‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnesChapitre 7 sur 59 · I5UI. — U — BOL · texte numérisé non relu

I5UI. — U — BOL

l'atitro, suit |)ai" \ice de foiilormation prcinièrc, suit par lelfet d'une nuiladie, d'un accident ou de queUiue infirmité de la vieillesse (v. CIdudicalion).

Bol, nicdicanienl interne, ruinpos,'» de poudres, de sirops, d'extraits, etc., dont le mélange est un i)eu plusconsistant ([ue du miel, plus volumineux et plus mou (pie la pilule. — En minéralogie on appelle hul ou terre holairc une argile ocreuse flont la médecine se servait autrefois, et dont la plus renonnnée était tirée de l'Arménie.

Boléro , air espagnol ((ui sert à la fois de chanson et d'air de danse. On chante ordinairement un boléro avec accompagnement de guitare. Le nombre des boléros est très-varié.

Boleslas. Six ducs ou rois de Pologne ont porté ce nom : — Holeslas /'^'■^ surnommé le Grand, né en 967, mort en 1025, organisa le premier une armée régulière, s'em})ara de la Silésie , et poussa ses conquêtes juscpi'au Danube. Plus tard, la Bohème, la Moravie, et presque toute la Russie cédèrent à la puissance de ses armes. Il protégea les sciences et favorisa leur propagation. — Boleslas If, dit /(' Hardi, succéda à Casimir P'" en lOoS , vainquit les Hongrois, les Bohèmes, les Russes, et mounit en 1080. — Holeslas III, surnonmié Bouche de Travers, succéda à Wladislas en 1 102, et mourut en 11. '59, après avoir gagné 47 batailles contre ses voisins. — Boleslas IV, le Frisé, successeur de Wladislas II , en 1 149, subjugua les Prussiens, et mourut en 1173. — Boleslas V, le Chaste, régna de 1 227 à I 279, époque de sa mort. — Boleslas VI, élu roi en 1289, l'ut dépossédé par les Allemands la même année.

Bolingbrocke (Hcnri-Saint-Jean, lord vicomte de), homme d'état célèbre du xviu" siècle, né en 1C72, mort en 1751 . II fut ambassadeur en France et ministre de la guerre et des affaires étrangères sous la reine Anne Ce fut lui qui négocia et conclut le célèbre traité d'Utrecht. Il perdit ses emplois à la mort de la reine Anne, et le roi Georges I'^'" l'avait destitué, du fond même du Hanovre, avant de quitter ses états allemands pour venir s'asseoir sur le trône d'Angleterre. C'est que Bolingbrocke, dans l'exercicie du j)ouvoir. s'était fait des ennemis aussi nombreux qu'acharnés. Craignant les suites des ressentiments (lu'il a\ait excités et (pion en voulût à sa vie, il passa sur le continent. Jaopies III le prétendant, réfugié en Lorraine, l'invita à venir ly trouver et le nouniia son ministre d'état. Pendant (pielipies instants, Bolingljrocke put rêver une restauration qui lui rendrait le pouvoir et le vengerait de ses ennemis. Mais ses illusions ne tardèrent pas à se dissiper. Accusé d'être entré avec le roi Georges dans une intrigue dont le but était de lui livrer la personne lie .liuqiics 111 . celui-ci lui enlc\a la dignité qu'il lui

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avait tunl'cri't' ol le iviii[)laija par le (lue (idsiiKiiid. HoliiiL'iirtH'lvC, (pii avait repoussé les premières ouvertures du içouveriieiueiil unifiais, irrité de la dis;j;ràee dont l'avait frappé injustement le prc- Iciuhmt, entra réellement en négociations avec le roi Georges, ot promit de porter un coup décisif à la cause de Jactpies. Pour prix de cette trahison on lui permit de rentrer, vers 1723, en Angleterre, où de nouvelles persécutions l'attendaient, car il ne voulut pas s'y condamner au repos et à l'obscurité et prit au contraire une part active à la polémique de chaque jour entre les partis, au moyen de brochures qui jiroduisaient toujours une vive sensation et excitaient au plus haut degré les passions. En I73Î3, il crut prudent de se retirei' pour la seconde fois en France. Swift dit que c'était pour se jeter dans les bras du prétendant, fils de .lacques III: mais Pope réfuta cette accusation, à laquelle cependant la versatilité bien c(innue et bien éprouvée de Bolingbrocke donnait une grande vraisemblance. C'est pendant ce second séjour sur le continent (ju'il com- ]wsa ses Lettres sur létude de rhistoire admirées encore aujourd'hui au point de vue du style, mais où il fait preuve d'une haine contre le christianisme que ses écrits posthumes tirent encore mieux connaître. Le grand jury de Westminster les condamna comme contraires à la religion, aux bonnes mœurs, à la tranquillité publique et au bien de l'état. Ses Mémoires peuvent servir à l'histoire d'Angleterre. Ses autres écrits sont estimés.

