‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnesChapitre 9 sur 59 · BON — 35 — BON · texte numérisé non relu

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un jii;iLMiionl droit ot imparli;)! sur luus les laits que nous a\oiis |)u fonuaîtro sans le secours lie la scieiifO. L'esprit le plus lin cl le plus (lélié, rinuvj:ination la plus rielic cl la plus l)rillante, le jiénie nièuie le plus fécond et le plus vigoureux, échouent bien souvent faute de ])Ou\oir s'appuyer sur le bon sens. Le bon sens n'a d'ailleurs rien (pii éi>louisse : son allure est aussi simple (jue modeste ; il n'occupe point de lui , mais il s'occupe de diriger convenablenienl tout ce qui se trouve en rapport avec lui. La science s'enorgueillit beaucoup de ses travaux , de ses découvertes , de ses expériences, mais c'est le bon sens qui guide la marche du savant, qui observe, qui rectifie, qui compare; en un mot, qui préside à toutes les opérations couronnées du succès. Que le bon sens soit de moins dans une expérience de physique, dans la composition d'un livre, dans la construction d'un édifice, dans le moindre travail demandant quelque combinaison , vous verrez les erreurs succéder aux erreurs , vous discernerez des étrangetés, des anomalies, des puérilités. Tel homme laissera échapper par intervalles des éclairs de génie, qui sera incapable de faire un bon ouvrage, parce que le modeste l)on sens lui manque. 11 semble qu'on exige dans les enfants plutôt de l'esprit que du bo7i sens. Cela ne tiendrait-il pas à ce que le bon sens suppose de l'expérience"? Le bon sens, d'ailleurs, et le bon goût ne sont souvent qu'une même chose. Le bon goût lui aussi voit ce ([ui est bon et l'approuve. Seulement, le bon sens s'exerce ordinairement sur des choses plus communes , plus matérielles , tandis que le bon goût s'attache à des objets d'un ordre plus relevé. Le bon sens est ce qui supplée à la science pour le commiui des hommes. — Il y a des nuances légères entre le bon sens et la raison, aussi bien iiuenlre le bon sens et le jugement. La raison et le jugement s'appliquent, se bornent même à la spéculation, à la théorie, tandis (lue le bon sens s'exerce surtout dans la pratique. — On dit qu'une personne agit et parle avec bon sens, ([u'elle s'est conduite a\ec bon sens dans une affaire ; et c'est là, chose singulière, un fort médiocre éloge. Appliquer au contraire à quelqu'un l'épithéte d'homme de sens, c'est lui donner un éloge qu'acceptent toutes les vanités.

Bonté, noble sentiment de l'àme qui nous dispose a vouloir et à faire le bien de tous les êtres sensibles qui sont en rapport avec nous. C'est une des qualités qu'il est le plus difiicile à l'hypocrite de feindre. Le méchant qui veut se cacher sous le masque de la bonté n'est pas long-temps sans se trahir; comment pourrait-il en effet soutenir (onslamment, et avec tout le monde, un rôle qui exige do la complaisance, de l'indulgence, de l'aménité, de la bienfaisance? . Or la base de toutes ces \ertus, c'est la bonté. Mais celui-là scid

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mérite lo titiv do buii, (|iii s;iil s'anner ù |)roj)os de rié\ériLé cuiiUe le vice; aulrenicnl la boulé n'est plus qu'une faiblesse ou une paresse de la volonté. Des Grecs louaient devant un roi de Lacédémone l'extrême bonté de ("liarilails son collé!j;ue : « Eh ! comment serait-il bon , leur dit-il , b'il ne sait pas être terrible aux méchants? » La bonté véritable résume toutes les affections bienveillantes, ou, i)Our mieux dire, chacune de ces affections n'est autre que la bonté elle-même qui se déploie dans des circonstances dilTérentcs, et (pii prend alors un nom particulier, selon la circonstance particulière où elle manifeste son action. Enfin, pour donner une idée de l'excellence de cet atlril)ut du monde moi'al, nous dirons que la bonté humaine semble refléter sur la terre (piehiue chose de la Divinité.

Bonzes , nom généri(|ue donné pai' les Portut;;ais aux prêtres du Japon, mais qui est inconnu aux Orientaux. Aujourd'hui on l'emploie poiu' désigner non-seulement les prêtres de cet emjiire, mais encore ceux de la Chine et de la Cochinchine.

Les bonzes , quoique divisés en plusieurs sectes, se rattachent tous à la religion fondée par Xaca, qui, au dire de plu- ^ sieurshistoriens, enapporta les dogmes de l'Egypte dans les Indes. Ils observent le célibat et il y en"a (jui vivent en communauté. Loin d'éclairer les populations, ils les abrutissent par leurs enseignements. Quelques-uns parcourent la Chine, connue de véritables mendiants, faisant des tours de saltimbanques qu'ils présentent à une populace ignorante comme autant de miracles.

Booz , fds de Salomon et de Raab, fut touché du dévouement de Ruth pour sa belle-mère Noémi, et, quoiqu'il fût alors d'un âge avancé, il épousa cette vertueuse jeune fille et en eut un fils, Obed, j)ère de Jessé et aïeid de David (v. liulh).

Bora (Catherine de), religieuse au monastère de Himptschen , rompit ses vœux avec huit autres religieuses en 1523, sortit de son couvent et se rendit à Witlemberg où, suivant les uns, elle se conduisit assez licencieusement, et de la manière la plus régulière suivant les autres. Deux ans après elle épousa Lutlier , qui avait "lui-même ([uitlé l'habit religieux l'année précédiMite et (pii, par

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ce inariago, coiisoiiuna sa niptiire a\ec ['('lilise (■atliuli(|iiL'. Elle mourut à Torgau en 1552.

Borax (motcloiit la ratiiio est arabe), substance saline Ibnnéecra- (ide buriiiue et de soude. ( >n leuiploie pour souder les métaux, pour i'aeiliter leur fusion, et appli([uer Tor et les couleurs dans la peinture sur porcelaine. La médecine l'emploie encore connue astringent. On le trouve à l'état brut dans les lacs ou sur leurs bords, en Perse, en Tartarie, en Transylvanie, en Toscane et en Saxe.

Bord (d'un mot latin ayant la même signification) , ce qui borde une chose et la termine : le bord de la mer, d'une fontaine, d'un précipice. Il s'emploie aussi au figuré. Pour exprimer qu'un homme est dans un danger imminent, on dit qu il est au bord de l'abîme. — En marine , le mot bord signifie le plus généralement le navire considéré comme le domicile des marins. Se rendre à bord, quitter le bord, rester à bord sont des expressions consacrées pour les honmies de mer.

Bordage , terme de marine qui sert de nom aux planches dont sont couverts extérieurement les côtes ou les membres d'un na\ire. Le bordage doit avoir une épaisseur de 1 mètre à I mèti-e 33 centimètres au-dessus de la llottaison.

Bordeaux, ancienne capitale de la Guyenne, chef-lieu du département de la Gironde, à 496 kilomètres de Paris, l'une des princi- Itales places de commerce de l'Europe , est une des plus anticpies cités de la France. Elle a un port inagnifi(iue qui reçoit les bâtiments du plus fort tonnage, des édifices publics d'une grande beauté, des quais admirables , de beaux chantiers de construction , une foule d'établissements publics et i)articidiers. Siège d'un archevêché, elle a une banque, un collège royal, des écoles de médecine, de botanique, de peinture, de commerce, d'hydrographie, et plusieurs sociétés savantes. Sa population s'élève à près de 100,000 âmes. Cette belle cité est la patrie d'Ausone, de INFontaigne, de Bercpiin. Elle est l'entrepôt des denrées coloniales nécessaires à la consommation d'une partie de la France méridionale et centrale. Ou y voit des fabriques de cordage, de résine, de goudron, de barriques, des raffineries de sucre, des manid'acturcs d'indiennes, des chapelleries et des teintureries. Le principal aliment de son commerce est l'exploitation des vins du territoire bordelais si célèbres sous la dénomination de vins de Bordeaux. Le seul arrondissement de Bordeaux en livre annuellement au commerce 775,200 hectolitres. Il ne faut pas oublier ses liqueurs, son anisette, qui sont si renommées, ni les eaux-de-vie de Cognac et d'Armagnac, (pii sont aussi pour ses négociants l'objet d'exportations considérables.

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Bordée , Icrim," (le niariue qui si;j;iiilio laiitùl la ruiilo Iciiul' par un \ aisseau au j)ius près du vcul, tantôt la déchars^e de toute l'artillerie (1 un (les (ùtés du navire.

Bordereau, mémoire en plusii.Mns articles l'ormant une somme. — Un bordereau à vue est l'extrait d'un comijte qui se paye à vue connue ww billet échu.

Bordeu (Tliéopliile), célèbre médecin, né à Isesle en Béarn le 22 lé\iier 1722, moit le 28 novembre 177G. Il a laissé plusieurs ou\raj;es qui, outre leur mérite médical ([ui est très-;j;rand, ollrent beaucoup de traits d'esprit, d'à-propos et de saillies. Il avait été médecin de l'iiùpital de la Charité.

Bore, corps .simple, éléinentaire et non métallique, sans saveur et sans odeur, insoluble dans l'eau comme dans l'alcool. On ne le rencontre dans la nature qu'à l'état de combinaison, comme radical de l'acide borique. Il a été découvert en 1809 par MM. Gay-Lussac et Thénard.

Borée (mvth.), vent du uoi-d que les anciens avaient divinisé. Il était représenté avec des ailes et des cheveux. Les Athéniens célébraient en Sun honneur des fêtes appelées lioréasines.

Boréal, adjectif (jui désii;i)e tout ce qui a rapport au nord, n'est plus guère employé en prose autrement que coinme joint au mot aurore (\ .). Le mot septentrional, (jui a la môme signification, est plus généralement usité.

Borghèse, ancieime famille romaine, originaire de Sienne, occupa 'long-temps les premières places de cette ré[)ubli(iue.Elle dut un plus grand lustre encore au pape Paul V, qui en était issu et ([ui combla ses parents de richesses et d'honneurs (de I (105 à \ 620). Il donna à un de ses neveux, Marc-Antoine Borghèse, la principauté de Salmone nvec 1 00,000 écus de revenu, (^est de ce dernier que descend la lamille riche et puissante dont les palais font aujourd'hui l'ornement de Rome. — Borghèse ((Camille), fils de Marc-Antoine, né en 1773, épousa la princesse Pauline, sœur de Napoléon, fut nommé duc de Guastalla , et gou\ erneur-général des départements au-delà des Alpes. Les événements de 1814 lui firent perdre cette iwsition; il se retira à Florence, où il vécut (lei)uis dans une profonde retraite. Il est mort a Rome en I8'i i .

Borgia (famille des). Son chef, Alphonse Borgia, fut cardinal et plus lard , i-n M:>j, papo sous le nom de ('alixle III. Son neveu , pape aussi sous le nom iV Alexandre VI (v.), s'est rendu fameux p.ar le scandale de ses mœurs et de sa conduite, qui n'ont pas peu ciiiilribué a \erser sur la noblesse et le clergé de lltalie un vernis de mé[)ris et de haine dont la religion et l'église en général ont

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inallieuroiisonuMit ^oullert. Oiit'l(|iioso>l)rils taux et siipoiliciels, inai?r pleins de passions el de pIrj^llit■'^ anti-reliiiieiix, ont en effet de tous temps prétendu faire rejaillir sur la religion la responsabilité des \ ices et des crimes des hommes qui, admis au nombre de ses ministres, oublient les devoirs sacrés qu'elle leur impose, et souillent le saint caractère dont elle les a revêtus. Le protestantisme et le philosupliisme ont donc exploité à l'envi contre la doctrine catholique la mémoire des forfaits des Borgia avec un acharnement d'aussi mauvaise foi qu'il était inutile, car ces forfaits n'ont pas eu de juge plus inevorahlemont sévère que l'église. — César Borgia, duc de Valenlinois, second lils d'Alexandre VI , né vers I i-'iT, fut cardinal, puis se maria avec Charlotte dAlbret. Cruel, fourbe, cupide et de muMM-s dissolues, il a laissé une mémoire exécrée. Ce prélat indigne périt en loi. '3 d un coup de feu devant le château de Viane.

