèmes désignés par les antiquaires sous le nom de cantiques, et l'on peut, chez les Romains, rapporter à ce genre le Chant séculaire d'Horace. Chez nous, quelques parties des chœurs d'Esther et d'Athalie, quelques odes sacrées de J.-B. Rousseau, ont pu aussi être considérées comme des cantiques ; mais on ne sait pourquoi Ton a donné ce nom à de prétendus poèmes populaires, tels que le cantique de Geneviève de Urabant. — Dès les premiers temps du christianisme , on chanta des cantiques à l'ofhce divin ; les fidèle- persécutés chantaient dans les catacombes des cantiques à la louange de Dieu. 11 nous en est resté un bien remarquable ; c'est le Te Deuni par saint Ambroise , ce chant adopté par la victoire chez toutes les nations qui professent le christianisme. Le plain-chant si simple des psaumes fit une impression si profonde sur Fànie de saint Augustin, entré par hasard dans l'église de Milan, qu'il ne contribua pas peu à sa conversion. — L'usage de chanter des cantiques existe encore dans nos églises. Les meilleurs sont les nouveaux cantiques de St-Sulpice.

Canton OU Kuntun , l'une des villes les plus considérables de la Chine, sur la rive gauche du Pekiang, avec plusieurs faubourgs, capitale de la province de Kouang-Tung. Elle a environ 2 kilomètres du nord au sud, et 3 kilomètres de l'est à l'ouest. On la divise en ville tartare et ville chinoise. Celle-ci n'a de remarquable que son extrême propreté; l'autre est belle et bien bâtie. Les rues, étroites et pavées en dalles, sont toutes poiu'vues d'un égoùt souterrain, et bordées de boutiques dont quelques-unes sont spécialement affectées à telles on telles professions. Les maisons, bâties en briques, n'ont en général qu'un étage et point de fenêtres sur la rue. On évalue la population de Canton à 8i)0,000 àines. Son port esl le seul de la Chine où les Européens soient admis; leurs factoreries sont bâties dans le faubourg de l'Ouest et sur les bords du Pekiang, qui en tout temps est couvert de bâtiments et d'embarcations de

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loiit gcni'O , car lo iiioii\cnionl coininorcial do (".aiiloii osl imnicnso. En 7;>8, cette ville fut pillée par les Arabes et les Persans, qui s'y étaient établis. Le l""'" novembre 1823. un incendie y coiisinna 10.000 maisons. Cet immense désastre était réparé en 1821. — \ la suite de discussions survenues entre les Chinois et les Ani^lais, au sujet du commerce de l'opium, dont l'empereur avait défendu l'importation, ces derniers , au nombre de 4,000, ont, au mois de février dernier (18 il), opéré un débaiiiiiement et se sont eniparés de ('anton dont cet é\ énement ne peut mamiuer de chan|j;ei' la physionomie, car jusqu'alors un étran.ner n'y |)ouvait entrer sans la permission d'un mandarin, et encore devail-il se faire accomj)agner d'un soldat qui fit écarter la foule et empêchât les enfants de lui jeter des pierres.

Canton. Dans la division territoriale de la France, décrétée par l'assemblée constituante, le mot canton désigne une circonscription administrative composée de plusieurs communes. Chaque canton a un juge de paix. En Suisse, le mot canton s'applique à une grande division politiiiue, chaque canton formant un état particulier.

Cantonnement. Ce mot désigne une circonscription territoriale aneclée à un objet spécial. Ainsi, un cantonnement de pèche ou de chasse compi end l'étendue du terrain dans latpielle est circonscrite la faculté pour un ou ])lusieurs individus de se livrer à ces exer- ( ices. On entend par cantonupinent d'usage!^ la partie d'une forêt dans laquelle certains individus ou quelques villages possédaient un droit d'usufruit. — Cantonnemenf, en termes de guerre, désigne un terrain de campagne où les troupes sont temporairement placées. C'est un établissement passager que forme une armée active dans les communes, les villages, qui lui sont assignés pour gîtes. Une armée qui a pris ses cantonnements a cesse de se battre, mais n'a pas cessé de faire la guerre : elle est au port d'armes. Aussi choisit-on pour les cantonnements des lieux sûrs, le plus souvent derrière une rivière, où l'arrivage des subsistances soit aisé, où les communications soient faciles et promptes en cas d'attaque ou d'insulte de la part de l'ennemi.