Bolivar (Simon), fondateur de la république de Colombie, né en ITS'i, à Caracas, dans le nord de l'Amérique méridionale, sut profiter habilement des circonstances pour alVranchir son pays du joug des Espagnols, et fut l'ànie du grand mouvement insurrectionnel qui arracha à l'Espagne le Chili, le Pérou, etc. Élu dictateur puis président de la répubU(|ue de Colombie en 1819, il administra jusqu'en 1830; époque où il donna sa démission, qui fut acceptée. Accablé de chagrins et de dégoûts, Bolivar mourut la même année, nouvel exemple de ringralitude populaire et victime des répul)Ii([ucs qu'il avait si puissamment contribué à fonder.

Bolivia, nouvelle république de l'Amérique méridionale, doit son nom à Bolivar son fondateur. Elle est formée de l'ancien Hautl\'rou, et située à l'est de la chaîne des Andes. Elle est bornée au nord par le Pérou , au sud et au S.-E. par le Paraguay et la rél>ublique de Buénos-Ayres , au N.-E. et à l'est par le Brésil, et à loucst par les provinces ])éruviennes de Cuzco et d'Araguipa. La république de Bohvia a l,oGO kilomètres du nord au sud, et I,iOO de l'est à l'ouest; sa superficie est de 217,440 kilomètres carrés ; sa iKipulation de 1, 090.000 habitants, créoles, métis, mulâtres. 11. 3

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iK';j;res et liuliens. De luuites nioiiUignos , telles que les Cordilièrcs (l'Atacama , un grand nombre de rivières, de fertiles vallées bien cultivées, (rinimenscs ])àtnrages (|u'on nomme pampas , de vastes forêts et des déserts de I 20 à 100 kilomètres, telle est la descriplio)i sommaire tle cette contrée. Le climat en est doux et tempéré jusqu'à une élévation de 13,000 mètres, hauteur où brille encore la plus belle véiîétotion. La république de Bolivia existe depuis le 'I'''' avril 182'), jour de la victoire décisive remportée par les indépendants sur les troupes du roi d'Espagne. C'est une république démocratique, fondée sur la souveraineté du peuple; le pouvoir exécutif y est toutefois confié à un i)résident à vie. Potosi est la cai)italc de la république. En Ifill, la population de cette ville était de 160,000 habitants; aujourd'hui elle ne s'élève pas à 30,000 âmes. Ce pays abonde en métaux précieux.

Bollandistes , nom Collectif qu'on donne aux écrivains, presque tous de ro)dre des jésuites, qui ont travaillé à la collection des Actes des Sairtts , célèbre monument agiographique formant 53 volumes, et commencé par Jean Bollandus.

Bologne , délégation ou province des États-Romains, qui compte 2!)0,000 habitants. — La ville de Bologne est la capitale de cette délégation. C'est mie ville riche, remarquable par ses monuments qui se distinguent par leur architecture et leur caratère grandiose, et dont les rues, en général beaucoup trop étroites , offrent toutes des portiques ou arcades assez sombres, mais commodes pour les piétons. Elle est la résidence d'un archevêque, d'un cardinal légat^ de tribunaux de P'^' instance et de commerce. Les étrangers y admirent surtout le i>alaisCaprara, la façade et l'escalier du palais Ranuzzi, les deux tours des Asinelli et de la Gariscada, dont la première est d'une hauteur prodigieuse, et dont la seconde est inclinée au point de dévier d'environ 3 mètres de la perpendiculaire. Sa population est de 70,000 habitants. Elle est située à 310 kilomètres nord de Rome.

Bolonaise (école), l'une des plus célèbres écoles de i^einture de l'Italie, reconnaît pour fondateurs les 3 Carrache, Louis, Augustin et Annibal, qui établirent dans Bologne une académie qu'on ap- |)ela l'Académie des (^-arrache.