Borique (acide), substance nommée autrefois s?/ sédatif de Kernbcrg, nom qui indiquait et le chimiste qui lavait fait connaître et les propriétés médicales dont on le supposait doué. On le prépare artiliciellement; mais on le trouve à l'état naturel dans certaines localités de la Toscane, au milieu de masses boueuses. L'acide borique, qui se dissout dans l'alcool et en colore la tlamme en vert, est employé dans quelques verreries, dans la fabrication du strass (v.), et surtout dans celle du burax (v.).

Borgne , celui ou celle qui est privé d'un œil , c|ui ne voit que d'un d'il. On nomme borgnes, en anatomie , certains conduits disposés en sac, comme le trou borgne de los frontal. — Eu chirurgie, il y a des fistules borgnes. — Un lieu obscur et mal éclairé reçoit quelquefois par extension la qualiiicalion de borgne : un cabaret borgne.

Borne, bornage. Oii entend par bornes ce qui maniue les limites d'une chose. Ordinairement, une borne est une pierre placée entre deux champs pour marquer où l'un finit et où l'autre commence. — Le bornage est l'action de poser les bornes. Le bornage se fait à frais communs: la vérification du bornage reste à la charge de celui qui la provoqué.

Bornéo, lie du Grand-Océan . située sous l'éciuateur, au sud de l'Asie, au S.O. des îles Philippines, au nord de Java, et d'une superficie de 160,000 kilomètres carrés. Son nom lui a été imposé, vers 1530, par les Hollandais, mais les naturels l'appellent Kalemantan. C'est après la Nouvelle-Hollande la plus considérable des îles connues. Sa longueur totale est d'environ 1,260 kilomètres, et sa largeur varie de IHo à I.OOO kilomètres. Cette iiiande laiiïeur

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:i t>in|H'(li(,' les Uiiropécns d'en explorer les parties centrales, el rinsaliilirilc du climat les a t''loiii;nés des côtes; aussi la géographie (le Bornéo n'est-elle qu'inii)arfaiteinent connue. On évalue sa population à 4,000,000 habitants. La côte septentrionale de l'île est la plus riche, la plus l'erlile et la moins insalubre. On y cultive le riz, les ignames, le bétel, tous les arbres fruitiers des Indes, et surtout le camphrier, qui y croit dans toute sa perfection. Aussi le cam- |)hre de Bornéo vaut-il 12,000 fr. les 50 kilog.; tandis que celui de Sumatra n'en vaut que 8,000, et celui du Japon moins encore. Les élats (|ui se trouvent le long des côtes sont en partie vassaux des Hollandais, et en partie indépendants. Plusieurs nations européennes ont long-temps essayé vainement de s'établir sur les côtes de Bornéo ; les indigènes ont constamment chassé et massacré ces étrangers. Plus heureux, les Hollandais, dont un premier établissement, tenté en 1643 dans ces parages, avait échoué, y ont reparu vers 1748, et ont réussi à nouer avec les naturels des relations commerciales qui sont, avec le temps, devenues d'une haute importance, ils exercent aujourd'hui une suprématie réelle sur plus de la moitié de cette île.

Bornou, royaume d'Afrique, situé entre le 10^ et le IS"^ degré de latitude septentrionale, et entre le l" et le IS'^ degré de longitude orientale , n'est guère connu que depuis un voyage qu'y a exécuté le major anglais Denham. On l'appelle encore Soudan- Oriental. Il est borné au nord par une partie du Kanem et du désert; à l'est, par le lac Tchad, qui couvre une partie de son territoire et contient une foide d'îles habitées; au S.-E. par le royaume de L(jggoreii ; au midi par le Alandliara, royaume indépendant; à l'ouest par l'empire des Fellalahs. La chalem- y est excessive. On évalue sa population à 2,000,000 habitants ; et on y compte \ 3 villes ou cités principales, bien bâties et entourées de remparts. La capitale est Kouka, dont la population est de 40,000 âmes. Le mahométisme est la religion de ce pays.

Bornholm, île de la mer Baltique, dépendant du Danemarck, et située à 160 kilomètres de Copenhague, et à 36 seulement de la Suéde. Superficie, 1 38 kilomètres carrés. Population, 20,000 habitants. On y trouve des mines de houille qui pourraient être mieux ex[)loitées. Les habitants se livrent avec succès à l'horlogerie.

Borromée (saint Charles), né au château d'Arone, sur les bords ilu lac Majeiu', dans le Milanais, le 2 octobre 1538, mort en 1584 , était le petit neveu du pape Pie IV, (jui lui conféra la pourpre romaine à l'âge de 23 ans. Archevèciue de Milan, il mérita, par ses vertus et surtout par la charité héroïque qu'il déploya pendant la

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peste qui désulacelte ville, ks liuiiiieiirs île la canoiiisalion (IGlOj et la vénération îles hommes. On rapporte ipie pendant les 6 mois que durèrent les ravages du fléau, il ne cessa pas un seul moment de distribuer ses aumônes et ses consolations aux malheureux pestil'érés, et qu'il vendit jusqu'à son lit pour pouvoir les secourir. De bonne heure il avait abandonné ses biens à sa famille, et fait .'{ parts inégales des revenus de son arohevèclié. La plus forte était pour les pauvres, une autre poiu" l'église, et la moindre pour luimême. Ses écrits ont de l'onction et de la douceur. On y remarque '■\ I vulumes de Lettres, des Homélies, les Actes de l'église de Milan, etc. Borromées (îles\ situées dans le lac Majeur. On en compte .'] : V Isola bella; c'était autrefois un rocher que le comte Ikirromée transforma en un séjour délicieux, et où l'on voit un palais magnifi(pie, des bosquets, des jardins admirables; V Isola superiore. où se trouve un petit village habité par des pécheurs; et 17.so/a madré, ornée de beautés naturelles qui y rivalisent avec les eflbrts de l'art.

Borysthène (v. Dniepr).

Boschimans , peuples sauvages, voisins des Hottentots , dans le midi de l'Afrique. Leurs flèches sont trempées dans un poison trèssubtil. Ils ne vivent que de racines et d'insectes. Les Hollandais du (^.ap leur font la chasse comme à des bètes féroces.

Bosnie, province de la Turquie d'Europe, qui faisait autrefois l>artie de l'Illyrie, tire son nom de la Bosna, rivière qui l'arrose; elle a .360 kilomètres de long et 200 de large, et se divise en haute et basse. La Basse-Bosnie comprend les 3 Sandjiakats de Banialouka , d'Obrach et de Bosno-Serai'. La Haute-Bosnie est formée de l'Hertzegovine , de la Croatie turque et de la Dalmatie turque. Ce pays abonde en pâturages, en gibier, et fournit d'excellents bois de construction.

Bosphore (de deux mots grecs signifiant hœuf et passage), nom de deux détroits célèbres dans l'antiquité. L'un, qui porte actuellement le nom de détroit de Constantinople , réunit la mer Noire, autrefois Pont-Euxin, à la mer de Marmara, connue des anciens sous le nom de Propontide; il s'appelait Bosphore de Thrace. Ce nom lui venait de ce que la tradition voulait que la vache lo l'eût traversé à la nage. L'autre était le Bosphore Cimmérien, aujourd'hui c'est le détroit de Caffa ; il joint la mer d'Azof (Palus-Méotide) à la mer Noire. lia li kilomètres de long sur 2 de largeur. Le Bosphore Cimmérien ou détroit de CatTa sépare l'Europe de l'Asie. Son nom fie Bosphore lui v ient de ce qu'en raison de son peu de largeur un Ineuf pourrait le traverser à la nage. — Il y eut un royaume du Bosphore Cimmérien fondé vers l'an 485 av. J.-C. par Archseanax de

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Bossage

Mitylciio, cl i|iii (i('(ii|(oii la ('.liei'snn(V('-Tniiri(|iif' a'ijotirfl'liiii la Criinre. (k- royaimii' passa vers lan i.'iS av. J.-(l sous une autre flynaslie (jui eul pour elief le Tlirace Sparlacus I"^"'' dont les descendants réiinéient jus(iirà l'an 1 12 av. .I.-C, époriue oii Milhridate, mi de Pont, devint Ini-niènio souverain du Bosphore. D'autres princes inconnus dans l'histoire y régnèrent après ]\lilhridale jus- (|u'au\ iinasions des Huns.

Bossage, tenue d'architecture , nom qu'on donne en 2;énéral aux saillies qui débordent le parement pro- 2^ premenl dit d'un mur ou d'une pierre. — C'est encore une opération industrielle appartenant à l'orfèvrerie et même à la chaudronnerie, et qui consiste ù faire, au moyen du marteau, des enfoncements et des saillies formant des dessins.

Bosse. On appelle ainsi la ditïormité résultant de la déviation de la colonne vertébrale , et quelquefois de celle des os du tronc. Les jeunes personnes qui contractent de mauvaises habitudes de maintien y sont [)lus sujettes (pie les garçons. — Dans les arts un ouvrage est relevé en bosse (juand il est en relief, comme dans l'orfèvrerie, dans l'architecture. En sculpture, on donne le nom de bosse à ûq^ figures de plâtre moulées sur des statues antiques ou sur la nature elle-même.

Bossoirs OU bosseurs. Ce sont, en termes de marine, des pièces de bois au nombre de 2, placées en saillie à l'avant d'un vaisseau, (jui servent à la manœuvre des ancres, et principalement à les soutenir quand elles sont levées. La ligure ci-jointe fera aisément comprendre notre explication. Le bossoir est soutenu en dessous par une courbe en forme de console qui le lie avec le i-evers du coltis, et qui se nomme courbe de bossoir ou porte-bossoir. La saillie que forment les rouets et la poulie de capon , où passent les manœuvres, doit être suflisanle pour empêcher l'ancre Bossoir. d'cjfîenser le bordage de l'avant du vaisseau en la laissant tomber dans l'eau ou en la retirant.

Bossuet (.lacques-lJénigne), l'un des grands honnnes du siècle de Louis XIV, et des plus illustres évêques de l'église, l'orateur le plus élo(juent (|ui ait été entendu dans la chaire chrétienne, naquit à Dijon en i()27, d'une famille pailementaire, et mourut en 17 .'i. Évé(|ue de ('ondoni, Louis XIV le choisit |iour précepleur de son lils leDauphin et, à la fin de celte éducation, lui donna lévéché dCiMeaiix.

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Mombro iW la (vlobic iissiMiihlrc du clorj;!' ilo KlSi, il liil I âme cl I oracle de ce synode dérensem- des droits de l é,u;lise 'j;allicane el rciiiilaleur de l'autorilé des papes dans ses rapports avec l'autorité des rois. Soumis aux ileux puissances, et après avoir prononcé devant les évèques son sennuii sur l'unité Je l'i'nlise par letiuel il ouvrit les séances, discours admirable, éloquente prolession de i)rincipes dans lacpielle le i:rand orateur s'cil'orçait de concilier sa foi religieuse avec les e\iii;ences de la politi(iue, Bossuet rédiirea et lit adopter les (juatre célèbres propositions, sur les immunités de l'église gallicane, que le pape Innocent \1 lit, il est vrai, brûler a Rome, mais cpie l.ouis XIV i)romnlgua par un édit qu'enregistrèrent tous les parlements du royaume. Bossuet retira plus de gloire des éclatantes conversions qu'il sut opérer parmi les protestants. Mais c'est principalement comme orateur et comme écrivain que son nom passera, entouré d'une auréole de gloire, aux générations à venir. Il nous représente en effet le génie de l'éloquence chrétienne. On ne cite plus guère aujom-d'hui de Bossuet (|ue ses Oraisons funèbres et son Discours sur l'histoire universelle , qui sont, sans doute, d'inimitables chefs-d'œuvre. Mais l'immense collection de ses ouvrages renferme d'autres trésors qui ne sont pas moins précieux , quoique moins généralement connus. Ses sermons n'ont pas été appréciés à leur juste valeur. Il y en a peu d'achevés; mais les plus incomplets sont encore pleins de beautés du premier ordre. L'ouvrage intitulé La Connaissance Je Dieu et de soi-même, ses Elévations sur les mijstères, ses Méditations sur l'Evangile, sa Politique tirée de l'Écriture sainte , mettent dans tout son jour la force de son génie, qui sut embrasser tous les sujets et les traiter a\"ec une supériorité presque surhumaine. H ne faut point oublier parmi ses plus beaux trophées ses Controverses avec les ministres protestants, et l'Histoire des variations; livre peu lu par les gens du monde, mais que beaucoup d'esprits solides mettent au-dessus des autres écrits de Bossuet. On voudrait effacer de la vie si glorieuse de l'évéque de Meaux ses débats frétiuents à l'occasion du quiétisme, à la suite destiuels le tendre Fénelon fut condamné. Le zèle austère de Bossuet i)arut presque odieux à côté de la pieuse et noble soumission de l'archevêque de Cambrai. Lors(|ue La Bruyère fut reçu à l'Académie franco-aise, il termina son discours par ce magnifique éloge de Bossuet : « Que dirai-je de ce i>ersonnage... (luon admire malgré soi, qui accable par le grand nombre, par léminence de ses talents; orateur, historien, théologien, philoso[)he d'une rare érudition, d'une plus rare élocpience, soit dans ses entretiens, soit dans ses écrits, soit dans la chaire ; un défenseur

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tic la ivli|zion, une hiniii'ie df I ('i^list' ; [jaiion^ d'avance le lanirai^e de la postéi-ilé , un |)cn' de l'ci^lise! » — Bossiiet est souvent appelé {'aigle de Meaux : e\i)ression niétaphui'kiue dont le sens est facile à saisir. C'est une allusion à son £;cnie qui, semblable il Taiiiie, ce roi des airs, plane niajeslueusenienl au-tlessus de l'Iuinianité, et don! on aperçoit bien l'élévation mais sans pouvoir la mesurer.