Caoutchouc, vulgairement gomme élasticjnc, suc qui existe dans beaucoup de végétaux de la région équatoriale , mais qui abonde dans plusieurs arbres de la famille des euphorbiacées, tels que )'hcvea, et qui se coagule au conta'-l de l'air. On oblient le caoutchouc en pratiquant des incisions sur les végétaux qui le contiennent. On reçoit sur un moule dont la forme varie à l'infini et fai( avec de la terre, le suc blanc laiteux qui en découle, et l'on en

lumu' une cihuIu' ([ue 1 un (Icssi'cIkî ii lii rimii'i'. On ;ii)pli(|ue ainsi snccossivoment plusieurs couches de ce suc; puis on brise lo moule, dont on retire les fra.i:;ments pur une ouverture étroite. Ainsi préparé, le caoutchouc se trouve dans le commerce sous forme de petites bouteilles; il est assez semblable à du cuir, d'une couleur brune ou rousse, solide, tenace et d'une grande élasticité ; il est sans odeur, sans saveur, inaltérable à l'air, insoluble dans l'eau, mais s'y laissant un peu ramollir lorsqu'elle est bouillante. Ces propriétés l'ont lait employer utilement dans la fabrication de divers instrunienls de chirurgie. On est parvenu à dissoudre facilement le caoutchouc, soit avec de léther sulluritpie, soit avec une liqueur analogue au naphte ou au pétrole, et à l'aide de cette solution, on en enduit des étoffes pour les rendre tout à fait im|)erméables à l'humidité.

Cap (d'un mot latin qui signifie fête). Terme de géographie servant à désigner les pointes de terre qui s'avancent dans la mer, au-delà des terres contiguës. Tels sont les caps Nord, Finistère, de Roca, Spartiento et Matapan, en Europe; Sévéro-Vostotchnii, Oriental ,Lopatka, Remania, Comorin et Ros-el-Gad, en Asie; Serrât, Spartel, RIanc, Lopez, de Ronne-Espérance etd'Orfin, en Afrique; de Wilson, d'York et de Leeuwin, dans l'Australie; de Glau, de Saint-Luc, Aguja, Horn, Charles et Flarewell , en Amérique (v. Promontoire). — Ce mot sert aussi à désigner une partie des agrès et apparaux des vaisseaux. Dans les arsenaux maritimes, on appelle cap une escouade d'ouvriers ou le chef qui les conduit : dans les bagnes , on donne ce nom à l'homme libre chargé de faire travailler les forçats. Chez les marchands de draps, le mot cap est employé pour désigner une pièce d'étoflé qui est entière et à hupiclle on n'a pas encore touché.

Cap de Bonne-Espérance (v. Boniie-Espérance).

Cap (\ins du). Ils sont le produit de la colonie anglaise du cap de Ronne-Espérance. Ce furent les protestants français, chassés par la révocation de l'édit de Nantes, cjui eurent l'idée de tirer des plants de vignes des Ijons crus de France et de les naturaliser dans cette colonie, où les Hollandais leur avaient accordé un asile. Ces plants produisirent de bons vins , parmi lesquels on recherche surtout celui de Constance , ainsi nommé d'une ferme à peu de dislance de la ville du Cap. Si l'on en excepte l'Angleterre, l'Europe consomme l)eu de ces vins africains , et à peine les connaît-on en France.

Capacité, vient d'un mot latin qui signifie prendre, ce qui supj)ose aussi la possibilité de recevoir et de contenir : c'est pour cela qu'on dit la capacité d'un vase, d'une mesure de contenance, pour exprimer ce qu'elle peut contenir. — Au moral, la capacité se prend

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