Bombardes , bâtiments à fond plat doublés en loris bordagcs croisés diagonalement et destinés à recevoir un mortier d'une grosseur extraordinaire, dont la charge exige jusqu'à 12 et 1!> kilogrammes de poudre. Inventées par Lepetit-Renau , au xvir siècle, pour l'atlaque des places maritimes, les bombardes ne sont plus regardées aujourd'hui comme un moyen d'action aussi puissant qu'on le pensait autrefois et l'on n'en fait plus guère usage. Le

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ranon «comble être devenu assez fort pour réduire les posilions et le^ places ipie les vaisseaux de ligne peuvent a|)procher à deniiportée du boulet.

Bombardement, du mut htiiiiht' , ai liou de buiuhaiiler une ville, une place lorte qui rebise de se rendre. Le boud)ardeuienl est une des plus terribles nécessités de la guerre. Dans le dernier bombardement d'Anvers, en IS32, plus de 25,000 l)ond)es buent lancées contre la citadelle.

Bombardier, canunnier cbargé spécialement du seivice des mortiers et des obusiers. — Dans les ports de mer on appelait autrefois bombardiers ce qu'on nomme aujourd'ui les compagnies d'élite de l'artillerie de marine.

Bombasin OU bombasinc , futaine double et croisée, espèce de basin fait de fil et de coton croisés. C'est aussi le nom d'une étcH'e de soie dont la fabrication a passé de Milan dans ([uelques villes de France. Dans ces derniers temps cette dénomination a été aussi tlonnée à diverses étotïes nouvelles tissées en soie , en laine ou en coton.

Bombay, petite île de l'océan Indien , sur la côte occidentale de rindoustan. — La ville bâtie dans cette îl**, dont elle porte le nom, et (}ui est jointe au continent par une cbaussée construite par les Anglais , est le chef-lieu de la 3" présidence de la compagnie anglaise des bides. Cette présidence se compose de Bombay, des provinces de Guzarats et d'Adjemir, de la ville de Surate et de quelques îles. Bombay compte 1(30,000 habitants, et la présidence entière, 10,000,000.

Bombe , projectile de guerre consistant en un globe creux qu'on remplit de poudre pour le faire éclater. Il a de 2i à 28 centimètres de diamètre et pèse de 20 à 50 kilogrammes. On le lance avec un mortier. Il se coule de la même manière et avec le même métal (la fonte) que les obus et les grenades, dans un moule de sable lin tamisé : les bombes sont garnies d'anses pour les Bomb,'. transporter. On nonniie o'il ou hunicre l'ouverture par laquelle on les charge de poudre : elles sont destinées à s'enfoncer dans le but, comme les boulets à le frapper, et elles ont de plus en éclatant l'avantage de produire de grands dégâts et d'incendier. Pour les mortiers (v.) de 1 2", les bombes sont de 70 kilog. , chargées de 5,467 de poudre ; pour ceux de 10°. elles sont de 49,50 kilog., chargées de 2,84 de poudre, et enfin pour ceux de 8", de 2 1 ,75kilog. , contenant 1,50 de poudre. Ce fut en l'année 16.35 qu'on fit pour la première fois en France usage de bombes. — En pyrotechnie,

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(in nppollo honilto im ivci|»ioiit circulaire qu'on remplit d'une garniture (le serpenteaux, de marrons, et plus souvent trétoilesbiaiicliesou d étoiles à pluies | d'or : elle se lance en l'air connue une bombe d'artillerie avec un mortier : les bombes ht- Uomhr iVdrOjic niiiH'uscs sont les préct^'denles enduites d'une pâte qui les fait ressembler à une boule de feu, jusqu'au moment où elles (!^clatent.

Bombyoe (d'un mot gre:\ bombyx, employé par Aristote pour

^,,,,^..^~.^-^..,^.,^ ,^^ ^^ désigner tout insecte bourdonnant ), /C '' 'LI^jJjVj ■ I 1^'^- ^f"''6 d'insectes de l'ordre des lé- ^"'"^"^''-''^'''^^^^^''''^^^ pidoptéres, qui renferme le papilnombi/ce {ver à aoir). i,jn (Je nuit OU phciUhw (v.) et le ver

à soie. Le bombyce du mùner, ou ver à soie proprement dit, est oriiiinaire d'Asie.