Bostandjis, jardiniers du sérail du sultan à Constantinojjle. Ils sont au nombre de 10,000 et oi'i^anisés militairement depuis le xvir' siècle. La i;arde extérieure du sérail, celle des forêts, la police et la surveillance, telles sont leurs principales attributions. Ils sont en outre rameurs des barques du sultan et exécuteurs des hautes-œuvres. Leur chef se nonmie Bnatandyi-hachi , et son lieutenant remplit à la cour les fonctions de chambellan et de préfet de police.

Boston, ville capitale de la province du INIassachussets (États- Unis d'Ainéri((ue), située au fond d'une baie, dans une péninsule , ])Ossede un port qui offre un ex( client mouillage et peut contenir .')00 navires, lioston est unie à Cambridge et à Charlestown par 2 ponts dont l'un a 500 métrés de long. Cette ville fait un très-grand commerce ; on y voit de nombreuses manufactures. C'est la patrie de Benjamin Franklin; c'est là qu'éclata, en 1773, la révolution américaine, par un acte insurrectionnel du peuple qui jeta à la mer une cargaison de thé envoyé d'Angleterre. Deux ans plus tard l'insurrection était générale, et les Américains livraient dans la proximité de cette ville aux troupes anglaises 2 batailles qui préludèrent à l'émancipation de ces magnifiques colonies que l'Angleterre fut réduite à reconnaître en 1784, après une lutte dont on trouvera les détails à l'article États-Unis (v.). — On appelle boston un jeu de société qui se joue à i personnes avec des cartes. Il date dte 1778 et tire son nom de la ville de Boston. Ses combinaisons n'ont rien de nouveau; mais les dénominations qu'on y emploie, grande et fetiie indépendance, grande et petite misère, boston, etc., etc., semblent faire allusion à l'histoire de la révolution de l'Amérique sephMilrionale.

Botanique d'un mot grec signifiant herbe), science méthodique ([iii traite de tout ce (|ui a rapport au règne végétal. Depuis la plante prcs(nie imi)erceptible à l'oeil jus(|u'au majestueux cèdre du Liban, lout ce (luircV/r'/c est du domaine de la botanique. Hlle embrasse nonseulement la ( onnaissance des plantes, mais les moyens de parvenir a cette connaissance, soit par la voie d'un système, soit par la voie d'une méthode. La botanique peut être considérée dans ses rapports

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avec la cullure des cliamps, alors elle esl afiricole; dans ses rapports avec les aris, elle est indut^lrieUc; dans ses rapports avec la nu^decine, elle est médicah>. Les systèmes de elassilication botanique les plus célèbres sont ceux de Toitmcfort, de Linné et tle /«ss/c» (v.). On les trouvera exposés et explii[ués à l'article que nous consacrons à eliaciin de ces princes de la science. Les Égyptiens sont regardés comme les premiers qui se soient appUipiés à l'étude de la botanique ; mais il est à présumer (pi'ils ne la cultivèrent, comme les Grecs, que dans la vue d'en tirer des moyens de soulagement pour l'humanité souffrante. En etret. les plantes que l'on regardait alors comme fournissant à la médecine des remèdes certains sont les seules qui fixèrent l'attention d'IIippocrate, de Cratiras et de Tliéophraste. Ces trois auteurs grecs nous en ont donné la description. Hippocrate n'en nomme et décrit que 234 , Cratiras est entré dans de plus grands détails; et Tliéophraste nous a laissé sur les plantes 1 6 livres malheureusement fort obscurs quant aux descriptions et quant aux noms, qui ont changé depuis. Nous ne devons pas oublier de mentionner les immenses travaux d'Aristote, qui dans sa jeunesse a\ ait exercé l'art pharmaceutique , et qui s'occupa des plantes dans leur rapport avec la médecine. Les livres qu'il avait composés sur ce sujet, cités par Dioscoride, ne sont pas parvenus jusqu'à nous. Chez les Romains, il parait qu'on s'occupa de botanique après les triomphes de Lucullus et la défaite de Mithridate. Pline cite en effet les ouvrages de six botanistes de cette époque; mais on doit présumer que la science ne fit pas de grands progrès entre leurs mains. Dioscoride, qui vi\ ait dans le i"^'' siècle de l'ère chrétienne, donna plus d'attrait et d'intérêt à la botanique en faisant non-seulement l'histoire des herbes, mais encore en donnant celle des arbres et des fruits, ainsi que des sucs et des liqueurs fournis par les végétaux. A peu près à la même époque Pline et Columelle agrandissaient le domaine de la science, qui, après la chute de l'empire romain, resta dans l'oubli jusqu'au temps des Arabes. Mais leurs docteurs embrouillèrent plutôt qu'ils n'expliquèrent la botanique des anciens Grecs et Romains ; ainsi Avicenne, Averrhoès, etc., etc., furent des commentateurs plus obscurs encore que les auteurs qu'ils prétendaient expliquer. Après eux l'ignorance enveloppa l'univers de son voile épais jusqu'au xv-" siècle, épocpie où l'on recommença à s'occuper avec quelque suite de la botaniijue comme des autres sciences naturelles. Mais ce n'est guère qu'au xviii'^ siècle que s'ouvrit l'ère vraiment brillante de la botanique, celle où la taconomie créa des systèmes et des méthodes de classement des plantes, et qui s'annonça par l'apparition du système de Tournefort (v.). Désormai>

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riii^loiro (le («'Ile scionco .-^orn toiito dniis roxpoj^ilion fie ces méthodes iiiixqiielles se ratlaclieni essentielJoment et son existence et son avenir. — Un jardin hotaniqiie est un élahiissemont dans lequel on cultive des plantes de tontes les parties du monde, dans l'intérêt de la science et de l'inslniclion; tel est le Jardin des Plantes de Paris, le plus riche qu'il y ait au monde.

Botany-Bay, lieu de déportation pour les criminels de la Grande- Bicia^iie. C est une vaste baie située sur la cote orientale de la Nouvelle-Hollande. Le capitaine C,ook l'avait reconnue en 1770; il lui donna le nom (pfelle porte, traduction littérale de celui de baie dos //cr/wjycs que lui avaient donné les anciens naviL!;ateurs à cause de la variété des plantes (jui croissent sur ses bords. Les Anglais y lirenl lem- premier essai de colonie i)énitentiaire en 1788; pins lard on la transporta à 20 kilomètres plus an nord , à l'endroit où s'est élevée la ville de Sidney. On donna à son territoire le nom de Nouvelle -Galles du Sud, et le gouvernement anglais nomma un gouverneur pour la colonie. En 1 808 la colonie possédait 1 0,000 hectares de terre en culture, 5o,4o0 bêles à cornes, 3,675 chevaux, 202,212 moutons, et 24,822 porcs. La population de la Nouvelle- Galles du Sud s'élève à 55,000 âmes. Le nombre annuel des déportés est, terme moyen, de 3,000 hommes et 600 femmes. Après l'expiration de leur peine, les condamnés peuvent retourner en Angleterre, mais à leurs frais, ou rester dans la colonie, et alors on leur concède un terrain et des moyens de sul)sistance. On en cite dont la fortune, produit du travail et de la bonne conduite, ne s'élève pas aujourd'hui à moins de 2 millions de francs. Le territoire de la Nouvelle-Galles se tlivise en 10 provinces ou comtés. L'Angleterre y importe annuellement pour plus de 100,000 livr. sterl. (10,000,000 de francs) de marchandises. La colonie retire aussi de grands bénéfices de l'exploitation de mines immenses de fer et de charbon de terre, et de la pêche du phoque et de la baleine.

Bothnie (golfe de), formé par la partie la plus septentrionale de la mer Baltique; il a 520 kilomètres de long sur 160 de large. Le froid y est si vif en hiver que le golfe tout entier gèle et n'ofire plus alors (ju'une surface unie et solide qu'on traverse en traîneaux pour passer de Suède en Finlande. Il tire son nom de la Bothnie, contrée ([ui se trouve sur ses bords et qu'on dJN ise en Bothnie orientale ou Ostro-Bothnie, et Bothnie occidentale ou NN'estro-Bothnie. La Bothnie orienlale appartient à In Russie et fait partie du gouvernement de Finlande ; la Bothnie occidentale est à la Suéde.

Botte, faisceau de plusieurs choses s'Mublables ou de môme naturt' : hiillr do juiilli' . hntle (rtilhniiPitos . etc. — Kn termes de coni-

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iiu'iio, un dit : une butte de suies nun uuvrecs. — En botanique, c'c&t un amas do fleurs ou de fruits en paquet. — En tenues do chasse , c'est la longo ou le collier avec lo(|uel on mène le Ijmier au bois.

— En termes de sellorio, c'est le petit marche-pied attaché au brancard des berlines. — La botte était une mesure chez les Romains.

— En termes d'escrime, la botte est un coup porté à l'adversaire. — ("/est aussi une chaussure de cuir dorit on ne s'est d'abord servi pondant long-temps que pour monter à cheval alin do s'y lenir plus ferme, mais dont l'usage s'est plus généralement étendu de[)uis un demi-siècle. L'invention do cette espèce de chaussure remonte fort haut dans lantitputé; les Grecs et les Romains en portèrent. Dans les registres de la cour des comptes on trouve un article de I b deniers payés pour le graissage des bottes de Louis XL

Botzaris (ilareo), l'un des héros de la Grèce moderne, né dans les montagnes de Souli, eu 1780. Il se distingua dans l'insurrection contre les Turcs, en 1821 , et fut nommé slratarcpie de la Grèce occidentale. A la tète d'une poignée de ses braves com[)agnons, il surprit le camp ennemi et fut blessé à mort. On le transporta à Missolonghi, où il e.xpiraen 1823.

Bouc, mâle de la chèvre. Cet animal domestique répand une odeur désagréable, ce qui n'empêche pas qu'en Espagne on transporte le vin dans des outres dé peau de bouc. Sa chair est très-difficile à digérer. Le bouc a été l'objet d'une foule de préjugés et de superstitions dans toute l'Europe , dans l'Asie-Mineure et dans le nord de l'Afrique. — Bouc émissaire. Dans une cérémonie des Juifs, (pii avait lieu à l'époque de l'expiation solennelle, le grand-|)rétre, revêtu seulement d'une robe de lin , recevait des mains des [)riuce3 du peuple "i houes puur le péché. L'un de ces boucs devait être immolé, l'autre liiis en liberté ; le sort en décidait. Le bouc émissaire, c'est ainsi qu'on nommait celui qui devait être sacrifié, chargé d'imprécations et des péchés d'Israël, était jeté violemment au milieu des |)récipices. Les pa'i'ens, pour détourner la colère des dieux , sacriiiaient ainsi des hommes. Pétrone attribue les mêmes cruautés aux Marseillais. — C'est de l'usage des Hébreux qu'est venue parmi nous cette locution de bouc émissaire, pour désigner un malheureux, le plus souvent homme innocent, que l'on accuse de tous les torts et que l'on sacrifie.