Bonace , SB dit sur mer de l'intervalle de beau temps avant on après l'orage, de l'état de l'Océan quand le vent est abattu ou a cessé, quand le ciel est serein et que les flots sont tranquilles.

Bonaparte (maison des). Ce nom s'écrit inditféremment Bonajiarlt' ou Buoitapurlc. Cette dernière manière était plus conforme à l'orthographe italieime; Napoléon, lorsqu'il n'était encore que simple ollicier, ne signait pas autrement. Plus tard, pour franciser davantage son nom, il signa Bonaparte. — Cette famille joue un rôle distingué dans les annales de l'Italie. A Trévise, elle fut long-temps puissante; à Florence, de vieux palais, d'antiques monuments sont restés chargés de ses écussons et de ses noms, ce ([ui prouve qu'elle a compté parmi les illustrations de cette belle cité; à Venise, son nom ligure dans le célèbre livre d'or. Des documents authentiques démontrent qu'elle s'allia à la maison d'Esté, Welf ou Guelf, tige primitive de la maison allemande (pii règne aujourd'hui dans la Grande- Bretagne. La mère du pape Paul V ou Nicolas V était une Bonaparte. Comme tant d'autres grandes familles du moyen âge elle fut victime des trouljles et des révolutions (jui désolèrent l'Italie à cette époque. Les factions exclurent de Florence les Bonaparte; et l'un d'eux, après s'être d'abord réfugié à Sarzane, finit par passer en Corse, d'où ses descendants, pour entretenir toujours les liens de la parenté, continuèrent à en\oyer un de leiu-s enfants en Toscane, à la branche de la maison restée à San-Miniato. Depuis plusieurs générations, le second des enfants de la famille a constamment porté le nom de Napoléon qu'elle tenait d'un Napoléon des Ursins, célèbre parmi les guerriers de l'Italie. Du reste, Bonaparte, qui avait déjà gagné la bataille de Marengo et qui préparait le Code civil, loin de se targuer (|(> celte ilhwtn^ oriiTinc i\\\c des courtisans

lui rappolaioiit dans l'cspoii' de lladof >a \aniU'', n''|H)iidail avoc "iii lion sons admiiablo qui' (ont cola ôtail parraitonionl ridicido , ot (juo sa nohiosso à hii iir ddtait (iw de Moutnioltc et du 18 hnuiutin'-. Loi'S dos i'ôlos nia;4niru]uos (pii ouront lion à Drosdo on 1812, l'omperenr d'Antiiohe François 11 lui rappelant coniplaisainniont los diffôrents titros (pie nous venons d'onumérer, Na[)oléoii répondit en souriant qu'il n'y attaohait pas lo nioiiulre prix, mais cpi'il tenait au contraire à être le Rotlolplio de Uabshoiu-i; de sa famille. — Pour nous autres Français, cette famille ne commence donc véritablement i[u"au pore et à la mère de l'empereur. — Charles Bonaparte, père de Napoléon, avait été lié d'amitié et de sentiments patrioticpies avec le célèbre Paoli, qu'il voulut suivre dans son émipjration. Il mourut à îMontpellier, d'un squirre à l'estomac. Sa femme, Lœtitia Kamolino, femme d'un caractère fier et énergique, partagea tous les périls de son mari dans les guerres de la Corse; elle l'accompagnait souvent à cheval dans ses expéditions militaires. Elle est morte à Rome , en 1836 , âgée de 86 ans. Sons le règne de son fils, elle avait porté le titre de Madame impératrice-mère. 1 3 enfants sont issus du mariage de Charles Bonapailo et de Lœtitia Ramolino ; 8 seulement survécurent, 5 garçons et 3 tilles. Ce sont, par ordre de primogéniture, Joseph , qui a été successivement roi de Naples et d'Espagne; Napoléon, qui fut empereur et roi, et dont nous aurons à reparler plus tard (v. Napoléon); Lucien, qui ne voulut recevoir aucun litre de son frère et accepta du pape celui de prince de Canine; Louis, qui fut roi de Hollande ; Jérôme , en faveur de qui on érigea le royaume de Westphalie; Élisa, l'aînée des filles, qui fut grande-duchesse de Toscane; Caroline, épouse de Murât, (jui fut reine de Naples; et Pauline, veuve du général Leclerc et mariée en secondes noces au prince romain Borghése.