Boucaniers, aventuriers chasseurs qui s'étaient établis vers 1060 dans l'île de St-Domingue. Ils allaient à la chasse des bœufs sauvages et des autres animaux pour en avoir les peaux. Ils habitaient des espèces do huttes où se trouvait un immense foyer qui leur sei- \ ait à rôtir et à fumer les viandes, ainsi (|u'à sécher les peaux. Leurs huttes ap|)clées boucans ont fait douai'i- la dénuminalioii de biniva-

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nins à ces uvenlurieis, (]iii ne lanlùieiil pas a se transloiinei' eu ////>«.s//ers (v.).

Bouche, cavité à peu jnès ovale, comprise enire la mâchoire supérieure et la mâchoire iuférieure, dont les jiarties extérieures sont les lèvres, et la pailit^ interne la langue, le voile du palais et le pliarynx. La bouche lenferme l'organe du goût, sert à la respiration, à l'arliculation des sous, à la mastication des aliments. Chez l'homme 'la direction de la bouche est horizontale, chez le plus grand nombre des animaux elle se rapproche plus ou moins de cette conlormation , chez d'autres elle subit diverses modifications. — fiouche à feu, nom qu'on donne aux pièces d'artillerie. — Bouche du roi, nom donné autrefois, à la cour des rois de France, à certains ottices ayant pour mission spéciale d'apprêter et de servir la notirriturc du monar(iue. Ces offices étaient au nombre de 7 : réchausonuerie ou gobelet, la cuisine-bouche, la paneterie-bouche, l'échansonnerie du conunuii, la cuisine du commun, la paneterie du commim, la fruiterie. Le grand-maître, le grand-échanson ou boutilliei-, le grand-panetier et le grand-écuyer tranchant, étaient à la tète de cette milice domesticpie.

Boucher (Fraui^'ois), peintre français, né à Paris en I70i, élève deLemoine, devint premier peintre du roi après la mort de Carie Vanloo. Boucher peignait très-vite, et sa peinture était d'une finesse exquise et d'une élégance de dessin tres-remarquable. Il fut le peintre à la mode, le peintre des gens de bon Ion. 11 y a des détails charmants dans ses tableaux. V Amour moisfiotmcur, la Belle lullageoise, le Retour de la chasse de Diane et quelques autres de ses toiles égalent les plus jolis essais de Watteau. Boucher mourut le 7 mai 1 771 , et son école passa avec lui.

Bouches-du -Rhône (département des), division territoriale de la France, ipii tire son nom du Rhône, lequel s'y décharge dans la mer par deux embouchures principales. Il est formé d'une partie de l'ancienne Provence , du territoire d'Avignon et du comtat Veiiaissin. Il est borné au nord par le département de Vauduse, dont il est séparé par la Durance depuis le confluent du Verdon ; au sud, I)ar la Méditerranée ; à l'est, par le département du Var ; et à l'ouest, par le département du Gard. Sa plus grande longueur de l'est à l'ouest est de !)(j kilomètres, et sa plus grande largetu" du nord au sud de (iO kilomètres. Sur cette étendue, dont la superficie est de oOG,8i7 hectares ou environ 1,100 kilomètres carrés, il renferme 302, 22o habitants et 3 arrondissements : Marseille, chef-lieu du département (à 658 kilomètres de Paris), Aix et Arles. Il est compris dans la S*-' division militaire el le 36*^ arrondissement forestier, ci

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ressortit de la cour royale d'Aix, de racadeinie universitaire et de rarchcvèehc de la ville, dont le diocèse coni[)ren(l tout le département, à l'exception de l'arrondissement de Man^eiUe (v.). Il oiïre 5 ports de mer, plusieurs rivières navii^ables et canaux, Il îles le long des côtes, i routes royales et 15 routes départementales. Il envoie 'à députés à la législature, et paye à l'état 2,258,794 fr. du principal des trois contributions directes sur un revenu territorial de 23.588,000 fr. Le sol, (jui est fertile et de bonne cpialité, est entrecoupé de plaines, de montagnes, de rochers, de vallées, d'étangs et de marais. On y cultive en grand l'olivier, le mûrier et le tabac. On y récolte beaucoup de vin. mais peu de céréales. Dans presque toutes les communes on s'occupe de l'éducation des vers à soie , dont la récolte annuelle produit environ (iOO.OOO fr. La pèche dans la Méditerranée, considérable surtout en anchois, thon et corail, occupe toute la population des villages maritimes.

Bouclier, arme défensive en usage chez les peuples de l'antiquité et chez les chevaliers du moyen âge. On l'attachait au bras gauche a^ec des courroies. Les boucliers avaient différentes formes; les uns étaient ronds, les autres ovales, d'autres oblongs ; mais tous avaient pour objet de parer les coups de l'ennemi. Homère a décrit le bouclier d'Achille, H-ésiode celui d'Hercule, Virgile celui d'Énée, modèles admirables de poésie, et qui en même temps fournissent à l'archéologie des renseignements précieux sur l'état des arts et de l'industrie aux diverses époques où les 3 poètes existaient. — En zootomie (ou anatomie des animaux) , bouclier est le nom donné à des organes protecteurs résultant de la condensation et de la grande épaisseur de la peau. — En zoologie, c'est le nom d'une espèce de poisson et tie coléoptère de la famille des clavicornes.

Bouddha, fondateur d'une des religions de l'Inde, qui compte mi très-grand nombre de croyants , et qu'on nomme le bouddhisme. Elle a cela de remarquable que ses doctrines se rapjirochent souvent de celles du christianisme. Gautamas, surnommé Bouddha ou le sage, passe pour en être le fondateur. Il était fils du roi de Kikata ou Magadha, aujourd'hui Behar. Son histoire est mêlée de fables qui tiennent autant de la légende que de la mythologie. On le dit fils de Màyà, la([uelle. d'après la croyance de la plupart des iieuples de l'Asie, est considérée comme la mère dêtres supérieurs et de tous les phénomènes dont la cause est difïkile à pénétrer. La tradition de la naissance merveilleuse de Bouddha fut connue de très-bonne heure en Orient ; saint Jérôme lui-même en fait mention. Les sectateurs de Gautamas ont répandu une foule de fables sur sa vie; de bonne heure ils en ont fait le génie de la planète Mercure et du II. j

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i"' jour clo la semaine : don résulte une grande resseniblanee entre lui et rilerniés des Ej^yptiens (il y a en efTel beaucoup d'analogie entre le nom d'Hermès et eebii dUarmas (\\\o porte encore Bouddha), ainsi ipie le Mercure des Romains, (|ui lui aussi est tils de Maïa. De hoime heure aussi Bouddha fut révéré par les Brachmanes comme la 9'' manilestation de Vif<hnou (v.), alors même qu'ils commencèrent à haïr en lui le réformateur de leurs antiques institutions. Pour concilier ces traditions si diverses, (pielques auteurs ont imaginé 3 Bouddha distincts; mais il n'y en a eu réellement qu'un seul, lequel reparait toujours par la métempsycose dans le clief visible de la religion. Aussi esl-il devenu bien difticile de dét^M'uiiner l'époque où le véritable Bouddha a vécu. Les uns le font naître 2420 ans av. J.-C, les autres 1336 ans; et d'autres veulent qu'il ne soit venu que ()65 ans av. J.-C. L'époque ((ui parait le plus se rapprocher de la vénlé est l'an 1000 av. J.-C. Bouddha lui-même n'a rien laissé d'écrit, et ce n'est que 1 0 ans après sa mort cpie ses disci{)les ont, dit-on, recueilli les doctrines de leur maître. Il paraît hors de doute que les livres qui les contenaient originairement n'existent plus et qu'ils ont été défigurés et modifiés à l'inliui dans des écrits plus modernes. Le corps des livres religieux du bouddhisme se compose de 108 forts volumes, et, suivant une autre version, de 84,001) livres saints. La religion de Bouddha est répandue dans presque toutes les îles des Indes orientales, dans la plus grande partie de la Chine, dans la [)resqu'île orientale de l'Inde , dans le Tibet, la Mongolie. Elle a môme pénétré dans l'empire russe, dans les steppes des Kalmoucks du Don, où l'on comptait en 1811 environ 300,000 bouddhistes, nombre qui a dû s'accroître depuis. Les sectateurs de Brahma dans l'Asie s'élèvent, dit-on, au nombre de 80 millions, tandis qu'on y compte environ 293 millions de bouddhistes. Ce qui peut contribuer à la prodigieuse propagation du bouddhisme, c'est la pompe brillante dont le culte de cette religion est environné. Le bouddhisme a eu à lutter contre la religion de Brahma dans l'Inde, et dans la Chine et au Japon contre celle de (^oufutsé ou Confiicius, (jui, plus morale, a failli l'emporter. Mais les prêtres bouddhistes surent s'attacher le peuple, de sorte que même aujourd'hui les classes supérieures sont forcées dans ces deux contrées de pratiquer, du moins extérieurement, le culte de Bouddha. Bouderie, défaut dc caractère ([ui, sans troubler violemment les rap[)orts quotidiens, les rend désagréal)les et pénibles. On est heureux de vi\ re ensemble lorsqu'on s aime, parce qu'à chaque instant on peut communiquer ses idées et ses sentiments. Mais la bouderie arrête instantanément cette double communication; elle suspend

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l'inliniilt' ol. mun' h'Cd'ur. I.c syniploiiK^ oblige de |;i hoiuloiio l'-lanl un si!oiu(> froid of pi'isi'v orant , loiilo voie se trouve par là fermée aux explications. C'est une lyraïuiie de mauvaise humeur que nous imposons, et qui, si elle dure peu, revient souvent et remplit il'amerlumo la position la plus heureuse.

Boue, terre molle foulée et détrempée \y,\v la pluie; fani^e i]o^ rues et des chemins. On dit au figuré : une àme de houe, pour din» une àme vile et basse. — Les houi's mmrra/c.*, ou boues des eaux, sont un limon que dé[)osent certaines eaux minérales ; on les prend sous la forme de bains généraux ou partiels. Les boues des eaux de l}agner(>s-de-Luchon et de St-.\mand sont toniques, résolutives: on les emploie avec succès contre les douleiu's ai'ticidaires chroni(pies. Bouée , mot tiré de l'anglais et de l'espagnol et qui sert à nonunei en mer, tout corps tlottant (fui marque sur le fond un objet qu'on \ eut y retrouver ou dont on veut se garder. Le plus ordinairement , c'est pour indi(pier l'endroit ou l'ancre estmoudlée , où les passages sont dilhciles et dangereux qu'on emploie les bouées. Tantôt elles sont formées de morceaux de bois ou de liège, tantôt de tonnes vides, quelquefois d'un tronçon de màt brut, ou de fagots. Ces dernières réunissent le plus d'avantages.

Bouffes . nom donné aux chanteurs italiens ([u"on vit pour la première fois à Paris en 1 7."j2 etqui débutèrent sur le théâtre de l'Opéra . Ils eurent un théâtre particulier en 1789. On ap|)elait opéra buffa toute sorte d'opéra en langue italienne. Actuellement les opéras comiques italiens reçoivent seuls cette dénomination.

Bouffou. celui ([ui provoque le rire avec excès et même sans goût ; il fait rire de tout indifféremment. — Nos anciens rois avaient prés de leur personne des bouffons ([ui prenaient le titre de fous de cour et portaient un costume particu- J^ lier. On choisissait de préférence V\|^ pour ce singulier emploi des êtres ? complètement disgraciés par la (^ \ nature, et dont l'excessive laideur, jointe à l'aflfublement

Jioiire.

Mdrotip. (le.

hmiffnu.

nt grotesque *pl— — r aidait à nro- "^i V^P

qu'on leur donnait, aioait a pr

voquer le rire. Plus ils étaient Bouffon.

petits et contrefaits, et plus leur mérite paraissait grand. Le fou ou bouffon de François l""'" se nommait Triboulet. Plus tard, sous Louis XIV, le fameux Roqiielaure fut un boulTon à l'usage des courtisans. Dans le siècle suivant, Miisson , valet de chambre de

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Louis X\', et (.|ui, conclu' (huis un cabincl près de son maitre, était souvent réveillé par le monarque ennuyé qui lui criait : Musson , fais-moi rire; Musson , disons-nous, a été le dernier bouflbn de cour. — On dit d'un homme qui aime à faire rire qu'il fait le bouffon ; c'est moins un éloge qu'une épigramme : servir de bouffon signifie ôtre. un objet de risée. Quicon([ue se trouve dans ce cas doit quitter le cercle qui le bafoue. S'il ne s'en aperçoit pas . c'est un sot; s'il s'en aperçoit et s'il reste, c'est un lâche.