Bonaventure (Saint), cardinal, général do l'ordre des frères mi- • neurs, né en 1221, mort en 1274, canonisé en 1482. 11 se nommait Jean de Fidenza, du nom de son père. Saint François-d'Assises, qui le rencontra un jour et qui prévoyait ce ([u'il deviendrait dans la suite, s'écria : 0 l'heureuse rencontre! o buona rentura! Le nom lui en resta. On lui avait donné le surnom do docteur séraphique. Ses ouvrages l'ont fait placer au nombre dos Pères de l'église.

Bonbons, préparations de sucre, aussi nombreuses que variées, faites par le confiseur. Il en est des bonbons comme des meilleures choses, il ne faut point en abuser. On ne prend pas impunément les sucreries avec excès ; elles provoquent dans la bouche un goût pâteux, une chaleur incommode; elles excitent la soif et même quel- ([iiefois une sensation péniiili^ dans l'eslomac. On peut hardiment

IION — SO — BON

(lire (iircllcs sont la eaiisc des trois quarts des indigestions qu'on remarque ehcz les enfants.

Bone \en aral)e IkM cl Aneb), ville niaritinie de l'Algérie, sale et mal liàtie, mais dont le port est vaste et commode. Conslruile au pied dun mamelon dont la pente se termine près du rivage en falaises esrarpées, elle est entourée d'une muraille de 10 mètres de liauteur. On remarque dans ses environs les ruines iVlIippone, siège épisropal (iu"ocru[)a saint Augustin.

Bonn, jolie ville du cercle prussien de Cologne, autrefois résidence des électeurs de Cologne, bâtie sur la rive gauche du Rhin. Siège d'une célèbre université qui compte plus de oO professeurs et agrégés , et que fréquentent environ 1 ,000 étudiants. Population , 15,000 àmcs dont 200 familles juives qui habitent une rue particulière.

Bonheur, nom que les hommes ont donné à une situation, à une manière d'être , qui n'est pas réalisable sur la terre , où toutes les existences sont mêlées de plus de maux (|ue de biens. D'après l'idée qu'on s'en fait vulgairement, le bonheur serait un plaisir aussi vif que sans mélange et dont rien ne saurait enlever ni altérer la jouissance. Mais un pareil Ijonheur n'est point fait pour l'homme ici-bas; il doit être, dans une autre vie, la couronne de son immortalité. On ne saurait au reste en donner une définition qui satisfasse toutes les intelligences, car il varie comme les goûts et les esprits; et rien ne serait plus difficile que de rendre toutes les nuances de pensées que renferme pour chacun le mot bonheur. N'essayons donc pas une définition inipossible et bornons-nous à marquer ici la différence qui existe entre les mots bonheur et félicité. Notre bonheur brille aux yeux delà foule, notre félicité se fait sentir à nous seuls et nous donne toujours de la satisfaction. On peut être dans un état de bonheur (car ce mot implique pom' la foule un homme riche des biens de la fortune) sans être dans un élat de félicité. Ces contradictions proviermcnt de ce que les choses extérieures servent au bonheur de l'homme, tandis que c'est lui-même qui doit faire sa félicité. Le bonheur, en un mot, est pour les riches, et la félicité pour les sages. Le bonheur est souvent attribué au hasard ; c'est une cause secrète et inconnue à laciuelle on impute une suite de prospérités (lue l'on n'avait point travaillé à faire naître et auxquelles on ne pouvait pas s'attendre. — Bonheur se dit également du mal qu'on évite et du bien qui nous arrive. On dit tous les jours d'un homme qui est guéri d'une maladie désespérée : Il a eu le bonheur d'échapper. — Il ne peut y avoir de bonheur constant. Toute une vie ne saurait être exempte de revers. Telle personne est éprouvée par l'ai!-

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versité duranl ses premières années ; telle antre snbil eellc épreuve, bien plus pénible alors, à l'âge débile de la vieillesse. Il en est beaucoup dautres dont l'existence est un enchaînement de maux. Ceuxlà même que l'on croit en possession du bonheur n'en ont cjuc l'apparence. Conclusiun. (}uel(;ue heureux que soient les é\énements (|ui nous arri\ eut , (luelle que soit notre prospérité , eussionsnous en noire possession les plaisirs les [)lus variés, les richesses les |)lus solides, les succès les plus llalleurs, tout cela ne serait pas encore le bonheur, si nous n'avions pas en même temps la paix de la conscience que procure seule la vertu.

Bonhomie, nuance de caractère qui, toute tine et délicate (pi'elle paraisse, se compose et résulte d'un certain nombre de qualités morales dont la réunion lui est nécessaire. Ce n'est point de la bonté, ni de la douceur, ni de la simplicité, ni de la naïveté, ni de la bonne foi , ni de la franchise ; c'est tout cela à la fois. On peut être bon sans bonhomie , tandis que la bonhomie implique toujours une certaine disposition à la bienveillance. La bonhomie c'est La Fontaine, ty|)e admirable de bonne foi, de tendresse na'ive, de spirituelle franchise : c'est La Fontaine prenant parti pour Fuuquet disgracié contre Colbert et Louis XIV; rencontrant M. d'Hervart qui lui offrait de venir loger chez lui après la mort de madame de La Sablière sa bienfaitrice, et lui répondant : J'y allais; enïm écrivant ses fables où brille tant d'amabilité sans prétention, tant de finesse sans recherche, tant de grâce sans atieterie, avec un sentiment si tendre, .si bienveillant, si vrai, avec tant de candeur, de franchise et d'abandon.

Boniface (saint), dont le véritable nom était Winfred qu'il changea plus tard contre celui de Boniface , nacput en Angleterre dans le De^ onshire vers l'an 680 , et fut surnommé l'apôtre de l'Allemagne. 11 alla prêcher l'Évangile dans la Frise et en Thuringe, devint archevêque de Mayence et mourut en 775. — Ce nom a été encoie poité par différents autres saints personnages, comme saint Boniface de Tarse au n" siècle, un évèque de Carthage au y siècle, et un évêque de Ferents vers le milieu du m" siècle. Enfin, il appartient à 9 papes qui ont occupé la chaire de saint Pierre. Boniface /*•'■ fut élu pape en 418, en remplacement de Zosime ; Eulalius, archidiacre protégé par le préfet Symmaque, avait été irrégulièrement élu dans le même temps. Un schisme allait peut être éclater. Ilonorius déféra l'élection au concile de Ravenne, qui décida en faveiu' de Boniface. Resté paisible possesseur du saint-siége, il gouverna sagement l'église et mourut en 422. Boniface //, élu en 530, succéda à Félix IV. Gouverné par le diacre Vigile, (|ui convoitait la

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pnpniilé, il iil toiil iioiir In lui as^iiior à sa mort qui ariiva on ',\^2. Une cunveiilion coiiliaire aux canons, et arracliée à la faiblesse des évi^ques niétr(i|»olitains pour faire élire Vii^ile à sa place, fut cassée après quelcpit's délais et (pielques hésitations par les prêtres de lloine. Uoniface III, prêtre romain élu en 607, mourut dans l'année même de son exaltation. Buniface IV, fils d'un médecin appelé Jean , succéda au précédent en 608 , après une vacance du trône pontifical qui avait duré ])lus de 9 mois. C'est lui qui convertit le Panthéon romain en é2;lise sous le nom de Notre-Dame-de-la-Roionde; il mourut le 7 mai 615, et fut canonisé. Boni face V, Napolitain, consacré le 23 décembre 619, mourut le 22 octobre 625. Il contribua beaucoup à propaççer la religion du Christ dans la Grande- Bretagne, lionifncc VI. prêtre romain, fut élu le 16 décembre 896, après la mort du pape Formose, et mourut subitement 15 jours après son élection. Uoniface VII . élu en 97 i, du vivant même de Benoît VI, n'en est pas moins, malgré son intrusion, compté parmi les papes légitimes. 11 mourut subitement, en 985. Son cadavre fut mutilé, percé de coups de lance et exposé tout nu devant la statue de Constantin. Boniface VIII (Benoît Cajetan), d'abord chanoine de Paris , puis notaire du pape à Rome , cardinal de la création de Martin IV, légat en Suède et en Portugal , monta sur la chaire de St-Pierre en 1294, par suite de l'abdication de Célestin V qu'on l'accusa d'avoir provoquée. Son installation se fit avec une pompe et une magnificence dont on n'avait point encore eu d'exemple , et on suppose que c'est dans cette cérémonie que, le premier, il se ser\it de la triple couronne appelée triregno. On a dit de lui qu'il était monté sur le trône pontifical comme un renard , qu'il avait régné comme un lion , et qu'il était mort comme un chien. 11 est possible qu'on ait exagéré ses vices, mais il est incontestable qu'il en avait beaucoup, et de très-graves. Ses principes, en matière d'autorité, ont été repousses par Téglise gallicane. Bossuet n'a pas craint de dire que dans la bulle Cnam sanctam il a avancé un grand nondjre d'erieurs intolérables plus propres à ébranler la foi i|u"à l'allèrmir. Il relève dans une autre occasion les excès, les hérésies, les impiétés, les falsifications et les abus de rÉcritiire sainte dont ses autres bulles sont remplies. Ce pape , au total peu digne de la tiare, mourut d'une fièvre lente, le M octobre 1303. Boniface IX, Napolitain, élu le 2 novembre 1389, après la mort d'Urbain VI, mourut en liOi. C'est lui qui établit les annotes [v.), que d'antres attribuent à Boniface Vlll. Sa mémoire n'est point non plus de celles qui sont restées chères à l'église; mais il ne faut pas oublier que nous ne jugeons ici (|ue l'homme, que le prince souve-