Bouflers (Louis-Fiançois, duc de), maréchal de France, né le 10 juin 16i4, fut de bonne heure un militaire distingué, et gagna presque tous ses grades sur les champs de Ijataille. Il joua un rôle important dans toutes les cami)agnes qui eurent lieu de 1 670 à 1 700. Sa défense de la ville de Lille (l6f)o), quoiqu'il eût été forcé de capituler , lui valut les éloges du prince Eugène son vainqueur. Il mourut le 21 août 1711. Rien n'aurait manqué à sa gloire, s'il n'eut combattu que les ennemis de la France; mais son nom se rattache aussi aux sanglantes expéditions faites contre les protestants et connues dans l'histoire sous le nom de dragonnades. De tous les généraux de cette époque Vauban est le seul qui refusa de participer à ces déplorables proscriptions. — Bouflers (Stanislas, marquis, mais plus connu sous le nom de chevalier de) , de la même famille que le maréchal , né en ] 737 , mort en 1815, fut membre de l'Académie française et de celle de Berlin. Il osa aspirer à la triple couronne de philosophe, de prosateur et de poète , et ne fut en réalité qu'un conteur agréable et un chansonnier spirituel. Son conte iV Aline, reine de Golconde, est une charmante bluelte. Ce fut Bouflers qui, en 1 79 1 , fit décréter la propriété des découvertes et des in\ entions en faveur de leurs auteurs. Il était lils de la marquise de Bouliers, femmephilosophe et amie de Voltaire.

Bougainville (Louis-Antoinc de) , célèbre navigateur, chef d'escadre, sénateur, membre de l'Institut, né à Paris en 1729, mort en 1811. Successivement aide-de-camp de Chevert , secrétaire d'ambassade à Londres, aide-de-camp du marquis de 'ôlontcalm , colonel et chevalier de St-Louis avant l'âge, dans la guerre du Canada il devint capitaine de vaisseau et proposa au ministre, en 1766, une expédition scientifique à la recherche de continents nouveaux. Il eut la gloire d'être le l""" navigateur français qui ait cherché à faire des découvertes géographiques utiles à la fois aux sciences, au commerce et à la civilisation ; et la juste célébrité qui se rattache à son nom fut méritée par le voyage qu'il e.vécuta autour du globe pendant les années 1766, 1767, 1768 et 1769, et dont il publia une excellente relation. 11 découvrit plusieurs terres, notamment

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Otaïti, ol jela uno grande liiinicro sur la 'j;('(i;j;ra|)hir (1rs iioml)roii\ an'hi|K'ls des mers australes.

Bougie, mot qui, suivant Barbazan, n'est usité que depuis le xvii^' siècle pour désii^ner la chandelle de cire, qu'on suppose venir de la ville d'AIViiiue du même nom, occupée aujourd'liui par les Franç^-ais, et qui paraît avoir été le berceau de ce i;enre de fabrication. — On nomme aussi houyie un appareil chiruri;ical emjdoyé dans le traitement des alVections calculeuses.

Bougran, ijrosse toile de chanvre i:?ommée et calandrée dont on se sert pour doubler les habits et leur faire conserver leur forme.

Bouhours [\e père Dominicpie), naquit à Paris en I(i28, et entra chez les jésuites à l'ài^e de IG ans. Apres avoir professé les humanités à Paris et la rhétorique à Tours, il fut chargé de l'éducation des jeunes princes de Longue\ille, puis de celle du marquis de Seignelay, fds de Colberl. 11 n\ourut en 1702, après avoir joui de la réputation justement méritée de bel esprit, et avoir publié plusieurs ouvrages oubliés aujourd'hui, mais qui eurent dans le temps un grand succès. Dans son Temple du Goût, Voltaire le place derrière Pascal et Bourtlaloue. On lui a reproché une recherche excessive de style, un purisme outré, et on dit que, pour écrire parfaitement, il ne lui avait manqué que de savon- penser. Mais, malgré tous ses défauts, on ne saurait lui contester d'avoir utilement servi le goût et la langue par ses écrits. Ses Entretiens d'Ariste et d'Eugène eurent les honneurs de jilusieurs éditions successives. Dans un livre intitulé Entretien sur le Bel Esprit, il met en question si un Allemand peut avoir de l'esprit; thèse au moins fort singulière pour ne pas dire impertinente , et dont un Allemand , homme de sens , fit justice en demandant à son tour si un Français pouvait avoir du jugement.

Bouille (François-Claude-Amour, marquis de), né au château de Cluzel en Auvergne, le 1 9 novembre 1 739, mort à Londres le i 4 novembre 1800. Sa valeur et les talents militaires qu'il déploya durant la guerre de 7 ans l'avaient fait rapidement nommer colonel. En 1768, il était gouverneur de la Guadeloupe; en 1772, maréchalde-camp et gouverneur-général de la iMartinifpie et de Ste-Lucie ; et dans la guerre d'.\mérique, il fit bonne guerre aux Anglais et leur enleva plusieurs îles. En 1790, le manpiis de Bouille, général en chef de l'armée de Meuse, Sarre et Moselle, sut maintenir l'ordre et la discipline parmi les troupes, soumit les révoltés de Nancy; et, l'année suivante, accepta la mission délicate de faciliter l'évasion de Louis XVI et de sa famille. Le roi ayant été découvert et arrêté à Vaieimes, Bouille, décrété d'accusation, se réfugia à

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Cdltlonlz, cl (Miiploy.'i toiilos ses rcssoiircos pour fniie niarflier les puissaïufs au secours de Louis XVI rii])tif. N'ayant |)u réussir, il se retira à Londres, où il rédi.u'ca des mémoires écrits avec la simplicité d'un militaire et la véracité d'un honnête homme.

Bouillon-blanc, plante du genre molène qui croit en abondance en Liiropr dans tous les lieux incultes, et dont les fleurs, jaunes, adoucissantes, j)ectorales, sont employées conune boisson salutaire dans toutes les affections catarrhales.

Bouillon (duché de), dans le Luxembourg. Godefroyde Bouillon, l'un de ses ducs, à son départ pour la 1''^ croisade, vendit ce duché à révéque de Liège, qui le céda à la maison de La ^larck. Le duché de Bouillon passa ensuite dans la maison de La Tour par le mariage de Charlotte de La Marck avec Henri de La Tour d'Auvergne, puis dans celle du grand Turenne. En ISIG, une partie du duché de Bouillon a été réunie au duché du Luxembourg; l'autre a été donnée à la maison de Rohan.

Bouillotte, jeu de hasard plutôt que jeu de société, qui se joue à 3 ou à i ; les chances de perte et de gain, se succédant sans cesse, exigent une activité d'esprit pour ainsi dire bouiUonnante, et c'est cecpii aura probablement fait donner à ce jeu le nom de bouillotte.

Boulac ou Houlacq , fort du Caire, situé sur la rive droite du Nil, et dont la population est de 16,000 habitants, reçoit tous les bâtiments venant du Delta et de la Basse-Egypte. Sa situation , entre Alexandrie et le Caire, le rend important pour le commerce.

Boulainvilliers (Henri, comte de), historien aussi fécond que judicieux. On a de lui une Histoire de France jusqu'à Charles VIII, y Histoire de la Pairie de France et des Mémoires historiques sur ranciengouvernementdeFrance jusque Hugues Capet.'Né en 1658, à St-Sois en Normandie, il mourut en 1722.

Boule (André-Charles), ébéniste célèbre, à (pii l'on doit ces meubles en incrustation qui font encore aujourd'hui l'arlmiration des connaisseurs, et portent le nom de l'artiste ([ui les fabricjua le premier. Louis XIV avait donné à Boule un logement au Louvre. Cet homme, qui porta son art à un point de perfection inconnu jusqu'à lui, était né à Paris en Kiii. Bui^lé par un incendie, il mourut dans liiidigence en 1732.

Boule (jeu de). On le connaissait dans ranli(|uité; il paraît t|ue c'était alors un exercice fort ditlicile. Saint Chrysostome en parle connue d'un jeu dangereux. — Le jeu de boule était très goûté en France dans les vieux temps de la monarchie. Charles Y le fit défendre parce (|u"il détournait les jeunes gens du métier des armes. — Les joueurs de boule ont été appelés houleurs ou trompeurs, à

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cause (les ornMirs ot des niaiiviiisis cliiciiiic- fiii\i|iirll('> ce jeu donna lieu.

Boule (eau de), liqueur toniciue qu'on prépare en niellant des boules de mars ou de Nancy dans de l'eau-de-vie qui dissout la crème de tartre et la limaille de fer dont elles sont formées. L'eau de boule convient dans plusieurs maladies, quand les autres préparations ferrui^ineuses sont restées sans effet. On s'en sort aussi comme toniciue dans les fortes contusions lorsqu'elles sont récentes.

Bouleau, arbre qui croît dans les bois et dans les taillis, à ileuis amentacées, mâles et femellessur le même pied, et (pii pousse une i)arlie de ses branches jiar scions et menus brins, il s'élève à 10 ou 20 mètres, et réussit très-bien dans des lieux où au(^un autre arbre ne peut prospérer. Les (erres arides et brûlantes lui convieimenl aussi bien c[ue les marais fanc;eu\, — On distingue jilusieurs espèces ou variétés de bouleaux : le bouleau l)lanc d'Eiu-ope, le bouleau à canot ou à papier du l'anada, le bouleau à feuilles de peuplier de Pensylvanie, le bouleau noir de Vir^rinie, le bouleau rouge de New-Jersey, le bouleau jaune de la Nouvelle-Ecosse. Tous ces bouleaux appartiennent à l'Amérique. Il y a aussi le bouleau pleureur, ou à rameaux pendants, qui croît naturellement en Europe comme le bouleau blanc, dont il paraît être une variété.

Boule de neige, variété de la viorne-obier, de la famille des clu'vrefeuilles, dont les tleurs blanches et toutes stériles sont rassemblées en boules. C'est un arbuste d'ornement pour les jardins. 11 exige un terrain frais et néanmoins l'exposition du midi.

Boulen (Anne de), reine d'Angleterre, l'iuie des femmes et des victimes du féroce et débauché Henri VIII, naquit vers l'an loO'.). Elle était le dernier enfant issu du mariage de sir Thomas de Boulen et d'une fille du due de Suffolk. A peine âgée de 15 ans. elle accompagna en France la princesse Marie d'Angleterre qui s'y rendait pour épouser le roi Louis XII. Marie, étant devenue veuve au bout de 2 ans, retourna en Angleterre. .\nne de Boulen, au lieu de l'y accompagner, s'attacha, en qualité de fille d'honneur, au service de madame Claude de France, femme de François I''''. Après la mort de la reine Claude elle revint en Angleterre, et parvint à se faire recevoir au nombre des dames d'honneur de la reine Catherine d'Aragon. Henri VIII conçut bientôt pour elle une passion violente. Anne, dont le cœur s'était ou\ert à l'ambition, osa fornuMle projet de supplanter Catherine o'Aragon, sœur de l'emperciu- Charles-Quint, et fie monter sur le trône d'Angleterre. Elle y parvint. Hemi Vlil, contrairement à toutes les lois civiles et canoniques. 1 épousa secrètement, le 4 novembre 4."j32. Peu après, son

noi — :,f) H(n

mariage avec (Catherine d'Aragon fut annulé; el Anne de Boulen fut déclarée reine d'Angleterre, la veille de Pâques 1533. Le 1«'' juin suivant, son couronnement eut lieu à Westminster avec une pompe extraordinaire. A la nouvelle de ce mariage scanilaleux, qui était une violation audacieuse des lois divines et humaines, le pape excommunia Anne et Henri VIII, qui, pour mettre à l'aise sa conscience à l'aide d'une religion plus complaisante, inventa la religion anglicane restée la religion dominante en Angleterre , et dont il se déclara le chef suprême; attribution qui est demeurée après lui au nombre des jirérogatives de la couroiuie. La même année , Anne de Boulen donna le jour à la célèbre Elisabeth qui fut depuis une grande reine. Deux années ne s'étaient pas encore écoulées, et le règne honteux d'Anne de Boulen touchait à sa fin. Henri VHI , pour en épouser une autre, l'accusa d'adultère, la fit juger et condamner à être décapitée. Sur l'échafaud, l'infortunée, après avoir souhaité de longues années au roi et imploré les prières des assistants, rangea sa robe avec la pudeur de Polyxène, et reçut le coup mortel le 19 mai 1536.

Boulet, projectile qu'on lance avec le canon, et dont le poids détermine d'une manière nominale l'espèce et la force. Ainsi, quand on parle d'un boulet de 36, on entend qu'il est du poids de 36 livres (1 8 kilogrammes) . Un canon de 36 est destiné à recevoir un boulet de 36 livres (18 kilogranunes). Les boulets sont partout en fer; il n'y a que les Turcs (pii se servent encore de boulets de pierre ou de marbre. — On employait autrefois, dans la marine, des boulets rames, des boulets enchainés et des boulets rouges. Ces divers genres de projectiles ont été abandonnés. — La ppi'ne du boulet est un châtiment infligé aux déserteurs à l'intérieur, quand à leur crime se joignent des circonstances aggravantes; ce boulet, du poids de 8, est attaché à une chaîne de fer qui lient a une ceinture faisant partie obligée du costume du condamné. Cette peine, qui rappelle les anciennes galères de terre, a été instituée par un arrêté de l'an xii et confirmée par une ordonnance royale de 1816. Le minimum de sa durée est de 10 ans; dans certains cas elle peut être prolongée ou bien aggravée parle double boulet, qui est le châtiment de la tentative d'évasion. Il consiste , comme l'indicjue sa dénomination, à liainer deux boulets au lieu d'un.

Boulevard, remjjarl, forteresse, promenade. Le mot de rempart a prévalu, en termes de guerre, sur celui de boulevard; on fait brèche au i'emi)art, on défend le rempart. iMéme dans la langue des tacticiens , boulevard ne s'emploie guère qu'au figuré. Ainsi l'on dit : Afaijencp est le boulevard de l'AUenutgne. — Boulevard ne se

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(lit dune pliiji ;uiJoiiiil luii (|iic de cintaiius proiiu-Madcs piibli(iiip-i (|ui tMiUiiirent les \ illes, coiiiiiio les boulevards de l'aris.

Boulgares (v. liulijurcs).

Boulimie ((le (leiix iiiots grecs signifiant /ami extrême), ternie de médecine (|ui sert à di^^signer le désordre de l'appétit. La honlimie présente des phénomènes aussi variés que surprenants; et l'appétit, quand il en arrive à cette exagération, peut réaliser la fiction de Gargantua. Nous en citerons quelques exemples. I/empereur Aurélien s"amusa un jour à considérer un homme à qui l'on avait servi un sanglier, un mouton, un jeune cochon cuit, du pain et du vin à proportion. En l.")2l on présenta à l'empereur Maximilien, à .Uigsbourg, un homme qui en sa présence mangea un veau cru, et qui, si on l'eût laissé faire, y eut ajouté un mouton ; un autre homme dévora devant une assemblée de sénateurs un mouton entier, un cochon de lait et 30 kilogrammes de prunes avec leurs noyaux. De nos jours on a vu, sur le théâtre de Comte à Paris, un nommé Jacques Je Falaise qvù, aux yeux des spectateurs, avalait plusieurs noix entières, des étuis en carton, en cuir, des cartes roulées, des fleurs avec les feuilles et les tiges, ditïérents animaux vivants tels que des oiseaux, des souris, des anguilles et des couleuvres. En général, ces appétits monstrueux, cette voracité et cette dépravation du goût, sont le résultat d'une organisation anormale.

Bouline, terme de marine; c'est la corde cpii sert à tendre et à etfacer la voile de telle sorte que la route faite par le navire se rapproche le plus possible de la direction du vent. Faire courir la bouline est un châtiment terrible usité sur les l)àtiments de guerre et qui consiste à faire passer le coupable entre deux haies formées par ré(iuipage , qui reçoit de cha(iue homme un coup de garcetle sur le dos. Chaque coup laisse sur ses reins une trace noire, bient(')t le sang ruisselle, et la douleur devient alors si accablante, que la victime chancelle et tombe avant d'avoir pu parcourir toute la carrière de son supplice.

Boulingrin, terme de jardinage dérivé de deux mots anglais qui signifient jeu de boule en gazon. Les boulingrins sont en effet des parties de terrain légèrement baissées et entourées de glacis semblables à ceux qui terminent les jeux de boule afin d'empêcher les boules d'en sortir. 11 y a les boulingrins simples qui sont tout en gazon, et les boulingrins coupés, où l'on voit des sentiers sablés, et dont la superficie est ornée de plates-bandes de fleurs et d'arbustes formant des compartiments.

BouIogne-sur-Mer , ville maritime, ancienne capitale du comté du Roulonais. qui embrassait autrefois toute la partie septentrio-

nOI — 58 — lïOI

nalo (\o In l'icardip. Celle ^iile est dune orii^ine très-ancienne. Klie lui (U'triiile et rebâtie deux fois à la snite de siéi^es qu'elle eut à soutenir d'abord contre les Normands , en H88 , puis en 1553 contre Charles- Quint. Henri VIII, roi d'Ani^leterre , l'a- \ait prise aussi (|uel([ues mois auparavant, en I5ii. Houloi^ne est aujourd'hui cher-lieu de sous-préfeclure dans le dé[>artenient (U\ l'alais-dc-Calais. .\[)rès Calais, c'est le passade le plus court et le plus facile de France en An:j;lelerre. On y arme pour les voyaiçes de ioni; cours, pour le ii;rand et le petit cabotat!;e, et pour la pèche de la morue, du hareng; et du maquereau. Il y a en outre un commerce fort animé et diverses industries tlorissantes. — En IHOI Bonaparte forma à Boulos^ne un cam|) protégé par ime flotte destinée à trans- ])orler l'armée en Angleterre, où il voulait effectuer une descente. Une flotte anglaise essaya d'incendier Boulogne, mais elle ne put y parvenir. La population est de 22,000 habitants.

Bouquet, mot ([ui a servi à dénommer d'abord un petit Imis, puis Idul siin|)lciiienl im (jroupp d'arlireK. enfin un assemblage de fleurs. — • Quehiues arbres réunis forment un bouquet d'arbres. — H y a des bouquets pour les grandes cérémonies, le bouquet de la mariée, le l)ou([uot (le la marraine, le boucpiet des fêtes de famille, les bouquets à la duciiesse, l(>s bouquets d'autel, les bourpiets hmèbres. — Les bouquets à Chloris étaient autrefois un genre de poésie galante qui embrassai! les rondeaux, les chansons, les madrigaux.

Bouquiniste, celui qui vend des bou([uins, le marchand de vieux livres. ( )n donne aussi ce nom aux amateurs de bouqums, à ceux qui recherchent les vieux livres avec une sorte de passion ; dans ce dernier sens, houquineur serait préférable.

Bouracan, étoile non croisée, espèce de camelot tissu de poil de chèvre, mais d'un grain beaucoup plus gros que celui du camelot ordinaire.

Bourbon (île), l'une des colonies de la France, située dans la uiei- (les Indes entre le 20° 50' et 21" 24' de latitude sud, et entre le Di" l\(j' et le 53° .35' de longit\ide est, à 140 kilomètres de l'île de France, 560 de Madagascar, 1 ,200 de la côte orientale de l'Afrique, et 1 4,000 kilomètres de France, fut découverte, en 1545, par des navigateurs portugais qui, du nom de leur chef, la nommèrent Mascareuhas. Us n'y trouvèrent ni hommes ni quadrupèdes. La Compagnie fiani^aise des Indes orientales, voyant que les Portugais n'y faisaient aucun établissement, y exila en Kiiti quelques Français révoltés. Sept ans après, elle en prit solennellement i)Ossession au nom du roi de France; et l'on changea le nom de Mascareigne qu'elle portait en celui (V/le de liourhon. Pendant long-temps cette

île m.' l'ut Iréquentoe que par dos llibustiors de la mer de» Indes; mais une déelaralion de Louis XIV ayant, en KiGi, concédé Madagasiar et ses dépendances à la Conipa|:i;nie des Indes, celle Compagnie y forma un élablissement lixe qui est le point de ilé[)art de cette intéressante colonie. Prise par les Anglais en 1810, elle nous a été rendue par le traité de paix de 181 i; elle reprit alors le nom d"//(' (/(' Hourhon (jiie le gouN crnemenl révolutionnaire a\ail changé en celui d ile de la Réunion, el ([iie le gouNernement inii)érial avait transformé en celui d'/Zc Ik)mi[)tirlr. Klle est, le |)roduil d'éru[)lions volcanit[ucs , et on y remanpie 2 cratères principaux : au nord celui de la montagne du (irus-Murne éteint de|)uis long-temps, et au sud celui du Piion-de-Founuiise qui brûle encore el dont les feux ont rendu entièrement stérile une vaste portion de terrain que les habitants nomment pays brûlé. La superficie totale de l ile est évaluée à 1 70,79 i- hectares; on la divise en 1 2 (|uartiers ou arrondissements. La ville princi[)ale est St-Denis, qui com[)te 10.000 habitants. La population de l'île entière s'élève à plus de 88,000, dont 18,747 blancs, 6,387 atVranchis, 63,ii7 esclaves. Elle i)roduit abonilamment le riz , le sucre , le café , le coton , le cacao , la muscade, le cocotier, l'indigo, le blé et la vanille.

Bourbon (luaison (le). On distingue trois maisons illustres de ce nom qui se lient toutes trois par le sang. La l'^date do Robert-le- Fort, bisaïeul de Hugues Capet, et finit avec le xii'^ siècle. La i" commence en I 202, dans la personne de Gui de Dampierre, sire de Bourbon, qui obtint de Philippe-Auguste, pour ses services conlie le comte d'Auvergne, un accroissement de territoire. Elle s'éteignit à la mort d'Archambaut X, sire de Bourbon, qui avait accomi)agné saint Louis à la !''■ croisade, el qui mourut dans lile de Chypre en ■I 2i9. La 3"^ maison de Bourbon, celle qui a eu les plus brillantes et plus lard les plus tristes destinées, conuneme vers 1 272 à Robert de France, comte de Clermonl en Beau\oisis , qui eut l'honneur d'être la souche d'une des plus grandes el illustres races qui aient pani sur la scène du monde. A partir des fils de Louis P', duc de Bourbon, surnommé le Grand, la maison de Bourbon se divisa en deux branches, la branche ainée ou celle des ducs de Bourbon, éieinle en ■1257, et la cadette ou branche des comtes de la Marche et de Vendôme. Charles de Bourbon-Vendôme eut deux fils, tiges respectives, l'un de la branche des Bourbons qui parvint à la couronne lors de l'avènement au trône de Henri IV son représenlani direct, l'autre des prin.es de Condé; celle dernière se divisa encore en deux rameaux, celui de Coudé et celui de Conti. La branche royale des Bourbons a formé aussi deux branches : l'ainée, person-

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iiiliot' dans Louis \l\ , lils de Louis \lll, a été déclarée déchue de SCS droits au trône en 1830 dans la personne de Cliarles X; et la cadette, issue de Monsieur, frère de Louis XIV et second fils de Louis XIIL dite branche d'Orléans du titre que portait son auteur, a été appelée, à la suite de la révolution de juillet, au trône qu'une déclaration de la chambre des députés avait rendu vacant. C'est son chef ([ui réi^ne aujourd'hui sous le nom de Louis-Philippe P''. — La maison de Bourbon a bien mérité d'être a[)pelée royale : car c'est encore elle ipii rèj^ne actuellement non-seulement en France, mais encore en Kspagne, à Naples et à Lucques ; et toutes les maisons de l'Europe ont tenu à honneur de contracter des alliances avec elle, car il n'y en a pas une dont l'origine soit aussi antique et aussi illustre. Les Bourbons d'Espagne se rattachent à ceux de France par Philippe 'V, petit-fils de Louis XIV. Ceux de Nai)les ainsi (|ue ceux de Lucques se rattachent aux Bourbons d'Espagne, les premiers })ar Ferdinand F'', roi de Naples, 3'' fils de Charles 111, roi d'Espagne; les seconds par l'infant don Philippe, duc de Parme, de Plaisance et de Guastalla, fils de Phifippe V. — Henri IV de Bourbon, roi de Navarre, qui régna plus tard sur la France , était un descendant à la 8*' génération de Louis P'", duc de Bourbon.