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iniii . tandis t|iio lo ponlifo, en tant f|iio i(»prt'sontnnl l'ôiilisc de .1. -('.., ileniiMiiv lobjol de nos resporis, ol cjuc nous nous inclinons dt'\;nil les décisions (|u"il a pu rendre en maliére de foi.

Bonite, poisson du j;enre des sco/uftms, c'est-à-dire du niaquc^reau. l/espéce à laqu(>lle les relations et voyai^es sur nier ont donné une certaine célébrité abonde entre les tropiques, et se plaît, dit-on. à suivre les vaisseaux.

Bonne-Espérance icap de), promontoire situé à re.xtrémilé de la partie méridionalexle r.\frii[ue, découvert, en 1 487, par Barthélémy i)iaz, naviiiateur portu;.;ais, qui le nomma d'abord cap des Tempe tes. Jean II , roi de Portugal , changea ce premier nom en celu i de cap de Bonne-Es})érance, parce qu'il crut alors avoir enfin trouvé le passage aux Indes si long-temps désiré. L'honneur de le doubler était réservé à Yasco deGama,qui, en 1197, entra le premier avec des vaisseaux eurofiéens dans l'océan Indien. Toutefois les Portugais n"y formèrent aucun établissement. Ce ne fut qu'en 1 651) que les Hollandais y fondèrent une colonie qu'ils conservèrent jusqu'en '1795, épo(|ue à laquelle les Anglais s'en emparèrent mais pour la leur restituer après le traité d'Amiens ; tombée de nouveau en leur pouvoir en 1806, la possession leur en a été assurée par le congrès de Vienne en 1815. Le territoire du cap de Bonne-Espérance est d'une grande étendue; il a 1,100 kilomètres de long sur une largeur cpii varie de 250 kilomètres à 650. Sa superficie est évaluée à 75,000 kilomètres. 11 est borné au nord par le pays de.s Hottentots, au nord-est et à l'est par la Cafrerie, à l'ouest par l'océan Atlanti([ue. et au sud par l'océan Indien. Sa population est d'environ 125,000 âmes. Cette contrée est divisée en 7 districts. Sa capitale est la ville du Cap, qui compte environ 20,000 habitants. Les vins du Cap, qui proviennent de vignes dont les premiers plans, originaires des vignobles de la Bourgogne , ont été importés au ww siècle par les Hollandais, sont des plus renommés du globe. La langue hollandaise est d'un usage général dans toute la colonie. Cependant l'anglais commence à y être parlé aussi, surfout dans la ville du Cap.

Bonnetier, artisan qui fabrique des bonnets, des bas, des chaussons, des tricots, soit en coton, soit en laine. On donne aussi le nom de bonnetier au marchand qui vend ces divers objets. Avant 4a révolution, le cor[)s des marchands-bonnetiers, en France, était le cinquième des six corps des marchands de Paris.

Bonnets (faction des), nom d'une faction cpii se forma en 1738 an sein de la diète suédoise, et qui, en opposition à celle des chajii'au.v dévouée à la France, recherchait l'appui de In cour d(> Bus-

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