Bourbon (Charles, duc de Normandie, dit le connétable de), grand houuue de guerre, qui eut le malheur de porter les armes contre sa patrie, naquit en I 489. Il fut fait connétable en 1 ol 5, et devint plus tard vice-roi du Milanais. 11 n'était que de la branche cadette de la maison de Bourbon, et hérita de la branche aînée. 11 se couvrit de gloire à Marignan; mais, l'orgueilleux despotisme de la reine-mère l'ayant exaspéré, il sortit de France et offrit ses services à Charles- Quint, dont il commanda les armées pendant les guerres d'Italie. Il périt en l.')27 au siège de Rome.

Bourbonnais, ancienne province de la France centrale, qui forme aujourd'hui le département de l'Allier. La ville de Moulins était la capitale de cette province, comme elle est à présent le chef-lieu du département. Le Bourbonnais était le domaine des sires de Bourbon , et l'histoire, de cette contrée se confond complètement avec celle de ces seigneurs depuis le x'= siècle, é[)oque de leur première apparition dans l'histoire, jusqu'à la mort du connétable de Bourbon : le Bourbonnais fut alors réuni à la couronne. Louis XIV, en '1651, donna le duché de Bourbon au prince de Condé, en échange du duché d'.Vlbrct et de quelques autres domaines; depuis lors le titre (le fine de Rourbon s'est continué dans cette branche jusqu'à la iiinil (lu dernit'i [)rince de C-ondé (I8.'50).

noi — (H — iioi

Bourbon-Lanci ^e'tuix (le). Hlles jaillissoiil diiiis le raubmii!^ de St-Lé!j,er dépeiulaiit de la petite ville de liourbon-Ijinci située, à ■28 kilomètres de Moulins et à 80 de Màcon , dans le département, de Saône-et-Loire. On les eonseille dans les rhuniatisnies chroniques, les paralysies, les catarrhes, etc.; mais elles sont depuis lon.ii;-temps à peu près abandoimées.

Bourbon-l'Archambaud (eau\ (le). Elles jaillissent, sur une plac(! dite des Capucins, dans la petite ville de Bourbon-rArchambaud peuplée d'environ ;{,0()0 habitants et située, à 2i kilomètres de Moulins et à 140 de Paris, dans le département de l'Allier.

Bourbon -Vendée, autrefois appelé /{oc/i('-,sar-l'o?i, chef-lieu du département de la Vendée, situé sur l'Von, à 386 kilomètres de Paris, portait sous l'empire le nom de Napoléon-Ville, que (pielques-uns de ses habitants réclament aujourd'hui. Plusieurs fois ravagée pendant les guerres civiles de la révolution, elle comptait à peine 800 habitants en 1807, lorsque Napoléon pour la repeupler assigna une somme de 3,000,000 de francs à la construction de divers édifices qui ont été élevés d'après ses ordres, et qui ont contribué à en faire une assez jolie ville. Sa popidation s'élève aujourd'hui à près de 3,000 âmes. Bourbon- Vendée est le siège d'un tribunal de première instance qui ressortit de la cour royale de Poitiers. Elle possède une société d'agriculture, sciences et arts, un collège communal et une bibliothèque de o,000 volumes.

Bourbonne-I es-Bains , petite ville du département de la Haute- Marne. Elle ne compte que 3,400 habitants. Mais ses eaux minérales sont très-renommées ; elles sont employées avec succès contre les rhumatismes chroniques , les sciatiques , les douleurs par suite d'anciennes blessures, les plaies d'armes à feu, etc. Population, 3,500 habitants.

Bourdaloue (Louis) , célèbre prédicateur de l'ordre des jésuites, né à Boiu-ges en 1 632, mort en 1 704 . Il prêcha souvent à la cour devant Louis XIV, et son éloquence le fit surnommer le prédicateur des rois et le roi des prédicateurs. Il fut en France le premier modèle des bons orateurs de la chaire.

Bourdon, nom coumiuii à plusieurs insectes hyménoptères qui forment dans la famille de ceux ([u'on appelle nwUiféres (parce qu'ils font le miel) un genre très-nombreux et répandu dans toutes les parties du monde. Ce nom leur vient du bruit sourd ((u'ils font en volant. — On appelle aussi bourdons ou faux bourdons les mâles de l'abeille proprement dits. — En musique, le bourdon est le son que produit une basse continuelle dans (pielques instruments, tels que la \ ielle, kl musette, la cornennise. 11 v a aussi le bourdon de l'oruue. l.e 11. ' 0

nul — (i2 — Boi:

fiin.r htiiiiiluH fsl iiiu' tiorte de iiiiisi(|iie ii plusieurs parties, en usai^e poiii' le cluuit dos psaumes. Chez les Italiens, le faux bourdon est une proiiression de plusieurs accords de sixte, dans laquelle le dessus l'orme dos quartes de suite avec la partit; intermédiaire, et des sixtes de suite avec la basse. — On a donné le nom de bourdon à la i>lus ^.M-osse clocho ik' l'église Notre-Dame à Paris. — C'est aussi une cspoco de bàlon lon;j;, l'ait au tour et orné à sa partie inférieure d'une ponuiie do for et plus habituellement d'une gourde, et muni d'un for pointu par en bas, (|uo portaient les })olerins en voyage.

Bourg, réunion d'habitations (pii tient le milieu entre la ville et le \illago. Un bourg est donc ou une petite ville ou un gros village. Dans l'origine , les bourgs étaient entourés de murailles et même fortifiés. Ce mot boun/ a donné naissance à beaucoiq) d'autres ; bourgade, faubourg, bourgeois et bourgeoisie en dérivent évidemment. Les Bourguignons lui ont emprunté leur nom, ainsi que la ville de Bourg-en-Bresse (v. ci-après).

Bourg, ville de France, était la capitale de l'ancienne province de Brosse; de là son nom de Bourg-en-Bresse. Elle est aujourd'hui le chef-liou du dé[)artemenl de l'Ain. Sa population est d'un peu plus de 9,000 àmos. Sa cathédrale gothique est un monument remarquable. Bourg est la [)atrie du grammairien Vaugolas, d'Honoré d'Urfé, du jurisconsulte Antoine Favre, et de l'astronome Lalande.

Bourgeois, bourgeoisie. Chez les nations où l'aristocratie de la naissance Lient le piemier rang il y a entre le peuple et la noblesse une classe intermédiaire composée des négociants, des marchands , des artisans aisés , des profuiétaires , des hommes de loi et de finance. C'est cette classe intermédiaire qu'on nomme bourgeoisie, et ceux (jui en font partie sont des bourgeois. Le droit de bourgeoisie est la réunion d(; tous les a\'antages et privilèges attachés à l'habitation et à l'établissement du domicile.

Bourgeons, |)etits corps arrondis et coniques, germes non dévol()|)pés des branches, des feuilles et des Heurs, (|ui naissent sur la tige proprement dite, à l'aisselle dos fouilles, au sommet des rameaux, ou bien au collet de racine d'un végétal. On dislingue trois sortes de bourgeons selon les pousses : les bourgeons à fouilles ou à bois , les bourgeons à Heurs ou à fruits, les bourgeons mixtes, qui donnent à la fois dos fouilles et des llours.

Bourges, autrefois capilalo tlu Berri, aiijoiud'hui chef-lieu du dépiirloment du Cher. Cotte ville, l'une des plus anciennes de la France,', est située dans une vaste plaine, a IDi kilomètres de Paris.

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nn ronlliioiil de lAiiron ol de l'Kvic. Kilo roniii'iil J(), ()()(» li;il)ilniil>. l:;ile esl feinte d'iiiie épaisse imiriiillo, et des tours iiaiiles et bien conservées, an nombre de 80, la garnissent de distance en dislance. Klleest le siège d'une conr royale, d'un ai'{ Iie\èclié , d'une académie universitaire; elle possède une riche bibliotlié(pie, un beau cal)inet de physique; on y remarque rh(\tel-de-ville, ([ui fut autrefois la maison du célèbre Jacques Cœur, et (jui, ac([uise par Colbert, fut en I(i79 cédée par lui au maire et aux éclievins de Bouri^es. Cette ville fait un grand conmierce de grains ; sa coutellerie est trèsrenommée : elle possède aussi des fabri(ju(>s de drai)s et d'étoffes. Elle est la patrie de iiourdaloue, de Jac(iues CdMir, du roi Louis Xi, fondateur de son université, etc.

Bourgmestre, dérivé de deux mots allemands qui signifient ma/- Ire des //oiov/co/.s. En Belgique, en Hollande, en Allemagne, on donne le nom de bourgmestre à un magisti'at qui remplit des fonctions analogues à celles de nos maires; il est chargé fie la police, de l'administration des deniers de la commune, quelquefois même de la justice. Hn temps de guerre, il distribue les logements, organise et sur\eille les hôpitaux militaires.

Bourgogne , ancien pays des Éduens , l'une des nations les plus puissantes et les plus éclairées des Gaules. Les Bourguignons venaient (les bords de la Vistule, lorsqu'ils passèrent le Rhin et envahirent les Gaides en 407. Us fondèrent alors le royaume de Bourgogne, qui subsista jus(|u'à l'année 53 i, époque de son partage entre les descendants de Clovis. Sous les rois de la race carlovingienne, la Bourgogne eut des ducs et des rois ; elle eut même deux rois à la fois, un roi de la Bourgogne transjurane, et un roi de la Bourgogne cis-jurane, qu'on appelait aussi le royaume d'Arles. Ce pays devint principauté ducale de 880' à 921, principauté ducale souveraine de 96!) a 1 03 1 , puis propriété de la première race ducale capétienne de 1032 â I07o, enfin propriété de la seconde race ducale capétienne de 1363 à 1477. Charles-le-Téméraire fut le dernier des princes souverains de la Bourgogne. Après sa mort, le roi Louis XI réunit à la couronne de France cette province, qui fut dès ce moment gouvernée comme les autres provinces du royaume, à part le privilège qu'elle avait de s'administrer et de s'imposer ellemême. — La Bourgogne, ancienne pro\ ince de France, était bornée au nord par la Champagne, au sud par le Lyonnais, à l'est par la Franche-! ^omtè, à l'ouest par le Bourbonnais et le Nivernais. File forme aujourd'hui les départements de l'Yonne, de la Côte-d'Or, de Saône-el-Loire et une partie de celui de l'Ain. Les vins ont toujours été la jjrincipale richesse de la Bourgogne. L'excellence de leur qna-

r.oi — t)!i — nor

lili' tsi appivciiV- (le Ions les i^oiinnets. 1,ps crus les plus leiinmniés (|ii'(m appolail des clos (pnrco (|u'ils étaient entourés de clôtures), a|)piu'leiiaieiit, avant la révolution de 1789, à de riches conimunaulés relii;ieuses (pii n'en livraient point les produits au commerce. Aujourd'hui les vins de Bourgogne ont leur place mar(|uée sur les meilleures tables , et sont depuis quelque temps beaucoup plus recherchés en Angleterre que les vins du Bordelais. Le sol de cette belle province se couvre de récoltes de toute nature, et depuis 50 ans l'industrie des habitants a fait d'immenses progrès. On y trouve (le nombreuses et im[iortantes usines, beaucoup de forges et de fabriques.

Bourgs-pourrîs (en anglais rotton boroughs), nom flétrissant que le peuple anglais donnait, avant la grande réforme parlementaire qui a été accomplie il y a quelques années seulement , aux bourgs ayant droit de repiésentation au parlement dont le vote était acquis d'avance au ministère ou à l'aristocratie pour l'élection des membres de la chambre des communes. Ce privilège exorbitant, cette fiction légale donnaient lieu à une vénalité scandaleuse, à des manœuvres d'une corruption inouïe; de là la dénomination de bourgspourris donnée à ces corps électoraux qui, dans certaines localités, ne se composaient que de 1 5 à 20 individus, et même moins encore.

Bourguignons , peui)les Originaires, suivant Pline et Tacite, de l'ancienne Vandalie, aujourd'hui le pays de Mecklembourg. Suivant d'autres auteurs, ils avaient habité les bords de la Vistule et en avaient été expulsés par les Gépides. Après bien des guerres opiniâtres, ils parvinrent à s'établir dans les Gaules sur cette étendue de territoire qui forma depuis la Bourgogne. Leur haute stature inspirait l'admiration et l'effroi ; leur taille commune était de 7 pieds romains (1 mètre 84 centimètres). Bibracte (Autun) fut la capitale de leur nouvel établissement. — Les Bourguignons , en passant dans les Gaules , avaient conservé leurs lois et leurs institutions. Les coutumes locales qu'ils avaient apportées avec eux furent réunies en un corps unicpie de lois par leur roi Gondebaud. Cette législation se maintint jusqu'à la fin du viii<" siècle , époque à laquelle la loi conmmne hit abrogée par Louis-le-Débonnaire, à la sollicitation d'Agobard, archevêque de Lyon. — Sous le règne de Charles VI, deux factions ensanglantèrent fréquemment Paris et les provinces. L'une était celle des Bour</u/gnons, ainsi appelée parce qu'elle avait pour chef Jean-sans-Peur, duc de Bourgogne, qui fut assassiné sur le pont de Montereau le 10 septembre 1 il 9. L'autre était celle des Arinrupuics. qui reconnaissait pour chef prinripal le duc d'Orléans,

Ror — or. — noi;

Bourrache, l;(M1i'(^ de iihiiilcs, ;i (^tlici^ cliilc, ;i l'y divisions piofoiules et aii;ul's, ;i ruiollo iiioiiopolak', ivi;iiiii're, vn roue, ;i ."> lobes aigus, et olVrant à l'orilice ilc son tube une petite couronne qui en ferme lenlrée. C/esl une plante annuelleciuicroil abondamnienl dans nos champs et nos jardins. Elle est originaire du Levant. On 1 emploie tiès-l'rc(]nenmient en médecine. Son suc exprimé cl clarifié est im des sucs d'herbes les plus usités. On fait avec son herbe tleurie une décoction ([ui s'administre surtout dans les catarrhes pulmonaires légers. Otte décoction est adoucissante, diaphoréliijue, diuréticjue. On en fait aussi des infusions émollientes. Dans quelques pays on mange .ses feuilles connue les épinards.

Bourrasque , mot dérivé de la langue italienne, et désignant une tempête violente et soudaine qui s'élève soit sur mer, soit sur terre. C-ette expression s'applique aussi, au figuré, à ces émotions populaires, ou à ces mouvements brusques et momentanés de la colère chez un individu qui d'ordinaire passent avec le motif qui les a produits, et font plus de bruit que de mal.

Bourre , nom qui s'applique à plusieurs choses de nature bien difTérente : 1" au poil de certains animaux, tels que le cheval, le bœuf; i'^ aux déchets de la soie et aux matières provenant des draps tondus; 3" à l'herbe grossière, à demi morte, qui ne se renouvelle (|u'imparfailement au retour de la belle saison; i" au commencement du bourgeon de la vigne; 5" au tampon de papier ou d'étoupe ipii retient la charge d'une arme à feu dans le canon et que l'on foule avec la baguette.

Bourreau. C'est le nom que le vulgaire s'obstine à donner à l'ofBcier de police judiciaire chargé de l'exécution des arrêts au grand -criminel. Sa dénomination légale aujourd'hui est celle (Vexécuteur des hautes-a>uvres. Cette lerril)le fonction paraît avoir été inconnue de l'anticiuité. Son origine ne remonte qu'au moyen âge et au Bas-Empire. 11 fallait alors être savant dans l'art de tourmenter et de détruire, tant les supplices étaient variés et cruellement raflinés. Aujourd'hui la tâche du bourreau est devenue moins pénible; en France surtout, depuis l'invention de la guillotine. Le ternie de bourreau, qui a toujours été considéré comme la plus sanglante injure, se prend également dans diverses acceptions figurées : on dit d'un tyran qu'il est le bourreau de ses peuples, d'un mau- \ais père qu'il est le bourreau de ses enfants, d'un mauvais sujet ([u'il est son pro[)re bourreau, d'un prodigue qu'il est un bourreau d'argent.

Bourrée , pas de danse, originaire d'Auvergne, qui a joui longtemps d'une grande vogue. Il y a plusieurs |»as de bourrée : entre

fi.

ROI — 00 — TîOI."

aiilivs k' pas de. haurrrc aurcrt , et le pas de hourrép emhoflé. — Tnc bourrée est un faiïol i^ros et court, formé de menues branches, el lié sur le milieu avec une seule hart.

Bourrelet nu baarh't , mot qui désignait autrefois une partie de riiabillemont ou du vêtement de tète, servant communément à la coiiîure des deux sexes. — Plus tard, on nomma bourrelet ces bandeaux rembourrés et épais dont on garnissait la tète et le front des petits enfants pour les empêcher de se blesser en tombant. On a renoncé à cette coiffure, dont les inconvénients , sous le rapport hygiénique, étaient beaucoup plus grands que ceux dont ils pouvaient préserver. — Bourrelet, en termes de botanique et de jardinage, est ime excroissance que l'on remarque sur certaines parties des arbres. — En anatomie, bourrelet se dit de certains cartilages fibreux qui entourent les cavités articulaires. — En terme de blason, ("est un tour de livrée rempli de bourre et tourné comme une corde. — Les bourrelets, dans la marine, sont de grosses cordes qu'on entrelace autour des principaux mâts pour soutenir la vergue dans le combat. — En termes d'artillerie, l'extrémité d'une pièce de canon, vers la bouche, a le nom de bourrelet, dont elle a la forme.

Bourrelier , artisan qui fabrique et vend toutes sortes de harnais pour chevaux, ânes, mulets, et tels que brides, licous, colliers, bats, selles, etc. Ce nom lui vient probablement de l'emploi qu'il fait continuellement de la bourre de veau, de bo'uf, de cheval, etc.

Bourse de commerce , lieu public dans les grandes villes de commerce, où les banquiers, négociants, agents de change, courtiers, spéculateurs sur le cours des effets publics, s'assemblent, à certains jours et à une heure marquée (à Paris tous les jours, excepté les jours fériés), pour traiter d'affaires de commerce, de change, de remises, de payements, d'assurances, de frets, etc. — Le plus souvent la bourse dans les villes de commerce est un édifice consistant en plusieurs portiques au rez-de-chaussée avec salles et bureaux destinés aux bancpiiers. Le plus magnifique édifice de ce genre est, sans contredit, la Bourse de Paris.

Boursier, artisan (|ui l'abii(iue des bourses et celui <(ui les vend. — On appelle aussi boursier l'élève d'un collège ou létudiant qui jouit d'une bourse ou d'une demi-bourse, somme annuelle assignée |)ar le gouvernement ou par quehiue fondateur, pour son entretien gratuit et son éducation. — Boursier est encore le nom donné à ceux qui se liMcnt aux jeux de bourse.

Boursouflure, boursouflé. Le uiot bôursoujiure . qui exprime l'action de faire enfler, comme lorsqu'on souflle dans une bourse, s'emploie au propre pour indiquer le gonflement des parties molles

1^01 fi7 — nor

(lu rorps par suite do queliiiK' cause inurl)i(le: et on entend en général par boursQu lié [oui ce qui est enflé de vent et d'humidité. De là le mot boursouflure pris au propre et au figuré. Appliqué dans lette dernière aeception à des ouvrages de littérature, il désigne le manque de talent et d'inspiration qui porte un auteur à frapiier tort au lieu de IVapi^er juste, à re\ ètir de pauvres idées de grands mots bien sonores mais vides de sens.

Boussole, instrument d'une grande utilité pour les na\igaleuis, les ingénieurs, etc. C'est nue boîte balancée sur quatre pivots dans la- ([ut'lle se trouve ime aiguille aimantée ([iii a la propriété de se tourner vers le nord , et avec laquelle , par conséquent , il devient bien facile de s'orienter partout où l'on se trouve. La boussole était connue en Chine plus de 1000 ans avant l'ère chrétienne.

Ses propriétés furent connues en France et à Venise vers 1260. Son usage fut perfectionné par Flavio Goia, en 1.302; et en loOO on commenta à observer les variations dans la déclinaison de cet instrument.

Boutade, sorte de ca|)rice ([ui nous fait agir sans but, sans intention, sans rétlexion. Certains hommes d'esprit y sont d'autant plus sujets (pi'ils sont doués de plus d'imagination. Les gens qui ne procèdent que par boutades sont peu.sociablesetd'uncommerce peu sur. Bouteille, vase de verre, de terre cuite ou de cuir, à ouverture étroite, destiné à contenir des licfuides. L'invention des bouteilles de verre remonte à une haute antiquité, cai- on en a retrouvé dans les ruines d'Herculanum et de Pompeï. Voici une description succincte du mode employé pour leur fabrication. L'ouvrier plonge l'extrémité d'un tube de fer semblable à un canon de fusil dans la cavité oîi est contenu le verre en état de fusion ; en retirant le tube il en enlève environ gros comme le poing, il porte cette masse dans im moule cylindrique d'un diamètre égal à celui cpie doit avoir la luniteille, il souffle dans le tul)e : le verre se gonlle en vessie cpii prend la forme du moule. Cela lait, il retire la bouteille, ainsi ébauchée, de la cavité, et, l'ayant renversée, il forme, avec un instrument qui ressemble à un gond oïdinaire, le creux dont la convexité s'élève plu-; ou moins dans l'intérieur de la bouteille ; ce qui est facile, attendu que le verre est encore en consistani e pâteuse, Un filet (le verre roulé autour du goulot forme l'astragale ou

Bousso/c.

ROI — fi8 — r.or

conlon qui CMupiHlio la bouloille (\o i^lissor quand on la lient dans la main. Enlin, on louche circulairement rextrémité au-dessus du i^oulot avec un inslrument froid : la bouleille se détache, et un enfant la porte au bout d'iuie verge de fer dans un four chaud, où elle se refroidit lenleniont. — Non contente de faire des bouteilles avec du cuir, de la terre cuite et du verre, l'industrie en a fait encore en rrrs ((ju'on nous pardonne cet affreux jeu de mots!). Nous citerons ici comme exemple la fameuse bouteille de Planard , et nous lilacenins en regard le rprrt' qui doit servir à en apprécier le mérite.

Quo mon

Flacon Me semble bon !

Sans lui

L'ennui Me nuit , Me suit.

Je sens Mes sens

Pesants Mourants.

Nous ne pouvons rien trouver sur la terre

Qui soit si bon, ni si beau que le verre :

Du tendre amour berceau charmant,

C'est toi , champêtre fougère ,

C'est toi qui sers à faire

L'heureux instrument

Où souvent pétille

Mousse et brille

Le jus qui rend

Gai, riant,

Content;

Quelle douceur

Il porte au cœur;

Tcit,

Tôt,

Tôt,

Qu'on m'en donne !

Qu'on l'entonne !

Tôt,

Tôt,

Tôt,

Qu'on m'en donne

Vite, et comme il faut.

Quand je la tiens.

Dieux ! que je suis bien !

Que son aspect est agréable,

Que je fais cas de ses divins présents !

C'est de son sein fécond , c'est de ses heureux flancs

Que coule ce nectar si doux, si délectable,

(}ui rend tous les esprits, tous les cœurs satisfaits;

Cher objet de mes vœux , tu fais toute ma gloire.

Tant que mon cœur vivra,de tes charmants bienfaits

Il saura conserver la mémoire.

Ma muse à te louer se consacre à jamais.

Tantôt dans un caveau, tantôt sous une treille.

Ma lyre , de ma voix accompagnant le son.

Répétera cent fois cette aimable chanson :

Kègne sans fin, ma charmante bouteille; L'on y voit, sur ses flots chéris.

Règne sans cesse, mon cher flacon. Nager l'allégresse et les ris.

Bouteille de Leyde, appareil électrique dont se servent les physiciens. La (lécouxerte tle la bouteille de Leijde fut faite en 1746, à Leyde, par Cundeus et Muschenbroeck. La forme de la bouteille est celle d'un flacon à col renversé. La surface extérieure est recouverte jusqu'à une certaine hauteur d'une feuille d'étain; c'est ce qu'on appelle armure extérieure. L'intérieur est rempli de feuilles de cuivre trèsminces; on les nomme armure intérieure. La bouteille e.sl fermée par un bouchon de liège que traverse une tige de liouieiiie métal dont la |)artie supérieure est terminée par une boule >if Ln/itc pt ,]f,„t 1;^ pjiitie inférieure communi(|ue avec les feuilles

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